‹ Histoire de la Belgique [microform]Chapitre 54 sur 62 · CHAPITRE ITT · texte numérisé non relu

CHAPITRE ITT

Règne de Joseph II. — Révolution Brabançonne. Français en Belgique 1780 à 1793 .

Entrée des

Il i

L'enfant que Marie-Thérèse avait présenté jadis aux Hongrois , était devenu un homme; il était associé à l'empire depuis l'an 17G5 , et il succéda à sa mère sous le titre de Joseph II. Un naturel heureux et une intelligence précoce l'avaient fait regarder de bonne heure comme destiné à régner avec gloire ; mais il avait été élevé dans l'idée de la supériorité de son siècle sur les âges précédents , et de ses propres lumières sur l'expérience des ministres et des généraux qui avaient vieilli au service de l'état. Ce mépris du passé était le fruit funeste d'une erreur de l'impératrice dans l'éducation de son flls ; elle avait laissé diriger son instruction par deux médecins en qui elle mettait toute sa confiance , mais dont la science présomptueuse et inexpérimentée avait jeté dans ce jeune esprit l'ambition des réformes , la crédulité aux théories , et peut-être des teur dances irréligieuses.

Joseph visita la Belgique en 1781.Mais il y demeura peu, et parut en avoir emporté une fausse idée du caractère national. Cependant il forma d'abord des projets favorables à l'indépendance de nos provinces. Le traité de la barrière subsistait encore (quoiqu'il n'eût pas été confirmé par celui d'Aix-la-Chapelle) ; mais les Provinces-Unies , se trouvant engagées dans une guerre maritime contre l'Angleterre , n'étaient pas en état de soutenir une autre lutte. L'empereur ordonna la démolition de toutes les places fortes en Belgique , et l'on commença par celles qu'occupaient les

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garnisons étrangères , qui se retirèrent san résister. Il réclama ensuite la liberté de l'Escaut, et par son ordre un brick, équipé à Anvers, fit voile vers la mer, bravant les forts et la croisière des Hollandais. Mais à peine le navire , sur lequel flottait le pavillon impérial , fut-il arrivé devant Saftingen , que les batteries l'arrêtèrent , et qu'il tomba entre les mains de ceux qui gardaient le passage (1783). Joseph fit alors de grandes menaces et l'Europe s'en alarma. Elle s'attendait à une guerre entre Fempire et la Hollande : caries Provinces-Unies auraient tout bravé plutôt que d'affranchir Anvers et de laisser renaître le commerce belge. On avait déjà vu les années précédentes (de 1781 à 1784) le port d'Ostende devenir tout à coup florissant par suite de la neutralité et de la franchise dont il jouissait pendant la guerre maritime. La liberté de l'Escaut pouvait ranimer Anvers, et les avantages naturels de cette ville excitaient la jalousie et l'inquiétude d'un peuple marchand. Mais Joseph II, aussi inconstant que précipité, cessa bientôt de soutenir ses justes prétentions , et se contenta d'une somme de dix millions de florins que la Hollande sacrifia pour conserver son privilège.

Après avoir renoncé ainsi à compléter raffranchissement de la Belgique , l'empereur voulut un moment échanger ce pays contre l'électoral de Bavière , qui confinait à ses états d'Allemagne. Ce projet ayant échoué , il dirigea l'activité impatiente de son esprit vers un plan de réorganisation générale des contrées soumises à son sceptre Son but était double; il voulait rendre uniformes les institutions et les usages de la monarchie dont il était le chef, et il se flattait de pouvoir tout améliorer en renouvelant tout d'après ses propres idées. Les réformes graduelles, opérées par sa mère , lui paraissaient trop lentes : les opinions et les aflections des peuples étaient de peu de valeur à ses yeux ; et pour transformer une nation entière il croyait n'avoir besoin que de commander.

Les provinces belges surtout auraient été complètement

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bouleversées par les projets de Joseph , qui devaient modifier , selon toute apparence , nos lois , notre administration et nos mœurs. Autant que l'on peut en juger par les actes qu'il eut le temps d'accomplir, son plan consistait à supprimer les anciens privilèges (rien n'indique comment il les aurait remplacés) ; à créer une nouvelle organisation judiciaire , assez analogue dans sa distribution à celle qui existe aujourd'hui ; à régler d'une manière uniforme tous les usages locaux jusqu'alors empreints d'une grande diversité (il voulut même supprimer les fêtes des villages , pour les remettre toutes à un jour fixe) ; enfin à détruire l'indépendance du clergé qu'il regardait comme trop nombreux, trop riche et trop peu éclairé.

Il était impossible que de pareils desseins n'éprouvassent point de résistance chez un peuple attaché à ses institutions. Les privilèges qu'avaient conservés nos provinces ne pouvaient plus sans doute être considérés comme l'expression de tous les besoins, et leur diversité était un inconvénient presque aussi grave que leurs lacunes et leur manque d'actualité. Mais tels qu'ils étaient, les Belges les regardaient comme leur palladium, et pour y porter la main il aurait fallu avoir d'abord gagné l'opinion publique. Les institutions judiciaires étaient imparfaites ; mais elles offraient des garanties d'indépendance que rien encore ne pouvait remplacer. Les usages locaux , quoique mêlés parfois d'abus, étaient conformes, soit aux idées, soit aux besoins de la population , et c'était la blesser que de vouloir lui ôter ses habitudes pour lui imposer des règlements : ainsi l'on n'aurait du y toucher qu'avec un extrême ménagement. Enfin, si l'intérêt de l'état et de l'Eglise appelait quelque modification des prérogatives du clergé ; si l'on croyait pouvoir lui demander quelques sacrifices, et si, comme les autres classes de la société en Belgique , il avait ressenti jusqu'à un certain point l'efl'et de cette stagnation des esprits qui avait caractérisé parmi nous l'époque précédente , c'était de commun accord avec lui-même et avec le

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pays, mais non d'une manière despotique, irritante, injurieuse, que le prince devait chercher à atteindre le but qu'il s'était proposé.

Ou aurait peine à croire avec quelle grossièreté brutale Josepli porta les premiers coups à ce clergé que la nation respectait. Il ordonna d'abord l'établissement d'un séminaire général pour l'éducation des jeunes gens destinés au sacerdoce « afin de porter remède à la corruption progressive des mœurs, » comme s'il voulait accuser les prêtres belges non plus d'ignorance, mais de vice (178(>). Aux cris de douleur et d'indignation desévéquesqui se hâtèrent de réclamer, il répondit « (pie le clergé avait un besoin reconnu de réforme , tant du coté des mœurs et de la discipline, que du coté de l'instruction. » C'était déclarer publiquement au corps ecclésiastique qu'il avait cessé d'être digne de ses fonctions ; et certes, tout ce qui se sentait attaché à l'Eglise belge par des liens quelconques de vénération , d'estime , de simple bienveillance , devait trouver inconcevable cet arrêt sanglant dont le monarque voulait la flétrir.

Les esprits étaient à peine revenus du premier mouvement de surprise, que l'on vit paraître de nouveaux édits (janvier 1787). L'un abolissait les tribunaux existants, les justices seigneuriales, ecclésiastiques et universitaire, pour leur substituer une organisation judiciaire fondée sur le principe de l'unité ; l'autre réunissait en un seul les divers conseils attachés au gouvernement , et soumettait à l'approbation impériale le choix des députations permanentes (les collèges des états-députés). Deux mois après un dernier décret divise le pays en neuf cercles , dont l'administration est confiée à des intendants, qui doivent remplacer toutes les anciennes autorités provinciales. C'était un bouleversement complet et dont il serait diffîcile de trouver un second exemple, si ce n'est dans les plus violentes frises des révolutions.

Les états se plaignirent : le peuple fit plus ; il s'arma. Si

les édits avaient été exécutés , la lutte eût commencé surle-champ.

Marie-Christine d'Autriche , sœur de Joseph II , et le duc Albert de Saxe-Teschen qu'elle avait épousé, résidaient à Bruxelles^ en qualité de gouverneurs- généraux (depuis 1781). L'exaltation des esprits les effraya et ils suspendirent provisoirement l'exécution des décrets. L'empereur blâma d'abord cette condescendance; mais quand une députation des états se fut présentée devant lui , suivant son ordre , et qu'il eut vu combien les Belges montraient de fermeté , il céda lui-même sur la plupart dos points, et maintint seulement l'édit relatif au clergé (août 1787). Le peuple se réjouit de cette demi-victoire, et les préparatifs de résistance disparurent : cependant l'installation du séminaire général à Louvain ne laissait pas que d'inspirer encore quelque mécontentement.

Ce dernier germe d'irritation ne fît que s'accroître quand on vit les séminaires diocésains fermés malgré les évêques, et l'université de Louvain suspendue à cause de son opposition au nouvel établissement , dont elle condamnait les doctrines. En 1788 , les états de Hainaut refusèrent tout subside ; l'empereur les cassa , déclara leurs privilèges supprimés , et fit arrêter quelques-uns des membres. En Brabant, le tiers-état seul avait fait lo même refus; le monarque demanda la suppression provisoire de cet ordre , la concession d'un subside perpétuel , et l'établissement de la nouvelle organisation judiciaire. Sur la réponse négative de l'assemblée, un diplôme impérial casse et annule la joyeuseentrée , c'est à dire le pacte fondamental qui lie le peuple au souverain (juin 1789). Joseph déclarait qu'd régnerait parla force et comme sur un pays conquis ; plus tard il écrivit au général , qui dirigeait les mesures militaires , que « le plus ou moins de sang répandu pour en finir , ne devait pas être mis en ligne de compte , et que ses soldats seraient récompensés de même que s'ils avaient combattu contre les Turcs. » Etrange aveuglement d'un prince , qui

ne se faisait pas scrupule de violer les plus saintes notions de justice et d'humanité , non par fureur et par barbarie , mais parce qu'il se croyait plus éclairé que ses sujets I

La résistance ne se fît pas attendre. Il s'était formé, à Bréda , un comité de Belges émigrés , que tolérait le gouf ernement hollandais , encore plein de ressentiment contre Joseph IL Bientôt ce comité putréunirdeux ou trois mille Yolontaires , dont le commandement fut confié au colonel Van der Meersch (de Menin) , vieil officier d'une valeur éprouvée. Il entra en Brabant avec sa faible troupe, rencontra la division autrichienne chargée de garder la frontière , sut l'attirer dans la petite ville de ïurnhout où il s'était posté avantageusement , et secondé par les efforts de la bourgeoisie, il remporta une victoire complète (26 octobre 1789).

Ce fut le signal du soulèvement de toute la Belgique. Une colonne de volontaires entre à Gand , et soutenue par le peuple , attaque la garnison de la ville et devient bientôt maîtresse de la citadelle. Toute la Flandre chasse les Autrichiens. Le peuple de Bruxelles les attaque diim les rues et les force à la retraite. Mous tombe également au pouvoir des bourgeois. Le 11 janvier 1790, les députés de toutes les provinces situées au nord de la Meuse étaient réunis à Bruxelles et y proclamaient l'indépendance des Etats-Belgiques-Unis. Joseph II, déjà malade, survécut peu à cette nouvelle (20 février). « C'est votre pays qui m'a tué, » disait-il au prince de Ligne; quelle humiliation pour moi!» Le malheureux souverain oubliait combien luimême avait blessé le peuple dont il espérait renverser d'un mot toutes les institutions.

Cependant la révolution brabançonne (c'est le nom que lui a donné l'histoire) ne devait pas jouir d'une longue durée. C'était l'élan d'une nation fidèle à ses vieilles lois et à l'esprit de ses ancêtres : mais en suivant cet élan on retournait vers un passé devenu imix>ssible. La marche des siècles change la face des sociétés , et aujourd'hui , cinquante ans

après la mort de Joseph , les Belges n'ont plus aucune de ces institutions antiques pour lesquelles ont combattu leurs pères. Nous en respectons le souvenir ; mais leur âge est passé. Toutefois la Belgique n'a point à rougir de s'être si fièrement levée pour les défendre : l'esprit de conservation et de fidélité est le plus noble sentiment qui puisse animer un peuple , le gage le plus sûr de sa valeur morale et de son avenir.

Le mouvement ne pouvait se continuer dans je sens où il avait été conçu. L'homme dont les opinions représentaient le mieux celles du pays, Henri Van der Noot, jusqu'alors avocat à Bruxelles , et qui s'était mis à la tête du comité de Bréda , avait été tout-puissant pour renverser l'empereur : devenu le chef du gouvernement, son action fut nulle. Un parti déjà puissant tournait ses regards vers l'avenir et voulait des innovations pour la plupart opérées aujourd'hui. Mais l'avocat Vonck , qui eu était le chef , et le brave Van der Meersch, qui l'appuyait, ne purent vaincre l'antipathie profonde qu'inspiraient à la nation les principes et l'exemple de la révolution française qui s'accomplissait alors et qui avait déjà ébranlé le vieil ordre social jusque dans ses fondements. La maison d'Autriche avait aussi des partisans , à qui le souvenir des vertus de Marie-Thérèse inspirait un attachement sincère pour ses fils. Ceux-là ne réussirent point à se faire écouter du peuple, même quand le drapeau qu'ils regrettaient fut relevé.

Les Autrichiens s'étaient retirés sur la rive droite de la Meuse. Van der Meersch alla prendre poste vis-à-vis d'eux à Namur et dans les cantons voisins. Mais ses troupes , quoique devenues assez nombreuses, n'avaient qu'un commencement imparfait d'organisation. Au lieu de s'occuper exclusivement à les instruire et à les discipliner , il voulut faire de son armée l'appui du parti de Vonck , et ses officiers se montrèrent bientôt disposés à dicter la loi aux états. Ceux-ci donnèrent alors le commandement des forces à un officier prussien , le général Schœnfeld , tandis que le.vain-

m HISTOIRE DE LA BELGIQUE.

queur de Tunihout était arrêté et conduit à la citadelle d\\ïivers. Mais Schœnfeld , qui semble avoir été l'agent d'une puissance étrangère , ne fit aucun usage des forces mises sous ses ordres et dont il glaça l'enthousiasme par sa froideur. La Meuse continuait à séparer les troupes des deux nations. L'on n'essaya même pas, du côté des Belges, de s'unir aux Liégeois, alors révoltés contre leur évéque (1789), à l'occasion des jeux établis à Spa et dont il refusait d'étendre le privilège à de nouveaux établissements.

Le congrès s'était flatté d'obtenir l'appui de la Prusse, de l'Angleterre , et surtout de la Hollande. C'était un espoir trompeur; mais Van der Noot et la majorité des états ne pouvaient chercher ailleurs le salut de leur cause : car ils répugnaient à livrer le sort de la patrie aux mains des gens de guerre , et d'un autre côté, ils avaient commis la faute de rejeter les propositions de paix de l'empereur Léopold II, frère de Joseph. Les cours, dont ils sollicitaient l'alliance, les laissèrent dans leur illusion jusqu'au moment où une armée impériale se fut mise en marche. Alors le congrès reçut le conseil de se soumettre, et au printemps de l'année suivante (1791), les Autrichiens, conduits parle maréchal de Bender , rentrèrent dans les provinces d'où ils avaient été chassés. Schœnfeld abandonna ses soldats qui opérèrent leur retraite vers la Flandre avec moins de désordre qu'on n'eût dû le prévoir; les membres du congrès se dispersèrent, quelques-uns quittant le pays, les autres rentrant dans leurs foyers. Les impériaux avaient rétabli en passant Tévêque de Liège dans sa principauté. De tout ce grand mouvement qui avait agité la Belgique , il ne restait que la désaffection pour la maison impériale , et l'indifférence aux dangers qui la menaçaient.

En effet, tandis que les comtes de Mercy , Argenteau et de Metternich, nommés l'un après l'autre ministres plénipotentiaires dans les Pays-Bas , s'efforçaient de ramener nos provinces à leur ancien esprit d'obéissance et de dévouement , la révolution française, arrivée à sa plus grande

effervescence , préparait à l'Europe une commotion plus . sanglante que celles qui l'avaient précédée. Léopold , quoiqu'il eût prévu la guerre , n'en devint pas témoin , la mort l'ayant enlevé à l'âge de 15 ans (1792) ; mais François II , qui lui succéda , était à peine monté sur le trône que les hostilités commencèrent. Spectateurs de cette lutte , qui devait décider de leur sort , les Belges y prirent à peine quelque part ; et peut-être cette neutralité , d'un peuple naguère si dévoué à l'Autriche, fut-elle alors d'un grand poids da$ s la balance : car la Belgique devint l'arène où les puissances ennemies combattirent longtemps, avec des chances assez égales pour que l'appui et le concours d'une population fidèle eût pu changer l'événement de la guerre. Les premières actions furent de peu d'importance et les impériaux y obtinrent l'avantage. Deux divisions ennemies, sortant à la fois de Lille et de Valenciennes , s'avancèrent contre Tournay et Mons (avril 1792). Le plan des Français était de prévenir la réunion des troupes autrichiennes , et de les accabler à l'improviste; mais une terreur panique s'empara de leurs soldats à l'aspect des avant-postes allemands, et les deux colonnes se dispersèrent sans avoir combattu. Une tentative du général Luckner sur Courtrai fut repoussée de môme avec facilité. Au mois d'octobre le duc Albert de Saxe-Teschen , qui avait repris le gouvernement de la Belgique, marcha sur Lille avec quinze mille hommes et bombarda cette ville pendant six jours. Mais peu après cette vaine démonstration , les Français attaquèrent , de leur côté, les troupes qui couvraient le Hainaut. Deux braves généraux belges , Clairfayt et Beaulieu, commandaient ce corps d'armée fort de vingt mille soldats. Quarante mille ennemis , conduits par Dumouriez , les attaquèrent à Jemmapes , près de Mons (6 novembre) , et les forcèrent à la retraite après un combat opiniâtre. Alors l'armée française pénétra au cœur de la Belgique, tandis que les Autrichiens se retiraient derrière la Meuse. Dumouriez entra à Bruxelles le 14 et à Liège le 28 du même mois. Il fut reçu dans la pre-

mière de ces provinces sans opposition, dans la seconde aui acclamations du peuple.

Cependant l'armée autrichienne, retirée sur la rive droite de la Meuse , y reçut bientôt de grands renforts , et commandée par le prince de Cobourg (oncle du roi actuel des Belges) , elle reprit l'offensive dès la campagne suivante , chassa les Français du Limbourg et du pays de Liège , battit Dumouriez à Neerwinden (près de Landen), reconquit toute la Belgique et prit Valenciennes (de mars à juillet 1793). Rien n'arrêtait plus la marche victorieuse des troupes alliées (car les Anglais et les Hollandais venaient de se jomdre aux impériaux), lorsque le duc d'York fut détaché avec des forces considérables pour assiéger la ville de Dunkerque dont l'Angleterre ambitionnait la possession. Cette faute , en séparant les deux ailes de l'armée , rendit la supériorité à l'ennemi, qui put les faire plier l'une après l'autre. Elles auraient pu être coupées par une attaque hardie des Français sur Menin , si le brave Beaulieu n'eut pas remporté devant cette ville un avantage décisif (15 septembre). Toutefois le duc d'Yorck fut forcé de lever le siège de Dunkerque, et le prince de Cobourg celui de Maubeuge. Ainsi rélan des vainqueurs était arrêté. La neutralité des Prussiens permit ensuite à la France de jeter de nouvelles forces sur les bords de la Sambre. Charieroi fut pris (26 juin 1794), et le prince de Cobourg, qui marchait au secours de cette place , eut quelque désavantage dans une bataille générale livrée le lendemain , dans la plaine célèbre de Fleurus. Alors les alliés abandonnèrent de nouveau nos provinces, qui furent occupées par les Français comme pays conquis.

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