CHAPITRE III
Bégne de Philippe-le-Bon jusqu'à la paix d'Arras (1419 à 1435).
Philippe , surnommé le Bon , fils de Jean-sans-Peur , et qui lui succéda , devait porter plus loin qu'aucun autre prince, la puissance et la fortune de sa maison. Dès l'âge de treize ans, il avait été chargé du gouvernement de la Flandre , sur la demande des états de cette province , qui avaient accordé à cette occasion de grands subsides à son père (1411), en témoignage de joie et d'attachement; et en se familiarisant avec la langue et les mœurs de ses sujets belges, il avait appris l'art de régner sur eux. Jeune encore à son avènement au trône, il savait déjà joindre à la hardiesse des résolutions , la prudence dan> l'emploi des moyens , et mettre dans sa conduite celle iVoide habileté qui caractérise les hommes d'expérience. Toutefois il cachait sous une apparence de modération , une nature violente et sombre, (iue sa colère laissait paitois éclater, et qui démenlait alors par des accès terribles ce renom de bonté qu'il eut l'adresse d'acquérir.
A la nouvelle du meui tre de son père, il montra une douleur profonde, suivie bientôt d'une résolution ardente et inébranlablede le venger. Il convoqua tous ses vassaux à Arras, où le service funèbre du mort fut célébré de la manière la plus solennelle par 5 évêques et 19 abbés. Le jeune prince annonça ensuite à l'assemblée l'intention de s'unir aux Anglais, et la proposition fut favorablement accueillie. Un traité fut conclu en conséquence, d'après lequel Henri V devait épouser Catherine de France , fille du vieux Char-
!>ti<)
les VI , et en vertu de ce mariage la succession au troue liii était assurée, à rcxclusion du dauphin qui avait forfait ses droits par l*assassinat de Jcan-sans-Peur.
€e vaste projet , qui eût chanfjé la face de TEurope en réunissant sur une même tête les deux couronnes de France et d'Angleterre, ret-ut d'abord une exécution presque complète. Henri épousa la princesse française , fut reçu à Paris , et devint maître d'une partie du royaume. La mort précoce de ce prince , i\u\ ne laissait qu'un fils au berceau (1422), n'empêcha point que le parti anglais ne continuât encore à gagner du terrain, et jusqu'en 1429 les défenseurs du dauphin n'éprouvèrent que des défaites. Ce ne fut que dix ans après la mort de Jean de Bourgogne, que le ressentiment de son Gis parut enfin se calmer, tandis que des germes de mésintelligence s'élevaient entre lui et ses alliés d'Angleterre. Alors seulement la France put résister à l'invasion qui l'avait conduite à deux doigts de sa perte. Mais cette réaction et les causes qui l'amenèrent se rattachent à d'autres événements qui s'étaient accomplis en Belgique pendant l'intervalle , et qui avaient changé la situation de Philippe lui-même en le rendant maître de presque tout le pays. Plus importante pour notre histoire que les guerres dont la France était le théâtre, cette grande révolution doit être l'objet d'un examen plus spécial.
La branche cadette de la maison de Bourgogne, dont le Brabant était devenu l'apanage , ne devait s'y maintenir que pendant un espace assez court. Le duc Antoine , qui avait été le chef de cette maison , avait montré du courage dans une campagne heureuse contre le duc de Gueldre et dans cette fatale journée d'Azincourt qui lui avait coûté lu vie. Cependant son règne avait été troublé par une longue mésintelligence entre lui et ses grandes villes de Bruxelles et de Louvain. Il exigeait qu'elles le servissent dans ses expéditions militaires, sans en examiner l'objet et sans avoir consenti à l'entreprise ; mais les bourgeois refusèrent obstinément, et il fut contraint de céder à leurs rcprésenta-
tions (lil5). A sa mort , les états confièrent la tutelle de son fds aîné , Jean IV , à un conseil de onze membres (deux abbés, cinq gentilshommes , et quatre députés des villes). L'administration de ces régents fut populaire ; mais leur jeune pupille , dont le caractère offrait déjà un mélange de hauteur et de faiblesse, les prit bientôt en aversion, et la faveur qu'il ne cessa de témoigner à leurs plus violents ennemis devint une source de discorde et d'animosités. Des circonstances difficiles achevèrent de jeter le désordre dans
le pays.
Jean épousa en 1418 Jacqueline de Bavière, fille unique
et seule héritière de Guillaume IV , comte de Hainaut et de Hollande , lequel était mort l'année précédente. Mais il fallut prendre les armes pour défendre l'héritage de cette princesse dont les droits furent disputés. Alors commença pour le Brabant et pour le Hainaut une série de scènes étranges, aussi amères pour la nation que dégradantes pour les malheureux princes qui la gouvernaient.
Le compétiteur qu'avait rencontré Jacqueline, n'était autre que son oncle Jean-sans-Pitié. Ce prince farouche, qui avait possédé jusqu'alors l'évêché de Liège (sans toutefois s'engager dans le sacerdoce), avait formé le projet d'abandonner son siège pour le trône de Hollande et de Hainaut, où il voulait monter en épousant sa jeune nièce. Lorsqu'il la vit mariée à Jean IV, il se jeta en Hollande, souleva le parti des Cabeliaux, et se fit inaugurer à Dordrecht en qualité de comte (juin 1418). Aussitôt le duc et la duchesse de Brabant vinrent former le siège de cette ville. Jacqueline, à la tête de ses propres vassaux, y déploya le courage d'un guerrier ; mais l'inertie de son époux et le mécontentement des Brabançons devaient faire échouer l'entreprise. Ceux de Louvain se retirèrent, et bientôt Jean IV ramena honteusement le reste de son armée dans ses états. Le Bavarois parut alors triompher : l'empereur Sigismond lui avait solennellement adjugé les comtés de Hollande et de Hainaut , et il se trouvait en état de liure valoir ses prétentions par la force des armes.
Jean-sans-Peur, qui était alors dans toute sa puishancu, s'émut des succès de l'usurpateur , et son intervention rapide obligea celui-ci à se contenter de l'administration de la Hollande au nom cl comme tuteur de Jacqueline. Mais après la mort du duc de Bourgogne , le Bavarois reprit les armes, et le jeune duc, au lieu de le combattre, traita avec lui et lui engagea pour douze ans la province dont il s'était emparé. 11 voulut même détacher du Brabant le marquisat d'Anvers et en donner le gouvernement à Jean-sans-Pitié, en haine des états et de sa femme, qui lui était devenue odieuse depuis qu'il se sentait méprisé par elle. Une conduite aussi insensée souleva les Brabançons. Ils appelèrent au pouvoir son frère cadet, Philippe de Bourgogne , comte de Saint-Pol , auquel ils décernèrent la régence , et qui consentit à l'accepter après s'être convaincu par lui-même des fautes et de l'incapacité de Jean (li'iO). Celui-ci avait quitté le duché , pour chercher des secours en Allemagne. Tout à coup il reparut avec un corps de troupes (lu'il avait levé dans ce pays , et poussa jusqu'à Bruxelles oùil pénéUa en vainqueur, grâce aux intelligences qu'il avait formées avec quelques-uns des principaux de la ville. Mais six semaines après le peuple courut aux armes , attaqua ses cavaliers dans les rues de la ville, les contraignit à se rendre, et décapita quelques seigneurs regardés comme les conseillers de Jean et les ennemis du parti populaire. Alors ic prince, qui se trouvait dans les mains des états, cessa de lutter contre eux, et accorda des concessions aux vainqueurs. Il modifiai entre autres les privilèges dont jouissaient à Bruxelles les sept familles patricieimes, et associâtes métiers à l'élection des magistrats de la ville (14-21). C'en fut assez pour apaiser l'orage qui avait toujours menacé les favoris plutôt que Jean lui-même. Un arrangement définitif, conclu en 1422 , rendit au duc tout son pouvoir , et lui assura même un subside considérable. Depuis lors il vécut en bonne harmonie avec ses communes, soit que Texpérience l'eût éclairé, soit que sa faiblesse le rendit maniable h coin qri l'encouraient.
Jacqueline ne fut pas témoin de cette restauration. Cette princesse, dont on admirait l'esprit et la beauté , mais dont nmasination ardente et le caractère impétueux laissaient neu d'empire à la raison , s'était enfuie en Angleterre et cherchait à faire annuler son mariage. Elle envoya des dé- Dutés à la cour de Rome pour représenter qu'elle s'était vue contrainte à épouser Jean IV , et que la dispense accordée pour cette union (car elle était cousine-germaine de^son mari) avait été obtenue par surprise. Le pape remit 1 affaire a deux cardinaux qui s'occupèrent de l'examiner; mais la décision se faisant trop attendre au gré de Jacquehne, elle ne craignit pas de contracter immédiatement un nouveau mariage avec Humphroi, duc de Glocester, frère de
Henri V (1423). ^ .
C'était plus qu'une faute : la malheureuse duchesse , en violant ainsi les lois les plus saintes, attirait sur el emême une honte ineffaçable, et sur ses états tous les fléaux de la guerre civile. Le duc deBedford, qui gouv^xuait alors l'Angleterre, comme tuteur du jeune HenriM, voulut en vain détourner Humphroi de revendiquer les domaines de celle qu'il venait d'épouser. Celui-ci leva des Uounés et vint prendre possession du Hainaut (1423) . Les états de la province s'étaient prononcés contre cette mesure imprudente ; mais Marguerite de Bourgogne, veuve de Guillaume IV et mère de Jacqueline , réussit a former un p r nombreux en faveur de sa fille. Les troupes anglaises furc reçues à Mons , et l'inauguration du duc de Glocester eut lieu dans cette ville avec un certain éclat.
Jean IV ne fut pas le seul qui se trouva gravement offensé de cette audace du prince anglais. Pl^l'PPe-le-Bo", qui se regardait comme le chef de la maison de «ourgog^^ e A l'héritier présomptif de Jacqueline iv (car elle n avait
t II était son cousin-germain comme JeanlV, et il devait hériter
2ftl HISTOIRE DE LA BELGIQUE.
pas d'enfants) , n'était nullement disposé à sonflfrir une usurpation aussi injurieuse pour son honneur que nuisible à ses intérêts. Il fit des préparatifs de guerre , et le duc de Glocester lui ayant adressé des reproches , il s'emporta jusqu'à vouloir le combattre en duel. Le champ fut tixé près (le Saint-Omer, et le combat devait se livrer le 23 avril 142i, lorsque le duc de Bedlord intervint, il prévoyait avec raison ipie l'alliance de l'Anj^leterre avec le duc de Bourgogne allait être compromise par ces démêlés.
Humphroi était retourné en Angleterre pour y chercher des renforts. Mais déjà une grande armée brabançoime était prête à envahir le Hainaut pour soutenir les droits de Jean IV. Elle pénétra dans la province sans opposition et vint assiéger Mous , où Jacqueline se trouvait encore. Cette princesse voulait se défendre jusqu'à l'extrémité ; mais les habitants avaient peu de zèle pour sa cause. Elle se vit donc contrainte de capituler (13 juin) et se remit entre les mains des généraux brabançons, qui la conduisirent à Philippe suivant un traité conclu entre les deux cousins. Le château de Gand devint la prison de la noble captive. Elle y passa quelques mois , soumise à une surveillance rigoureuse. Les ducs de Brabant et de Bourgogne se partaj;èrent la régence de ses étals : le premier eut le Hainaut , le second la Hollande et les provinces de Zélande et de Frise qui s'y rattachaient. Jean-sans-Pitié , qui avait gouverné pendant quelque temps ces contrées, venait de mourir empoisonné.
de ses états, parce qu U représentait la branche aînée. Voici couiuient leur parenté se trouvait établie du côté paternel et maternel
Philippe-le-Hardi
Jean-S!in8-Peur. — Marguerite
Albert de Bavière.
Guillaume IV. — Marguerite
de Bavière, lœur deGuillauraelV. de Bourgogne, scBur deJean-saiis-Peur.
Philippe-Ie-Boii.
•larquelinc.
L'année suivante la guerre recommença. Jacqueline s'était échappée de Gand, et elle avait ranimé en Hollande le vieux parti des Hameçons. Glocester lui envoya un secours de 3(H)0 Anglais qui débarquèrent dans l'île de Schouwen. Aussitôt Philippe, réunissant quelques troupes flamandes et hollandaises, vint attaquer le port de Brauwershaven où les ennemis s'étaient retranchés. L'attaque était diflicile , et le duc se trouva un moment en dat^ger. Mais un des plus braves chevaliers de Flandre, Jean Vilain , se jeta au-devant de lui , et abattit à coups de hache tous ceux qui le pressaient. Bientôt la digue qui couvrait les Anglais fut emportée et les assaillants remportèrent une victoire complète (13 janvier 1426). Depuis lors la cause de Jacqueline fut perdue. Elle venait d'être condamnée par la cour de Rome, et après avoir prolongé inutilement la lutte aussi longtemps qu'il lui resta quelques ressources, elle signa enfin lie 3 juillet 1428) un traité appelé le concordat deDelft, qui assurait son héritage à Philippe de Bourgogne , et la mettait pour ainsi dire à la merci de ce prince.
Jean IV était mort pendant cet intervalle (1127). Ses dernières années avaient été remarquables par la fondation de la célèbre université de Louvain, qui fut inaugurée le 7 septembre t42(). Elle était établie pour rendre sa première splendeur à cette puissante cité dont le commerce et l'industrie avaient déchu depuis l'émigration des tisserands : mais la Belgique entière recueillit les fruits de cette institution. Une partie des premiers professeurs furent tirés de l'université de Paris; les écoles publiques de nos provinces, qui avaient joui longtemps d'une certaine splendeur, étaient cependant restées au-dessous de cette académie fameuse, ou les savants belges allaient alors pour la plupart prendre
leurs degrés.
Le prince brabançon n'ayant pas laissé d'entants , sa siu cession passa à son frère cadet , Philippe , comte de Saint-Pol. Mais la régence du Hainaut, que Jean IV avait possédée , fut remise par les états de celte provmce a I hi-
lippe-le-Bon, comme à l'héritier présomptif de Jacqueline. Ainsi s'étendait sans cesse la puissance de ce prince dont ^adresse secondait la fortune. Déjà il s'était assuré la souveraineté d'une autre province , qui lui échut peu après : c'était le marquisat de Namur, possédé jusqu'alors par une branche cadette de la maison de Flandre. Ces princes, issus de Jean de Namur, si célèbre dans les vieilles guerres flamandes (1), avaient régné en chevaliers plutôt qu'en souverains, déployant une grande valeur dans les combats auxquels ils prenaient part, sans s'élever à jouer un rôle politique. Le dernier d'entre eux, Jean III , ruiné par la magnificence de son père, Guillaume II, se trouva heureux de pouvoir vendre ses états à Philippe (1421). Il reçut 132,<X)0 couronnes d'or pour prix de son marquisat, dont l'usufruit lui fut laissé pendant le reste de sa vie. A sa mort (1421)) le duc prit possession du pays.
Le Brabant se trouvait déjà comme cerné de toutes parts et resserré entre les états du Bourguignon. Bientôt cette riche province devint aussi son héritage , par la mort du Jeune duc Philippe, qui ne survécut que de trois ans à son frère Jean IV. Ce prince , dont le courage et les qualités aimables promettaient au pays un règne glorieux , fut enlevé par une maladie subite (4 août 1430). L'assemblée des états se réunit aussitôt , afin de pourvoir au gouvernement du duché. Philippe-le-Bon se trouvait le successeur légitime (2) ; ses droits furent reconnus, et lui de son côté consacra , par une confirmation solennelle , les divers privilèges de la province dans leur plus grande extension.
La plus grande partie de la Belgique se trouvait donc en-
lin réunie sous un même souverain. Sans doute un heureux concours d'événements fortuits avait puissamment concouru à cet état de choses ; mais on ne peut nier que le prince bourguignon n'eut montré un degré remarquable de prudence et d'énergie toutes les fois qu'il avait fallu éviter un écueil ou braver un orage. Ses autres qualités méritaient peut-être moins d'éloges : telle fut pourtant son habil( té ou sa bonne fortune, que ses défauts mêmes paraissent avoir échappé à l'histoire. Nos écrivains sont les seuls qui aient remarqué que son caractère était dur, son orgueil inflexible et sa bonté mesurée à son intérêt.
Ce qui donna une nouvelle gloire à son règne, après l'acquisition de tant de provinces , ce fut la pacification de la France. Il avait lui-même livré le royaume aux Anglais, et au milieu même des soins qui le retenaient en Belgique , il n'avait cessé de les soutenir avec les forces de ses provinces du midi (la Bourgogne , l'Artois et la Picardie). Grâce à son secours , le duc de Bedford avait pénétré au cœur de la monarchie , et le jeune roi Charles VII s'était réfugié de place en place jusqu'à Bourges. La ville d'Orléans, qui tenait encore pour ce malheureux prince , fut assiégée en 1 i29 et sa perte paraissait déjà inévitable, lorsque les bourgeois firent offrir à Philippe de se soumettre à lui. Cette proposition , que le duc transmit au régent d'Angleterre , fut mal reçue : Bedford ne voulait pas « avoir battu les buissons, pour qu'un autre prît les oiseaux.» Alors le Bourguignon rappela ceux de ses vassaux qui se trouvaient au siège, et depuis ce moment tout changea de face (D. Ce furent les Français qui allèrent assaillir les soldats d'Angleterre
(i) Voyez pages 195, 199, 201 et 20/i.
(2) On se rappcîlle qu Antoine de Bourgogne , duc de Brabant , était le frère cadet de Jean-sans-Peur. P»iilippe-le-Bon et Philippe 4e Brabant étaient donc rousins-eermains.
(1) Sans tHre injuste envers la Pucelle dOrléans, il importe de reinaiduer quelle arriva devant la ville au moment même ou les Bouifïuignons, les Picards et les Flamands venaient de se retirer. Jusque là les Français avaient été battus dans toutes les rencon- Uo<. on peut consulter à cet égard l'ouvrage de M. de liarante.
dans leurs retranchements. Conduits par Jeanne d'Arc, ils délivrèrent la ville et remportèrent coup sur coup tant d'avantages que la sui)ériorité des armes passa de leur c(Mé. Le rê^zent, craignant alors pour Paris , envoya une ambassade à Philippe, qui consentit à lui fournir encore quelques troupes; mais depuis qu'il avait pu juger de la jalousie qu'il inspirait aux Anglais, sa confiance en eux était détruite, et quoiqu'il atlectàt d'être lidèle à leur alliance, il entretenait des relations avec leurs adversaires. Ilcondut enfin la paix avec Charles Vil , et elle fut signée dans les murs d'Arras en 1135. Le traité, aussi honorable qu'avantageux pour le duc , lui dormait satisfaction pour le meurtre de Jeansans-Peur, et lui assignait, outre de grandes sommes d'argent, presque toutes les villes de la Picardie dont il avait pris possession dès le commencement de la guerre civile. Ainsi s'accomplit sa réconciliation avec ce roi de France , contre lequel il avait combattu pendant seize ans. Les Anglais, auxquels l'on avait offert d'entrer aussi en arrangement avec les deux partis, n'avaient pu s'y résoudre. Le Bourguignon se détacha d'eux avec un reste de courtoisie: l'année suivante il leur déclara la guerre.