‹ Histoire de l'urologieChapitre 66 sur 76 · SIÈCLE · texte numérisé non relu

SIÈCLE

que ce canal est rectiligne d’un bout à l’autre, mais que ses courbures pros tatique et périnéale peuvent être facilement redressées. Il en tira des conclusions dont l’application fut faite aussitôt à la lithotritie, par lui-même et par ses compétiteurs.

La méthode n’était pas nouvelle ; sans parler des figures de l’édition de 1500 d’Abulcasis, Joseph Eameau en recommande l’usage en 1729, et Lieutaud s’exprime ainsi dans son Précis de médecine pratique (t. I, p. 588). « Il n’y a aucun cas, si l’on en excepte la pierre engagée dans le canal, qui puisse empêcher une sonde droite, conduite par une>main exercée, d’entrer dans la vessie. » Lassus, Santarelli et Larrey ont également eu recours à

fig. 130 et 131. — Le cathétérisme droit, d’après Moulin.

ce procédé. A Amussat revient le mérite d’avoir étudié les dispositions qui permettent de redresser l’urètre, d’avoir démontré avec Bell que l’obstacle au cathétérisme siège au bulbe et à la prostate et n’est pas formé par le veru montanum, et d’avoir donné une bonne technique. Mais jamais il n’a eu la pensée de faire du cathétérisme droit une méthode générale.

Il trouva des imitateurs, des disciples qui voulurent étendre ce procédé à tous les cas. Tel est Moulin qui, en 1828, chercha à substituer, surtout dans les cas difficiles, les sondes droites aux courbes ; il décrit longuement la technique nouvelle ; les figures 130 et 131 montrent dans quelles positions bizarres il se croyait obligé de placer ses malades ; sa technique ne contribua pas à répandre sa méthode.

Le cathétérisme droit ne vécut que pendant la première période de la lithotritie; il avait disparu presque complètement quand, en 1879, Bigelow le ressuscita, le croyant, à tort, nécessaire pour pratiquer l’évacuation après la lithotritie moderne.

Les recherches d’Amussat, celles de Home en 1823, avaient fait voir aux chirurgiens que les diverses portions de l’urètre sont douées de propriétés physiologiques et pathologiques différentes, d’où la nécessité de baser le dia-

Lie CATIlÈTÉRISMie

gnostic sur le cathétérisme explorateur. On s’aperçut qu’un instrument cylindrique, bougie ou sonde, était un mauvais explorateur, car elle ne permettait pas de localiser les sensations.

Un chirurgien militaire, Liout, réalisait un progrès en construisant en 1824 les premières sondes coniques terminées par un renflement, modèle primitif des bougies et sondes à bout olivaire. Le principe d’un renflement terminal allait s’imposer.

Déjà au siècle précédent, Petit et Desault avaient indiqué l’emploi d’instruments terminés par une boule dont Ch. Bell s’est certainement servi, Ségalas employa méthodiquement une tige terminée par une olive ou une boule, instrument métallique, assez offensif, qui manquait de la souplesse nécessaire. Peu après Amussat employa une sonde munie à son

Fig. — Empreintes de rétrécissements, d'après Lallemand.

extrémité d’une lentille qui, rendue excentrique par un mouvement de bascule accrochait et révélait les obstacles pendant le retrait de l’instrument.

Vers 1830, une amélioration fut faite par Guillon qui présenta des bougies de baleine, dont l’extrémité terminée en virgule était trop pointue, car elle exposait à blesser la muqueuse. Ce ne fut guère qu’en 1836 que Leroy d’EtioUes inventa la bougie de gomme à boule, à peu près telle qu’on l’emploie de nos jours. Mais les chirurgiens ne paraissent pas y avoir eu souvent recours et elle ne détrôna pas le porte-empreinte de Ducamp.

Celui-ci se servait, pour explorer l’urètre, d’un faisceau de fils de soie, effiloché à une de ses extrémités qu’il chargeait d’une petite masse d’un mélange de cire jaune, de diachylon, de poix et de résine. Ce fil, passant dans une sonde à bout coupé, maintenait à son extrémité le mélange emplastique. Ducamp conduisait sur l’obstacle cet appareil, attendait que la cire fût ramollie, puis exerçait une légère x)ression. La sonde retirée avec précaution donnait un moulage du rétrécissement ; la figure 132 montre des résultats heureux. Mais la méthode était infidèle ; la cire, trop ou insuffisamment ramollie, rapportait souvent un moulage inexact, et surtout, grief plus sérieux, elle se détachait et obhtérait l’urètre. Nous verrons toutefois le ijarti que Ducamp, Lallemand et beaucoup d’autres spécialistes en ont tiré pour le traitement des strictures.

Un x>eu après, en 1836, Cazenave, de Bordeaux, inventa un urétromètre (fig. 133), formé de fines lames de ressort qui se dévelopimient après leur

ENCYCL. D’uUOLOGIE. — I.

Page 1