‹ Histoire de la Bibliotheque Sainte-GenevieveChapitre 6 sur 63 · LUD. XV DICAVIT, LUD. XVIII RESTITUIT · texte numérisé non relu

LUD. XV DICAVIT, LUD. XVIII RESTITUIT

Le temple fut peuplé par M. de Quélen, archevêque, de prêtres de la congrégation des Pères de la Miséricorde , qui le desservirent durant quelques années.

L'ouverture solennelle de l'église fut faite par la famille royale, le 3 janvier 1822, jour de la fête de sainte Geneviève; l'on rétablit la châsse, et l'on plaça, par mépris, sous les marches du péristyle. Voltaire et Rousseau; une nouvelle confrérie se forma et la comédie des miracles redevint de circonstance.

Notre nation passe volontiers de l'incrédulité à la bigoterie, et vice versa,

1830 referma au culte les portes de Sainte-Geneviève, qui est redevenue et reste le Panthéon; les prêtres tremblèrent pour la châsse, elle fut cachée, livrée par trahison, mais respectée et finalement remise entre les mains de l'archevêque, avec d'autres objets qui furent pillés et détruits lors de l'attaque du palais archiépiscopal.

La châsse est demeurée à Notre-Dame, où on l'expose quelquefois. I

Le Panthéon fut inauguré de nouveau en 1831; le 27 juillet, on enleva la croix de la lanterne du dôme, et le fronton, décoré du bas-relief de David, reprit l'inscription de Pastoret.

On se rappelle la cérémonie qui eut lieu, et l'hymne que Victor Hugo composa à cette occasion; on y trouve ces vers :

C'est pour ces morts, dont l'ombre est ici bienvenue, Que le haut Panthéon élève dans la nue, Au-dessus de Paris, la ville aux mille tours^ La reine de nos ïyrs et de nos Babylones,

Cette couronne de colonnes Que le soleil levant redore tous les jours.

{Chants du Crépuscule.)

Des tables de bronze placées là conservent les noms des combattants des trois jours.

Qu'on le laisse ce qu'il est ou qu'on en fasse de nouveau une église, le Panthéon, ce monument grandiose, mais triste, n'en sera pas moins inutile; Saint-Étienne du-Mont suffit amplement aux besoins de la paroisse, et l'on n'accorde pas volontiers l'immortalité à ses contemporains. Pour que cette nécropole fût vraiment le dernier asile des grands hommes, il faudrait enlever la plupart des intrus du régime impérial, dignes gens, sans doute, qui votaient docilement les lois faites par leur maître, mais qui n'ont pas, que je sache, bien mérité de la patrie.

Je crois qu'il est question de placer au sommet de la lanterne du dôme la statue de la Gloire par Corot; espérons que ce ne sera pas une contrefaçon du Mercure-Farnèse, comme le génie doré qui se tient sur un pied au faîte de la colonne de juillet»

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