UN MÉDECIN REÇOIT DES MALADES
Barthélemy l’Anglais. — Livre des Propriétés des Choses, translaté par Jehan Gorbichon, xv' siècle. {Bibliothèque nationale, manuscrits français n“ ^22.534.)
E. Desnos. — Histoire de l’Urologie.
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L’UnOSCOPIE AU MOYEN AGE
à diverses liauteiirs du bocal montrent que la maladie siège à un niveau correspondant du corps humain.
« L’orine en gTec est à dire démonstrative en latin, car elle démontre l’état du corps au par dedans, car par sa substance et par sa couleur elle montre la vertu naturelle du foie et des autres membres de bas et par espécial, par la résidence de l’orine que les physiciens appellent Ypostasis, nous sommes acertainés de notre estât bon ou mauvais, car si la résidence qui est au fond de l’orine est blanche et bien assemblée sans division, c’est signe de forte vertu et que l’humeur de la chaleur natiuelle est acomplie dedans les membres ; et pour la moyenne région de l’orine nous jugeons de la moyenne région du corps sy comme du cuer et des parties qui sont entour, car si l’orine est au milieu bien disposée en sa substance et en couleur et que elle ne soit par ce ni pluine de nues (nuées) obscures, c’est signe que les membres espirituels sont sains. Par la haute partie de l’orine nous connaissons la force et la vertu du chief et du cervel, car si le cercle qui est dessus l’orine n’est pas trop rouge, ni pers, ni vert, ni plains de petits grains, mais est atrempé en substance et en couleur, c’est signe que le cervel et tous les membres qui servent en tous les membres à la vertu de l’âme sont sains et en bon point, et si les signes contraires sont en l’orine c’est signe de con trah*es dispositions au chief et au cervel. »
L’importance de l’uroscopie s’accrut sans cesse pendant le moyen âge. Une ])reuve nous en est fournie par l’ouvrage de Gauthier Agilon qui vivait en 1539 et aucj[uel M. Wickersheimer vient de consacrer une savante étude.
L’originalité de l’œuvre d’ Agilon réside dans le plan de son travail qui prend pom* base l’aspect même des mines. Yous n’avons plus ici une étude séméiologique mais un véritable traité de pathologie dont les chapitres ont ])our titres les 12 colorations principales de l’urine : blanche, none, livide, verte, lactescente, karopos, pâle, citrine, rousse, rouge, Aœrmeüle, inopos. Il en résulte de singuliers rapprochements, par exem])le dans le gi’oupe des mânes pâles, Agilon décrit successivement la fièvre quotidienne, la mélancolie natm-elle, les complexions phlegmatiques, les apostèmes siégeant au côté droit, la crudité des humeurs, le flux de ventre, l’obstruction des reins et de la vessie, etc. Voilà une preuve de plus de l’importance que les médecins de cette époque attachaient à l’examen clinique des urines. On voit en même temps quelle était la pauvreté de leurs connaissances en clinique et de lems éléments de diagnostic, car ils demandaient tout aux deux seuls signes qu’ils savaient bien reconnaître. « De pulsibus et urinis tels sont les deux points de repère auxquels tous les médecins s’attacheront jusqu’au milieu du xvr® siècle.
Ces notions ne tardèrent pas à se vulgariser. Ainsi le traité des Urines de Jean de Cuba, né à Augsbourg au xvi°, qui n’est qu’une paraphrase de celui d’Ysaac et d’Avicenne, eut cependant, d’après VieiUard, l’honneur d’une traduction française : c’est une nouvelle preuve de l’intérêt que le ])ublic y prenait ; au moyen âge et à la Eenaissance, il voulait tout connaître par les urines. Yous nous arrêterons donc un instant pour donner quelques détails sm* la pratique de cet examen, l’importance excessive qu’il a acquise et sm l’objet qui, pour le public, a fini par symboliser le médecin, le récipient de l’urine, lâmatula.
L’UROSCOIME ET LES UUOMANTES