C. — LA MATULA. LES ÜROSGOPES. LES UROMANTES
Avant d’étudier l’époque où l’examen de l’mine va trouver des bases nouvelles, nous croyons utile de montrer le matériel dont les médecins disposaient, leiu’s procédés et aussi les déviations qui modifièrent ce procédé d’examen. Les études de Paul Eicher, de Henri Meige et surtout de Vieillard nous en fournissent les éléments et ne nous ont laissé que peu de documents à y ajouter.
A toute époque, les Anciens ont dû pratiquer l’examen des urines en les recueillant dans des vases transparents, car ils n’auraient pu reconnaitre leurs caractères d’ime autre manière. Mais Ysaac est le premier à avoir spécifié que ce vase devait être fait de verre blanc et transparent, et affecter la forme d’une vessie, conditions qui ont été adoptées par tous les médecins. Actuarius les reproduit et recommande la forme que l’on voit sm* la figm^e 108; c’est la matula qui resta telle pendant plusieurs siècles. Lui aussi il prescrit que le verre en soit blanc et peu épais, le fond plat ou mieux relevé en cône, la largeur faible par rapport à la hauteur, recommandations sans cesse répétées depuis lors. Trois cents ans plus tard Eeusner insiste sur les précautions de propreté et même sur l’asepsie, car le nettoyage doit se. faire à l’eau bouillante. Pom' lui, il est nécessaire qu’une bonne matula soit en verre de Venise et offre une transparence parfaite. Il décrit également le panier destiné à la contenir poiu’ T)orter l’urine chez le médecin.
De l’Ecole de Salerne à la Eenaissance, nous verrons la même forme se conserver. EUe est mise sous les yeux du public et des médecins, dans im grand nombre de manuscrits et d’imprimés où il est question de médecine.
Dans un ouvrage que Dryander a publié à Marbm’g en 1576 (fig. 109) et qui est une sorte d’Encyclopédie d’hygiène, de i)harmacologie et de médecine, le frontispice qui précède cette dernière partie représente un iminal qui, à peu de chose près, a la forme de celui d’ Actuarius ; plus bas un médecin l’examine au lit du malade, enfin la préparation des simples et des médicaments sont des symboles du diagnostic et de la thérapeutique.
L’habitude de « mii-er » les urines était telle à cette époque que les autres méthodes d’investigation paraissent secondaires, à l’exception de l’examen du pouls qui cependant était prédominant. Les médecins n’y manquaient pas ; aussi de très bonne heure les malades et le public ont-ils vu dans la matula l’inséparable auxiliaùe du médecin.
Pendant le moyen âge et la Eenaissance, à chaque profession, à chaque classe de la société, était assigné un attribut. La matula fut choisie pour le médecin à cause de son usage ü’équent et aussi parce qu’elle fi-appait les yeux ; elle était d’une représentation i)lus facile que l’examen du pouls par exemple. Peu à peu l’idée s’en généralisa ; les médecins s’en servirent eux-mêmes comme d’enseigne. Enfin, les miniaturistes, les dessinateurs d’allégories en firent l’emblème de la science médicale.
Nous en trouvons des preuves dans l’iconographie et dans la littératime : la i)reniière surtout en fournit do nombreux exeni])les. Tel est le fac-similé de la miniature ci-contre (PL \'III). Elle est tirée d’un des premiers et
Encyclopédie d’Urologie.