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CHAPITRE IL

Les descendants deRobert-le-Frison régnent en Flandre. —Troubles et guerres extérieures pour leur succession. — Lutte et alliance définitive des comtes de Flandre et de Hainaut (1100 à 1160).

Pendant que la Lorraine se scindait en provinces rivales , une sorte de fatalité semblait poursuivre , sur le trône de Flandre , les premiers successeurs de Robert-le-Frison. Tous s'éteignirent en peu d'années , et deux fois leur succession , devenue l'objet de prétentions rivales , fit naître des troubles à l'intérieur et des guerres au dehors, jusqu'au moment où la branche aînée recouvra ses droits par une alliance qui devait amener aussi la réunion de la Flandre et du Hainaut.

Plusieurs princes guerriers succédèrent l'un après l'autre au vieux Robert. La valeur de son fils aîné , Robert de Jérusalem , qui avait brillé avec tant d'éclat dans la guerre sainte , ne se démentit point dans le cours de son règne. A son retour en Europe, ce prince avait trouvé la Flandre impériale menacée par l'empereur Henri IV, auquel il avait refusé de rendre hommage , et il ne tarda pas à découvrir qu'un petit-fils de Richilde , Baudouin III de Hainaut , s'apprêtait à profiter de cette circonstance pour lui disputer l'héritage de ses pères. Robert les prévint tous deux. Il enleva au jeune Baudouin la ville de Tournay, qui se trouvait sous la protection du Hainaut, après s'être détachée de la Flandre , et il porta la guerre dans l'évêché de Cambrai , gouverné alors par un des plus zélés partisans de l'empereur (1102). Ce fut en vain que Henri IV marcha luimême contre le prince flamand ; ni ce monarque , ni son

(ils Henri V, qui recommença la lutte quelques armées après (1107) , ne purent remporter d'avantages sur un adversaire dont rexpérience égalait la valeur. Ils le laissèrent Tun et l'autre en possession du Cambrésis (mais seulement à titre précaire ) , et le comte jouit de cette conquête pendant le reste de sa vie. Autant son courage le rendait redoutable à ses ennemis , autant sa justice le faisait chérir de ses sujets. Malheureusement il ne put rester étranger à la guerre qui éclata , vers 1111, entre TAngleterre et la France. Vassal de Louis-le-Gros , il marcha en personne sous sa bannière , et périt au siège de la ville de Meaux , un pont dont il voulait forcer le passage s'étant écroulé sous les pas des combattants.

Son fils , Baudouin VU , qui lui succéda , fut surnommé Baudouin-à-la-Hache {hapkin) , parce qu'il ne quittait jamais cette arme , dont on le vit faire plus d'une fois un usage redoutable. Il commença sou règne par faire proclamer de nouveau la paix de Flandre , décrétée jadis par les assemblées d'Audenarde , et il tint la main à sou exécution avec une fermeté que rien ne put fléchir. Par ses ordres , dix chevaliers qui avaieut enfreint la loi du pays , furent pendus eu sa présence dans son château de Winendale, et un autre gentilhomme, coupable du môme crime, fut jeté dans une chaudière d'eau bouillante (i). De pareils traits indiquaient une volonté énergique. Baudouin ne se montra pas moins fier en épousant la cause de Guillaume de Normandie , fils de ce duc Robert qui s'était signalé dans la croisade. Ce jeune prince se trouvait dépouillé de son héritage par l'avidité de son oncle Henri I.*% roi d'An-

(IJ Nos ctironiqnes diteiit que ces chevaliers, dont plusieurs appartciiaieut aux plus grandes familles, avaient détroussé des marchands et volé deux vaches : mais il est évident que leur crime, quel qu'il fût, ne fiouvail avoir un caractère aussi bas, et san» doute la tradition a défiguré ici Thistoire.

gleterre. Le comte de Flandre l'accueillit et le jn-otégea , et comme Henri menaçait d'en tirer vengeance en marchant sur Bruges, Baudouin répondit qu'il lui épargnerait le chemin en allant le chercher lui-même jusqu'à Rouen. Il entra en ejQfet dans la Normandie, à la tête de cinq cents chevaliers , et se dirigeant sur la capitale où se trouvait le roi d'Angleterre , il lui fit demander s'il était prêt à combattre. Sur son refus , ii s'avança lui-même au pied des murs, et, poussant son cheval jusqu'à la porte de la ville , il y planta sa lance en signe de défi. Il traversa ensuite la province jusqu'au château d'Eu, que ses troupes assiégèrent. Mais là il fut blessé d'un coup de flèche au bas du front , et ayant négligé cette blessure, qui s'envenima pendant son retour, il en mourut à l'âge de 27 ans (1119).

Baudouin-à-la-Hache ne laissait point de fils; mais il avait désigné pour son héritier un de ses cousins élevé auprès de lui. C'était Charles, surnommé le Bon, fils d'une sœur de Robert de Jérusalem. Son père. Canut IV, avait été roi de Danemarck ; mais une révolte lui avait arraché le trône et la vie , et sa veuve était retournée en Flandre avec l'enfant orphelin. Celui-ci fut élevé auprès des parents de sa mère , et devint le compagnon de Baudouin VII, qui le choisit pour son successeur. Ce ne fut pourtant pas sans combattre qu'il entra en possession de son héritage , ayant trouvé pour compétiteurs, d'une part Baudouin HI de Hainaut , qui ne pouvait renoncer aux droits de sa maison ur la Flandre, et de l'autre Guillaume d'Ypres, fils naturel d'un frère de Robert de Jérusalem. Ce dernier était soutenu par le duc de Brabant (Godefroid I.^O et par quelques seigneurs du pays. Mais Charles, attaquant tour à tour chacun de ses adversaires, fut victorieux de Guillaume et contraignit Baudouin à se retirer précipitamment. Devenu alors paisible possesseur du comté, il le gouverna d'une main ferme , s'attachant à détruire les derniers restes de l'indépendance des seigneurs et des désordres qu'elle ewtraînait. De graude? ?ertus le retidaient cher à son pcupfe.

Simple et modeste dans ses habitudes, il étaitgénéreux pour faire le bien , et sa piété profonde ne désarmait point sa justice sévère. Quoique la paix de son règne lui offrit peu d'occasions de se signaler, sa renommée s'étendit si loin que les barons de Jérusalem lui firent offrir la royauté, et les princes d'Allemagne, l'empire (1125). Mais il n'accepta m l'une ni l'autre couronne, cédant aux prières de ses sujets, qui craignaient de perdre un souverain si justement aimé. Cependant les qualités même de Charles-le-Bon le rendaient odieux à ceux qui le redoutaient. Dans une grande famine (1125) il avait fait saisir les grains que l'avidité de quelques riches avait accaparés , et qui furent vendus à bas prix par ses ordres. En d'autres occasions, il avait montré une rigueur, peut-être excessive, contre la famille puissante du châtelain de Bruges, qu'il voulait dégrader comme étant d'origine servile. Le ressentiment des offensés alla jusqu'à la fureur. Ils conjurèrent la perte du comte , et , rayant surpris dans l'église de Saint-Donat (le 2 mars 1127), ils l'assassinèrent avec une férocité impie.

A la nouvelle de ce crime, toute la Flandre s'émut. Les conjurés qui s'étaient renfermés dans le bourg ou châteaufort de Bruges, y furent assiégés par les bourgeois, auxquels se joignirent bientôt les forces des villes environnantes. Après une défense opiniâtre , ils tombèrent entre les mains de leurs ennemis et périrent dans les plus affreux supplices. Les restes du comte furent recueillis avec respect comme ceux d'un martyr, et l'Église le place au nombre des saints. Comme il no laissait point d'enfants , sa succession fut contestée, et l'histoire de cette contestation offre le tableau le plus précieux de l'état politique du pays.

Le roi de France , Louis-le-Gros , se rendit à Arras et fit convoquer la noblesse de Flandre (les hommes du comte), à laquelle il présenta pour seigneur ce Guillaume de Normandie, accueilli jadis par Baudouin-à-la-Hache, et qui depuis avait inutilement essayé de reconquérir l'héritage de ses pères. Il était parent de la maison de Flandre, ayant eu

pour aïeule la reine Mathilde, fille de Baudouin de Lille. Toutefois il existait des héritiers plus proches; mais appuyé par la faveur du roi , et ayant gagné la bienveillance des seigneurs par la promesse de partager entre eux les biens des meurtriers de Charles, il fut élu sans difficulté. Re^ talent les bourgeois , qui s'étaient rassemblés de leur côté dans les grandes villes, et qui s'étaient engagés par serment à veiller aux intérêts communs. Louis-le-Gros leur écrivit au nom du nouveau comte , promettant l'abolition de l'impôt sur les marchandises et des redevances des maisons ; et il amena lui-même Guillaume à Deynze , où ceux de Bruges et de Gand traitèrent avec lui. Les deux princes furent ensuite reçus à Bruges, où Ton fît lecture publique des anciens privilèges de l'Église et de l'acte de cession de l'impôt et des redevances. Le roj, et le comte jurèrent sur les reliques d'observer ces conditions , et le dernier reçut alors l'hommage des bourgeois. Il leur accorda pour sa bien -venue le droit de modifier comme ils l'entendraient leurs lois coutumières, c'est-à-dire la législation intérieure de chaque ville ; et il souscrivit à toutes les demandes particulières qui lui furent adressées au nom de quelquesunes.

Ainsi fut sanctionnée l'élection de Guillaume de Normandie; Guillaume d'Ypres et Baudouin IV de Hainaut, qui avaient pris les armes pour appuyer leurs prétentions, furent accablés par les forces réunies du roi et du comte , et la Flandre put espérer le même repos dont elle avait joui sou^ ses anciens princes. Mais le nouveau souverain , qui venait de conclure avec ses sujets un pacte si solennel , n'eut pas plutôt obtenu le pouvoir qu'il viola tous leurs droits. L'on eût dit qu'élevé dans les idées féodales de son pays , il ne comprenait pas un ordre de choses différent , et on le vit agir envers les bourgeoisies flamandes comme s'il eût pu disposer à son gré de leur fortune et fouler aux pieds leurs privilèges héréditaires. Plusieurs écrivains lui attribuent le projet de reconquérir son duché de Nor-

mandie , et c'était là , suivant eux , ce qui le rendait insatiable d'argent.

Dès le commencement de son règne , l'insolence et les exactions de ses officiers ayant fait éclater des émeutes à Lilleetà Saint-Omer, il châtia sévèrement les habitants de ces deux villes. Mais lorsqu'il voulut soutenir de même le châtelain de Gand contre la population justement irritée , l'orage éclata. Daniel de Dendermonde et Iwan d'Alost , deux des principaux seigneurs de la Flandre impériale , se mirent à la tète des Gantois, qui n'avaient jamais obéi au comte qu'à regret , parce qu'il n'était pas « le droit héritier de Flandre. » Une assemblée publique ayant eu lieu , Iwan et Daniel reprochèrent à Guillaume d'avoir violé ses serments , que les seigneurs avaient garantis aux bourgeois et dont ils s'étaient eux-mêmes rendus cautions. Il lui proposèrent de convoquer à Yprcs , comme au centre du pays, la noblesse et les chefâ du clergé et du peuple, et de faire décider par cette assemblée s'il pouvait conserver le comté « avec honneur », ou s'il devait y renoncer comme parjure. Le prince accepta cet arl)itrage ; mais il réunit autour de la ville de grandes forces (principalement ses vassaux de la Flandre gallicane), et les députés gantois n'osèrent se lier à lui. Gand et Bmges renoncèrent à son obéissance , et reconnurent pour comte Thierry d'Alsace , le plus proche parent de Charles-le-Bon.

Thierry était le petit-fils de Robert-le-Frison , et avait eu pour mère Gertrude de Flandre , cette intrépide princesse qui avait accompagné Robert de Jérusalem à la Terre- Sainte. Jeune encore, et plein de courage, il accourut saiw balancer pour soutenir ses droits , et presque toute la Flandre flamingante embrassa son parti (1128). Mais lors(iue les deux adversaires en vinrent aux mains l'année suivante près de Thielt , l'avantage resta à Goillciftime , dont les soldats étaient plus aguerris. Le vaincu se retira dans la forteresse d'Alost , où.son rival vint l'assiéger. Godefroid-le- Biibu, avec lequel ce dernier avait fait alliance, prit |>art au

siège avec quatre cents chevaliers brabançons, et tout semblait promettre la victoire au Normand, lorsqu'il fut atteint d'un coup de flèche dans une escarmouche. La blessure devint mortelle. Alors Thierry entra librement en possession du comté , et le roi de France , qui venait de le condamner comme rebelle, admit la légitimité de ses droits. Il paraît qu'il craignait une alliance du prince flamand avec l'Angleterre.

Ainsi le choix du peuple reportait sur le trône un petitfils de Robert-le-Frison; pour la branche aînée de la Maison de Flandre, qui continuait à régner en Hainaut , ses titres semblaient entièrement méconnus. Il y avait déjà un demi-siècle qu'elle était dépouillée de son patrimoine, et quelque justes que fussent ses prétentions , elle seule paraissait en garder le souvenir. Depuis que l'imprudence de Richilde avait fait perdre à ses enfants le trône de Flairdre, les aînés de cette famille portaient le nom flamand de Baudouin , comme pour rappeler leur origine et la patrie dont ils étaient exilés. Mais la fortune ne leur avait pas encore souri. Baudouin II avait disparu dans la première croisade d'une manière si malheureuse que sa veuve , Ide de Brabant , qui parcourut les côtes de l'Asie dans l'espoir de le racheter s'il était entre les mains des Turcs, ne put même apprendre aucune nouvelle de lui. Baudouin III, battu par Robert de Jérusalem et par Charies-le-Bon, était mort à la fleur de l'âge (1120), laissant un fils encore enfant , auquel sa veuve , Yolende de Gueldre , servit de tutrice. Ce jeune prince , qui porta le nom de Baudouin IV, et qui devait préparer un avenir plus glorieux à ses successeurs, n'avait que 18 ans lorsque Louis-le-Gros se rendit en Flandre après la mort de Charies-le-Bon (1128). Il comparut à l'assemblée d'Arras, convo<iuée par le monarque , exposa lui-même ses droits à l'héritage de ses pères , et oflYit de combattre en champ clos quiconque oserait les nier. La justice de sa cause parut frapper le roi, qui lui réponcht avec un langage

affectueux : mais son choix était arrêté, et il fit élire Guillaume de Normandie. Le comte au désespoir prit les armes et s'empara d'Audenarde. Mais il fallut céder aux troupes réunies du roi et de Guillaume ; il ne resta au plus faible

que son bon droit.

Depuis ce moment la pensée de reconquérir la Flandre semble avoir dirigé toutes les actions du jeune Baudouin. Il avait épousé une princesse de la Maison de Namur (Alix , fille du comte Godefroid et sœur de Henri-l* Aveugle) , et cette alliance lui assurait le secours des princes de cette puissante famille. Il se ligua également avec Etienne de Blois , comte de Boulogne et plus tard roi d'Angleterre, et quelques désordres ayant suivi l'avènement de Thierry d'Alsace (Guillaume d' Ypres, maître du château de TÈcluse, ravageait la contrée environnante), il crut avoirtrouvé Foccassion de le surprendre. Mais aux premières apparences de guerre, Thierry déploya tant d'énergie et mit en mouvement des forces si supérieures , que les confédérés renoncèrent à l'attaquer. Baudouin lui-même demanda une trêve ; il lui fallait du temps pour se préparer à la grande lutte qu'il avait entreprise.

Avant ce prince le Hainaut, divisé en grandes seigneuries, ne comptait qu'un nombre médiocre de fiefs et par conséquent de chevaliers : quant aux milices tirées du peuple , elles étaient si faibles que l'on ne découvre plus de traces de leur existence à cette époque. Baudouin IV changea cet état de choses. Il augmenta sa chevalerie à tel point qu'elle forma souvent après lui des corps de sept à huit cents lances, et il créa une infanterie populaire assez nombreuse pour fournir jusqu'à trente mille piques. Alors seulement il se crut assez fort pour revenir à son premier dessein; mais il voulut attendre un moment avantageux.

Deux fois foccasion se présenta. Thierry , qui unissait aux grandes qualités du souverain l'ardeur généreuse du chevalier, avait profité du repos où se trouvait la Flandre , pour aller combattre en Orient sous l'étendard de la Croix ,

d'abord avec un petit nombre de chevaliers (1138) , puis en s'unissant à la foule de princes que la voix de saint Bernard avait appelés à la deuxième croisade (1147). Baudouin saisit l'instant de son absence , avec plus d'habileté que de bonne foi , et n'oublia rien pour en tirer parti. Pendant la première expédition, il fomenta des troubles dans le Cambrésis , province dont les princes flamands avaient restitué le gouvernement aux évêques (depuis le temps de Charlesle-Bon) , mais sans cesser d'y exercer une sorte de protectorat. Le peuple de Cambrai s'était déjà rendu maître de la ville et assiégeait le châtelain , lorsque Thierry, à peine de retour en Europe , parut brusquement avec une armée et tailla en pièces les rebelles et les soldats du Hainaut (1139). Après ce combat, quelques légères hostilités s'engagèrent entre les forces des deux pays : mais elles cessèrent bientôt , et le comte de Flandre alla prendre part aux guerres des Français en Normandie , avec les quatorze cents chevaliers qui suivaient son étendard (1145).

La rupture fut plus complète après la seconde absence du Flamand. Baudouin avait ravagé les environs d'Arras et de Douai , tandis que la comtesse Sybille , régente du pays pendant l'éloignement de son époux , se trouvait souffrante et en danger de mort. En vain cette princesse lui avait-elle fait demander une trêve ; le comte n'avait cédé qu'aux armes des milices de Flandre rapidement 'rassemblées par les seigneurs du pays , et à l'intervention de l'archevêque de Rheims qui le menaçait d'excommunication. Aussi le ressentiment de Thierry d'Alsace fut-il d'abord implacable. Sans s'effrayer de l'alliance de son ennemi avec Henril'Aveugle et des secours que lui avait accordés l'évêque de Liège, comme suzerain du Hainaut', il n'hésita pas à l'attaquer dès son retour et le défit dans une grande bataille livrée entre Douai et Bouchain (1150). Mais cette victoire , en apaisant la colère du prince offensé, ramena la paix entre les deux états. Baudouin et Thierry avaient déployé la même valeur sur le champ de bataille, et leur traité

offrit les marques d'une estime mutuelle. Ils convinrent de cimenter leur alliance par le mariage de leurs enfants. Le fils aîné du comte de Hainaut (ce fut plus tard Baudouinle-Courageux) fut fiancé à Marguerite d'Alsace , fille de son rival. La grande jeunesse des futurs époux devait retarder l'accomplissement de ce mariage ; mais l'harmonie la plus complète régna dès lors entre les deux maisons, comme si elles avaient prévu que de cette union résulterait un jour la fusion de leur sang et de leurs droits.

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