CHAPITRE IV
Histoire de la Belgi<iue wu. le» régne» de Godefroid-le-Courageux et de Baudouin de Lille (1015 à 1069;.
Trente années de paix intérieure , à peine troublées par qnelques expéditions au dehors, suivirent l'alliance des maisons d'Ardeune et de Hainaut , et consolidèrent la domination de chaque famille dans les états qui lui étaient échus. Godefroid et son frère Gothelon , qui fut bientôt son successeur, exercèrent le pouvoir de ducs sans inquiéter les comtesdansle gouvernement de leurs provinces, et ceux-ci, de leur côté , ne s'occupèrent plus que d'affermir leur souveraineté locale. Il ne s*éleva donc plus de luttes entre les grands vassaux de Lorraine et les représentants du souverain : mais peut-être Fautorité impériale s'affaiblit-elle encore par cette tolérance mutuelle des différents chefs, devenus tous alliés et parents.
Avec le vieux Lambert tué à Florennes , parut s'être éteint Tesifl-it remuant et inquiet des chefs de cette puissante maison. Les états qu'il avait possédés et qui répondaient assez exactement au Brabant actuel, échurent à ses fils Henri et Lambert III , qui les gouvernèrent l'un après l'autre sous le titre de comtes de Louvain. Henri, qui était Tauié , régna pendant 23 ans sans tirer une seule fois répée contre les princes voisins ; Lambert , le plus jeune , se rendit célèbre par des fondations pieuses et par l'agrandissement de la ville de Bruxelles , qu'il entoura d'une enceinte fortifiée (1050). Ce dernier avait épousé une nièce de Godefroid, Ode, fille de Gothelon; anisi le sang des deux races naguère ennemies se réunit et se mêla dans ses descendants.
L'autre branche de cette famille s'éteignit en Régnier V. Il n'eut qu'une fille de son mariage avec Mathilde d'Eenham , et ses efforts pendant un règne assez long (il mourut vers 1040) tendirent seulement à jouir en maître de ses vastes domaines. Il se fit accorder par l'empereur l'abbaye de Ste.-Waudru d'où dépendait la ville de Mons, et transigea ensuite avec les chanoinesses de ce monastère qui lui cédèrent en partie les droits d'abbé. Ce fut depuis lors que cette ville devint la principale résidence des comtes de Hainaut , qui avaient habité jusque-là le château et l'ancien bourg d'Hornu , où ils rendaient justice à leurs vassaux en plein air et au pied de grands chênes , selon l'usage seigneurial.
Pour les comtes de Namur, qui avaient été depuis longtemps liés à ceux de Hainaut et mêlés à leurs guerres , ils déposèrent également les armes à partir de la bataille de Florennes. Cette maison remontait au ix.'' siècle et avait pour domaines le pays de Lomme , situé sur les deux bords de la Sambre, près de son embouchure. Elle s'était agrandie vers 990 par le mariage d'Albert I." avec la princesse Ermengarde , qui lui avait apporté en dot les cantons situés à l'est de la Meuse entre Huy et Dinant. Ce fut alors que la ville de Namur, jusque là resserrée au pied de la forteresse , s'étendit jusque sur l'autre rive de la Sambre, et jeta un pont sur la Meuse. Le traité qui réconcilia les grandes familles assura encore à Ermengarde quelques indemnités territoriales pour les droits de ses enfants au duché. Son fils Albert II (frère de ce Robert qui était resté sur le champ de bataille) épousa Régelinde , fille de Gothelon et nièce de Godefroid , laquelle reçut pour apanage une partie du pays de Bouillon. Ces accroissements successifs mirent les comtes de Namur au niveau de ceux de Hainaut et de Louvain , et satisfait de la position où il se trouvait placé, Albert fut désormais pour les ducs un allié fidèle.
Le pays jouit donc, pendant cette période d'environ
trente années (1015 à 1045), de ce calme et de cette tranquillité intérieure dont il avait été privé depuis les invasions des Normands. Toutefois le gouvernement de Godefroid , heureux et stable au dedans , fut marqué au dehors par une expédition malheureuse contre Thierry de Frise. C'était un jeune comte dont les domaines paternels se trouvaient sur les côtes de la Hollande actuelle, et qui avait aussi hérité du château impérial de Gand (sous la suzeraineté de Flandre). Dans ces contrées maritimes où le pouvoir du souverain se faisait à peine ressentir, ses pères avaient guerroyé depuis longtemps contre les Frisons et bâti la forteresse de Fladirting ou Flandeberg , berceau du comté de Hollande. Lui osa tenir tête au puissant évêque d'Utrecht , et s'empara d'une île située au milieu de la Meuse (c'est aujourd'hui l'emplacement de Dordrecht). Il y construisit un château qui commandait le passage et d'où ses soldats levaient un impôt sur tous les navires qui remontaient ou descendaient la Meuse. L'évêque se plaignit, et Godefroid rassembla les forces de son duché pour réprimer les exactions du comte. Mais son armée , quoique considérable , fut attaquée et mise en fuite avec un grand carnage par les Frisons de Thierry, embusqués daips ^n poste avantageux (1018). Le duc lui-même fut fait prisonnier. Cependant le vainqueur le traita bien et eut l'adresse de se servir de lui comme d'un médiateur pour obtenir le pardon impérial à des conditions favorables. Ce fut de cette époque que data la puissance des comtes de Hollande. Godefroid mourut quelque temps après (102^), laissant le duché à son frère Gothelon , jusque là comte d'Anvers.
La politique de ce nouveau duc i^i aussi concilfante que celle de son frère ; mais la fortune le favorisa davantage. Son élévation au commandement coïncidait avec l'élection de l'empereur Conrad , et il parut un moment vouloir résister h ce prince. Mais ce dernier ayant consenti à traiter avec les comtes lorrains » auxquels il accorda des
concessions, Gothelon devint son partisan et son appui le plus fidèle. Il reçut de lui en 1031 le duché de Haute- Lorraine, ce qui réunit les deux contrées sous son pouvoir ; et il paya ce bienfait trois ans plus tard en repoussant avec ses Lorrains l'invasion du comte Eudes de Champagne, qui avait réuni une puissante armée de Français et de Bourguignons pour conquérir le royaume de Bourgogne dont il se disait héritier. Le duc alla au devant de lui , le rencontra près de Bar dans un lieu nommé Hofnol , et lui livra une bataille qui fut des plus sanglantes (23 novembre 1037). Les comtes de Louvain et de Namur accompagnaient Gothelon avec une foule de seigneurs belges , et faillirent succomber sous la supériorité numérique de leurs adversaires ; mais ils furent dégagés par l'évêque de Metz et les troupes de Haute-Lorraine qui arrivèrent à leur secours. Albert de Namur tenait tête au Champenois qui fut tué : lui-même resta pour mort sur le champ de bataille. Henri de Louvain fit prisonnier de sa propre main un des généraux ennemis : Godefroid, fils aîné de Gothelon, avait donné l'exemple d'une valeur merveilleuse. Il garda le surnom de Courageux ; son père reçut celui de Grand , moins pour cette victoire qu'à cause du respect qu'avaient inspiré
ses vertus.
Le règne de Gothelon se termina en 1043. Il laissait trois fils : Godefroid IV, l'aîné , r^çut le duché de Basse- Lorraine; Gothelon II, le second, eut la Haute ; Frédéric , le troisième , embrassa la carrière de l'Eglise et devint plus tardsouverain pontife, sous le nom d'Etienne IX. Quelque brillante que fut la part de Godefroid, il s'indigna de n'avoir pas obtenu pour lui seul les deux duchés paternels , et d'avoir pour collègue son frère , appelé par nos historiens Gothelon-le-Fainéant. Il osa tenter une révolte : mais les comtes l'abandonnèrent, redoutant peut-être son caractère altier, et malgré son prompt retour à l'obéissance, l'empereur Henri III, auquel il était allé se livrer, le retint en prison pendant un an, et ne l'en laissa sortir qu'en
retenant sou lils pour otage (1046). Le duc subit cette liuintUation en silence ; mais son frère Goihelon étant mort sans enfants l'année suivante , il ne put supporter que e monarque lui refusât son héritage pour le donner au comte Albert d'Alsace. Il résolut d'en appeler au jugement des armes, et le comte de Flandre ayant fait alliance avec lui, on vit s'engager une lutte sérieuse et prolongée dans laquelle les forces de l'empire furent tenues en échec par les deux chefs.
Le comte qui s'associa ainsi à Godefroid-le-Courageux , était Baudouin V, surnommé de Lille (i), flls de Baudouinle-Barbu. Ce prince , le plus célèbre ('e tous ceux de son époque , avait paru destiné dans sa jeunesse à devenir le fléau de sa maison dont il fut l'honneur. Marié è une princesse du sang royal de France (Adèle , ûlle de Robert 1."), Forgueil et l'ambition l'avaient rendu indocile à son vieux père , et celui-ci , abandonné d'une partie de ses vassaux , avait cherché un refuge chez Robert de Normandie (1029). Robert intervint : il réconcilia le père et le fils , et la bonne iotelligence entre eux fut cimentée Tannée suivante dahs une assemblée générale des principaux de Flandre qui fut tenue à Audenaerde pour y jurer la paix. On remarqua dans cette assemblée qu'entre toutes les reliques de Flandre , qui avaient été apportées là pour rendre le serment plus solennel , la première place fut donnée aux restes de saint Gérulphe , parce que c'était le seul qui fût un saint flamand. Ainsi éclatait en toutes choses l'esprit de nationalité d'un peuple jeune et fier qui commençait à prendre le sentiment de sa puissance.
Baudouin de Lille, devenu souverain après la mort de son père (1036), donna la mesure de ses forces et de son cou-
fl) On croit qiill était né flan* «vHp ^illo. Il laatraiidit p| on fit sa résidence ordinaire.
rage en attaquant Thierry IV, comte de Frise , qui prétendait à la souveraineté des îles de Zélande. Il avait réussi dans cette expédition , lorsque Godefroid lui demanda son assistance. Le comte la promit « comme parent » . Thierry lui-même, menacé alors par l'empereur à cause de ses empiétements sur l'évèché d'Utrecht , entra dans la ligue : un autre prince voisin , le comte Herman de Saxe , qui avait épousé Richilde , fille de Régnier V , et unique héritière du Hainaut , penchait pour le même parti; mais les représentations de sa femme et l'approche d'une armée impériale le firent changer de résolution.
Prévenu à temps de l'orage qui se formait , Henri III était entré en Basse-Lorraine avec de grandes forces (1047). Il s'attaqua d'abord au comte frison ; mais celui-ci sut arrêter sa flotte dans les parages difficiles de la Meuse. Pendant ce temps Godefroid rassemblait des troupes sans se déclarer; pour Baudouin il n'hésita pas, et, passant l'Escaut, il envahit le comté d'Eenham, héritage de Richilde , prit et rasa la forteresse qui le défendait , et attendit de pied ferme l'armée impériale qui s'avançait contre lui. Ce fut du côté de Douai que les Allemands essayèrent de pénétrer dans la Flandre : mais ils se trouvèrent arrêtés par des fossés et des retranchements derrière lesquels ils rencontrèrent toujours les soldats du comte. En même temps l'on apprit que Godefoid était entré en campagne et que Thierry venait de battre la flotte ennemie. L'empereur, qui pouvait être enveloppé, fut contraint de songera la retraite; les trois princes le poursuivirent jusqu'à Nimègue , prirent cette ville et brûlèrent le palais qu'y avait bâti Chariemagne. Après ce succès ils se partagèrent. Le Flamand alla attaquer le château impérial de Gand , qui était retombé (»ntre les mains du monarque (peut-être à la mort de Baudouin-le-Barbu) , et dont il se rendit maître après un long siège : Godefroid traversa l'Ardenne et pénétra dans le comté de Verdun , l'antique domaine de ses pères , que Henri lui avait arraché. La \iire lui ayant opposé quelque
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90 HISTOIRE DE l V BELCIQUE.
résistance , il se laissa eïitraîiier par sa colère jus(iu'à iiieUre le feu aux maisons et à l'église cathédrale ; mais le lendemain on vit ce vainqueur farouche venir s'agenouiller pieds nus et en pleurant sous les voûtes à demi renversées de ce temple que ses ancêtres avaient enrichi et qu'il venait d'incendier. Un cœur généreux et accessible aux nobles émotions battait encore sous la cuirasse du guerrier féodal. L'année suivante le nouveau duc de Haute-Lorraine , Albert d'Alsace , vint à son tour assaillir le chef rebi lie , taudis que Baudouin se trouvait retenu dans le Cambrésis. Godefroid, quoiqu'il eut alors peu de troupes, ne pouvait consentir à reculer devant son heureux rival : il l'observa , saisit le moment où ses forces étaient divisées, et lui offrant brusquement le combat, il le tua de sa propre main (1048). Rassasié pour ainsi dire de vengeance après cette victoire, il prêta Toreille aux représentations du pape Léon IX qui était venu en Lorraine pour rétablir la paix. Il se soumit à l'empereur, qui lui laissa ses domaines , mais qui le dépouilla du rang ducal (1049). Mais le souverain pontife trouva le comte flamand plus difficile à fléchir : rien ne put le résoudre à céder ce qu'il avait conquis ; et s'il finit par faire sa soumission à Henri III, ce ne fut qu'à condition de tenir en fief, outre le château de Gand, tout le comté d'Eenham. Il céda seulement au comte de Hainaut, en guise d'échange , quelques cantons qui dépendaient de Valenciennes et où l'on parlait français.
Ainsi se termina la première lutte de Baudouin et de Godefroid contre la puissance impériale. Le duc dépouillé demeura quelques années en repos, et son titre fut donné à son cousin Frédéric de Luxembourg. C'était un prince guerrier, et puissant au midi de la Meuse ; mais qui n'avait pas assez de forces pour imposer aux grands vassaux du nord : et l'occasion d'un nouvel agrandissement s'étant encore offerte à Baudouin, celui-ci n'hésita pas à en profiter, quelque déplaisir qu'elle pût donner au monarque et à son lieutenant.
Après douze ans de mariage avec le comte Herman de Saxe , Richilde de Hainaut était devenue veuve (en 1051) et n'avait qu'un seul fils, maladif et contrefait. Le Flamand, dont les états touchaient à ceux de cette princesse, lui fait offrir la main de son fils aîné , et sans attendre une réponse formelle;, il entre dans le Hainaut à main armée , pousse jusqu'à Monset bloque la ville. Richilde, qui n'avait hésité que dans la crainte du ressentiment de l'empereur, cède aussitôt à cette apparence de contrainte , et le mariage se conclut au vu et de l'aveu de tous les seigneurs de Flandre et de Hainaut. Pour assurer la réunion durable des deux provinces , il fut stipulé que le fils du premier lit serait destiné à l'Église, ce qui eut lieu. Ainsi le Hainaut comme la Flandre devait appartenir un jour au prince qui naîtrait de cette alliance. Mais en même temps une nouveHe tempête se formait, car Henri III, mécontent de cette union dangereuse , vint attaquer la Flandre (1053 et 1054) , ne se déconcerta point du peu de succès de ses premiers efforts , et finit par pénétrer avec une armée allemande jusque sous les murs de Lille. Ses soldats ravagèrent les campagnes , Tournay fut pris et pillé ; mais Baudouin ne
fléchit pas.
Une singuhère fatalité rendit bientôt au comte flamand son allié Godefroid. Ce duc dépouiUé se trouvait alors en Italie, où il avait marché sous la bannière de l'empire comme simple vassal. Dans cet abaissement de sa fortune, il rencontra en Lombardie sa cousine Béatrice de Haute- Lorraine , devenue marquise de Toscane , et que la mort de son époux avait laissée la princesse la plus riche et la plus puissante de l'Europe. Le contraste de leur situation était grand ; mais Béatrice avait été pupille de Gothelon et iV miUère avec Godeiroid aux jours de sa prospérité : elle se rappela ses souvenirs d'enfance et offrit sa main au guerrier malheureux. C'était lui rendre plus qu'il n'avait perdu. Henri s'en irrita et persécuta les deux époux qui protestaient en vain de leur soumission. Béatrice crut l'apaiser
en allant se justifier à ses pieds : elle fut retenue captive , en mm époux désespéré revint en Lorraine , cherchant alors en euet à rejoindre son ancien compagnon de jiuerre (1055). Il trouva Baudouin encore sous les armes , et aux prises avec le duc Frédéric de Luxembourg, qui se tenr.it à Anvers dont il avait fait sa forteresse et son refuge. Ces deux princes coururent l'y assiéger ; mais les comtes lorrains marchèrent au secours de la place et obligèrent les assaillants à faire retraite. Toutefois l'issue de la guerre restait incertaine, lorstiue Henri mourut (105G). Sa veuve, l'impératrice Agnès, devenue régente, fit offrir aux deux chefs des conditions équitables : elle consentait à ratifier le mariage de Richilde . et à laisser Baudouin en possession de tout ce qu'il avait conquis; Godefroid devait recevoir, avec la liberté de son épouse , la survivance du duché de Basse-Lorraine, le duc Frédéric étant déjà vieux et n'ayant point de fds. Ces conventions furent sanctionnées dans une diète solennelle tenue à Cologne , en présence du pape Victor II : elles ramenèrent dans nos contrées la paix
et la sécurité.
Après cet arrangement , Godefroid se retira en Italie avec Béatrice , et ce prince , qui avait joué un rôle si brillant dans la lutte , devint comme étranger à nos provinces, gouvernées par leurs comtes sous le patronage nominal de Frédéric. Ce ne fut que neuf ans après que lui échut enfin le duché ; mais il était retenu dans ses états du midi , et ne revint en Basse-Lorraine (en 1069) que pour y mourir. Quant à Baudouin de Lille , il déposa l'épée et sut mériter alors les noms de Débonnaire et de Pieux, après avoir montré tant d'audace et d'énergie sur le champ de bataille. Sa vieillesse reçut un nouvel éclat par la sagesse et la fermeté avec lesquelles il gouverna la France comme tuteur du jeune roi Philippe I.''' Appelé à ces hautes fonctions par la confiance du roi mourant (Henri L"). il les remplit pendant six années (lOOi à 10(}7), et sut maintenir ou rétablir l'ordre, soumettre les provinces méridionales révoltées, administrer
avrc justice et prévoyance. Son propre gendre , Guillaume de Normandie , ayant eu recours à lui pour être soutenu dans l'expédition qu'il préparait pour conquérir l'Angleterre (lOiMi), Baudouin , quoiqu'il portât l'intérêt le plus vif à son (entreprise , et qu'il lui eût donné , comme comte de Flandre , des vaisseaux et des soldats , eut la loyauté de lui refuser comme régent le secours de la France , parce que l'agrandissement des ducs de Normandie était contraire à l'intérêt de la couronne. Lui-même s'abstint constamment de tirer avantage de sa position royale en faveur de sa puissance personnelle ; et à la majorité de PhiUppe il ne voulut d'autre récompense que le choix de son fils aîné, Baudouin de Mons, comme parrain d'armes du jeune roi qui reçut de sa main l'accolade de chevalier. Le comte mourut la même année (1067) , après avoir vu son second fils , Robert-le- Frison , devenu régent de Hollande , et son gendre , Guillaume de Normandie, roi d'Angleterre.