CHAPITRE PREMIER
Situation du Hainaut et du Brabant à l'avènement de Philippele-Hardi. — Alliance des Maisons de Bourgogne et de Bavière. — Pacification de la Flandre.
La mort de Louis de Maie appelait au trône de Flandre le duc de Bourgogne , qui fut aussitôt reconnu par tout le comté , à l'exception de la seule ville de Gand. Avec l'avènement de ce prince commença pour la Belgique le règne d'une dynastie plus puissante que celles qui jusqu'alors s'étaient partagé nos provinces. Les états que le duc possédait en France en son propre nom ou du chef de sa femme (la Bourgogne, la Franche-Comté, l'Artois, Rhétel et Nevers ) , lui assuraient de grandes ressources et surtout des forces considérables. Par sa naissance royale et par son influence à la cour de Charles YI, il se trouvait presque au niveau des monarques, et ses qualités personnelles répondaient à l'éclat de son rang. Assez intrépide pour avoir mérité le nom de Philippe-le- Hardi , il ne se montrait ni présomptueux m téméraire : son ambition n'avait point d'activité imprudente , et avec des dehors de fierté et de magnificence , sa politique savait
éviter les obstacles et se détourner des périls. Aussi devaitil fonder la grandeur de sa maison sur des bases désormais
inébranlables. ^ , ,
Les circonstances secondèrent l'établissement delà nouvelle race. Le reste de la Belgique ne comptait que deux autres souverainetés puissantes Je duché de Brabant, et les comtés réunis de Hainaut et de Hollande (car 1 execlie de Liège, affaibli par les dissentions intérieures, avait perdu toute influence au-debors). Mais ces provinces riches et fortes étaient gouvernées par des mains débiles ou malheureuses. La dynastie de Bavière qui régnait en Hamaut n'avait encore qu'une autorité assez mal établie , et la vieille famille des ducs de Brabant n'était plus représentée a Bruxelles que par une femme. Le récit des cnenemenls qui s'étaient accomplis depuis les derniers temps dans ces deux contrées fera voir avec quel soin la fortune semblait avoir préparé d'avance la prépondérance du Bourguignon. Depuis la mort de Guillaume II et l'extinction de la maison d'Avesnes (1345) , le Hainaut avait obei a l impératrice Marguerite et à ses Bis Guillaume et Albert de Bavière. Guillaume , auquel sa mère avait cédé les comt.s de Hollande et de Zélaiule ( 1346) , se rendit coupable d ingratitude envers cette princesse , à laquelle il refusa de payer le douaire qu'elle s'était réservé. Ce fut l'occasion d uiir guerre civile qui divisa la Hollande en deux partis, les Cabeliaux qui soutenaient le jeune comte , et les Hameçons qui défendaient l'impératrice. La victoire resta aux premiers (laîl), et Marguerite , qui avait perdu l'empiiv avec son époux, ne conserva de son patrimome que r Hainaut, où elle mourut peu d'années après (13ol>). Guillaume réunit alors tous les états de la maison d Avesnés, et s'étant rendu à Mons , pour prendre possession du comté , il organisa militairement la bourgeoisie de cette fille dont les derniers comtes semblaient avoir dédaigne les services. Il était alors en guene avec l'évéque d'Utrecbt et réussit à le faire plier. Mais au moment ou l éclat de
son courage commençait à faire oublier son injustice envers sa mère , une maladie affreuse vint expliquer sa violence et le renverser du trône. Il était attaqué de folie : sa démence devint bientôt incurable , et le malheureux prince, qui n'inspirait plus que la pitié , fut renfermé au château du Quesnoi (le dernier séjour de Marguerite ), tandis que l'on confiait le pouvoir à son frère Albert (1358).
Celui-ci, qui gouverna d'abord sous le titre de régent, se fit des ennemis par une hauteur et un despotisme dont il ne se corrigea qu'après avoir passé plusieurs années dans nos provinces , et s'y être attiré des querelles sanglantes. Il excita d'abord de grands troubles en Hollande, où la guerre civile fut à la veille de recommencer ; puis il souleva contre lui une partie de la noblesse du Hainaut depuis si longtemps fidèle et dévouée à ses souverains. La cause de cette dernière révolte fut le meurtre de Sohier d'Enghien, l'un des plus illustres chevaliers de la province. Irrité contre lui par la fierté avec laquelle ce gentilhomme maintenait les droits (le sa seigneurie , Albert le fit saisir dans un château où il l'avait attiré. Vainement les pairs du Hainaut intervinrentils en sa faveur : le régent leur refusa justice , et fit trancher la tète de son prisonnier (1364). Alors les parents du mort prirent les armes. Une foule de gentilshommes flamands , qui leur étaient liés par le sang ou par l'amitié , se joignirent à eux, et l'armée qu'ils réunirent devint assez considérable pour tenir la campagne. Albert eut recours à la milice des villes et aux chevaUers de Hollande et de Bavière, qui accoururent en eff'et à son secours. Mais les mécontents battirent et dispersèrent ses troupes , et le réduisirent à invoquer l'intervention du duc de Brabant , par les soins duquel la paix fut enfin conclue à des conditions assez humiliantes pour le Bavarois (1366).
Cette guerre de peu de durée était la seule qui eut troublé depuis longtemps le repos de la province , et les villes du Hainaut avaient atteint un degré remarquable de bienêtre et d'opulence. C'était surtout l'eff^et du privilège dont
•240 HISTOIRE DK LA BELGIQLE.
«lies jouissaient de ne payer d'autres taxes -lue les anciennes redevances établies par les premiers comtes, hlles le Représentèrent au régent qui voulait leur imposer «des tadies et gabelles, pour subvenir «« /«P*^^"^^;^^;*;, ,'■», cuerre» (13M). Notre prospérité est détruite, dirent les magistrats de Valencienncs . si nous admettons ces coutumes qui régnent à Paris et dans toute la trance. >...us dénudions esclaves , et nos ouvriers en laine iront demeurer dans les autres provinces. Le prince céda; d ue manqua. pas de sagesse quand rorgucil ou la colère n exerçaient point leur empire sur sa raison. ,„, r.,„
Pendant les guerres de Louis de Malc contre es Gantois la noblesse de Hainaut rendit à celle de llandre le secours qu'elle en avait reçu. Quatre mille hommes , conduits par le sénécl.al de Hainaut et par le jeune seigneur d'Enghien . allèrent se ranger sous la bannière Uu prince flamand et se signalèrent à son service; ™ais presque ous périrent sous les piques des gens de métier. Pour Alhcit, après être resté spectateur de la lutte, il voulut s interpos.r comme médiateur : vaine tentative de la part d un pnmv qui n'avait encore ni un pouvoir assez bien établi , m une réputation assez glorieuse pour que l'autorité de son nom ou le poids de sou épée pussent être respectes de ses voisins. Ses efforts n'eurent point .le fruit, et la neulral.l.' même .pi'il avait gardée entre Louis et ses sujets .quelque avantageuse qu'elle fût à la paix de ses états, ne lu. laissa aucune part ni à l'éclat des faits d'armes, m a Iho.uieu.
di' la victoire. .
\ côté de cette domination mal affermie du prince .1 varois sur le Hainaut et la Hollande, un règne plus faible et plus obscur encore signalait en Brabant l'affaiblissement du pouvoir ducal. C'était à la d.ichesse Jeanne, iiUe ainee de Jean III , qu'appartenait la souveraineté de cette province , et elle en laissait le gouvernement à son epouv Wenceslas , duc de Luxembourg. Ce dernier, qui régnait ainsi sur tout l'Est de la Belgi<iue, se trouvait dans un.-
situation d'autant plus favorable qu'à l'étendue de ses .'tats Se joignait la gloire de sa maison. Jamais en effet aucune f imille belge ne s'était élevée plus haut que n'avait fait depuis quelques temps la dynastie luxembourgeoise, qui (le la possession d'un simple comté était brusquement parvenue au rang des monarques ; mais sa grandeur avait été plus rapide que complète et plus brillante t\»e solide.
Vingt ans après la bataille de Woeriiigc.i , Henri \ , comte^de Luxembourg ( lils de celui .pii avait combattu les Brabançons ) , avait été appelé au pouvoir impérial par le choix des princes allemands (1308). Après avoir régné quatre ans (sous le nom de Henri VU), il mourut au moment où il venait de se faire couronner à Rome . malgré les efforts de ses ennemis (1:M2). Mais il laissait un fils digne de le remplacer sinon sur le tiôiic . au moins sur le champ de bataille : c'était Jean de Luxembourg , que l'histoire désigne comme le guerrier le plus hardi et le prince le plus aventureux de son siècle. Marié à l'une des liUes du roi de Bohème , il conquit à force de courage le trône de ce pays On le vit ensuite assurer l'empire à Louis de Ba. vière , en faveur duquel il s'était déclaré contre Léopold d'Autriche. Victorieux de ce dernier, il porta tour-a-tour ses armes en Bohème , en Italie , en Prusse et e.i Pologne , et battit à diverses reprises ses sujets révoltés , ses voisins jaloux , et les hordes encore barbares des bords de la Baltique. Dans l'intervalle de ces expéditions, U vint a plusieurs reprises résider dans le Luxembourg , et cette province lui dut des institutions favorables au commerce et à la prospérité intérieure du pays. Mais à côté de ses grandes qualités , Jean ne possédait point la prudence et 1 esprit de suite qui rendent les succès fructueux. Ses entreprises vastes et ses largesses démesurées épuisèrent les ressources de son royaume et du comté de ses aïeux. Apres avoir successivement engagé toutes ses terres , un dernier malheur l'attendait; il perdit la vue à la suite d'une campagne dans les marais de la Prusse. Toutefois cette infirmité
242 HISfOlRE DE LA BELGIQUE.
même n*abattit pas son courage. Il sut rétablir ses affaires en Bohême et en Allemagne, au point d'assurer la couronne impériale à l'aîné de ses fils (1346). Ce fut son dernier triomphe , et il succomba la même année à la bataille de Crécy , à laquelle il avait voulu assister comme ami et parent du roi de France. Par son ordre deux de ses chevaliers se plaçant à côté de lui et liant son cheval aux leurs , le conduisirent au plus épais de la mêlée ; ce fut là que l'on retrouva le lendemain le cadavre de Jean-l' Aveugle , qui avait combattu jusqu'au dernier moment.
Son héritage passa tout entier à son fils aine , Charles de Bohême; mais celui-ci , qui venait d'être élu empereur, céda le Luxembourg à son frère cadet Wenceslas , en faveur duquel il érigea cette province en duché (13.3i). Ce fut ce même Wenceslas , auquel échut l'année suivante le duché de Brabant du chef de son épouse la duchesse Jeanne. Il se trouva ainsi investi presque à la fois d'un double apanage, et sa domniation s'étendit de l'Escaut à la Moselle. La fortune semblait lui offrir l'occasion de fonder en Belgique une dynastie nouvelle , appuyée suri' Allemagne comme la maison de Bourgogne le fut sur la France.
Mais il s'en fallut de beaucoup que la gloire du règne de ce prince répondît à l'étendue de ses ressources. Faible et sans énergie , le fds de Jean-l' Aveugle ne sut ni mériter ni fixer la fortune. U commença par se brouiller avec son beau-frère Louis de Maie, en lui refusant le payement des sommes auxquelles son épouse avait droit. Louis irrite prit les armes , battit quelques troupes rassemblées a la hâte par son adversaire , et occupa Bruxelles et une partie du Brabant sans éprouver de résistance (1356). Déjà plusieurs villes lui avaient juré fidélité , au mépris des droits du duc qui s'était retiré à Maestricht , et qui demeurait dans l'inaction. Mais bientôt l'orgueil des Brabançons se réveilla. Un jeune gentilhomme, Everard T'Serclaes, entrant à Bruxelles avec une petite troupe de braves , souleva le peuple et chassa la garnison flamande. Les hostilités re«oin
meiicèrent alors sur tous les points. Cependant le comte reprit l'avantage , et Wenceslas se vit enfin réduit à lui céder Malines et Anvers.
Ce premier revers avait abaissé le duc aux yeux de ses sujets. Il s'avilit encore par le rôle qu'il joua dans les dissentions qui éclatèrent au sein des grandes communes. A Louvain et à Bruxelles , les gens de métier voulaient dépouiller de leurs privilèges les familles patriciennes auxquelles se rattachait presque toute la riche bourgeoisie. Wenceslas toléra les mouvements populaires , qui furent réprimés à Bruxelles par la noblesse , mais qui prirent un caractère effrayant à Louvain , où le mayeur Pierre Cottrel se mit à la tête de la classe ouvrière et déploya la plus grande riolence contre le parti opposé. Le prince, docile à de mauvais conseils , n'intervint que d'une manière lente et inefficace , et passa pour favoriser les perturbateurs , desquels il tira de grandes sommes d'argent. 11 accorda même une protection ouverte à leur chef, lorsque celui-ci eut été enfin chassé par ses compatriotes , qui le proscrivirent à son tour dans un moment de réaction. Une seconde guerre , où Wenceslas s'engagea plus tard, fut plus malheureuse encore que la précédente. Quelques bandes de maraudeurs infestaient les routes entre Cologne et le Brabant. Guifiaume VI , duc de Juliers , fut accusé de favoriser leurs brigandages , et le prince luxembourgeois marcha brusquement contre lui avec une armée d'élite dont le Brabant avait fourni la moitié , et dont le reste appartenait au Luxembourg, à l'évêché de Liège et au marquisat de Namur. Mais ces brillantes troupes furent complètement défaites par les forces réunies du duc de Juhers et des comtes de Gueldre et de Berg , qui leur livrèrent bataille dans la plaine de Bastweiler , entre Juliers et Maestncht (1371). Les Brabançons, qu'un premier succès avait engagés au milieu des ennemis , éprouvèrent une perte immense. Le duc lui-même , avec une foule de seigneurs et de chevaliers, tomba dans les mains des vainqueurs. Telle
iilB
fut la consternation générale dans toute la province , que les villes se liguèrent spontanément pour veiller à la défense du pays; et lorsque le duc de Juliers eut relâche Wenceslas pour ne point irriter Vempereur ( 1372) J assemblée générale de la noblesse et des communes lui accorda un impôt extraordinaire de 900,000 moutons dor pour la rançon des autres prisonniers.
Le duc consentit à payer ce sacrifice immense par une nouvelle extension des privilèges du Brabant. L^assemblée exigea aussi la suppression des droits nouveaux qu il avait accordés aux métiers de Louvain , au préjudice des familles patriciennes. Mais de nouvelles difficultés naquirent aussitôt après cet arrangement. Les communes voulaient se réserver le maniement des deniers qu'elles accordaient , tandis que Wenceslas prétendait toucher lui-même l'argent. Les villes ne cédèrent qu'après de longs débats (1374), et à peine ce différend était-il terminé, que la guerre civile recommença dans les murs de Louvain. Le peuple de cette ville était furieux de la dépendance où il venait de retom« ber II proscrivit la plupart des nobles, et ceux-ci ayant massacré un des chefs populaires qui tomba entre leurs mains à Bruxelles, dix-sept nvigistrats des familles patriciennes furent traînés par la foule à l'hôtel-de-ville, et .eté*^ par les fenêtres sur les piques des ouvriers qui couvraient la place publique. Le duc voulut encore transiger avec les factieux. Il se contenta du bannissement de qua~ torze bourgeois , et condamna à la même peine neuf des patriciens. Mais la noblesse rejeta ce traité humiliant el préféra une guerre ouverte contre les Louvanistes. La province entière se déclara contre ces derniers, et après deux ans d'iiostilités continuelles , Wenceslas lui-même lui forcé de prendre une part active à la lutte (1382). Il alla assiéger la ville , qui fit peu de résistance. Les habitants se soumirent à venir lui demander pardon à genoux et pierts nus , et l'armée ducale entra dans leur cité par la brèche e 27 janvier 1383. Maisla classe ouvrière ainsi domptée pril 1^
parti d'émlgrer de la ville et de la province. Le plus grand nombre des tisserands passa en Angleterre , et ce fut de ce moment que data la décadence rapide de Louvain.
Wenceslas mourut la même année , peu regretté des Brabançons qui ne l'avaient jamais aimé. Sa veuve , la duchesse Jeanne , prit alors les rênes de l'état ; mais cette princesse n'avait point d'enfants , et son héritage devait passer à sa nièce Marguerite de Flandre , épouse de Philippe-le-Hardi. Ainsi , par un concours singulier de circonstances favorables , la domination de la maison de Bourgogne allait s'étendre sans effort et sans contestation jusque sur le Brabant. . ^ .
Jeanne fut la première qui comprit combien cette reunion des principales provinces de la Belgique sous une seule famille pourrait contribuer à la puissance et au bien-être du pays. Privée de postérité , elle montra la tendresse et l'intelligence d'une mère pour les enfants àa Marguerite , ses petits-neveux. Elle conçut le projet d'un double mariage des deux ahiés, Jean et Marguerite de Bourgogne, avec Guillaume et Marguerite de Bavière , enfants du régent de Hainaut et de Hollande. C'était un projet aussi sage que vaste , puisqu'il semblait promettre l'alliance intime des héritiers de tant d'états. La duchesse de Brabant eut l'adresse et la gloire d'en assurer l'exécution , maigre une foule d'obstacles, et le mariage fut célébré à Cambrai
au mois d'avril 1)385.
Non contente de ce succès , elle travailla aussi , de concert avec les princes bavarois , à réconcilier avec Philippele-Hardi cette fière et puissante ville de Gand , qui ne s'était pas encore soumise à son nouveau souverain. Une garnison anglaise occupait la ville; mais un grand parti s'était formé parmi le peuple en faveur de la paix. Informe des dispositions favorables de ceux qui entouraient le duc, ce parti se déclara ouvertement, força les Anglais a la retraite, et envoya une ambassade au prince qui était attendu alors à Tournay. Toutefois la hauteur du Bourgui-
gnon faillit causer une nouvelle rupture. Il s'était rendu au lieu de l'entrevue (le monastère de Saint-Martin) avec une suite imposante de princes et de seigneurs , et il s'attendait à voir les cinquante députés de Gand tomber a ses pieds pour lui demander pardon. Mais lorsque le hérault eut exprimé son intention aux Flamands, ceux-ci répondirent qu'ils étaient venus pour traiter avec le duc , et qu'ils n'avaient pas ordre de l'implorer. Déjà le prince laissait éclater sa colère , lorsque Marguerite de Flandre , et les autres princesses qui assistaient à l'entrevue , s'agenouillerent devant lui , déclarant qu'elles demandaient gn\ce au nom des Gantois. Désarmé par cette démarche généreuse , il consentit à leur accorder une amnistie complète et le maintien de tous leurs privilèges (6 décembre 1385). Le traité fut conclu quelques jours après , et cette pacihcation de la Flandre acheva d'assurer cette œuvre de réunion , qui s'annonçait sous de si heureux auspices pour la nouvelle dynastie et pour la Belgique entière.
im%
ÎKmO