L’UROSCOPIE CHEZ LES ANCIENS
la souffrance. Toute urine rendue sans que le malade le sente est funeste.
« Chez les plem’étiques, une m-ine sanguinolente foncée, avec un sédiment varié, indistinct, est mortelle en quatorze jom’s généralement ; mortelle aussi chez les pleurétiques est l’urine porracée ayant un sédiment noir ou furfuracé.
« L’urine ayant en haut une gTaisse ténue, en bas un dépôt, annonce la fièvre ; l’iu'ine rendue sanguinolente au début, une longue durée ; l’urine troublée avec sueur, une récidive ; l’urine blanche comme celle des bêtes de somme, la céphalalgie ; l’imne membraneuse le spasme ; l’urine ayant un sédmient semblable à des crachats ou bourbeux indique le frisson ; l’urine, offrant comme des toiles d’araignée, la colliquation; les nuages noirs dans les fièvres erratiques, la fièvre quarte ; les urines de mauvaise couleur, ayant des énéorèmes nous, avec insomnie et trouble, la phrénitis ; les urines cendrées avec dyspnée, l’hydropisie.
« Une mine, ayant un bon sédiment, et qui tout à coup ne le présente plus annonce souffrance et changement ; l’m-ine qui a im sédiment, et qui, troublée, dépose, annonce un frisson vers la crise, et peut-être aussi une métastase en fièvre tierce ou en fièvre quarte.
« Des urines qui dans les tumeurs parotidiennes arrivent à coction promptement et pour un peu de temps, sont mauvaises ; et alors éprouver un grand refroidissement est fâcheux.
« Chez les épileptiques des urines ténues et crues sans réplétion, annoncent un accès, surtout si quelque douleur s’est fait sentû dans l’acromion, le cou ou le dos, ou si le corps est engourdi, ou si le patient a eu un songe plein de troubles.
« Quand on rend des urines épaisses, grumeuses, peu abondantes et cela sans fièvre, une grande quantité d’urine ténue, qui succède, soulage.
« Ceux qui dans les fièvres rendent des urines troubles, jumenteuses, ont ou auront de la céphalalgie.
« Ceux dont la maladie se juge au septième jour, ont au quatrième, rm-ine nuageuse rouge, et les autres signes rationnels.
« Lorsque dans les hypocondres il y a météorisme et borborygmes, une douleur des lombes survenant, le ventre s’humecte, à moins d’une éruption de vents ou d’une abondante émission d’mâne.
Urines dans les maladies de Vappareil urinaire. — « Quand des bulles se tiennent à la surface de l’urine, cela indique que les reins sont affectés et que la maladie sera longue. Quand l’urine est recouv erte d’une matière grasse, excrétée coup sur couj), c’est l’indice d’une maladie aiguë des reins. Quand dans l’m’ine épaisse sont rendus de petits filaments de chair comme des cheveux, une telle sécrétion provient des reins. Un pissement spontané de sang indique la rupture d’ime i)etite veine dans les reins.
a Si un malade qui urine du sang et des grumeaux, est pris de strangm’ie, et que la douleur envahisse le périnée et le pubis, c’est signe qu’il y a quelque affection du côté de la vessie. Uriner habituellement du sang ou du j)us indique une ulcération des reins ou de la vessie.
« Quand dans l’m’ine épaisse sont rendues des xJ^rticules furfm’acées la vessie est aflèctée de ptose.
L’UllOSCOPIE ET LES UHOMANTES
« Chez ceux dont l’iirine déijose du sable, la vessie est calculense.
« Quand un malade qui urine du sang et des grumeaux, est pris de strangm-ie, et que la douleur envahit l’hypogastre et le périnée, il y a quelque affection du côté de la vessie.
« Une douleur soudaine des reins, avec suppression d’urine, annonce l’émission de graviers ou d’urines épaisses ; des tremblements, apparaissant chez un vieillard, dans une fièvre, présage parfois le pissement de graviers.
« Une suppression d’urine et de la pesanteur dans l’hypogastre annoncent généralement une strangurie prochaine ; sinon une autre maladie, celle à laquelle le malade est sujet. »
Il ne convient certes pas à notre époque de tout admii’er dans Hippocrate et il est superflu d’indiquer au lecteur les erreurs et les puérilités de certaines citations, mais la plupart d’entre elles relèvent d’une observation exacte, d’un sens clinique vrai. A ce point de vue Hipxjocrate va au delà de son époque. On s’explique les paroles de Daremberg lorsqu’il dit avoir pu « reconnaître souvent, d’une i^art le genre d’altération chimique des urines d’après les seules apparences extérieures indiquées par Hippocrate, et d’autre part vérifier la justesse de son diagnostic et de son x>ronostic tirés de ces observations
La période de près de six siècles qui s’étend d’Hippocrate à Galien n’est marquée par aucun progrès appréciable sur le sujet qui nous occupe.
Les écoles de Cos, de Cnide, et plus tard celle d’Alexandrie, développèrent l’anatomie, la physiologie, la pharmacologie, mais elles vécurent, quant à l’m’ologie. sur les idées d’Hippocrate. Il semble cependant que dès cette époque des abus se j)roduisü’ent ; sans doute des médecins voulurent-ils déjà faire de l’inspection de l’urine et de ses multiples colorations une science médicale se suffisant à elle seule. Des charlatans cherchèrent probablement aussi déjà à exploiter la crédulité publique à ce sujet. Aussi par esprit de réaction certains auteurs condamnèrent -ils l’uroscopie, tel Erasistrate (301), disciple de Chrysippe le Cnidien ; Bonacursius nous rapporte que lui et ses disciples se moquaient des inspecteurs d’urines en les traitant de teinturiers.
A Eonie comme à Alexandi’ie, les auteurs négligent l’uroscopie ; ni Cœlius Aurelianus, ni Arétée de Cappadoce ne méritent de retenir notre attention.
Il n’en est pas de même de Galien : assurément la plus grande partie de ce qu’il a écrit sur les urines semble lui venir d’Hippocrate ; de même que imur les autres parties de la médecine il a emprunté à Soranus, à Asclépiade, à Aristote, mais les assertions sont formulées d’une manière moins absolue et semblent souvent adaptées à des cas particuliers.
11 existe bien un Traité des Urines attribuée à Galien qui fut traduit au XVI® siècle à Bâle par Joseph Struttiers. Mais cet auteur lui-même déclare n’être pas certain de l’authenticité de l’ouvrage et Eondelet, le maître de Montpellier, dans son Traité des Urines au début du xvii® siècle, le considérait comme apocryphe. « Cependant, ajoute-t-il, rien d’étonnant à ce qu’on l’ait attribué à Galien, car ce livre savant et merveilleusement ordonné est entièrement conforme à la doctrine d’Hippocrate et de Galien. »
La doctrine de Galien relative aux urines est en somme la doctrine d’IIippocrate à laquelle il ajoute seulement celle de la coction des humeurs. Dans son De Crisib us qui est, de ses ouvrages, celui où il traite le plus longuement de
L’UROSCOPIE AU MOYEN AGE
la question des urines, il reprend la théorie d’Hipjjocrate. La coction des humeurs qu’Hippocrate appréciait par l’inspection des urines, se fait suivant Galien dans le système veineux tout entier, c’est-à-dire les veines, le foie, et tous les organes qui concourent à la sanguification. Mais en outre l’urine peut fournir des renseignements sur l’état « des reins, des conduits excréteurs de l’urine, de la vessie et du pénis ».
La part attribuée au système veineux est plus nette mais à part ce point précis, c’est la distinction entre les urines des maladies générales et les altérations de l’appareil urinaire que nous avions déjà relevées dans Hippocrate.
Le chapitre de séméiologie suivant décrit des signes qui ne le seront pas mieux jusqu’au xix® siècle.
« Outre les signes énumérés plus haut, la quantité du pus, le fait qu’il est mélangé entièrement avec les urines et forme avec elle un liquide trouble, ou qu’il se présente sous un autre aspect, concourent aussi au diagnostic, comme je l’ai dit plus haut à propos des intestins. Ainsi pour les intestins, si quelque matière provient de la partie supérieure, cette matière est mêlée aux résidus des aliments et comme pétrie avec eux ; si c’est de la partie inférieure, cette matière est expulsée isolément ; de la même façon, ou bien toute l’urine est troublée par le pus qui s’échappe avec elle, ou ce pus est inégalement et partiellement suspendu, ou encore il arrive souvent qu’il s’échappe seul et sans l’urine. Cette dernière circonstance prouve manifestement que la suppuration s’est formée dans la vessie elle-même ; quand il est entièrement mélangé, il vient de plus haut ; s’il présente un état intermédiaire, il descend des reins.
« Le signe propre de l’ulcération, c’est l’expulsion d’une fausse membrane ; le signe de l’ulcération de chaque partie considérée en elle-même se tire de la matière qui s’échappe. Si elle est lamellée, elle a été détachée de la vessie ; si elle est en forme de chair, elle provient des reins. »
Après Galien, la période de formation de la médecine s’arrête. La période conservatrice commence. Durant six siècles, depuis Galien jusqu’aux Arabes, à part quelques efforts originaux, on trouve surtout des compilateurs. Leur travail était d’ailleurs loin d’être inutile. L’œuvre touffue et souvent obscm’e de Galien avait besoin d’être mise en ordre, émondée et présentée clairement. C’est à quoi se sont appliqués Antyllus, Oribase, Vindicianus, Aétius, Alexandre de Tralles, et Paul d’Egine, pour ne citer que les plus connus. Leurs ouvrages, et notamment ceux de Paul, doivent leur célébrité moins à leur originalité qu’à la reconnaissance de nos ancêtres qui, jusqu’au XVI® siècle, y ont puisé leur instruction.
B. — L’UROSGOPIE AU MOYEN AGE
C’est un anachronisme que de iiarler de Théophile dans un chapitre, consacré au moyen âge, car il vivait au vu® siècle, mais les descriptions qu’il a données des examens d’urine ont été le point de départ de toute l’uroscopic du moyen âge ; son livre a fait autorité auprès des Ai’abes et a servi de base aux Salernitains. Comme la jilace nous manque pour en donner ici une analyse, et que nous nous exposerions plus tard à des redites, nous préférons étudier l’m-o-
L’UUOSCOPIE Eï LES ÜUOMANTES
logie dans son ensemble jusqu’à la Eenaissance dans les auteurs ou plutôt dans celui qui l’a le mieux comprise et décrite, dans Actuarius. Nous en dii-ons autant des Arabes dans lesquels il faudrait faire de longues recherches pour trouver de petites différences avec les ouvrages que nous analyserons, et nous les signalerons chemin faisant.
Sur Théophile, dit Protospatharios, on manque de renseignements ; on sait seulement qu’il était chrétien, peut-être moine, et qu’il vivait au début du vil® siècle ; il a composé sm* les urines un traité pour lequel il a puisé largement dans les auteurs grecs et auprès de ses contemporains. Il déclare d’abord qu’il s’est inspiré de l’ouvrage de Magnus, dit le Sophiste, qui ne nous est pas parvenu, mais dont il cite de nombreux passages. Nous les retrouverons dans notre étude sm* Actuarius.
Jean, fils de Zacharie, est plus connu sous le nom d’Actuarius, titre honorifique que la Cour de Constantinople décernait fréquemment aux médecins lit qui témoigne c^ue cet auteur avait un certain renom.
Il peut être considéré comme le dernier des représentants de la médecine gTecque. D’après l’éditeur de la traduction latine de ses œuvres parue à Utrecht on 1670, il serait contemporain de Jean Comnène; ü aurait donc vécu vers l’an 1130. D’autres le font mourir seulement en 1283 ; ü est plus probable qu’il appartient au xin® siècle et même peut-être au début du XIV®.
Tout en étant respectueux de la tradition des Anciens, et en professant à l’endroit d’Hippocrate et de Galien un véritable culte, il a néanmoins subi l’empreinte des Arabes de qui il tient sa thérapeutique. Son ouvrage, connu et répandu dans tout l’Orient, fut ignoré chez nous diu’ant trois ou c(uatre siècles. Traduit en latin au xv® siècle, il devint le traité classique par excellence, l’autorité à laquelle on a recours jusqu’au delà des xvi® et xvn® siècles.
En dehors de ses mérites propres, il nous fait connaître l’ensemble des opinions des médecins grecs, ses prédécesseiu’s. Aussi nous attarderons-nous quelque peu à étudier les sept livres qui constituent le llEpl O’jowv.
Actuarius conçoit son ouvrage comme un vaste traité de séméiologie urinaire ; il étudie dans le premier hvre les symptômes physiques do l’m*ine, couleur, consistance, substances contenues, etc..., dans le second et le troisième la valeur séméiologique de ces différents éléments, leur signification suivant l’âge, la saison, le pays, etc. ; dans le quatrième et le cinquième, il remonte aux causes de ces perturbations et en fait ainsi le diagnostic étiologique; dans les deux derniers livres enfin, il établit le pronostic à tirer de l’étude de ces variations.
Après avoir indiqué le plan de son livre, Actuarius, dans im chapitre qui -est une sorte d’historique, déplore que ■( poui‘ une raison, dit-il, que j’ignore, aucun des anciens auteurs qui cependant connaissaient bien la question ne l’a traitée avec quelque soin ». Malgré son respect de la tradition, car il ne cite Hippocrate qu’en lui adjoignant l’épithète de Sapientissimus, il émet sur le maître de Cos et siu* Galien les appréciations que voici :
'( Le vénérable Hippocrate lui-même qui, de côté et d’autre, a dit quelques mots des urines, n’a laissé sm* ce sujet qu’un traité incomplet. Galien, <le même, semble n’avoir étudié cette partie de la médecine qu’avec assez peu -de soin, bien qu’il l’ait connu, lui aussi, à fond. Il ne traite cette question
L’UROSCOPIE AU MOYEN AGE
qu’a fin de montrer à la foule l’utilité de l’examen de l’urine pour connaître l’état de la santé. Le reste, il le néglige.
Quant au grand Alexandre de Tralles, à Théophile et quelques autres, qui paraissent avoir apporté un peu plus de soin à cette étude, ils ont laissé des traités incomplets. Aussi, ceux qui partiraient de là comme de points acquis ne pourraient établir ni reconnaître les différentes sortes d’urines ni leurs causes, ni les autres points sur lesquels un traité doit renseigner. »
Actuarius, après avoir sommairement rappelé les données physiologiques de l’époque, sur les trois principes constitutifs de notre corps, le foie, le cerveau et le cœur, sur la coction, et sur l’origine de la sécrétion minaire, plaide, en bon scholastique, la cause de son sujet « contre ceux qui pensent qu’il est inutile d’examiner les urines ». Mais, fort sagement, il conclut qu’on am’ait tort de se borner à cet examen, et il en établit la valeur en la comparant à celle du pouls :
« Pour faire, dit-il, le diagnostic exact d’une maladie, et prévoir les complications possibles, l’examen des caractères tirés de l’iu’ine ne suffit pas, même lorsqu’il semble au premier abord qu’on pourrait se borner à cette recherche. L’examen du pouls, des excréments, du faciès, de l’habitus général sont indispensables, chacun de ces points ayant sa signification propre, et permettant au médecin de mieux asseoir son diagnostic, et d’établir plus exactement son pronostic. Le pouls indique le degré de chaleur ou de frigidité du corps, tandis que les urines nous révèlent la qualité et la quantité des humeurs, et les déjections, la crudité et la coction de la digestion du ventre... Celui qui connaîtra à fond les deux sciences du pouls et des urines, possédera à peu près tout ce qui est nécessaire pour établir diagnostic et pronostic. Inversement, celui qui ne connaîtrait que l’une de ces deux sciences, sera exposé à mille erreurs, car dans l’étude des maladies la science des urines est aussi utile que celle du pouls. »
Abordant ensuite la séméiologie proprement dite, Actuarius étudie d’abord les coulciu’S de l’urine. Les principales sont les urines blanches, pâles, jaunes d’or, safran, rouges, vineuses, pourpres, vertes et noires. Mais il y a entre ces teintes fondamentales des variétés et des sous-v.ariétés.
C’est ainsi, pour ne prendre qu’un exemple, que le blanc se subdivise d’après Actuarius en blancs intenses qui comprennent le blanc de cristal, le blanc de neige et le blanc de l’eau, et en blancs atténués : le blanc laiteux, le blanc verdâtre, comme celui d’une corne transparente, et le blanc gris ou charopos, comme les poils du chameau, l’ongle ou le marbre; il ajoute aux couleurs principales que nous avons signalées les nuances suivantes ; sous-pâle, jaune I)âle, roux pâle, roux, rouge pâle, rougeâtre et livide. Les verts sont eux aussi multiples et variés. Ainsi le vert est, comme on sait (?), dû à un mélange par parties égales de blanc et de noir. Mais selon que le blanc est de la céruse ou de la chaux très blanche, selon que le noir est de la poix, ou du bitume, on a des verts très variables : vert chou, vert d’herbe, vert-de-gris, vert émeraude, vert olive. Il en est de même des autres couleurs ; nous n’insisterons pas. Mais l’on se demande ce qu’il faut le plus admirer de la mémoire des élèves capables de retenir ces variétés de coloration, ou de la fertile imagination, de la sagacité et de la patience des maîtres qui trouvaient un élément de diagnostic ou do pronostic dans l’appréciation de chacune de ces nuances.
ENcycL. n’unoLOGiE. — I. J 3
L’UUOSCOIME ET LES UllOMANïES
L(î manuscrit latin no 11 229 de la Bibliothèque nationale contient un cm’ieux spécimen de coloration des urines que nous reinoduisons, car il confirme les données que nous venons d’exposer. Anonyme, sans titre, il date du xv'' siècle et comme il contient diverses études de médecine il a été inscrit sous la dénomination : Petits tmités d’hygiène et de médecine (Planche VI) .
Voici la transcription des indications du pourtour :
Albus ut agua pura. — Glaucus ut cornu lucidum. — Lacteus ut sérum.
— Karopos ut vellus cameli. — PalHdus ut succus carnis crude remissus. — Pallidus ut succus carnis crude non remissus. — Suhcitrinus et succus vel color pomi citrini non remissus. — Citrinus ut color possi citrini remissus. — Subrufus ut aurum remissum. — Bufus ut aurum non remissum. — Subrubeus ut crocens orientalis. — Bubeus ut croceus orientalis. — Subrubicundus ut flama ignis remissa. — Bubicundus ut flama ignis non remissa. — Inopos ut vinum nigrum vel color epatis. — Kyanos ut sanguis purpureus. — Viridis utcaulis vel succus porri. — Lividis ut plumbum. — Bigror adustionis ut incaustum. — Nigror mortificationis ut cornu bene nigrum.
Après la couleur, il faut étudier la substance, c’est-à-dire la consistance de l’mine qui peut être épaisse, trouble, moyenne ou subtile. En passant, Actuarius s’élève contre l’opinion de ceux pour qui l’épaississement est du seulement au refroidissement, car des urines peuvent être exposées au froid sans s’épaissir, d’autres peuvent le faire à mie température moyenne, quelques-unes, émises troubles, même pendant l’été, ne s’éclaircissent pas alors même qu’on les soumet à la chaleur.
Puis, vient l’étude de ce qui est contenu dans l’m'ine, les contenta, qui ont une substance, une couleur, une quantité, une position dans l’urine. Actuarius décrit chacune de ces propriétés. La substance des contenta varie elle aussi entre l’épais et le subtil, en passant par les intermédiaires.
L’emplacement des contenta a une grosse importance. Aussi est -il indispensable de recevoir l’urine dans la matula (fig. 108), récipient de verre, qui a joué dans la clinique ancienne une importance telle que nous lui consacrons une étude spéciale (V. p. 200).
La matula est divisée en onze doigts. « Mais, dit Actuarius, on pourrait aussi bhm la diviser en onze coudées, ou en onze pas, ou en onze n’imi)orte quoi. » De ces onze parties, les quatre inférieures sont occupées par Vhypostase.
in
Fig. ■108. — La Matula (Actuarius : de urinarum differentiis. Parisiis, 15C6, p. 147).
Encyclopédie d’Urologie