‹ Histoire de la Belgique [microform]Chapitre 7 sur 62 · CHAPITRE IL · texte numérisé non relu

CHAPITRE IL

Origine et grandeur de la famille Carlovingienne en Belgique.

Tandis que l'administration grossière et impuissante des rois francs laissait au temps et au hasard la tâche de cimenter les éléments divers de la monarchie , les provinces belges se voyaient menacées par de nouveaux peuples germaniques, non moins redoutables que ceux des siècles précédents. Les Saxons , race nombreuse et fîère , s'étendaient de l'Elbe jusque vers le Rhin , et le long des côtes de la mer dominait la ligue des Frisons, composée de tribus maritimes qui occupaient tout le littoral entre l'embouchure du Weser et celle du Rhin. Les premiers combattirent les Francs en Germanie, sans diriger leurs invasions vers la Belgique ; mais les seconds s'avancèrent graduellement le long du rivage , dépassèrent le Rhin , la Meuse et même l'Escaut , de manière que leurs limites , vers l'an 600 , répondaient assez exactement à celles de la Hollande actuelle. Ce n'était que les armes à la main qu'ils avaient pu pénétrer ainsi sur le sol de la vieille France ; et il existait entre eux et les peuples de la frontière une animosité profonde et une sorte de guerre permanente.

Au milieu des discordes civiles qui désolaient la monarchie et qui armaient les Mérovingiens les uns contre les autres , on ne voit pas qu'un seul des rois francs ait marché vers le Nord pour repousser ces invasions graduelles. Les provinces belges , séparées du reste du royaume par l'Ardenne et la Forèt-Charbonnière , étaient comme abandonnées à ellesmêmes , et si elles ne succombèrent pas sous les attaques des Frisons , ce fut parce qu'elles se trouvèrent assez fortes

pour se défendre seules. Aucun historien ne nous a transmis le récit des luttes que soutinrent alors les races guerrières (lui peuplaient ces contrées ; nous savons seulement {[u'c^lles reconquirent vers 620 tout ce que les étrangers a\aient envahi en-decà de la Meuse et du Rhin. Cette glorieuse réaction semble avoir été l'œuvre d'un guerrier célèbre qui tint depuis lors le premier rang parmi les grands d'Austrasie. C'était un chef d'origine franque, né dans la Hasbagne, où sa famille possédait de vastes domaines, allié de près au\ grandes maisons du Hainaut et du Brabant , et qui conservait encore les mœurs et la langue de ses ancêtres germaniques (un vieux biographe l'appelle Teuton de sang et de langage). Il avait nom Pépin, et fut surnommé de Landen , parce que la terre où il résidait se trouvait dans cet endroit (au sud-est de St.- Trond). Avant lui son père Carloman avait déjà commandé sur cette frontière avec le titre de duc ; mais on ne sait rien de ses faits d'armes. Pépin , héritier de son rang comme de ses possessions, sut faire reculer la nation ennemie jusque derrière la Meuse et le Wahal , qui lui servirent alors de limites. Ce fut, disent les contemporains, un duc glorieux et invincible : tout lui obéit depuis les bouches de hli Meuse jusqu'à la Forét-Charbonnière ; et son gouvernement juste lui acquit l'amour et le respect des peuples que son glaive avait défendus. Aussi voyons-nous que l'affection des Belges austrasiens passa de lui h sa famille , et que leur dévouement ne lui manqua jamais.

L'immensité des domaines que sa naissance, son titre et ses victoires mettaient à sa disposition serait presque incroyable aujourd'hui , si l'on n'en possédait la preuve ; car les fondations religieuses faites plus tard avec quelques parcelles de son liérilage formeraient seules une fortune royale. Probablement il avait gardé pour lui et ses compagnons d'armes ce qu'il avait coniiuis sans le secours du monarque. Tel était le vieil usage des chefs germains dont le duc austrasieu offrait encore le type fidèle. C'était un

guerrier de mœurs simples et antiques, mais dont rame était forte et pure , et qui , malgré son ignorance , ne se trouva jamais au-dessous de sa haute fortune. Après être sorti avec gloire de l'épreuve des batailles , il fut appelé au gouvernement de la monarchie par le choix de Clotaire II, roi de toute la France , qui le prit pour maire-du-palais. Le rude Franc de Hasbagne était mal préparé à cette tâche délicate, et ses mains auraient tenu plus aisément une épée que les rênes d'un état. Il eut besoin de recourir à raid« des évêques de Metz et de Cologne pour surmonter les difficultés que lui offraient les affaires : mais, avec l'assistance de leurs lumières, il trouva dans sa propre énergie, dans une conduite toujours ferme et loyale , et dans un sentiment profond de ses devoirs, la force de gouverner avec succès , et son administration rétablit l'ordre à l'intérieur et l'honneur au dehors. Le monarque le désigna ensuite pour servir de ministre et de guide à son ûls Dagobert qui allait régner en Austrasie (625), et alors le brave chef, aussi grand dans le palais que sur le champ de bataille , osa censurer tout haut son jeune roi qui se laissait égarer par la fougue des passions. Dagobert l'écouta^ revint de ses fautes , et , honorant à son tour ce grand caractère, il confia lui-même au duc , déjà vieux, la tutelle de son propre fils appelé Sigebert (640). Pépin vécut encore assez longtemps pour voir ce nouveau pupille recevoir la couronne d' Austrasie (645). Il l'assura sur sa tête par des mesures pleines de sagesse , et ferma les yeux après avoir accompli cette dernière œuvre (647). Sa mémoire a été révérée par les anciens Belges comme celle d'un saint , et le même hommage fut rendu à sa femme et à ses deux filles (l'Église a reconnu comme saintes les deux dernières, sainte Gertrude et sainte Begge). Tout avait été pur et sans tache dans la maison du noble Hasbanais comme dans son cœur.

Quoique l'hérédité des titres et des bénéfices ne fût point encore consacrée , elle existait déjà en réaUté pour

les maisons prépondérantes; et, après la mort du vieux chef, ses dignités, comme le reste de son héritage , passèrent à son fds. Celui-ci se nommait Grimoald , et l'éclat du nom de son père, l'affection des peuples, la reconnaissance royale, tout faisait de lui le premier des chefs austrasiens. Il gouvenia dix ans les états de Sigebert , régnant à sa place sous le titre de maire-du-palais. Les villes de Stavelot et de Malmédy doivent leur origine aux monastères qu'il fonda alors sur ses propres domaines; et si la paix rendit son administration stérile pour les historiens , la contrée n'eut à déplorer aucun des fléaux des gouvernements lâches ou tyranniques. Mais une occasion fatale vint réveiller dans le cœur du maire-du-palais l'ambition et l'avidité mal étouffée du Franc. Sigebert mourant lui confia la gorde de son fils encore en bas-Age , quoique cet enfant se trouvât le seul obstacle entre le trône et le fds unique de Grimoald , jadis adopté par le monarque et appelé ainsi à sa succession à défaut d'héritier naturel. Il aurait fallu plus de grandeur d'àme et de vertu que l'on n'en devait attendre d'un guerrier de cette époque barbare , pour que le Hasbanais respectât les droits de cet enfant placé entre ses mains et dont la perte lui promettait un sceptre. Sa loyauté ne fut pas h l'épreuve d'une pareille tentation , et , faisant disparaître l'héritier légitime (qui fut secrètement envoyé en Ecosse) , ce fut à son propre enfant qu'il réserva la couronne. C'était une lAche perfidie ; une autre trahison vint l'en punir. Clovis , roi de Neustrie , attira le coupable à Paris par les plus flatteuses invitations, et, le tenant en son pouvoir, le fit périr dans un cachot , ainsi que son fils (658). Ce double meurtre, dont les circonstances sont entourées de quelque mystère , éteignait la race de Pépin dans sa descendance masculine. Mais sa fille sainte Begge épousa un fils de saint Arnould , duc du pays de Moselle et ensuite évêque de Metz ; et de ce mariage naquit une nouvelle famille , qui, héritant des biens et des titres de la maison hasbanaise (« dix fois plus grande que celle de Moselle, » dit

un ancien auteur) , adopta aussi les noms de Pépin et de Carloman , à l'exclusion de ceux d' Arnould et de son fils Anségise. Celui-ci cependant sortait d'un sang illustre, comptant parmi ses aïeux un empereur et des rois francs; mais c'était seulement en s'appropriant les souvenirs et la gloire de la vieille souche sur laquelle il venait enter une tige étrangère , qu'il pouvait s'assurer l'affection de ces populations belliqueuses qui avaient conquis les domaines dont ses enfants devaient hériter. Tels furent sans doute les motifs qui le firent renoncer pour ses fils au nom et pour ainsi dire à la mémoire de ses pères : il fallait qu'ils se naturalisassent sur le sol belge , et nous les voyons en effet s'identifier si bien avec les familles indigènes que l'idiome germanique , conservé dans nos provinces septentrionales, devint leur langue maternelle.

Ainsi fut continuée la maison qu'avaient élevée si haut les victoires de Pépin , et quoique la contrée où s'étendaient ses domaines et son autorité fit encore partie de la monarchie franque , ce fut depuis lors comme un état indépendant qui s'étendait de l'Escaut à la Moselle , embrassant presque toute la Belgique moderne (excepté les Flandres) , et gouverné par cette dynastie hasbanaise qui ne tarda pas à se déclarer rivale des Mérovingiens. Sous le nom d'Austrasiens , c'étaient les peuples de nos provinces qui se groupaient autour d'un chef commun ; les vassaux et les compagnons d'armes de ces Pépins et de ces Charles qui devaient conquérir par degrés la France et l'ouest de l'Europe , sortaient de la Belgique actuelle , et y ont laissé leurs descendants ; la race Carlovingieime (c'est le nom que lui donna la postérité) porta sur le trône les idées, les usages, les mœurs de notre pays ; et quand sa grandeur s'écroula, ce furent encore des maisons sorties d'elle (par les femmes) et qui tenaient leur puissance de In sienne , qui régnèrent dans nos provinces sous les titres de ducs et de comtes. L'histoire de cette grande famille est donc si étroitement liée à la nôtre qu^on ne peut les séparer.

Aiiségîse hérita de tous les biens et de toutes les dignités de Grimoald , sans que les Mérovingiens eussent la volonté ou la force de les lui disputer. Il leur resta goumis , mais prenant peu de part aux affaires de la monarchie , et jouissant en paix de sa grandeur. Mais après sa mort (685), son fils Pépin , surnommé d'Héristal (parce qu'il résidait dans cet endroit, situé près de Liège), se montra tout à coup hostile à la maison royale , soit orgueil et ambition , soit peut-être ressentiment du meurtre de Grimoald ; car il avait vu sa mère le pleurer, et il donna lui-môme à l'un de ses ûls le nom de cet oncle malheureux. Il souleva les Austrasiens contre Thierri de Neustrie, alors roi de la France entière , et s'associant un autre chef du nom de Martin , tous deux prirent le titre nouveau de ducs d'Austrasie. L'entreprise était téméraire et elle échoua d'abord de la manière la plus complète. Les forces royales livrèrent bataille aux révoltés, médiocrement soutenus par les Austrasiens : le compagnon de Pépin fut tué , et luimôme mis en fuite. Mais le jeune duc , déployant dès-lors cette énergie qui devait le rendre si redoutable et que rien ne put' jamais fléchir, ne se découragea point de cette défaite , et se replia sur les provinces belges, où il se sentait assez fort pour écraser ses ennemis. Ceux-ci n'osèrent pas le poursuivre au-delà des forêts qui servaient de rempart à nos contrées : car les races franques des hautes terres , et les populations encore toutes germaniques de la plaine, réunies depuis longtemps sous le gouvernement de sa maison, présentaient une masse trop compacte et trop redoutable pour qu'une armée étrangère osât pénétrer dans le pays qu'elle occupait. Pépin resta trois ans à l'abri de f Ardenne et au milieu des vassaux de sa famille , toujours menaçant pour la cour de Neustrie dont il accueillait les exilés. Il sortit enûn de sa retraite en 691, livra bataille à ses adversaires à Testry (près de St.-Quentin), les mit en déroute et s'empara de Thierri. Mais quand il se vit maître du roi , soit qu'il n'en voulût qu'à ceux qui le guidaient ,

soit qu'il n'osùt pousser /plus loin sa vengeance , il se contenta de s'imposer à lui comme maire-du-palais , se réservant sous ce titre toute la puissance réelle. Peut-être en effet était-ce une nécessité que le pouvoir fût exercé par des mains plus fortes que celles du prince mérovingien ; mais cet asservissement de la royauté, lequel devint durable , détruisit toute autre suprématie que celle de la force. Depuis lors le chef victorieux fut le véritable souverain de la France, et pendant vingt-trois années que dura son gouvernement , il déploya la même fermeté pour faire respecter son autorité au dedans que pour écraser les ennemis du dehors. Parmi ceux qu'il alla chercher en Allemagne furent encore les Frisons , qu'il fit reculer depuis les bords de la Meuse jusqu'au Vieux-Rhin , mais non sans rencontrer une résistance énergique dans leur roi Radbod , qui revint plusieurs fois au combat et vendit cher sa défaite. Utrecht devint ainsi la ville frontière du côté du nord, et le berceau du Christianisme dans la

Frise.

Mais cette grandeur et ces triomphes de Pépin d'Héristal, légitimés par la fortune , ne laissèrent pas que de conserver un caractère de désordre et de violence ; et le guerrier dont l'orgueil ou le ressentiment n'avait pas respecté le trône , ne sut pas soumettre ses passions au frein des lois. La Belgique où il aimait à résider, le vit repousser son épouse Plectrude pour donner sa place à une concubine, qui régnait dans sa maison, et qu'il faisait asseoir à sa table à la face des principaux du pays. Saint Lambert, évoque de Maestricht , ayant osé lui adresser à ce sujet de vertueuses représentations, fut égorgé à Liège (698) par le frère de cette femme, et ce meurtre demeura impuni. Un autre assassin tua peu après un fils de Pépin lui-même. On dirait que l'ivresse du succès avait déchaîné les passions de ces hommes encore à demi barbares , qui avaient fait un sceptre de l'épée , et qui ne croyaient plus qu'en elle.

Pépin mourut en 714 , laissant trois petits-fils à peine sortis de l'enfance, et dont sa veuve Plectrude prit la tutelle. Sa domination était si bien établie, que dans les premiers moments qui suivirent sa mort , les Neustriens comme les Austrasiens restèrent soumis à celle qui avait été son épouse et qui héritait de son pouvoir. On savait pourtant qu*à son lit de mort il avait désigné pour successeur un fils naturel appelé Charles , qu'il avait eu de sa concubine. Mais ce choix, qui paraissait honteux, ne trouva aucun appui , et Charles fut môme emprisonné à Cologne , ville que Plectnide avait choisie pour résidence.

Une femme ne pouvait comprimer les ennemis qu'avaient faits à la famille du mort son audace et sa fortune. D'une part se levèrent les Neustriens , de l'autre les Frisons. C'était une guerre de deux peuples contre une seule maison sans chef et sans défenseur. Les troupes de Neustrie traversèrent l'Ardeime et vinrent ravager la Belgique : l'indomptable Radbod remonta le Rhin jusque sous les murs de Cologne. C'en était fait de cette famille naguère si puissante, si Charles, quoique bien jeune encore, ne se fût échappé de sa prison pour rassembler les débris du parti austrasien. Une première armée qu'il réunit attaqua les Frisons et fut taillée en pièces par Radbod. Mais le peiit nombre de braves qui restaient après cette défaite se jetèrent dans l' Ardenne , où ils firent une guerre d'abord de partis et de surprises , puis 4e combats sérieux ; et leur nombre s'accrut assez pour que, la troisième année (717), Charles pût livrer une bataille rangée aux Neustriens, qui furent mis en fuite.

Le vainqueur ayant ainsi reconquis à la pointe de l'épée rhéritage paterael, personne ne lui en disputa plus la possession. Il fut donc, comme Pépin, duc et maire-dupalais , sous des rois faibles et obscurs , souvent créés par lui-même. Mais ces fantômes de souverains , quelque impuissants qu'Us fussent , semblaient encore rendre douteux l'avenir de la maison austrasienne. Charles prodigua son

sang pendant vingt années pour acquérir, à force de gloire, le droit de les anéantir.

Il serait impossible d'énumérer ici la suite de guerres qui remplirent ces vingt années. La puissance des Francs à l'est du Rhin était mal établie et n'embrassait qu'une région de peu d'étendue : le nouveau duc la porta jusqu'à l'Elbe et au Danube. Au midi, les derniers rois mérovingiens avaient la Loire pour frontière : lui atteignit les Pyrénées et les bouches du Rhône. Dans toutes ces expéditions la fortune fut fidèle à son courage et à son génie militaire ; mais chaque guerre nouvelle demandait de nouvelles forces, et l'appât du butin ne suffisait pas toujours à l'avidité des chefs et des soldats. Charles , dans les besoins où le jetaient ses entreprises continuelles , ne trouva bientôt plus d'autre proie à livrer à ses gens de guerre que les domaines de l'Église. On le vit donner à ces hommes de fer et de sang , des évêchés et des abbayes : non qu'il manquât luimême d'un certain zèle pour la religion (car il protégea saint Willebrod et saint Boniface , apôtres de la Frise et de l'Allemagne) ; mais c'était que la conquête violente du pouvoir l'entraînait malgré lui à toutes les fatales conséquences d'une grandeur fondée sur les armes et qui ne se soutient que par elles.

Le grand titre de gloire de Charles aux yeux de ITuropç, ■ fut une victoire décisive sur les Sarrasins (en 732). Maîtresses de l'Espagne , et d'abord appelées dans le midi de la France par le souverain qui y dominait (Eude , duc d'Aquitaine) , ces hordes venues d'Afrique avaient poussé leurs ravages jusqu'à la Loire, et forcèrent celui môme qui avait compté sur leur appui à implorer contre elles le secours des armes franques. Charles se rendit aux prières d'Eude, marcha contre les barbares , les rencontra près de Poitiers, et, après une bataille qui dura presque tout un jour (comme celle où les Francs avaient combattu Attila), les Sarrasins reculèrent. La moitié de leur armée resta couchée sur la plaine où le combat s'était livré , et la voix populaire porta

m HISTOIRE DE LA BELGIQUE.

le nombre des cadavres à plus de trois cent mille. Le vainqueur reçut le surnom de Martel (massue ou marteau), qui dans le langage pittoresque des camps exprimait tidùlement la force des coups qu'avait portés à l'ennemi sa

redoutable épéc. ^

Charles Martel mourut en 741, après avoir ose , dans ses dernières années, se passer enfin d'un vain simulacre de roi, et gouverner sous le titre de duc des Francs. Mais ses deux fils, Carloman et Pépin (surnommé le Bref), ne crurent pas pouvoir encore suivre cet exemple. Ce ne fut que dix ans plus tard (eu 751) et lorsque Carloman eut quitté son palais pour entrer dans un cloître , que le dernier des Mitovingiens descendit du trône pour y faire place à Pepm. Ce prince fut proclamé roi à Soissons, dans une assemblée générale des Francs. Saint Boniface, légat du pape Zacbarie, sacra le nouveau monarque ; celui qui possède l'autorité réelle , avait dit le souverain pontife , peut bien eu prendre aussi le titre.

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