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318 HISTOmE DE LA BELGIQUE.

rendit à l'état sa puissance et sa splendeur. Après tant de princes qui n'avaient eu d'évôques que le nom , le caractère religieux et les mœurs pures de ce prélat exerçaient la plus heureuse influence sur l'esprit du peuple. Le respect qo'jnsiyiraient ses vertus rendait son autorité plus puissante , et les idées d'ordre et de déférence renaissaient en môme temps que la confiance et la prospérité.

C'est un sujet d'étonnement pour l'historien que la rapidité avec laquelle cette opulente cité de Liège se relevait de ses ruines. Rasée, pour ainsi dire, par Cluuies-le-Téméraire, appauvrie et ensanglantée sous les derniers Marabours, elle redevint sous Erard de la Marck , la ville la plus populeuse des Pays-Bas , et toutes les dettes qu'elle avait contractées pendant ses malheurs furent payées en quatre ans par l'évêque , après qu'on lui eut confié dans ce dessein l'administration des revenus publics.

La Flandre aussi voyait s'effacer les traces des désastres précédents ; mais l'on y remarquait les premiers symptômes d'un déplacement du commerce maritime. Jusqu'alors, Bruges avait été le grand entrepôt où se trouvaient rassemblées les richesses du Nord et du 3Iidi. C'était là que l'on apportait les vins de France, les laines d'Espagne, les produits des horàs de la Méditerranée et les denrées précieuses que Venise et Gènes tiraient de l'Orient. Les habitants des contrées septentrionales y envoyaient de leur côté leurs grains, leurs bois , leurs cuirs, leurs pelleteries. Toutefois, cette métropole du commerce avait trouvé une première rivale depuis que la ville de Calais était toinî)ée au pouvoir de Henri V : car depuis ce temps les vaisseaux et les marchands d'Angleterre ne se rendaient plus que dans ce dernier port. Pendant le règne des ducs de Bourgogne , la foire d'Anvers, qui devenait de plus en plus rèlèbre, commença à inspirer aussi quelque jalousie aux marchands de Bruges, et en 1483, ils défendirent à leurs citoyens de s'y rendre comme de coutume. Maximilien , éclairé peut-être par cette démarche, et déjà irrité contre les Brugeois, assura

dès l'année suivante , les plus grands privilèges aux négociants étrangers qui viendraient trafiquer à Anvers. Les troubles , dont la Flandre devint le théâtre sous le gouvernement de ce prince , déterminèrent l'émigration de plusieurs commerçants, dont quelques-uns se fixèrent dans cette ville. Enfin, en 1511, les marchands portugais abandonnèrent Bruges pour se rendre à Anvers. C'était la nation rO la plus riche de toutes celles qui négociaient en Belgique : car la conquête des Indes avait assuré au Portugal le monopole des produits de l'Orient, et les flottes qui de Lisbonne se rendaient dans nos ports, ne comptaient pas moins de vingt à vingt-cinq navires , dont le moindre portait une cargaison de 20,000 ducats. Quelque temps après les Italiens , et ensuite les Ostrelins ( les marchands des villes Anséatiques), suivirent l'exemple des Portugais. Alors le triomphe d'Anvers fut assuré, et son commerce ne fit plus que s'accroître , jusqu'aux premières années du règne de Philippe II , époque de son plus grand développement.

(1) L'on appelait nation tous les négociants d'un même pays fixé? dans une place de commerce.

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