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Il est tolérablemeiié clair que le “ département ” aura des pouvoirs s très étendus relativement au montantde billets mis en circulation. “Le département du trésor pourra déposer des billets provinciaux dans toute banque chartrée, qui en fera l'émission pour l'avantage du public, sans en charger l'intérêt à cette banque.” Et encore. ‘“ Le gouvernement provincial sera autorisé, par l'entremise du département du trésor, à prélever toute partie d'aucun emprunt autorisé par la loi, par l'émission de bons du trésor provincial, portant un taux d'intérêt quotidien n’excédant pas le taux de 4 pour cent par année.”
H. s'étend plus au long sur le sujet, et toujours
avec des arguments logiques et puissants. Il finit par dire ce que tout le monde répète aujourd’hui : “ qu’il est à espérer que M. Galt n’insistera pas sur la passation de cette mesure, ou qu’il n’en fera pas une question de parti.”
F. VÉZINA
ExTraiTr pu MoRNING CHRONICLE DAXS LE MOIS DE JUIN, 1859. se
Au commencement du bis dernier, nous avons inséré dans nos colonnes d'innonces, une copie du prospectus d’inauguration @'üne nouvelle banque dans cette ville et portant lé‘nom de “ La Banque Nationale ” ou en bon anglais he National Bank ” of Quebec. Un acte d’incorporation de cette institution projetée a déjà été passé par la législature; et dans cet acte d’incorporation, un bureau de directeurs provisoires a été choisi et nommé. Ceux-ci resteront en fonctions, jusqu’à ce que l'institution soit organisée et qu’ils soient remplacés par une chambre de directeurs élus par les actionnaires.
Les noms des directeurs provisoires sont canadiens-français, vû que le projet a originé chez cette partie de la population ; mais ces noms sont ceux des citoyens les plus recommandables, et les promoteurs de l'institution seront véritablement heureux de former, à la première occasion favorable, le bureau, avec une moitié au moins de noms de citoyens d’origine anglaise. Dans les remarques que nous avons été amenes à faire en faveur de ce projet de fondation (sur demande spéciale), nous repoussons l’idée, pour notre part, de douter de l’eflicacité de la fonda-
tion d’une banque dans la ville de Québec, ou de sa bonne volonté de rendre service à toutes les classes de la société. Nous ne pensons pas aw’il pourrait être démontré qu'une institution aussi utile et aussi avantageuse ne rencontrerait pas l’encouragement nécessaire à sa subsistance, surtout pour une banque de ce genre, qui est destinée, particulièrement pour l’avantage de la classe ouvrière, pour le bénéfice de la portion commerciale de la société, qui n’a pas eu les priviléges d’être admise au‘nom bre des directeurs des banques existantes. ue
“Nous rappelerons‘ipi l'histoire de la mouche, troublant le sommeil dé: oncle Toby, et qui fut prise par lui et remise eh: liberté, par ce vieux soldat bienveillant, en lui di: sant : : Va, pauvre diablesse,
va ton chemin, il y & assez d'espace dans es monde pour que toi et moi, vivions séparément, ” Aon-seullement per sonne n’x à admisjusqu’ici qu'il n’y avait pas assez d'espace dans notre ville pour empêcher l'existence d’un tel établissement, mais la majorité des hommes marquants de la classe commerciale ont éprouvé le regret de ne pas voir exister une banque de ce genre.
Les membres de la classe mercantile moyenne ont sou vent de grande difficultés, pour obtenir des fonds à de courtes échéances, et ils refusent de passer par des humiliations pour obtenir l'argent dont iis ont besoin.
Les conditions et les principes sur lesquels !a banque Nationale est fondée, seront facilement compris en lisant attentivement le prospectus ; le lecteur remarquera que tous les moyens de faciliter l'organ sation de ce projet, d'encourager le nombre des ac-
tionnaires, et d'assurer une entière garantie à tous ceux qui voudront faire des versements, sont mis en pratique. Les termes des versements sont si modestes et si iaciles qu'un actionnaire peut, prendre plusieurs parts sans gêner ses affaires. Ilest inutile de s’étendre sur les avantages qu'offre cette banque laquelle pessède des avantages plus qu'aucune autre.
Un rapport annuel sera soumis aux actionnaires et un état de l'actif et du passif sera publié chaque mois dans la Guzette du Cuncda.
La sixième clause du “réglement traite sur la question politique financière, et démontre un exemple de la pratique efficace “dés gérants de la banque : En — Il ne sera pas loisible d'accorder plus que la vingtième partie du montant, tctal à l'usage de l’escompte, en aucun temps, sur aucun billet ou papier portant le nom d’un directeur de la banque ou ce-
lui de la maison ou société de laquelle il fait partie.”
Nous espérons, par ces quelques remarques, attirer l'attention du public sur ce sujet ; que le prospectus sera soigneusement examiné, et que ia banque Nationale, recevra tout l’encouragement et le support auxquels elle a droit de s'attendre, des hommes de la classe commerciale de toutes Jes origines et de toutes les dénominations.
Nos lecteurs nous pardonneront sans doute de parler encore de cette institution en considération ‘lu but qui nous fait agir et de l'importance de ‘tte institution surtout pour le petit commerce et *"’classos industrielles et agricoles.
Nous disions le 21 juillet, “ qu’il n’était nécessaire ni de dire ce qu'est une banque d'émission ni d’en démontrer l'utilité ; ” mais si nous n'avons pas changé d'opinion sur ce point, nous nous sommes du moins convaincu par l'expérience que les bonnes choses, les entreprises utiles ne triomphent que par la persistance, tandis que les mauvaises prennent sans effort leur place dans les idées, les sentiments et les mœurs.
On a peur de tout ce qui est nouveau, et on a rai« son jusqu'à un certain point; mais une banque d’émission n’a rien de nouveau pour nous. Tout le monde en comprend l'utilité et même la nécessité dans la condition commerciale qui nous a été faite à l’origine par les institutions monétaires mêmes; chacun en sent la cruelle nécessité chaque fois que, voulant prendre l'essor, il se trouve arrêté court, parce que la porte de cette banque où il trouverait infaiiliblement l’élément de sa prospérité et de son succès lui est fermée ; mais si on lui indique le moyen de sortir de son ilotisme commercial et de son vasselage aux grands prêteurs, à des taux ruineux, il semble ne pas comprendre et s’abstient.
Que l’on comprenne donc que c'est de l'intérêt que le grand nombre prendra à cette institution que dépendra son succès et le bien-être de ce grand nombre même. Plus il y aura d'individus intéressés dans la banque et plus il y aura d’intéressés à la circulation de ses billets ; or, plus la circulation sera grande, plus le profit sera grand pour les actionnaires.
Ce sont les banques dont les billets circulent dans les campagnes qui d’ordinaire prospèrent d’avantage, parce que leurs billets circulent longtemps
sans revenir au point d'émission. Les campagnes n’en souffrent aucunement, et les banques y gagnent dans la mesure de l'émission et la durée de la cireulation. Les campagnes devraient donc aussi encourager la banque Nationale; comme ce serait leur banque, elles la connaîtraient mieux et encourageraient d'autant plus la circulation de ses billets qu'elles y gagneraient davantage.
L'expérience a prouvé ce que la théorie n’avait pas d’abord même soupçonné, à savoir, que les oscillations de caisse des banques d'émission, ét:.lies dans ies contrées agricoles et industrielles étaient moindres que celles des banques de même nature établies dans les grands centres commerciaux. Donnons pour exemple les banques d’Ecosse, l’une des plus belles créations des temps modernes. Ces banques ont presque toutes, il est vrai, leur principal établissement dans une grande ville ; mais elles s'appuient sur un certain nombre de succursales répandues dans les campagnes où elles ont provoqué et secondé les progrès de l’industrie agricole, et introduit pour le grand bien des populations, les habitudes exactes du commerce en matière de crédit.
Mais pourquoi le cultivateur écossais accepte-t-il les billets de banque et les préfère-t-il aux espèces, tandis que partout ailleurs le cultivateur se défie de ces billets? Ils les accepte ainsi que nous le disions tout à l’heure,parce qu’il connaît l'institution ‘dont ils émanent et parce qu’actionnaire lui-même, il profite des produits de la circulation, aussi parce qu’il profite du crédit que les émissions procurent aux
banques.
Fondateurs de la banque Nationale, nous pourrons dire à peu près exactement d'avance, le marché sur lequel ses billets circuleront, ce sera celui même où se trouvent représentés le petit commerce, l'industric et l’agriculture. Ainsi, tâchons donc de comprendre toute l'importance de cette institution pour la classe industrielle et agricole.
Les billets devront circuler dans la même sphère que les escomptes, et ne la dépasseront guère quelque soit d’ailleurs le crédit de la banque au loin. Nous avons, pour affirmer ce!'a, l'expérience de la France. Si donc l’on veut étendre partout les crédits des billets de banque, pour l'avantage des populations 1l faut étendre partout les escomptes, au moyen desquels l’émissioh de ces billets a lieu.
Or, nous venons de dire que les escomptes n’ont lieu qu’autour des banques, c’est-à-dire que là où le prêteur et l'emprunteur se connaissent et ont mutuellement confiance l’un dans l’autre et dans leur responsabilité réciproque. Or cette confiance ne peut mieux se trouver que dans la solidarité des intérêts. L’'actionnaire peut être tout à la fois prêteur et emprunteur : s’il n’est pas emprunteur, son parent, son voisin, son ami peut l'être, et il lui prête parce qu’il sait qu’il est plesnement solvable et qu’il peut lui prêter san. «ser. Il n'en est pas de même des institutions qui se meuvent exclusivement dans les grands centres commerciaux ; les agriculteurs ne les connaissent pas et n’ont pas conséquemment la même confiance dans leurs billets; de leur côté ces banques ne conuaissent pas ces agriculteurs qui ont besoin d’escompte et refusent de leur prêter ; c’est de part et d'autre l'absence totale de cette confiance, sans
laquelle, avec votre système de crédit, il n’y a pas de commerce possible.
Nous appelons donc de toutes nos forces les habitants de nos campagnes, avec ceux de la ville, à fournir leur contingent au succès de In banque Nationale : que chacun comprenne bien que ce n’estnas un sacrifice qu'on lui demande et qu'on l'invite uniquement à placer de l'argent à intérêt, en même temps qu'on lui ouvre la porte du commerce et de la prospérité.
Plusieurs des idées émises dans cet article ne sont pas de nous; mais les ayant trouvées excellentes et concluantes, nous les avons incorporées aux
nôtres, au profit de l'institution dont nous souhaitons ardemment le succès.