‹ Histoire de la Banque nationale [microforme]Chapitre 12 sur 24 · PS · texte numérisé non relu

PS

formé ce fonds de réserve qui a été diminué ? N'était- -ce pas un acte de prudence louable ? une sage préaution ? Et pourquoi donc ce fonds de réserve, sinon pour s'en servir dans les temps de crises, pour protéger ? Auriez-vous done préféré avoir tous les profits, sans protection pour l'avenir ?

les actionnaires, dans les malheurs

Oui! la valenr des actions de la banane Nationale a tombé, ses dividendes ent diminué ; mais les personnes qui ont seulement des notions “lémentaires des opérations financières, doivent savoir que, dans les temps de crise, les capitaux se contractent, les affaires diminuent, en même temps qu’elles deviennent chancelantes, affectées où menacées de ruine. Les affaires étant plus restreintes, les profits peuvent-ils être aussi grands”? L'argent devenant rare, peut-l y avoir autant d'entreprises industrielles ou commerciales ? L'argent devenant rare, les économies sont mises à contribution, les placements ralentissent. Les besoins de la vie étant plus difficiles à se procurer, chacun dispose de ses épargnes pour soutenir sa famille et son industrie. Les actions de banque se présentent en grand nombre, sur le marché monétaire, et Îles prix diminuent tout naturellement en conséquence du petit nombre d'acheteurs: de à, la dépréciation. Puis, les spéculateurs qui recherchent toutes ces occasions, en profitent.

Mais la banque Nationale est-elle la seule qui ait perdu, pendant la crise ? Est-ce la seule qui ait vu diminuer son fonds de réserve ? qui ait amoindri le chiffre de ses dividendes ?

Ouvrons donc les veux; regardons autour de

Do

nous; voyons ce qui se passe dans le monde financier, et parlons franchement, honnêtement.

La banüue Nationale a ses ennemis, ses détracteurs, comme toutes les autres institutions du monde entier; et ses plus grands adversaires sont ceux qui jalousent la caisse d'économie Notre-Dame de Québec, mère de la banque Nationale et autre belle et florissante institution de notre capitale, d’une stabilité et d'une honorabilité incontestable.

Parce que les fondateurs de la caisse d'économie, qui sont aussi les fondateurs de la banque Nationale, n'ont pas donné G’actions dans le fonds capital de la caisse d'économie, en 1872, on prend de là occasion de débiter les malices les plus éhontées contre les deux institutions ; et vous entendrez, assez souvent, répéter ces platitudes par des personnes qui voudraient passer pour hommes d’affaires. hommes instruits et honnêtes. Si nous leur disions qu’ils ne sont que des ignorants, ils trouveraient le mot dur et ne now croiraient pas, certainement. Cependant, s'ils n’étaient pas ce que nous les appelons, des ignorants, Us ne parleraient pas comme ils le font; car un colporteur de nouvelles est très-rarement un homme d’affaires, et les personnes auxquelles nous faisons allusion n’ont que très-peu l'habitude des affaires, malgré leur capital énorme de prétentions.

Nous pourrions bien appliquer à ces messieurs québécois ce que nous lisons dans les Actes des Apôtres : ‘ Qu’à Athènes, tous les citoyens et les étrangers passaient leur temps à raconter ou à écouter quelque nouvelle aneodote, ” D'ailleurs, quelle confiance peut mériter un détracteur qui se détracte luimème par cela seul qu’il détracte 2

Ayons donc des dispositions plus pacifiques ; soyons animés de meilleurs sentiments ; soyons francs, en un mot! Ne nous laissons entraîner ni par l'amour de la gloriole, qui n’est qu’une parodie de la gloire personnelle, ni par un désir de vengeance, qui est un sentiment antichrétien, bon tout au plus à engendrer la haine et à la nourrir.

Non ! compatriotes, ne soyez pas hypocrites, en venant raconter ce que vous assurez avoir entendu dire, lorsque souvent, vous l’avez inventé vousmêmes, ou lorsque vous êtes contents d'entendre dire ce que vous êtes joyeux de répéter.

Vous laisseriez calomnier vos amis, vos institutions nationales et utiles, sans élever la voix pour les défendre !... et pourquoi, s’il vous plaît ?..... Faut il vous le dire ?.... Par un sentiment de jalousie que vous n’avouez pas; mais que tout le monde lit dans vos paroles. Vous n’élevez pas la voix, parce que vous n’avez pas été favorisé comme quelques autres de vos concitoyens, que, pour cette raison, vous cherchez à ramener à votre niveau. Il serait bien plus noble, bien plus chrétien, d'essayer de vous élever jusqu’à eux par une conduite plus franche, plus loyale, plus honnête.

Tenez! prenons la question à un point de vue plus élevé: au point de vue de l'utilité publique. Prenons en considération le pour et le contre de la question, et voyons avec des yeux impartiaux ce que nous pouvons y gagner.

Soyons les enfants de notre pays. Nous aimons

tous ce coin de terre qui est notre sol natal; nous aimons notre famille, nos amis,nos institutions élevées

par des mains et des cœurs patriotiques ; oui! nous aimons notre patrie commune, qui à protégé notre enfance et sous les lois de laquelle nous avons acquis ce que nous possédons : éducation, santé, biens, connaissances intellectuelles, etc.; nous aimons tous ce Canada de nos ancètres dont la langue éveille les souvenirs les plus doux, les plus purs, les plus nobles: eh bien! puisque nous aimons tout cela, disons donc hautement que la banque Nationale à été assise sur des bases solides; que l'édifice qui repose sur ses bases est un monument national : que c’est une institution qui a rendu de grands services à Québec et qu'elle promet d'en rendre de plus grands encore. Disons-le bien haut, puisque c'est le cas, que la banque Nationale à fuit des provisions pour les mauvais Jours; que ces épargnes sont encore amples, et que, avec l’aide de la Providence de Dieu. elle continuera de remplir avec honneur la mission qui lui a été confiée. % ua, Puter, Proridentie.s omnit qubernat”?

L'histoire de la banque Nationale termine ici ; mais le lecteur trouvera, dans lappendice, plusieurs détails qui ne pourront manquer de lintéresser, tant au sujet du fameux projet de loi de M. Galt, contre lequel M. Vézina à fait une réponse remarquable qu'au sujet des articles de différents journaux de Québec et relatif à l'établissement de la banque.

Quant à nous, personnellement, notre motif a été de faire voir à nos compatriotes ce que peuvent accomplir l'énergie, la prudence et l'intelligence combinées ; et, si nous avons réussi à faire connaître cette belle institution canadienne, nous nous considéronx comme amplement récompensé de notre travail fait au milieu de mille préoccupations.

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