‹ Histoire de l'urologieChapitre 61 sur 76 · L’ART SPAGYRIQL'L ET SES DÉTRACTEURS · texte numérisé non relu

L’ART SPAGYRIQL'L ET SES DÉTRACTEURS

t>6S ide6S 11611 VGS, sa confiance en soi, son mépris des anciens auteurs coninie de ses contemporains : « A^ous me suivrez, s’écrie-il, toi Avicenne, toi Galien, vous de Paris, vous de Montpellier, vous de Vienne, vous tous que nourrit le Danube ou le Eliin, vous habitants des îles de la mer. Et toi, Italie, toi Dalmatie, toi Athènes, toi Grec, toi Arabe, je serai votre prince, et vous, mes aides, vous nettoierez mes fourneaux. » Son caractère, sa vogue lui atti-

Fig. 119. — Théophraste Paracelse, 1493-1541. Gravure de P. Svent, d’aprùs Rubens.

rent partout des ennemis, et à la suite d’une contestation de notes d’honoraires dans laquelle les tribimaux lui donnent tort, il quitte son ingrate patrie, parcourt successivement l’Alsace, la Bavière, la Suisse, la Moravie, le Tyrol, l’Autriche, la Carinthie et parvient àSalzbourg, où il meurt le 24 septembre 1541, à l’âge de 48 ans.

Il est fort difficile de se faire une idée de ce que fut Paracelse. De son vivant même, il eut de chauds partisans et des détracteurs acharnés que lui créait la violence de son langage. Le chancelier Bacon, François de Verulam, qui consent à accepter Paracelse pour son précursem.' et son héraut, l’accuse d’avoii* « surpassé Galien en mensonges », « pollué les choses saintes en les mêlant aux profanes ». « Enfant des ânes, lui dit-il, heureux d’avoir trouvé

L'UROSCOl’IE ET LES UROMANTES

Séverin pour polir- ton langage. » Il est vrai que le chanoelier n’est généralement pas tendre, et que Paracelse est en bonne compagnie auprès des philosophes « violateurs d’âmes », d’Aristote « le père des sophistes »; Platon « théologien insane, aussi stupide et vil que scélérat en religion », Duns Scott et saint Thomas d’Aquin « des impudents » et Hippocrate « un âne ». Aporin, l’im de ses disciples qui tut son secrétaire, raconte que Paracelse ne dictait ses ouvrages qu’en état d’ivr*esse, que la nuit il était pris d’accès de fureurpendant lesquels il frappait la muraille de son épée, et qrre c’était le diable lui -même qui lui forrrnissait son argent. Ivrogne, débauché, sorcier et charlatan sont les moindres reproches que lui adressent ses ennemis. Plus près de nous, Daremberg ne lui est pas plus favorable. « Aussi mauvais architecte qu’il était impuissant destructeiu-, il a répandrr plus d’erreurs qu’il ir’en a fait disparaître. » Sa doctrine, dénirée « du moindre grain de bon sens..., est un tissrr incohérent de merveilleux ».

Mais il eut aussi ses admirateirrs ; noirs ne parlons pas de ses contemporains qui comme la foule de tous les temps, courent au guérisseur d’arrtant plus nombreux qu’il se donne comme un irrégulier de la médecine et comme un étranger. Dans le monde savant, Paracelse eut des défenseurs de son vivant aussi bien que de nos jours.

En Allemagne, le frontispice de ses œuvres contient des légendes enthousiastes. Plus tard, Lazare Ehdère, professeur à la Faculté de Médecine de Montpellier, accueille et enseigne inrbliquernent sa doctrine en France, et nous lisons, au titre de l’épitome de ses- secrets admirables publié à Paris en 16.31 : « Philippe Théophraste Paracelse Bombast, Allemand, très grand et très excellent philosophe, et très célèbre docteur en la médecine, prince des médecins hermétiques et spagyriques. »

Dans son étude fort documentée publiée d’abord en 1847 et éditée ensuite en 1878, Bordes-Pagès en fait un « médecin tout à fait hors ligne... expérimentateur habile... qui a converti les alchimistes en chimistes... qui a ouvert Père de la philosophie des temps modernes ».

On ne peut nier sa contribution au progrès scientifique ; sans doute son attitude n’est pas défendable, la violence, ses irrégularités, ses bizarreries ne semblent pas sincères et ont l’aspect d’une mise en scène. Mais il faut se rendre compte de la naïveté des esprits de son temps et de la nécessité d’employer des procédés grossiers aptes à les frapper. Nous pouvons à notre époque lui reprocher d’avoir été astrologue, théosophe, magnétiseur, enchanteur, mage, savant hermétiste, autant qu’alchimiste et chimiste, et d’avoir partagé avec les esprits les plus élevés de son temps les croyances au surnatiu-el. Mais nous ne devons pas oublier qu’il a osé discuter les Anciens, qu’il s’est élevé, sinon contre les aphorismes d’Hippocrate et les doctrines de Galien, du moins contre leur infaillibilité, et qu’il a été le précurseur de bien des découvertes modernes.

Pour Paracelse, les causes de nos maladies relèvent de cinq sortes d’influences.

Ens astrale, c’est-à-dire les conditions météorologiques. Elles agissent non pas en changeant le fond de notre nature comme le prétendent à faux les alchimistes, mais en communiquant leur influence au milieu où tout vit, le grand M qui, suivant les commentateurs, a été le magnétisme, l’électricité,

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