C. — LES RÉTRÉCISSEMENTS
La conception des carnosités urétrales n’avait pu résister aux progrès de l’anatomie pathologique. Au xix° siècle, elles conservent encore quelques partisans, entre autres Sœmmering et, plus tard, Perrève, Leroy
d’Etiolles; Civiale, même en 18G0, leur consacre quelques lignes. Mais l’examen des observations fait ressortir une confusion avec les lésions de la prostate d’une part, d’autre part avec les polypes urétraux dont l’urétroscopie a montré que l’existence était relativement fréquente.
A la notion simpliste des carnosités vont se substituer des divisions et subdivisions sans nombre, basées tour à tour sur les lésions, la physiologie, les troubles fonctionnels. Les carnosités avaient cédé le pas aux ulcérations qui devenaient la cause unique des rétrécissements. Il semblait en effet logique de placer le point de départ des rétrécissements à la surface de la muqueuse. Mais Hun ter ayant fait justice des ulcérations, les théories se multiplièrent : Tanchou invoqua une exsudation plastique, une sorte de couenne que la pression des urines transforme en brides, Ducamp une fausse membrane, théorie à laquelle on est étonné de voir Laennec se rallier ; enfin l’urétrite granuleuse devient la cause des épaississements stricturaux.
Les progrès de l’anatomie pathologique vont montrer la part que prend le tissu sous -muqueux dans la genèse du rétrécissement. Le premier, Lallemand en 1834 admet qu’un dépôt plastique soulève les tissus en forme de virole. Puis Mercier, Philips, Jules Guérin, Alphonse Guérin et d’autres édifièrent des théories, très différentes entre elles, mais qui assignaient toutes une origine péri-urétrale au rétrécissement.
Si la pathogénie était rudimentaire, le diagnostic laissait aussi à désirer et les symptômes du début passaient facilement inaperçus. La plupart des auteurs donnent comme titre à leurs descriptions : « La rétention d’uiine causée par les rétrécissements. » Il semble qu’ils n’aient eu affaire qu’à des cas parvenus à la période ultime, celle de la rétention, et ils ne relatent guère que des observations de ce genre.
La dilatation. — Etayée par des notions aussi vagues sur la pathologie urétrale, la thérapeutique elle-même a quelque peu flotté. Le vieux traitement légué par le xviii® siècle, la dilatation, était, fort heureusement, encore employé, et on employait, plus ou moins modifiée, la dilatation simple car les bougies médicamenteuses avaient fait leur temps. Sœmmering avait définitivement établi que les bougies dites fondantes n’agissaient que par leur contact. Cependant Lallemand ne les repousse pas, mais à l’exemple de presque tous ses contemporains il préfère des bougies dilatantes de corde à boyau.
Vers la même époque Eeybard propose un dilatateur à mercure formé d’un sac de baudruche fixé à l’extrémité d’une sonde à bout coupé permettant d’injecter du mercure dans le sac dilatateur (fig 137). Pour lubrifier ces
Fig. 137. — Dilaüitcur à mercure de Reybard {loc. cilalo).