CHAPITRE IX
Progrès de la puissance communale à Liège, depuis les libertés accordées par Albert de Cuyok , jusqu'à l'établissement des XXII 1200 à 1344 .
L'accroissement du pouvoir des villes , qui se manifestait on Flandre et en Brabant par des tentatives d'indépendance, avait suivi la même marche à Liège que dans ces deux provinces. Mais il est plus difficile d'en suivre pas à pas les progrès au milieu de la lutte des intérêts divers qui se croisaient en quelque sorte dans cette principauté.
Les privilèges que la bourgeoisie liégeoise avait obtenus sous Albert de Cuyck (1200), ne reçurent aucune extension sous son successeur Hugues de Pierrepont (1200 à 1229) Ce prélat , qui sut tenir tète à Henri-le-Guerroyeur, gouverna d'une main ferme , et agrandit le domaine de son église. Jean de Rumigni, qui lui succéda et qui était son neveu , fit naître des divisions parmi son chapitre en voulant introduire une répartition égale des revenus du clergé , réforme utile peut-être si elle eut pu s'accomplir sans obstacles, et qu'avait conseillée un légat du Saint-Siège. Les partisans de l'empire profitèrent de ce moment pour soulever la ville , et Frédéric II interdit à l'évêque de prendre part au gouvernement du pays (1231). Toutefois les suites de cette rupture furent peu importantes. Le prélat rentra dans sa capitale après avoir promis le maintien des institutions , et régna ensuite avec honneur. Il vainquit Henri V, duc de Limbourg , qui s'était ligué contre lui avec les comtes de Juliers et de Gueldre (1237) pour venger de
petites incursions commises sur la frontière par des vassaux de révèché.
La mort de ce prélat fut l'occasion de quel([ues troubles (12ii8). On ne put s'accorder sur le choix de son successeur, et les partisans des doux candidats prirent les armes. Une nouvelle élection s'accomplit oufln en l*2iO; mais Robert de Torote, qu'elle porta au siège épiscopal, ne l'occupa que six ans, et après lui les dissentions recommencèrent (1247). La majorité du chapitre réussit pourtant à élire Henri de Gueldre , jeune prince qui eut besoin d'une dispense d'âge, et auquel sa violence et ses passions actpurent bientôt une funeste célébrité.
Les désordres qui naissaient de chaque contestation affaiblissaient le pouvoir. Jusqu'alors la ville de Liège avait eu pour chefs de sa magistrature deux « maîtres à temps » (nom qui équivaut à ceux de maire , de mayeur et de bourgmestre) , lesquels étaient choisis par les échevins et pris dans les familles nobles. En 125J, le peuple voulut les choisir lui-môme , et nomma Henri de Dinant et Jean Germeau. Le premier, homme éloquent et populaire , était le véritable auteur de cette révolution. Il prit des mesures pour assurer la domination de son parti : la ville fut divisée en vingt quartiers , qui formèrent vingt compagnies de milices, chacune de deux cents soldats. Bientôt St.-Trond, Huy et Dinant suivent l'exemple de la capitale. Les échevins sont partout menacés et forcés de fuir. Mais Henri de Gueldre, soutenu par le duc de Brabant, les comtes de Juliers et de Loss et toute la noblesse de l'évèché , renqiorte bientôt l'avantage. Malgré le courage et l'ardeur que montrait la bourgeoisie armée , il lui était dirticile de lutter en rase campagne contre la chevalerie liégeoise, cjui marchait sous la bannière du prélat , et qui se composait des gentilshommes du pays , tous habitués dès leur enfance aux armes, et portant jusqu'à l'héroïsme le sentiment de rhonneur militaire. On négocia enfin , et après quelques conférences, la paix fut signée dans le village de Bierset,
dont le traité conserva le nom (1255). La milice liégeoise fut cassée , et l'une des portes de la ville (celle de Saint- Walbun^e) resta au pouvoir de l'évêque. Henri de Dinant et ses partisans , condamnés à l'exil , reçurent un sauf-conduit pour sortir de la principauté. Ce tribun audacieux rentra cependant à Liège l'année suivante h la faveur d'une nouvelle sédition. Mais le parti des échevins fut victorieux , et Henri désespérant du succès se retira en Flandre, où la comtesse Marguerite lui fit un accueil favorable.
Cependant Henri de Gueldre n'était pas beaucoup plus satisfait des échevins que du peuple ; car les familles patriciennes se montraient aussi jalouses de maintenir les privilèges de la ville , et ne pliaient pas davantage sous l'autorité de l'évêque et du chapitre. Pour les dompter par la force , il fit transformer en citadelle la porte de Sainte-Walburge qui lui avait été livrée. Les bourgeois irrités surprirent et rasèrent la forteresse , et se liguèrent de nouveau avec les villes de Dinant , de Huy et de hamt- Trond (1269). Mais trop faibles pour résister a l orage qui les menaçait de toutes parts , ils furent contraint? de se soumettre, et payèrent 3000 marcs d'argent pour la reconstruction de la citadelle qu'ils venaient de détruire
On ne peut nier que Henri , quoique maltraite par les historiens , ne fût un prince courageux et plein d'énergie 11 avait forcé le duc de Brabant à le laisser maître de Saint- Trond , et il s'était vengé de la défection de Matines, en s'emparant de Maestricht où la souveraineté avait été partagée jusque là entre lui et le duc. Mais sa conduite personnelle ue pouvait être justifiée. Il n'avait pris les ordres que dcmze ans aprèsson élection (1258) et il avait continue •I vivre en soldat plutôt qu'en prêtre. Ses désordres devinrent si «raves qu'un de ses archidiacres, appelé Thibaut, de l'illustre famille italienne des Yisconti, les lui reprocha devant tout le chapitre. Frappé par l'évêque , qui ne put se contenir, Thibaut s'exila de Liège, et se rendit à la Terre-Sainte. H se trouvait dans le camp des croisés, lors^
que les cardinaux rassemblés pour l'élection d'un pape, fixèrent leur choix sur lui (1271). Un des premiers soins du nouveau pontife, qui prit le nom de Grégoire X, fut d'admonester le prélat dont il avait vu les exès ; et Henri n'ayant témoigné que du dédain pour ses exhortations, fut cité au concile de Lyon et déposé (1274).
lî eut pour successeur Jean d'Enghien , qui avait occupé le siège de Tournay. Le règne de ce prélat fut troublé par une guerre malheureuse. Un bailli de l'évèque avait fait pendre , pour le vol d'une vache , un paysan de la seigneurie de Gosnes (sur la frontière de Tévêché et du comté de Namur). Le seigneur de cette terre, qui était de la maison de Beaufort , trouva irrégulière la conduite du bailli, et soutenu par ses proches, il prit les armes contre cet officier. Mais celui-ci réunit les milices du Condros (le district de Huy), marcha sur le château de Gosnes , le prit et le brûla. Alors les parents du gentilhomme réclamèrent l'appui du duc de Brabant et des comtes de Namur et de Luxembourg, dont ils se rendirent vassaux. La querelle devint générale. Quinze mille hommes périrent, diton , dans les combats qui se livrèrent à cette occasion et qui ensanglantèrent une partie de l'évôché. Enfin Philippele-Hardi , roi de France , fut choisi pour arbitre ; il décida que de part et d'autre Ton devait désarmer et remettre toutes choses sur le même pied qu'avant « la guerre de la vache » (1276).
Cette pacification ne termina point d'autres différends qui s'étaient élevés entre le chapitre et la noblesse de l'évêché. Jean d'Enghien, qui prit parti pour la noblesse, perdit l'afiFection du clergé. Sa fin fut malheureuse. Henri de Gueldre , qui s'était retiré dans les états de sa maison , réclamait une somme d'argent qu'il prétendait avoir prêtée à son église. L'évèque surpris demanda une explication, et se rendit au lieu qui fut fixé pour l'entrevue (à Hougaerde). Mais il n'y trouva que des soldats du Gueldrois qui l'enlevèrent , le lièrent sur un cheval et l'entraînèrent au galop
jusqu'à la porte de l'abbaye de Heylissem , où il tomba mort d'épuisement (1281).
L'élection suivante plaça sur le siège épiscopal Jean de Flandre, fils de Gui de Dampierre. Sous ce prince les bourgeois et le chapitre terminèrent par une transaction d'anciens démêlés relatifs à la juridiction des échevins sur les gens des chanoines, et à l'immunité de taxes dont jouissaient ces derniers. Sur les deux points le chapitre céda une partie de ses droits. Jean de Flandre , qui était d'un caractère conciliant et pacifique, gouvernait avec douceur. Mais il excita par un reproche cruel la haine de sa bellemère , Isabelle de Luxembourg , qui le fit épier, surprendre, et enfermer dans un des châteaux que possédaient ses frères. L'évèque y resta cinq mois , sans que l'on pût découvrir sa prison. Il n'en sortit qu'après avoir juré d'oublier cette offense, et mourut bientôt des suites de cette dure captivité (1292).
Ce fut sous Hugues de ChMons , qui lui succéda en 1296, que la puissance épiscopale commença à déchoir. L'on peut regarder comme la première causa de cet affaiblissement les divisions qui éclatèrent alors parmi la noblesse et qui la partagèrent comme en deux armées ennemies. Cette lutte intestine , qui dura 38 ans , fut appelée la guerre d'Awans et de Waroux : elle est célèbre dans les annales
de l'évêché.
Un gentilhomme de la puissante maison de Waroux avait épousé une jeune fille du village d'Awans , laquelle passait pour riche. Les meubles de la nouvelle épouse furent réclamés par le seigneur d'Awans , qui prétendait que comme fille d'un de ses serfs elle ne pouvait emporter ses biens hors de la seigneurie. Sur le refus des Waroux il dévasta leurs terres; mais ses adversaires prirent aussi les armes (1297) ; et le sang ayant coulé , la querelle devint une guerre de famille.
Les mœurs de l'époque obligeaient encore tout noble à venger ceux de ses parents qui succombaient dans un com-
bat de cette nature. Ainsi la mort du seigneur d'Awans, qui fut tué l'année suivante, ne fit qu'augmenter les forces de son parti en contraignant tous ceux de son lignage à marcher contre les Waroux. Mais à mesure que ceux-ci perdirent des leurs, ils furent également renforcés par les alliés des morts. Le nombre des champions devint bientôt si considérable que chacun avait des proches dans la troupe ennemie. Alors l'on convint d'une trêve de iO jours après chaque combat, pour que chacun piït reconnaître sous quelle bannière il devait se ranger : car le gentilhomme qui servait les d'Awans pour venger un parent éloigné , était tenu de passer aux Waroux s'il apprenait le meurtre de quelqu'un de ceux-ci qui lui tînt de plus près. Il y eut des chevaliers qui changèrent ainsi trois fois, ayant perdu tour à tour dans les rangs opposés divers membres de leur famille. Avec un dévouement avewgle à ce qu'ils croyaient une loi de l'honneur, tous marchaient où les appelait leur blason , héroïques défenseurs d'un droit barbare. On ne se bornait point aux combats réguliers; les surprises, les pillages , tous les genres d'hostilités, semblaient légitimes, excepté l'incendie ; et les évêques s'étant quelquefois déclarés pour les Waroux , les Avvans s'appuyèrent sur le
peuple.
Hugue de Chàlons, qui n'avait pas pu étouffer ces désordres , n'en vit point le terme. Ayant eu des démêlés avec la bourgeoisie qui l'accusait d'altérer la valeur des monnaies, il fut cité devant le pape qui le transféra à l'évêché de Besançon {1301). Adolphe de Waldeck , qui prit sa place , avait montré de la vigueur et des intentions généreuses , quand une mort prématurée l'enleva au bout de dix-huit mois. Dans l'interrègne qui suivit, le peuple de Liège se souleva contre les échevins , et les dépouilla du pouvoir de lever des taxes, d'accorder des subsides à l'évêque, et de faire marcher les forces de la ville. Vainement ces magistrats s'adressèrent-ils ensuite à Thibaut de Bar, qui obtint l'évêché fi 303). Ce prélat , qui avait d'abord embrassé leur
parti , fut effrayé à l'aspect de la bourgeoisie armée qui s'avançait pour le combattre. Le chapitre penchait pour la cause populaire, et la noblesse, dont la plus grande partie soutenait les échevins , n'avait guère de puissance que hors
de la ville.
Toutefois, à la mort de Thibaut (1312), les nobles et les patriciens firent une tentative pour s'emparer de l'élection du Mambour (l'on nommait ainsi le régent du pays en l'absence de l'évêque). Cinq cents gentilshonmies (la plupart du parti de Waroux) entrent de nuit dans la ville, croyant dicter la loi aux chanoines : mais les bourgeois s'assemblent en nombre supérieur, les attaquent , les dispersent et en massacrent plusieurs. Deux cents nobles s'étaient retranchés dans l'église de Saint-Martin : le peuple, féroce dans sa colère , mit le feu au temple et les fit périr dans les flammes.
Ce fut sous ces funestes auspices que s'ouvrit le règne d'Adolphe de la Marck (1313). Ce prince jeune et intrépide voulut imposer un terme aux meurtres et aux bnganges qui s'étaient multipliés dans le pays à la faveur des troubles et des guerres privées. Mettant en usage un ancien droit établi dans presque toutes nos provinces , d fit démolir et brûler sous ses yeux par ses gens de justice les maisons des homicides et des pillards. Malheureusement il parut favoriser les Waroux, déjà odieux à la bourgeoisie, et les Awans se joignirent au peuple pour lui résister. Adolphe irrité quitta Liège et se retira à Dînant (131o). Ses ennemis nomment alors un Mambour, et la guerre civile prend un nouveau caractère de fureur. Mais l'épuisement des deux partis amena enfin la paix de Fexhe (1316), dont les stipulations ont été quelquefois regardées comme la base de la constitution ultérieure de l'état. Elles consacraient les usages et les franchises « des bonnes vdles et du commun pays», et reconnaissaient à tous les habitants le droit de n'être jugés que suivant loi et par jugement d'echevins ou d'hommes ( on n'est pas d'accord sur le sens dr>
>Ji HISTOIRE DE [.V BELGIQUE.
ce dernier mot, qui désigne prol)ablemcnt les vassaux de révoque).
Après ce traité, qui semblait suspendre plutôt ([uc terminer la lutte, le pa\s jouit do quelque rei)os pendant huit ans. Mais la concorde m se rétablissait pas. La ville exigeait sans cesse de nouvelles garanties contn^ le pouvoir de révèque. On alla jusqu'à demander l'institution d'un tribunal laïque , aux décisions duquel ce prince soumettrait les plaintes portées contre lui. Le prélat offensé préféra une rupture ouverte , et se retira de nouveau à Huy (1325). Là il reçut bientôt après les propositions de paix des Awans , dont la vengeance était cnlin satisfaite. Un cond)at général avait eu lieu cette année même (25 août) entre 6()0 chevaliers des deux partis, et dans cette lutte sanglante, où l'on avait vu tigurer les chefs des maisons rivales , et jusqu'à de vieux gentilshommes aveugles ou mutilés, tout le désavantage avait été pour les VVaroux, qui avait perdu soixante-cinq de leurs champions. Les vainqueurs se réconcilièrent avec le prince, et sur les instances réitérées du pape Jean XXII , la ville nomma des arbitres pour concourir à la paix générale. Un second traité fut conclu , qui remettait l'autorité judiciaire à un tribunal de vingt-quatre personnes, nommées par l'évéque, et choisies pour moitié dans la noblesse , et pour moitié parmi la bourgeoisie (1326). En vain les Liégeois résistèrent. Adolphe , soutenu par la noblesse et par les comtes de Gueldre , de Juliers et de Berg , fut victorieux dans une suite de petits combats , et il fallut que la ville se soumît aux conditions qu'il lui imposait (1330 et 1331 ). La moitié du conseil de la cité , composé de quatre-^ingts personnes, devait être prise parmi les nobles; mais aucune taxe ne pouvait être établie , cpie du consentement de toutes les communautés (tous les corps de citoyens). Ln l>eu plus tard la i;rande querelle des Awans et des W aroux fut complètement terminée par une paix solennelle» que conclurent tes douze principaux gentilshommes de cluupie
QUATRIÈME PERIODE. bi-
parti (1335). Par cette paix la noblesse renonçait au droit de vengeance , et le meurtrier, quel qu'il fût , était soumis à la loi du talion.
Le calme paraissait rétabli , et le prélat était rentré dans tous les droits de ses prédécesseurs; mais il était dans l'esprit des communes de persévérer dans leurs efforts , tandis que les circonstances altéraient la position des souverains. En 1342, l'évéque fit condamner aune amende les habitants de Huy, qui depuis trente ans n'avaient payé leurs redevances qu'en monnaie d'une valeur trop faible. Cette ville, qui lui avait été dévouée jusqu'alors, s'irrita d'un traitement si sévère , et les bourgeois dans leur indignation eurent recours au duc de Brabant, auquel ils offrirent de se donner. Adolphe de la Marck fut justement alarmé ; d'une part le prince brabançon semblait disposé à la guerre , et de l'autre les Liégeois mécontents lui donnaient de nouvelles intjuiétudes. Il consentit à prendre pour arbitres de tous ses différends, soit avec le duc, soit avec la bourgeoisie , les princes et les seigneurs alliés qui étaient accourus à Liège , et parmi lesquels figuraient les comtes de Hainaut , de Luxembourg et de Gueldre. Leur sentence ne lui fut favorable qu'à moitié : ils rendirent Huy à l'évèché , mais ils prononcèrent en faveur des communes contre l'évoque. l\ fut statué qu'une assemblée de vingt-deux membres déciderait en dernier ressort de tout ce qui concernerait les intérêts de l'église et du pays. De ces vingt-deux membres, quatre seulement devaient être choisis par la noblesse , quatre appartiendraient à la ville de Liège, deux à Huy, deux à Dinant, deux à Tongres, deux à Saint-Trond , un à Fosses , et un à Bouillon (1313). Les réclamations tardives du prélat contre cette décision , à laquelle il s'était d'abord soumis , furent impuissantes ; el il mourut peu après (1341), laissant les XXH en possession d'une autorité presque souveraine. ^
Ainsi le peuple des grandes villes obtenait partout une part de plus en plus large de liberté et de pouvoir politique.
:tm IIISK >IRE DE I.A BELGIQUE.
irétaienl surtout les projrrès du commcMce H dv riinlus- Irie qui doniiaieiit à la bourj^eoisie lilt»' Ion c iiu'dic eommeiicait à déployer. Dans les grandes commiiius liégeoises/roinme dans les villes de Flandre et «le Brabant , la fabrication des draps formait en j^^énéral le métier le plus imiMMiant. Um étail associé à la Hanse flamande pour le commerce d'outre-mer. Dinant renlermait d'iimombrables ouvriers eu 1er et en cui\re, et le produit de ses ateliers circulait dans l'Europe entière sous le nom de Dinanteric^ . que la quincaillerie a longtemps gardé. Les mines de cbaibon étaient exploitées depuis l'an 121K), et l'on ( ommençait à tirer parti des métaux dont le sol de la province est si riche. Les loiéts des lïords d(* la Meuse et l'antique Ardemie fournissaient eu abondance ce magnifique bois de chêne alors si recherché. Le <M)mmercede la capitale avait pris une extension remarquable. Dès le commencement du XIII."" siècle, on voit des marchands liégeois assiste» aux foires d'Allemagne , et leur ville était comme lentrepôt général eidre les provinces belges et les contrées rhénanes. Aussi le titre de bourgeois et de marchaïul d«' Liège paraissait-il assez honorable povu" être porté pai d<'s gentilshommes.
QUATRIÈME PÈKIUDE.
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