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sondes, il imagina le singulier moyen de coilïer leur extrémité d’un morceau de boyau de chat fraîchement préparé.

La méthode n’était pas nouvelle et Ducamp avait déjà proposé (lig. 138) des sondes d’une construction semblable à extrémité de baudruche qu’une injection forcée dilatait. Pour accéder au rétrécissement il prétendait toujours réussir en employant des bougies à ventre, gros renflement piriforme situé près de leur extrémité (lig. 139).

Amussat, ayant remarqué les bons effets du séjour prolongé d’un corps étranger dans le rétrécissement, laissait à demeiu’e une première bougie fdiforme et tous les jours il en ajoutait une nouvelle pour former ainsi un faisceau dilatatern’. De lines bougies de baleine furent essayées par Amussat et par Guillon. Elles avaient l’inconvénient d’exposer aux fausses routes.

Peu après Leroy d’Etiolles en 1834, en inventant ses bougies tortillées, permit de retrouver les orifices d’accès difficile; depuis lors, les rétrécissements infranchissables devinrent plus rares.

Celui qui a fait le plus pour la thérapeutique journahère est Béni qué qui eut conscience de ce qu’on pouvait obtenir de la douceur dans le cathétérisme. Ancien élève de l’Ecole polytechnique, il se consacra assez tard à la chirurgie qui lui est redevable d’inventions précieuses.

Il modifia la filière Charrière, gradua ses bougies d’abord par dizième,

puis par sixième de millimètre, emprunta à Mayor leur extrémité mousse et comprit la nécessité proclamée plus tard par Guy on de ne pas laisser la bougie dilatatrice à demeure. Enfin le jîremier aussi, il démontra que le moyen de retarder la récidive est de pousser au maximum la dilatation.

En 1845, Maisonneuve fit connaître à l’Académie un procédé de cathétérisme dont l’importance est devenue capitale ; c’était le cathétérisme à la suite ; sans doute Amussat, Ducamp, Tanchou avaient déjà fixé au devant de leurs instruments un petit stylet qui faisait corps avec eux, disi)Osition remphe'^de dangers et qui exposait aux fausses routes. Sans doute aussi dès 1823, Mac-Ghie, de Dumfries, s’était servi d’une sonde ouverte aux deux bouts,* comme de conducteur jusqu’au rétrécissement. Mais Mai-

Fig. 138. — Bougies dilatatrices de baudruche de Ducamp (Traité de réte7il. d'urine, 1825).

Fig. 139. — Bougies à ventre de Ducamp (ibüL).

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souneuve montra les avantages qu’il y a à introduire isolément dans l’urètre une bougie filiforme sur laquelle on peut visser tel ou tel instrument qui suit. C’est le cathétérisme à la suite, imaginé pour guider une sonde à grande courbure chez les prostatiques ; plus tard, Maisonneuve s’en servit pour divers instruments, dilatateurs, bougies de Mayor, portecaustiques, etc. Enfin, dix ans après, il employa ce conducteur pour son urétrotome sur lequel nous aurons à revenir. La date de 1845 doit donc être retenue comme celle d’une invention des plus imijortantes pour la thérapeutique urinaire (fig. 141).

Fig. 140. — Maisonneuve, 1809-1894, d’après Léveillé.

Au commencement du siècle dernier, sous l’influence de Desaiüt et surtout de Boyer, le cathétérisme forcé était florissant. U réussit entre les mains de ses deux promoteurs, mais il fallait une dextérité et ime connaissance de l’anatomie peu communes pom‘ exécuter cette manœuvre, véritable ponction de la vessie par l’urètre. Perrève, qui la critique, nous dit qu’un effort de 50 à 60 livres est nécessaire pour vaincre des rétrécissements durs ; il a vu se produire des arrachements de la paroi urétrale, ce que l’on croit sans peine. On conçoit aussi la douleur extrême et la syncope qui en résultaient.

Mayor, de Lausanne, tente de réglementer, de doser cet effort. En 1835 il fit connaître ses recherches commencées vingt-cinq ans auparavant. Pour lui toute dilatation faite avec un instrument pointu ou conique est remplie de dangers qu’on évite avec un instrmnent mousse. 11 prend comme points de comparaison la dilatation digitale de l’anus, celle du vagin par la tête fœtale, la défloration d’une vierge, et ü ajoute :

« Jamais je n’attaque les obstacles avec une sonde de petit calibre ; je me garde surtout de les forcer en m’ouvrant un passage avec une sonde conique ou à dard. Je crains trop les fausses routes, les déchirements, les

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lésions de toute sorte. Je dirai plus, plus le rétrécissement est opiniâtre, plus il offre de difficiütés au cathétérisme et à la libre excrétion des lU’ines, plus aussi j’ai soin de m’armer d’un cathéter de plus en plus volumineux... Je m’arrête de minute en minute pom' donner aux parties le temps de céder : si je n’avance pas, je prends un cathéter plus fort. Quelles que soient les incUnaisons tortueuses de ce canal souple et flexible, il faudra bien qu’il s’adapte à la direction du cathéter comme le foiuTeau à l’épée ; on peut envisager la sonde comme le mandrin de l’urètre qui doit nécessairement se mouler sur la forme du premier ; c’est au contenant à plier et non au contenu à subir la loi. »

Mayor employa d’abord des bougies pleines (flg. 142), puis des sondes creuses à deux yeux, sans doute pour donner un soulagement immédiat en cas de rétention complète. Les « gouttes de sang » qui s’échappaient de l’urètre lui semblaient utiles, et comparables au dégorgement amené par les sangsues. Ces gouttes devaient être souvent nombreuses, car Mayor introduisait six numéros de suite dans une même séance.

Bien que cette méthode ait séduit un grand nombre de chirurgiens, car nous la voyons pratiquée jusque vers 1860, la crainte de sa brutaUté amena des modifications à la méthode. Perrève rendit un grand service en inventant un dilatateur à branches parallèles, modèle modifié, copié, transformé de toutes les manières depuis 80 ans, mais dont les filiales jusque dans les dernières années ne sont que des perfectionnements.

Fip. \ 'k\. — Bougies conductrices iiioiitées sur divers instruments (Maisonneuve : Nouvelle méthode de cathétérisme, 184;:) .

Une telle thérapeutique était assurément dangereuse ; aussi les x>raticiens de cette époque épuisaient-ils, avant d’en venir à une intervention locale, l’ensemble des autres moyens destinés à rétablir le cours de l’urine. Tanchou résume ceux auxquels il faut recourir dans les cas de cathétérisme difficile :

« Saigner le malade largement et jusqu’à syncoi)e, pour essayer de pénétrer Ijendant la décongestion, bains généraux, sangsues, puis glace au périnée, narcotiques et en particulier acétate de morphine pour émousser la suscei)tibilité nerveuse. On attendra (pie l’urine passe par regorgement et alors on introduira d’abord une grosse bougie pour déprimer la tuméfaction du canal, puis de fines bougies conduites à l’intérieur d’une sonde conductrice à l)out coupé ; si le rétrécissement est mou, cathétérisme forcé, autrement ponction vésicale, de préférence par le périnée. »

Fig. 143. — Ducamp, 1793-1823. Lithograpliie de Langlumé.

Malgré tout, la dilatation forcée continuera à être pratiquée pendant de longues années. La divulsion de Holt et de X^oilleniier, la dilatation immédiate progressive de Le Fort n’en sont que des dérivées.

La cautérisation. — Pendant tout le commencement du xix^ siècle, la cautérisation des rétrécissements fut en vogue, sous l’influence de l’Ecole anglaise et en maniéré d’opposition a Lesault et à Boyer. î^ous avons vu que les méthodes de Huntcr et de Home avaient l’inconvénient d’intéresser les parties saines de l’urètre. AYhateley, iniis .iXinott enduisaient le caustique d’une substance mucilagineuse, qui n’apportait qu’une protection illusoire.

Amussat le pi-emicr, proposa un iiorte-caustique à cupule ; mais c’est suitout le nom de Ducamp qui s’attache à la méthode des cautérisations.

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