‹ Histoire de la Bibliothq̀ue Sainte-Ceneviève, précédée de la chronique de l'abbayeChapitre 15 sur 53 · IMPÉRIAL · texte numérisé non relu

IMPÉRIAL

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DU

^ÀNTHRON.

En 1809, M. Flocon succéda à M. Ventenat dont, cette année, Cuvier prononça Téloge historique à Tlnstitut (séance du 2 janvier). Il avait été^ nommé conservateur à la bibliothâauç par Lebrun, dont les enfants étaient ses élèves, en 1806» avec }A. Lecheyallier, céjè^re voyageur gui a ë^is.4<^ p^iSit^Plfs singuliers dont je dirai quelque choae, el a fait de cuneoBes dé* couvertes en Orient. Les vacapces commençaient alors (depuis 1807) le iv septembre ejt fieisçai^nt leâ novembre; «uparafani, elles avaient lieu du t""' septembre au 2(h octobre.

M. Flocon, en devenant administrateur perpétuel, laissa ser ptece à M. le marquis de Yineyieille, ancien maréchal de camp et créature de ciimbacériès (t).

•Sous l'empîfe, dès ISOfc, je crois, le collège Henri IV, se trouva iM/gtoé jMur leloc^ de la l^ib}iot)^|èqi^e 4u Pap^hféQp» evait fait concevotrà l'autorité municipale des doutes sur sa solidité (tactique renouvelée ffii^ (itlu^fl^ &QCC^ ^ PP? JPIM^^). En t^l% on répandit de notiveau des bruits alarmants, et m décret impérial du 21 mare ordonna la translation de la bibliothëq^ue dans

(1) Le Guide d$$ eurieuqi 9$ d$t étrçfnff<6rt dans let hibUothè^uêê publiques de Paris ((>elilopuscut$ ia-lî de 47 pages'; Paris/ 18^9} donûe l>ar erreur le lilre de l)ibliolIiccaire et ad'ministràleur'^rpéluel 4 M* de Viilévied'ie, qui u^éùdl, 'èo r^lili^, que d'elixième couserv|l,eur.

son exécution par Iç fai^^^(jps.éy^ijpme[fts:djç. iÇlt.3.e^ :|pj^^ d'ajitfes^isegt gr✠^ M.^ l^çvji|)ef , gui ^t (t;pptiye§.e^ p/:^^ santçjdémaçch^^, ^gap^lei^^^^ ,.

)Ea 1813^ M. d^ Montgliyet pèpe,^ ministi^e. jje JlBjtériewjç, nomma ^oisjèiiie conservfjtfipr du Pantbéoii M. .pçej^et,. aflcieft libraire, instituteur de ses enfants et censeur au collège HenrilV^ |1 vient de mourir danç un âgje aviincé*

La re^tauratiçn rendit à jiotr^ bibliothèque sa d^Di^painf^tlop preraièrp. ÇJn^fit. ïjne ijpuyeîlje est^mpjjlç; /c;e?Jijuqe.çippreiii>p ronde aptppr (le jaquQ^J.e pp )it ; Bibliq(f^èque ^ Sjjff»<^/e^ neviève. Au milieu son); trois fljBur^ dçi.lis.

En 1816, Tabbé Hajma, gui a l^is^é. des traY^pi:n^e.;^aii|ç jéçijfi dijion, fut nommé chanoine honoraire de Notrja-parpe et qu*^ triëme conservateur de la bibliothèque; il ne put y obtenir un logemeat. La vie de ise savant fui sujette à bieo des ^^ssitudés^ tourments et misières^ le ^e^pin Tobli^ça à déplier ,a)j, roi.^n de ses onvrageBiles fim .importants^ ee qui sans don^ lui facMita Taccèôde la bibliothèque Saînte-Genevièvç, . ' '

L'anaédr^récéden^ie, M.>Li. CojttQ, aneien adminttljratâur. par intérim de la bibliothèque, était moft dans sa calme retraite (lé Montmorency (1). .\ . . \ . , ;

hr&timiiipwx^m.iefvm&.\^ emmurer M)vt^; j^ 4m, m^ t)Qri»er ^ çiiei^

Depuis 1790, la bibliothèque, accnie du dépôt des cordeliers principalement, avait acheté un grand nombre d*ouvrages, dont la moyenne peut être portée à 1,100 volumes par an. La statistique de M. Petit-Radel, conservateur de la bibliothèque Mazarine, publiée en 1819, donne pour Sainte-Geneviève le chiffre approximatif de 110,000 volumes imprimés et de 2,000 manuscrits.

En 1820, un critique très-distingué et trè^connu, Dussanlt (Jean-Joseph), — qu'il ne faut pas confondre avec Dussaulx (Jean), son contemporain, traducteur des satires de Juvénal, membre de Tacadémie des Inscriptions et Belles-Lettres , — entra h la bibliothèque en qualité de cinquième conservateur; mais il n'obtint un logement dans les bâtiments de Sainte-Geneviève que quatre mois avant sa mort, qui arriva en 1824 (1).

Traité de Minéralogie. Paris, imprimerie royale, 1785: % vol. iD-4, figares. SOfr.

Manuel d'Histoire naturelle, ou Tableaux sjfslématiques des trois règnes, pour servir de suite aux leçons élémentaires. Paris, Barbon, 1787, in-S. S fr.

* Beautés de THistoire naturelle des Animaux. Paris, Touraeux, 1819; a vol. in-13, ornés de f4 plancbes. 6 fr.

teçons élémentaires de Pbysiqne, d^Hydrostatiqne, d'Astronomie et de Météorologie, 8« édition. Paris, Aug. Delalain, 18SI; in-ia avec 6 plancbes. 8fr.

(Voir la France littérair:)

(1) Dussanlt naquit à Paris. Son bagaipo littéraire se compose d'une foule de lettres, d'articles et de fragments publiés dans VOraieur du PêupU» U Véridiquê, le Journal des Débatt et la Biofraphie tmlMfMlIf. Dassault a en outre édité quelques ouvrages : les OraUom ftmèbrt* de BosMet, Flécbier, Mascaron et autres orateurs sacrés, avec un Discours préliminaiie sur VOraUon funihr$ et des notices biographiques; une édition latine de QuinUllen, avec une préface et des notes, faisant partie de la BibUothèque classique de Lemaire (I8fl-13}; les Mémoires de W^^ Dumesnft, précédés d'une notice sur cette comédienne (1888). (Voir la Franoê Iktérairs.)

M. CampenoD (Francois-Nicolas-Vincent) entra k la bibliothèque comme conservateur-adjoint en 1822, et prit rang après M. Dussault. Il y resta peu de temps, ne se montra point et ne fit jamais aucun service (1). L'année d*après, M. de Villevieillc mourut (2) et fut remplacé par M. Robert (quatrième conservateur], fils d'un employé de la Bibliothèque royale. Ce nouveau venu dut son emploi à M. de Corbière, avec qui il avait fait souvent, m'a-t-on dit, la chasse aux bouquins.

M. G.-L.-Â. Bailly, sous-bibliothécaire de la ville, a fait paraître en 1828 des Notices hiitoriquet sur les Bibliothèques an^ tiennes et modernes (Paris, Roussdon, libraire). Dans la table

(1) Ce poète naquit k la Guadeloupe ( et non pas à Grenoble, comme le disent plusieurs biographies). Outre son discours de réception à FAcadémie et ses travaui de presse, on a de lui :

Voyage de Grenoble à Ghambéry, en prose et en Tors, 8« édition. In-18, 17M. (La première avait paru à Grenoble trois ans auparavant.)

L^Enfant prodigue, poème en quatre chants, i» édition. Paris, Delannay, ISIS. (La première édition est de 1811.)

La Maison des Champs, poème, 9« édition, suivie de quelques poésies et du Voyage de Grenoble à Ghambéry. Paris, Delaunay, 1S16; in-lS. 3 fr. (La première édition est de 1809.)

Œuvres d'Horace, Irad. en français.

Poèmes et Opuscules en vers et en prose, édition revue et corrigée. PariH, LadTocat, ISiS; a forts vol. in-18 avec vignettes. (C'est la réunion des productions de Tauteur.)

Essais de Mémoires, ou Lettres sur la vie, le caractère et les écrits de L-F. Duels, adressées à M. Odoghariy de Latour. Paris, Nepveu, 1884, in-8, ttgures. snr.

Histoire d'Ecosse, etc., trad. de l'anglais de Eobertson. (Voir la France littéraire.)

(8) Je n'ai aucuns renseignements touchant ce conservateur.,. Serait-ce sur lui que V. Quérard a écrit ce peu de lignes? la date peut le faire penser : ViLLETiiiLLB (le comtc de) : Lettre sur Tlnstiiut d'Hofwil; Paris, de l'imprimerie de Eignoux; 1885, in-*a de 18 pages. (Extrait de la Mevue eney^ elopidique.)

qiiî lès {ërmmé et qui indique le nombre des livres renfermés dans nos divers établissements, il présente pour Sainte-Geneviève celui que donne M. Pelit-Radel et que j*ai fait connaître; mais, dans le côrpis de Touvrage, on trouve seulement 100,000 vol. et 2,000 mss. — Cette contradiction est sans doute le fait seul d*ûne erreur typographique.

' L'année môme de cette publication, un nouveau service fut formé à la bibliothèque Sainte-Geneviève, et le roi rendit une ordonnance dont voici la teneur :

* CÉkÉtÊfe', par te grW'dè I5iéii,etcl'' " ' ' - ^

a Sur le rapport de notre ministre secrétaire d'État au département de l'mtérieùr, ,- , ....

« Nous avons ordonné et ordonâèns ée qttf soit :

« liRTlcLE V*. — Il est formé à la bibliothèque àe Sainte-Geneviève un dépôt particulier pour y ori^eevoir Texiempiaire des livres da dépôt légal qui, en vertu de notre ordbilââticë dti 9 jànviei* dernier, est Ifeètihë à la bibliothèque (lu ministère de rintérieur.

« Art. 2. — Chaque année, notre minktre de Pintérieor fera dans ce dépôt un choix des ouvrages qu'il jugei*^ convenable de répandre, et il les repartira entre les bibliothèques .publiques 4u royaume sut* vant leurs besoins et leur importance.

« AÈt. S. — Nôtre ministre secrétaire , àlÉtat de rintérieur .eçt cliargé de Texécution de la présente ordonnance.

a Donné en notre château des l\ciileries lé itl mars de Vka de gfàce

182S, et de notre règne le quatrième.

^ Signé: CHAfetÉS.

« Par le roi,

- . « Le ministre secrétaire tf État att dépàhement de l'intérieur,

« Signé : de MABTiGNAh. »

-hz-

A cette occasion, if. Aîmé-Martîh fut nommé quatrième conservateur, et prit rang après M, Robert, devenu troisième coriiervëtedr par siiiie du décès de M. Halma. ii. Aimé-MartiD, chargé ilè là direction spéciale dé ce dépôt, eut soiîs ses ordres un nouvel employé. *

Là révolution de juillet apporta Ijes changements essentiel! dans la législation des bibliotiîèques publiques de Paris.

Le Bulletin des lois contient cette ordonnance en daté du 22noveinl)réië§0:

« Locis-Phiuppb, roi des Français, etc.

« Sur le eohipté'qUi totls a été tikiK jiàrildtfé miiaisti^ séërèiaire d'État dé mtérieÊt? j ...:«; ^

« Voulant lavoriMt les Ir^cherihefs «d^tîl^i^ éiûk lés^fttijb ^ndes InbliQlUèqKes djB.Paris; i

• KçHis abolis ordonné et ordoniioiis ee ipû tait r : i

« Article l*'. — La BiblîQthèqHf *# Rfp , * ^jbli^tMqtie ««m^ rine, la bibliothèque Sainte-Geneviève et la bibliothèque de TArseual seront ôuvertek tous lê^ jours aii [iiitilib (lès fëtèk ellièpt^ei) id^epuis dix heures Jusqu'à trois. , ^ .,

« Aet. 2. --Notre ministre secrétaire d*État de riotérieur est

diargé de Texi^tion dé la présente pr^fipaçoç.. ..^ , .;

< Signé : LOUIS -PHILIPPE.

« Le rnlnistre secrétaire d'État au département de l'intérieur, « Signé : Montauybt. »

Cette année, M. B. de Ladcy, anden chef de bnrem da mi^ nistère de rintérienr, fut envoyé à Sainte-Geneviève cdmine

conservateur-administratear adjoint. II succéda à H. Flocon, qui mourut en 1832 (1).

Nous avons le bonheur d*étre dirigé encore par H/de Lancy dont chacun apprécie la justice, l*amabilité, l'esprit, la bienveillance et les paternelles intentions. Nous formons des vœux pour qu'il soit longtemps notre chef. — Ceci soit dit dans le seul but de rendre hommage à la vérité et sans nulle intention de flatterie : cuigne suum.

L'estampille que nous a donnée 1830 est ronde; au milieu il y a un S et un G entrelacés, et autour : Bibliothèque Sainte- Geneviève.

Tous les régimes ont laissé leur empreinte sur uos bouquins.

En 1832, M. Casimir Bonjour, l'auteur dramatique, devint premier conservateur adjoint après M. Lecbevallier.

Il est bon, je crois, de placer ici cet aperçu des sommes affectées annuellement par TÉtat à chaque bibliothèque, que je trouve dans un dictionnaire (1833) :

Bibliothèque royale : personnel et matériel. .

Bibliothèque Mazarine |

Bibliothèque de FArsenal. • • • |

Bibliothèque Sainte-Geneviève. |

(1) M. Flocon était natif de la Lorraine ou de TAlsaoe. On lui attribue une iiaductioD de Wémaqtêê en latin. Il s*oecupait de catalogues «t de bibliographie.

natériel. . .

239,000 fir

Personnel.

Matériel. .

Personnel.

Matériel. .

Personnel.

Matériel. .

Total. . .

350,500 fr.

Tai reproduit scrupuleusement Tordre du dictionnaire; mats Sainte-Geneviève, comme nombre de volumes, occupe le troîsiëme rang (et non pas le quatrième) et vient après l'Arsenal; elle est plus utile que cette dernière bibliothèque, mieux située, plus fréquentée, a un personnel beaucoup plus considérable, enfin elle est des trois établissements secondaires celui qui coûte le plus à l'État.

Un temps viendra où la bibliothèque Sainte-Geneviève occupera le premier rang après celle du roi; on peut le lui prédire hardiment.

D'après le Diettonnaire de la Convenation^ die comptait, en 1833, 160,000 vol. et 3,500 mss. Ce chiffre est exagéré.

M. Ifassabiau, qui était entré è la bibliothèque comme employé supplémentaire et temporaire sous M. Daunou pour travailler au catalogue, et avait écrit entièrement celui des ouvrages de médecine, fut nommé employé titulaire. Depuis lors, il parcourut les divers degrés hiérarchiques; enfin, cette année, il devint cinquième conservateur, et prit rang à la suite de H. Aimé-Martin.

Deux ans après. If. Mongez, ancien garde du cabinet des antiques de l'abbaye, mourut à Paris (1).

(1) n était de J^yon et avait rempli les fonctions de bibliothécaire de Saint-Jacques de Provins avant de se charger de celles de ^^arde du cabinet des antiques de Sainte-Geneviève. Il fut successivement membre de la commission des monuments sous TAssemblée constituante, membre de la commission des monnaies en 179i, membre de Tadminislralion de la Monnaie, et ensuite administrateur de cet ét:iblissemen( ; membre du Tribunat, membre de Faucienne et de la nouvelle académie des iuscrii^tions et

belles-lettres, de Tacadémie de Lyon, elc Je ne m'occupe f»oint de

En 1936, In bibliothèqn^^ perdit M. Lechcvallier, homme dp plus honorable caractèrej^ et doqt les visiteurs, — notamment le touriste Dibdin, — > avaient apprécier la complaisance et la politesse. Il était franc, enjoué, ouvert, avait de Tesprit^ des connaissances et de la mémoire [Ij.

Au commencement de cette année, M. de Rrotonne, flis d*un

rénorme liste des mémoires de ccl aDtî()uairc, dressée par M. Quérart^. Les ouvrages les plus considérables de Mongez sont :

Histoire de' la raine Har^ucritu de Vaiob^. première lerome <du: rai Henri IV; Paris, RuauU , 1777, in-8.

Mémoires sur différents sujets de littérature; Paris, Lottin, 17K0, in-S.

Mémoire sur le6 CygnêS i^oi obanàentt Paris, 'rieeth6u4&er|iefktei 1793.

Algèbre;, Paris, rue et bôlel ^erpente, 17W, 8 voL.iMS.

Arithmétique; Paris, rue et hôtel Serpente, 1789,' 2 vol. in-18.

" Vie privée du cardinal Duboi»; Ldndres, 47SO, Snr^.. (Réimprimée en

«vol. in-80

Considérations générales sur les Monnaies; Paris,'Aga8se, an IT (1796), in-«.

EéflexiQOB sur fabus de quelques figures allégoriques employées en peinture et en sculpture; Paris, veuve Panckouke, 1800, in-8 de 17 pages.

Iconographie domaine; Paris, de IMmprimcrie de Didot; «- Treuttel et Wi^f^,. 18)1*99, ,8 yqV^Q-4, avecji atlas gr^ind in*foUo de A7, il, n planches. 27i fr.

Antiquités, Mythologie, Diplomatique des Chartes et Chronologie; Parris,' PauGkpuclie et H«', Agisse, .1788r-9i, et. planches» ffiU. Ea tout 7 yol. iiir4. 824 fr.

Il faut joindre à ces travaux'le Catalogue des anttr)mis de Sainte-Geneviève, dont j'ai dit quelques mots.

(1) M. Lechevallier (J.-B.) était deTrély (Manche). D*abord abbé, il prit le ^oût des voyages, fit des découvertes intéressantes, et devint enfln cori« serviteur à Sainte-Geneviève; on le nomma membre dé la Société' libre des sciences et arts de Paris, et il fut reçu dans diverses académies^ (étrangères. On a de lui :

Voyage de la Propontide et du Pont-Euxin , avec la carte générale de ces ùéux meif, etc.; Paris, Deutu , an viii (1800), 2 vol. in-8. fr. 50 c.

Voyage de la Troade tait dans les années 1785 et i7S(i; 8« édition, revue,

ancien employé de la bibliothèque, et çai avait commencé par être employé lui-même, était devenu, de sous-bibiiothécaire, conservateur-adjoint; un peu auparavant, il remplissait Jès fonctions d'économe, titre correspondant à celui de secrétaire-, trésorier, le seul en usage aujourd'hui. .

Cette nomination fut la juste récompense d'\in zèle soutenu joint à un mérite incontestable et à de sérieux travaux.

A la fin de Tannée suivante, il fut promu sixième conservfitcur en remplacement de M. Ms^sabiau (1), décédé au mois, d'octobre 1836. M. Bernard, qui avait été député et préfet, arriva à Sainte-Geneviève en qualité de sixième conservateur; bientôt, étant devenu le cinquième par suite de mutations que

corrigée et cotisidéHibleinent augmentée { Paris, Dentn, an ix (ISOt), 3 vol. in-S, avec atlas grand in-i, vues, cartes, oiéAaUleB^'Vtek. ' >

Ulysse-Homère, ou du véritable auteur de riliade et de TOdyssée; Paris, Dcbure frères, 1SS9^ grand in-foUo^ avec 5 cartes et 15 planches. S4 tt,

M. Lechevallier publia cet ouvrage, sous le pseudonyme de Constantia, Kuliadès, pour démonlrer qu*Homère n'est point Tauleur des deux épopées célèbres (opinion hardie, traitée de paradoxale et qui valut des attaques^ vives au voyageur). U croit qu*il faut attribuer ce^ poèmes à Ulysse lu^ même, car la peinture des lieux est si exacte, qu'elle ne peut avoir él^, tracée que sur place et par un des guerriers de la, i'ameuse expédition. T^ est le fond du thème soutenu par M. Lechevaliiec j

Ce touriste avait exploré toute TËurope; on dit qu'il possédait dans son portefeuille un Voyage général sur notre continent qui n*a pa9 va le jour*^.

Oi M. fliasiablau (J^an-ântoioe-FrançoiB) (était naïKC 4le FIgeâo (Lot). Il fut nommé membre de la Légion -d'Honneur en 1S37. Ses ouvrages les pliiÉ! importants sont : '/ '

* EMai sur les NoinJi^res appioximatife, ou Recheschas «nâlytiiinas d*wam < méthode sùn pouf} obtenir du. premier coup et rigoufeusemeal', fla*sileq calcul de ces nombres, toute l'exactitude que Ton désife; Firiis 'l>upratf t Anyuii7ê9)^iïH9.ik.9^Q. . .- . .... . .-. .,' i. j •

Pu Rapport des diveises formes du gouvernement' avec tes prêgiès'itet

j'ai enregistrées, il céda le rang qnMI occupait dès son entrée à M. de Rrotonno.

Ou voit par ces mouvements dans les grades supérieurs que la bibliothèque prenait plus dMmportance de jour en jour; son développennent rapide déviendra plus frnppant encore pour qui examinera le tableau général du personnel placé h la fin de cA ouvrage.

Une loi qui ouvrait un crédit extraordinaire pour la bibliothèque sur Texerclce 1838 fut promulguée.

Je (lois lui donner place ici.

(( Au iMiUis deft Tuileries, le is JuUlet tMS.

« Loiiis-Philippb, roi des Français, etc.

» Nous avoDS proposé, les chambres ont adppté, nous avons ordonné et ordonnons ce qui suit :

la civttUstion; Discoure poIiUque et moral. Paris, Courcier; Tauteur, 1S05, in-É. Sft*. 50 c.

La Sainte-AlUnnce, ode; Paris, de riniprimerie de Fain, 1817, In-4 de apuges.

De la Division des Pouvoire exécuUf et légisIaUf dans la monarcliie; qn^eUo n*e8i point la garantie du peuple, etc.; PHris, l^auteur, 1818, in-8.

L\i Liberté dtis Journaux impossible avec le système représentatif, etc.; Paris, de rimprimerie de Plassan, 1818, in-8 du 8 pages.

Stances sur le l)aptème du duc de Bordeaux ; Paris, imprimerie de Didot atnô, 1810, in-8 de S pages.

De l'Bsprit des institutions politiques; PaviR, Maradan, IStl, S vol. in*>a.

* Qtielques obi^ervaiions sur (contre) le projet de loi relatif aux sucol»» alwis, présenté à la elrambre des pairs dans la séance du 10 février 18t6, et principalement sur Texposé des mottfe qui le prt^cède ; Paris, Mongle aîné, 1816, 1n-8 de 88 pages*

* La République sous les formes de la Monarchie, etc.; Paris, Delaunay, lan. 1n«8 ()e 48 pages.

(Voir la Franet lUiéraire,)

« Abticlb unique*

« n est ouvert au ministre secrétaire d*Ëtat au département de rinstruction publique un crédit extraordinaire, au budget de 18S8, de quarante>4iuit mille deux cent vingt-trois francs (48,333), pour être appliqué à une augmentation des services du personnel et du matériel de la bibliothèque Sainte-Geneviève.

« La présente loi , discutée, délibérée et adoptée par la ^«ibre des pairs et par celle des députés, et sanctionnée par nous q^^rd'hui, sera exécutée comme loi de l'État, etc. »

Cette loi est contre-signée par M. de Salvandy, ministre de rinstruction publique; elle fut rendue nécessaire parraccroissement du nombre des lecteurs et par rétablissement des séances du soir»

Dès le mois de janvier de cette année, la bibliothèque était ouverte deux fois par jour (les dimanches et jours fériés exceptés), de dix heures à trois heures comme auparavant, et le soir de six heures à dix heures. Il avait fallu éclairer la bibliothèque au gaz et augmenter le nombre des fonctionnaires, puisque celui des séances était doublé.

L'établissement de ces séances du soir est sans contredit un des actes qui honorent le plus l'administration de M. de Salvandy. Il découle d'une pensée noble, vraiment philanthropique, digne de l'entière approbation des gens honnêtes, des éloges de tous ceux qui s'intéressent à la jeunesse do quartier latin.

Sans parler de l'immense profit que retirent de cette fondation les études, de ce moyen d'utiliser des hedres souvent

livrées à roisiveté énerrante; il ifinit considérer encore que les

jcujnes, gens qui viennent: lirç et prendre des notes le foir à

. ^iute-Gf^neviève Iraient peut-^être^ si cette bibliothèque n*ét0it

npas ouverte, dans les estandinets, dan^ les bals publics* dans les

mauvaia lieux,, où ils dépenseraient foUenoent leur intelligence,

leur santé et le peu d'argent dont ils disposent,

Aq poiht de vae tnoral et utWtaire, les séances du soir sont

donc uneehoser inflniiment louable, une innovation etcellente.

On n'ignore pas que bon nonnbre d'étudiants pauvres ou du

. mo,M)8 fort gênés n'étudient point chez eux en hiver, faute de

feu et de lumière; dès lors que faire? Se livrer k la dissipation

. ou è la débau( he.

Une riche bibliothèque s'est ouverte pour eux; ils y trouvent

.l'été un abri contre la chaleur, l'hiver un refuge contre le froid,

et, i$*ils ne veulent pas méditer Duranton, Bicbat, Soubeiran,

. BerjEelius ou Pouiljet, ils peuvent lire de riiistoiro, de la poénie,

des pièces de théûlre, des mémoires ou. des voyages.

Une lecture, quelque futile qu'elle soit, vaut mieux encore que l'exercice machinal de la pipe, les bacchanales dansantes ,qu 1^ billard.

Je ne saurais trop le répéter^ une mesure aussi éminemment ^ge montre dans celui qui l'a fait adopter des idées ^levées et le sentiment des moyens à employer pour régénérer la jeunesse exposée ici à tant de séductions périlleuses, à tant d'occasions d'inconduite et de perte.

Cependant, cpmme on ne saurait « contenter tout le monde et son père, » et corpme les meilleures choses humaines entraînent des inconvénients, les séances du soir ont leurs enne-

''iriîg, pari^' lesquels je (àbis'a^^ le' bïbiîofflillé jacobj'^ui les 'atïaqùe aîrisî dans son ouvrage intitulé : Réformé delaÉièiio" thèqmduHoi:

« ..;.Le$ séance^ du soie, cette invantion hostile et malfaisante qui tend à. passer des cabinets de lecture dan^ les bibIiothè<|ues publiques, achèyeront de détruire. les déplorables restes de la Bibliothèque du Roi. C'est une si belle chose que de populariser la lecture et de dilapider les bibliothèques !

« Il y a déjà huit ans que les lectures du soir sont instituées à la bibliothèque de Sainte-Geneviève, et nous ne croyons pas que les études y aient gagné plus que les mdeurs ! On a nui considérablement aux salons littéraires du Voisinage, c'est Incontestable; on a nui quelque peu aux divans du quartier, surtout à oetix qui faisaient crédit à iios ftls de lamiiiei c'est probable; mais on a nui encore davantage aux pa«vreë livres de la bibliotiièque, froissés, usés, tachés sous les doigts «des lecteurs somnolents.

« Ces séances du soir n'ont pas fait d'ailleurs un bon médecin de phis, pas un bon jurisconsulte de plus, pas un bon lettré de plus. »

Côst là raisonner en esprit chagrin, en pessimiste, avec exagération, en éruditqui voit avec humeur que rérudition prend le etiemin dé se répandre et de n'être plus l'apanage ëx(;lusif "de 4ûelques'travailléurs... ; le l)ibliophi!e parle un peu trop en bibliomane : les livres sont faits poùt* être lus, f imagine , et si on ne les communique' point au public , dont ils sont la pro* priété, autant vaut garnir les tablettes dé cartons vides façonnés en volumes et portant un dos siriïulé avec fifre.

Nous ne vivons pas dans on temps dé prtvftéges; plus un peuple s'inàt j'uit/iilus il se hioratise, se civilise, se polit...

Cependant il y a da vrai dans le dire de M. P. L. Jacob ; nos livres se gAtent vite, et il importe d'apporter un prompt remède à ce mal.

Qu'on me permette d'émettre, à ce propos, quelques idées personnelles , bien que ma position ne leur donne pas un grand poids : le cri d'alerte d'un simple matelot peut, dans certains cas, appeler l'attention des officiers d'un équipage sur un danger éminent et provoquer une manœuvre qui le prévienne. Avant tout, il importerait que les bibliothécaires aimassent les livres et eussent quelque teinture de bibliographie; il faudrait aussi que ces messieurs ne fussent pas des machines montées pour donner des volumes au premier venu et feuilleter un catalogue; qu'ils eussent un certain tact, une certaine dose de discernement qui leur permit de séparer l'aoïateur de livres, le savant, du flArieur de bibliothèque, du malotru qui ne sait pas distinguer un Elzévir d'un livre Lebigre, pour qui toute édition est bonne, qui se mouille les doigts pour tourner des feuillets , écrit des billevesées et des sottises sur les marges, et fait des cornes aux pages pour marquer les endroits ou il s'arrête.

II faudrait que les bibliothécaires communiquassent au premier le volume de prix , et ne donnassent au second que l'édition vulgaire qui n'a aucune valeur.

Je vais au-devant de l'objection que l'on pourra me faire ici, en déclarant qu'il est quelquefois difficile de connaître, à quelle catégorie appartient le lecteur qui se présente pour la première fois; pourtant l'échange de quelques paroles pçut faire présumer la nature de son travail et le degré de son intelligence.

On doit prendre ce point de départ; et, si l*on se trompe, on n*aara, du moins, rien à se reprocher.

Il serait indispensable, en outre, d'établir dans les bibliothèques très-fréquentéës (surtout dans celles de la rue Richelieu et de la place du Panthéon) deux salles : Tune, espèce de cabinet de lecture sur une grande échelle , serait surtout affectée aux étudiants , race peu soigneuse, aux lecteurs ordinaires; on y trouverait les livres de droit, de médecine, de pharmacie, de chirurgie; les almanachs, les annuaires, le Mo" niteury les biographies, V Histoire de Paris de Duiaure, celle de la Hévolution française de M. Thiers , — ce que l'on demande le plus, ce qui peut se trouver partout et se remplacer. Les détériorations sont toujours regrettables sans doute, et il importe de les prévenir par une surveillance active et soutenue, mais elles auraient des conséquences moins fâcheuses, et nous n*aurions à remplacer de temps en temps que quelques ouvrages qu*il est toujours facile de se procurer.

L'autre salle, vrai sanctuaire de la science, bibliothèque proprement dite, serait d'un accès plus difficile; elle contiendrait ce qui a le plus de valeur, ce qui exige de grands soins de conservation, ce qui ne se retrouve que difficilement, ce qui mérite tous nos respects ; on admettrait de préférence, dans ce département, les gens connus, les travailleurs sérieux ^ et le contrôle des fonctionnaires s'exercerait sans obstacle, car ce public est infiniment moins nombreux que l'autre.

On pourra taxer la mesure que je propose humblement d'aristocratique : qu'importe 1 Faut-il que la génération présente dévore tout, ne laisse rien k la postérité des mçrveiQes des

vieux âges?.. Que Ton perpiette T usage modéré, soit, mais que Ton e,mp<)che l*ab^s; flue l'on concilie. les exigences de l'clude avec la nécessité de préserver des raretés typographiques de profanations, de souillures, et du prompt anéa^itissement dont piles sont menacées.

Sauf meilleur avis, je ne vois rien de mieux que cette sépnratjion, qui serait facile dans le local spacieux que Ton nous prcpare. On pourrait établir au rez-de-chaussée., par exemple, les salles banales, (e chauffoir^ Y asile ^ le lieu de rrfuge pour les malheureux qui savent lire et écrire et n'ont ni bois ni chandelle.

Les séances du soir attirèrent d'abord, outre les travailleurs, des oisifs, des curieux et des voleurs; quelques volumes furent enlevés, mais on fit bonne garde, on arrêta plusieurs individus, et depuis les soustractions devinrent fort rares.

En 4839, une ordonnance du roi, très-importante, concernant l'organisation des quatre grandes bibliothèques de Paris , fut rendue le 22 février. En voici les principales dispositions :

TITRK II.

'BlBUOTUàQUSS UAZÀBINB, SAINX^^&BNBVISVB ffT DB l'ABSBNAL.

« 21. ~ Le personnel des bibliothèques MqzariAe et de T Arsenal devra se composer d*un conservateur, d'un conservateur-adjoint, de deux bibliothécaires, de deux sous : bibliothécaires et de deux em* pjoyés, Un bibliotliécaire ou sous -bibliothécaire est préposé au récolemont et à la garde des cartes i' estampes ou nianuscà'its, dont il est

tena dies catalogues séparés. I] peut être nommé des surnuméraires par arrêtés de notre ministre de l'instruction publique. Leur nombre n'excède pas celui des employés.

« 22. — - Le personnel de la bibliothèque Sainte-Geneviève se compose d'un conservateur, de deux couservateurs-adjofnts, de cinq bibliothécaires, de cinq^ sous-bibliothécaires et de cinq employés. Un bibliothécaire pu sous-bibliothécaire est préposé à la garde et au réoolement des cartes, estampes et manuscrits, dont il sera tenu des catalogues séparés. Il peut également être nommé des surnuméraires par arrêtés de notre ministre de l'instruction publique. Leur nombre ne peut excéder celui des employés.

« 23. — Dans chaque établissement il y a un agent comptable sous le nom de secrétaire-trésorier, qui est chargé, sous l'autorité du conservateur, du service de la comptabilité, de la tenue des écritures et des registres de toute nature. Il a rang de bibliothécaire.

« Le secrétaire-trésorier est nommé par notre ministre de l'instruction publique.

« 24. — Les conservateurs et conservateurs-adjoints sont nommés par nous; les bibliothécaires et employés sont nommés par notre ministre de l'instruction publique.

« Une place au moins de conservateur-adjoint sur deux vacances est réservée aux bibliothécaires; une place au moins de sous-bibliothécaire sur deux vacances est réservée aux employés. Les surnuméraires, après trois gins de service, ont droit à la moitié des places d'employés qui viennent à vaquer. Ces nominations ont lieu sur la présentation du conservateur.

« 25. — Dans chaque établissement, le conservateur ^ les conservateurs-adjoints, le secrétaire -trésorier et les plus anciens bibliothécaires, au nombre d'un ou de deux, forment un conseil d'administration, composé de cinq personnes, qui délibère sur le règlement

intériear de la bibliothèque, la oonfectimi et la tenue des catalogues, le service du prêt des livres, les achats, les échanges et le budget des dépenses et des comptes.

« L'administration propremeut dite, la correspondance, la répartition du travail , les mesures d'ordre, la nomination et la révocation des gens de service appartiennent exclusivement au conservateur. Le personnel , le matériel , la comptabilité, sont placés sous son autorité. Il correspond exclusivement avec notre ministre de rinstniction publique.

« 26. — Les bibliothécaires, sous-bibliothécaires et employés dans les bibliothèques Sainte-Geneviève, Mazarine et de TArsenal devront être choisis parmi les membres de rUniversité, les littérateurs et savants connus par leurs travaux, les élèves de l'École des Chartes.

« 27. — Il est institué, sous la présidence d'un délégué de notre ministre de rinstniction publique, pour les trois bibliothèques Mazarine, Sainte-Geneviève et de F Arsenal , afin de mettre dans les acquisitions de l'ensemble et robservatioii des besoins spéciaux, un comité des achats de Hvres, qui se composera des eonservatears et secrétaires-trésoriors des trois bibliotfaèques, rinspecteur-général des bibliothèques tenant la plume.

« Ce comité règle remploi des fonds, paiticnlîèrement pour achats de livres. Ses délibératioDS sont régidièrement transmises à notre ministre de rinstniction poblîqae.

« 28. — Ce comité délibère en même temps sur toutes les matières que notre nûnistre de rinstniction publique foit proposer à son examen. Il est notanuMBl appelé à coordonner les règlements intérieurs des diverses bibli o tbè qts .

« 29. — Les règles cUlilies ponr b Biblloliièqae dn Roi, en ee qui eooceme les cataiogaes de torte nature, les registres d'entrée, Fini des doÉUes, leqpei eonpmdn se n tement les exemplaires

de toutes les éditions différentes, le prêt des livres, les échanges, les dons et les aliénations, sont applicables aux bibliothèques Mazarine, Sainte-Geneviève et de l'Arsenal.

« L'inspectëur-général des bibliothèques veille à leur exécution. Il propose à notre ministre de Tinstruction publique toutes les mesures propres à assurer lé bon o)rdre, l'eitécution des ordonnances (^t règlements, ainsi que l'observation des principes de la comptabilltt*. Il peut et doit faire toutes les vériGcatièns convenables.

tt 30. ~~ Le budget de chaque établissement comprend trois ortides distincts, savoir : i"* le personnel , 2<> le matériel proprement dit, 3"* l'achat des livres ou les frais de reliure ou de conservation. Aucun des fonds destiné^ à chacun de ces divers services ne peut être reporté d'un article sur un autre sans un arrêté préalable de notre miiiistre de l'instruction publique.

« 31. — Les bibliothèques publiques seront ouvertes pendant les mois d'été de peuf heures du matin jusqu'à quatre heures du soir.

« 33. — Les vacances de la bibliothèque Sainte-Geneviève commencent le !•' septembre et finissent le 15 octobre.

« Celles de la bibliothèque Mazarine durent du l'' août au 15 septembre.

« Celles de la bibliothèque de l'Arsenal du 15 septembre au l^^novembre.

« Toutefois ces dispositions peuvent être changées par arrêté de notre ministre de l'instruction publique, sur la proposition de l'inspecteur^énéral , sans que les vacances puissent excéder les termes indiqués ci-dessus et que les bibliothèques puissent se trouver fermées toutes à la fois.

« Toute autre vacance, dans le courant de l'année, est et demeure supprinaée.

« 88. — Les traitements des fonctionnaires de ces bibHothèques sont fixés ainsi qu'il suit :

« Conservateur de la bibliothèque Sainte*Geneviève. . j5,000 fr. ft Conservateurs des bibliothèques Mazarine et de TAr-

senal , . . 5,000

« Conservateurs-adjoints ^r?^9

«Bibliothécaires. . 2,000

ft Sous-bibliothécaires . 1,500

a Employés 1,200

« Secrétaire- trésorier 2,500

« 34. -^ Les' bibliothécaires, sous-bibflothëcaires et employés ne peuvent ét^e révoqués qu'après information et avis du conseil d'ad^mihîstration.

« Sâf. — L« conservateur et lie secrétaire-trélK>rier sont logés près' de la bibliothèque. Il ne peut y avoird'autres logettientft.

« L*iuspecteur-général des bibliothèques s'assui'e'de Tobservatioa^ de cette disposition.

« 86. —11 sera' fait par notre ministre de TinstructSon publique unrèglement paiticuliër pour fixer lés gages,'}es'fimctroiis èt-le coà^me des gardiens, concierges ér autres gens dé service dés trois biblio-" thêques. ■ ' ■ î' • •'. ' . .. . r ,, •.■

« Ce règlement sera coordonné avec celui qui devra inter? eniir i

regard de la Bibliothèque du Roî; i ' '^ ' *'' ' '

. TITRE ly,.

DISPOSITIONS TBANSITOIBES.

« 43. — Les réductions du personnel résultant ife la présente ordonnance n'auront lieu ^u'au fur et à'riiesure des extinctions. '

a Chacun conserve les logements qui lui ont été régulièrement eonfcédés: . . i

« Chacun prendra immédiatement les titres que la présente ordonnance lui confère; ceux qui auraient droit à un accroissement de traitement en jouiront au fur et à mesure des extinctions dans les ' limites des crédits portés aux lois des finances.

n Les excédants des crédits alloués pour le personnel sont reportés ; sur le fonds des acquisîtions. «

Tels sont les prÂacipaui.articlestde cetfe ordonnança r^slçnnentaire due à M4 de Salvandy, et qui a été remise; en vigifeur lors de sa rentrée aux affaires.

Elle a iû,sni>ivjécev(ixaent flUQlques modifications. .

Dajpti Ji'çuvrage, de }ILM^ Faudpt et de MflSTLatri.e, sur Saint-, ^ Étienp^-du-Mont^ il es^t. jiitj que notr.e bibliothèque peut é^ç},. consi(}^ép. cqHifQ^ la première de Paris, après la Bjbliotbèque.^ royale, et qp'^ll^ renferme environ 1 {^,000 volqmes et 2,00p monuscrit^^ , ^ ...

L^ aQtieur^. fijputpnf que les, ^alçrijcs. sont décorées .«des ^ bustes de personnages anciens et modernes, » que a Ton a trapspprté au musée de Versailles ceux qui étaient en marbre, et qu'on les a remplacés par de» pl4tr,es moulés sur lQ»,.p]:i|sJI-,., Dsax. » ...

Cette derniëk'e assertion est complètement erronée ; jamais • pareil transport n'a eu lieu, etpkisiewiS 4e boâ bustes^seai eiat mart)re blanc ^ entre autres celui de Le Telller.

Je doit enregistrer à la date du 17. av.rU lâf^O la, ïnçxt de 1 M. Daunou, ran des principaux bienfaiteurs de ia bibliothèque ' Sainte-Geneviève (1)»

(l)^liei ouvrages de cet homme célèbre sont trop eotmos et trop noro^"

Cette même année mourut M. Robert^ conservateur (t); il fut remplacé, en iSM, par M. Ferdindtid Denis, qui , quelques années auparavant, avait été simple employé à la bibliothèque, puis l'avait quittée pour entrer à celle du ministère de l'instruction publique, département du dépôt de la librairie.

Sur notre nécrologe doit flgurer aussi le décès de M. BInnchet (14 décembre 1841]. Cet ancien fonctionnaire, toujours actif et zélé, remplissait l'emploi de secrétaire-trésorier et avait rang de bibliothécaire.

M. de Salvandy, qui, dans sa jeunesse, était souvent venu comme lecteur à Sainte-Geneviève et conservait un bon souvenir au vieillard assidu et serviable, avait récompensé cette vie modeste et dévouée par la décoration de la f^gion-d'Honneur.

Cependant le collège Henri lY convoitait toujours le local de la bibliothèque des génovéfains pour transformer les galeries en dortoirs ou salle de distribution des prix, et faire du rona-

breux pour que Je in*en occupe ici : Je renvoie à la France littéraire de M. Quérard et à la notice de M. Tattlandier.

(1) li était né à Paris. Go croit qu*il fit en premier Heu un livre de pbarmacie ou de pédeclne au Yal-de-Gràce, dont il était d^abord pharmacien-nugor démonstrateur. Ses ouvrages sont au nomlire de trois : 10 Fables inédites des iti«, xnt» et xiy siècles, et les Fables de La Fon* taine, rapprochées de celles de tous les auteurs qui avaient, avant lui, traité les mêmes sujets (1SS5, 8 vol. in-8); S» Pai tono|)eus de Btois, publié pour la première fois diaprés le manuscrit de la bibliothèque de TArsenal, Paris, Crapelet, 1834, s. vol. grand in-8 ( publié sous le nom de Téditeur, mais il est de notoriété publique que l'ouvrage est de M. Robert); 8<> Fabliaux inédits, tirés du manuscrit de la Bil)liothèque duRoi,tio 1830 ou 1839 (Paris, de Timprimerie de Rignoux, 183i, in-8 de 3i pages). Cette brochure contient quatre , fal^iaux et à leur suite un glossaire. (Vqlr M. Quérard.)

point qui est sons la coupole peinte par Restout nne saUe de dessin à Tusage des élèves. On propagea avec une recrudescence nouvelle ces bruits inquiétants , qui représentaient les planchers, les poutres et les murs de la bibliothèque comme étant dans un fort mauvais état et menaçant les dortoirs des élèves placés au-dessous; on fit agir de puissantes influences, il y eut des commissions et tout ce qui s'ensuit; bref, on obtint la translation provisoire de la bibliothèque dans un bâtiment voisin y en attendant la décision des chambres au sujet d'un local définitif.

Ceci étant de l'histoire contemporaine, je dois me montrer très-circonspect; il n'entre nullement dans mes intentions d'attaquer qui que ce soit, de récriminer contre nos adversaires triomphants : loin de moi la pensée de toute insinuation malveillante ou légère; mais je veux être vrai et dire sans détour ce que l'on pense généralement.

Certes, il y a eu dans tout ceci des gens convaincus, sincèrement effrayés par la peinture de dangers chimériques, mais il y a eu aussi des habiles, des compères.

Il était urgent, disait-on, de faire évacuer les lieui, de réparer ce qui menaçait ruine, de prendre des mesures pour la

sécurité des familles, pour la sûreté des élèves Nous démé-

nageoQB donc, et, quand on nous a mis à la porte, on laisse bel et bien les choses dans leur ancien état; on ne commande aucune réparation, on ne s'inquiète plus de rien; on n'a pas même un peu d'adresse pour sauver les apparences, on cesse de trem* hier. Que penser de cela?...

Un rapport fut fait au roi, qui rendit à ce sujet une ordon-

nanoe le 22 juin 1842; je laisse le préambule» qui mentionne la substance de ce rapport, les craintes qu'il manifeste à tort oa à raison, et passe aux articles :

« Article l*''. — La bibliothèque Sainte-Geneviève sera provisoirement transférée dans la partie des bâtiments de l'ancienne prison de Montaigu, foisant face à la place du Panthéon.

« Abt. 2. — Il est ouvert à notre ministre secrétaire d'État an département des travaux publics, sur l'exercice 1842 « un crédit extraordinaire de soixante mille francs pour dépenses urgentes qui n'ont pu être prévues au budget dudit exercice, et qui s'appliquent «ux travaux à exécuter pour approprier au service de la bibliothèque Sainte-Geneviève la partie des bâtiments de l'ancienne prison de Montaigu, désignée en Tartide I«^

« Art. 3. -* La régularisation de ce crédit extraordinaire sera proposée aux chambres lors de leur prochaine session.

« Art. 4. —Nos ministres secrétaires d'État aux départements des travaux publics, de l'instruction publique et des finances sont chargés, chacun en ce qui le concerne, de l'exécution de la présente ordonnancCi qui sera insérée au Bulletin des lois.

« Signé: LOUIS-PHILIPPE, « Par le roi, « Le ministre secrétaire d'État au département des travaux publics,

« Signé : J.-B. Txstb. •

C'en était fait : il fallait quitter la vieille galerie des cha* Hoines, la charmante coupole de Restent, aux supports en boiseries rococo. On avait surpris la religion du pouvoir;, ^ da moins c^est Topinion générale.

-les —

La trandation eut Uea immédiatement, et ce ne fat pas tme petite affaire; on prit tontes les précantions possibles ponr garantir nos livres de Thamidité dont sont imprégnées les murailles de Montaiga.

Les ouvrages que Ton jugea devoir être demandés le plus usuellement furent placés dans les salles du rez-de-chaussée; le reste remplit les étages supérieurs du séculaire collège. — Cet état de choses dure encore; il est doublement fâcheux : les lecteurs sont privés de beaucoup de matériaux que l'on ne peut communiquer pour le moment, et il y aura en définitive quelques livres qui auront souffert. — Cétait inévitable, et l'on ne peut s'en prendre qu'au local.

Le Moniteur du 20 octobre de la même année publie cette annonce :

u La réouverture de la bibliothèque Sainte-Geneviève vient d'avoir lieu. Cette bibliothèque, qui était,. comme on sait, dans quatre galeries dépendantes du collège Henri IV, a été transférée place du Panthéon, dans les bâtiments de Tancienne caserne Montaigu. La porte d'entrée est sur la place. La salle de lecture et de travail est au rez-de-chaussée; elle est chauffée par de puissants calorifères, et Téclairage, le soir, a lieu par des becs de gaz à deux bouches fixées sur les tables de travail. Cette bibliothèque, qui reste ouverte de dix heures du matm à dix heures du soir (1), est visitée chaque jour par huit ou neuf cents étudiants (2) . »

(1) €eci mérite rectification : de dix heures du matin à trois heures — et de SIX heures du soir à dix heures.

(a) Ce nombre est exagéré; le local provis(Hre ne contient pas plus de cent cinquante ou deux cents places.

Il restait une question importante à débattre 9 oeDe du kieal déBnitif . Elle vint à l'ordre dn jour de la chambre des dépotés le 6 join 18&3. Q s'agissait de construire une noavelle bibliq* thëqne sur l'emplacement même d'une partie des bâtiments et de la cour de Montaigu.

Je vais m'étendre sur cette séance si mémorable en ce qui nous touche :

M. Denis (frère de Tun de nos conservateurs) prit d'abord la parole et dit des choses fort sensées et fort justes. Il déclara qu'il avait toujours prêté l'appui de son vote aux projets de construction portant un cachet de grandeur nationale et d'atilité publique, mais que, ne trouvant pas ce caractère dans celui que l'on présentait» il venait le combattre.

Selon l'orateur, aucun bâtiment, soit à Paris, soit ailleurs, n'est mieux approprié à une bibliothèque que ce beau vaisseau condamné à recevoir une autre destination sans que le public sache bien précisément pourquoi, a II y a pourtant des gens qui le savent 9 mais ils ne le diront pas, ajoute-t-il. Selon moi, la bibliothèque Sainte-Geneviève est condamnée in petto à la démolition, ou, qui pis est, à la mutilation (signe de dénégation fait par M. Yatout), alors à une réparation qui équivaut à une dégradation... C'est tout simplement une transgression manifeste à l'un des commandements de Dieu : Tu ne convoiteras pas la propriété de ton voisin. Or, on n'est pas plus voisins que la bibliothèque Sainte-Geneviève et le collège Henri lY. »

M. YiLLEMAUf, ministre de l'instruction publique : — Trop voisins !

M. Dents. —Nous le voyons bien.

L'orateur parle ensuite de la situation de la bibliothèque au comble des bâtiments du collège, du besoin que ce dernier éta- Mfssement éprouve d'agrandir ses dortoirs et d'en augmenter le nombre, ce qui est le fond de l'affaire; le danger n'est que le prétexte. Tout cela, au surplus, se rattache à un plan de la ville de Paris. « Sachant toutes ces choses et bien d'autres, dit-il, je me suis transporté sur les lieux pour juger de l'état de la malade, je veux parler de la bibliothèque; j'y suis retourné, non pas une fois, mais dix fois, et en compagnie d'un architecte, ne me fiant pas à mes propres lumières dans une question aussi délicate. »

Selon M. Denis, on pourrait facilement et sans trop de dépenses réparer les bâtiments, rétablir les étais supprimés en 1804, lorsque le collège prit possession de l'abbaye. Le plancher a éprouvé une flexion , il est vrai ; mais, depuis quarante ans, rien de fâcheux.

Il y aurait bien quelque chose à faire, mais on s'est exagéré le péril, et, par suite d'une terreur panique, on a fait transporter les livres à Montaigu, a lieu humide et le plus malsain qu'on puisse imaginer, i»

L'orateur évalue la dépense à 300,000 francs. Les réparations en seraient terminées et les livres replacés en moins de dix-huit mois. Il a vu de ses propres yeux ces livres se détériorer et se moisir à Montaigu, etc. On épargnerait une dépense de trois millions et tout ce qu'il faudra débourser pour approprier la bibliothèque abandonnée à un usage quelconque, et l'on conserverait à la jeunesse studieuse et à la vieillesse instruite et reconnaissante un asile dont elles s'éloignent à regret.

Seine? — Le député veut prouver qu'il n'y a pas urgeocei mais seulement convoitises déguisées : convoitise du collège, convoitise de la ville. Il rappelle le rapport d'une commission (26 mai 1842) qui pense que le local de Sainte-Geneviève est parfaitement approprié à rétablissement de la bibliothèque. L'orateur fait appel à quelques membres de cette commission, entre autres à M. Desjobert, qui prend la parole pour dire qu'en 1842 la commission n'était pas saisie de la question de reconstruction, seulement du déménagement des livres; ainsi que M. Denis, il regarde ce déménagement conune on ne peut plus funeste aux livres.

Contradiction de M. le ministre de l'instruction publique sur ce dernier point.

M. Desjobert pense que la consolidation de l'édifice serait nécessaire, mais peu coûteuse; il fait entendre que, lorsqu'on veut arriver à un but, rien n'est plus facile que d'avoir soutien de tous côtés (ce n'est pas h M. le ministre que s'adresse ce reproche). Quant à l'architecte consulté, il ne manque jamais de dire : oc Bâtissez, d surtout s'il doit être chargé de la construction»

M. le ministre des travaux publics repousse ces insinuations. M. Delespaul parle d'une note d'architecte déposée aux archives de la chambre, et qui dit que la bibliothèque peut être reconstruite à la rigueur, ce qui coûterait 800,000 francs. C'est une question d'art et une question d'économie tout à la fois.

Question d'art : cette bibliothèque est du petit nombre de celles construites à destination de bibliothèque.

Question d'économie : il y a loin du chiffre de 800,000 francs à celui de 3 ou 4 millions.

Le député donne les dates de la fondation et de l'agrandissement de ce beau yaisseau^ qui est admiré par les étrangers; il iovoqne l'opinion des Anglais, qui ne sont pas disposés è vanter trop nos monuments nationaux, et surtout celle du touriste IKMin.

Il adjure la chambre d'empêcher la destruction de ces galeries.

(Ici H. Tatout proteste que l'on ne se propose pas de les dé» traire.)

M. Delespaul ajoute que les amis des arts verraient avec chagrin un si bë intérieur converti en dortoir, et cela pour faire gagner de gros appointements à un architecte.

(M. Villemain nie avec force que ce soit dans ce but.)

Les autres pays, l'Italie, l'Angleterre, l'Allemagne, ne sacri^ fieraient pas ce monument s'ils le possédaient.— L'orateur termine en appuyant sur la question d'économie.

M. Desjobert parle des boiseries précieuses, et demande si elles seront transportées.

M. Ardant, rapporteur, le rassure sur le sort de ces boiseries et de tous les objets d'art...,

La suite de cette discussion fut reprise à la séance du 7 juin.

M. Delespaul, infatigable champion de la bibliothèque, rentre dans le champ-clos; il combat à outrance, comme chose onéreuse à nos finances autant qu'inutile, le crédit de 1,820,000 fr. demandé pour l'établissement d'une nouvelle bibliothèque à Montaigu. Il a vainement cherché dans le Bulletin des lois le décret impérial concernant la translation de 1813. M. Yatout le lui montre. M. Delespaul pense que Napoléon voulait sim*

ptoiMift faird don de Ir bibliothèque Baiiite^eiieviève êxk ^ liât; aloro le ministre des trawix pi\Utcs lit lia extrait de ce déoret qui prmve que Ton voulait faire de la bibliothèque da PflBthéon des dortoirs pour deux cents élèves» et en eondnt que ce décret fut rendu en faveur du lycée Napoléon, ei dm pas de la bibliothèque.

M. Delespaul réplique avec raison que ce que Ton vient de lire ne prouve nultenent que la décrépitude du local ait été la cause déterminante du transfèrement. On exagère les incon-* véments résultant du voisinage de la bibliothèque et du collège; cependant le voisinage .pourrait être profitable aux élèves des classes supérieures, etc...

L'orateur demande pourquoi l'on ne conserverait pas la bibHothèque^y faisant des réparations, pourquoi l'on veut se jeter dans de foUes dépenses. On a dit que le roulement des échelles trouble le sommeil des élèves; il en doute, à cause de là hauteur des étages et de l'épaisseur des murailles de l'abbaye. Qui doit déguerpir de TÉtat ou de ta Ville?— Ce n'est pas l'État à coup sûr. Le député parlant ensuite des devis d'architectes, toujours dépassés, s'écrie: «... Méfiez- vous des architectes du gouvernement, messieurs. Les architectes veulent non* seulement la construction de la bibliothèque Sainte-Geneviève dans le local de Montaigu, ils veulent encore celle bien plus considérable de la Bibliothèque royale, qui coûterait à l'État au moins 12 millions, défalcation faite de la vente des bâtiments et des terrains de la Bibliothèque actuelle. Ils veulent la destruction des pavillons de l'InsUtut qui renferment la bibliothèque Mazarine, et leur remplacement par des constructions qui sont

déjà eommeiicées dans les cours da palais de PIiMtttttt...» » EMre autres dkosefUy Toratenr dit qu'il croit que cette loi a taôt de partisans dans la chambre à cause du grand nombred*â6véi du lycée Napoléon et du collège Sainte-Barbe qu'elle nmisnM. A ces mots» on se récrie.

M. Vatout, commissaire du roi, dit que ces magnjj/tim» baUeries^ au sujet desquelles on parle de yandaHsoie) soni tm plâtre (on rit) (1). Ces salles recevront une autre destinaMMî mais Fart n'aura point à en déplorer la perte....

M. Vatout Toit de Tincompatibilité entre les deux établisse* ments, surtout depuis la création des séances du soir....

M. le marquis de Langle est partisan du changement; il pré* fëre voir pourrir des livres que de voir écraser des élèves.

M. Denis reparaît pour dire que l'on a prétendu à tort que son frère,— un des conservateurs de Sainte-Geneviève, —était intéressé dans la question. H. Ferdinand Denis ne s'occupe que de ses travaux, et n'est pour rien dans la détermination prise par le député d'attaquer le projet, a Le ministre de l'instruction publique peut dire, ajoute-t-il, qu'un logement lui a été offisrt dans la bibliothèque actuelle, et qu'il l'a refusé pour en faire jouir un de ses confrères peut-être un peu moins bien traité que lui. »

Et M. Tnpinier de s'écrier plaisamment : a D l'a refasé parce qu'il n'était pas solide.! » (Hilarité générale et prolongée.)

H. YiUemain, ministre de l'instruction publique, parle de

(1) J'en demande pardoa à M. Vatout, les boiseries sont en bel et boa bois, style Louis XV ou rococo. J'ai déjà dit que les dessins de celte charmante décoratioa sont du P. de Creil..

rétat dâabré des Mtiments, constaté dès 1836 par une com* mission de la diambre dans un rapport sor le budget du mi* nistère de rintérieur. Sdon loi, rétablissement des séances da flCMT, dont rhonneor appartient à on de ses prédécesseurs, et qni est profitable à la jeunesse, a exercé une fàdieuse influence sur les bAtiments, déjà si ébranlés. La bibliothèque reçoit beaucoup d'élèves diaque soir, au grand profit des études et du bon qrdre.

Le ministre s!est cmvaineu de la possibifité d'accidents oon* aidéraides. La nouvelle bibliothèque sera rendue incombustiMe. Des dépenses imprévues peuvent se présenter dans la reoonstruction, tandis que l'édifice projeté décorera la place du Panthéon. Le collège, au surplus, pourra prendre du développement et devenir un des plus beaux de la capitale. Il n'existe pas de péril pour les livres à Hontaigu, grftce aux précautions que l'on a prises. Le ministre cite à l'appui de ce qu'il avance une lettre rassurante de l'habile administrateur qui dûige la bibliothèque.

Après avoir entendu oicore M. Ddespaul, H. Glais-Bizoin, M. le ministre des travaux publics et M. de la Plesse, au sujet de l'abandon par l'État de l'ancienne bibUothèque à la Ville, qui fera percer la me SouOtot et établira la mairie du IS' arrondissement comme pendant sjmétrique à FÉcole de Droit, la diambre met aux voix et adopte le crédit de 1,775,000 francs proposé pour la nouvdle bibliothèque Sainte^oieviève.

Ce crédit a été voté avec d'autres relatirs à la diambre des pairs, àl'institation des Jeunes-Aveugles et au ministère de la guerre*

Le projet est devenu loi le 25 juillet 1843.

Le Moniteur du 12 janner de cette même anuée contient sous le titre de Travaux publics ^ un article emprantéau Jour^ nal des Débats. Il doit trouver ici sa place :

« De grands, d'utiles travaux vont s'exécuter dans le 12* arron* dissement. D'après un traité passé entre l'État et la Ville, les abords du Panthéon seront incessamment terminés.

« L'ancienne bibliothèque Sainte-Geneviève, qui menace ruine en ce moment, sera démolie (1); l'État fera construire une bibliothèque nouvelle sur l'emplacement de la prison militaire de Montaigu. Toute la partie antérieure de cette prison sera livrée à la voie publique, qu'elle agrandira considérablement. Pour compléter cet élargissement, l'État abattra, du côté de la place, plusieurs des maisons situées à l'entrée de la rue des Sept- Voies.

a La rue des Grés et la place Saint-Étienne, convenablement nive* lées, gagneront beaucoup d'air et d'espace à ces démolitions.

« On suppose que la bibliothèque nouvelle ne coûtera pas à construire moins de deux millions. L'État abandonne à la Ville la partie de terrain que l'ancienne bibliothèque occupait. La Ville obtient, ea outre, de l'État cession de la maison qui est placée rue des Fossés- Saint- Jacques, n"* 13, mais à la charge d'y installer une partie des services municipaux du 12* arrondissement et de donner, sur la place du Panthéon , à cette mairie nouvelle une façade en tout semblable à celle de l'École de Droit.

(1) n n*est pas exact de dire qu'elle menace ruine et qu'elle doive être démolie.... Si on pouvait concevoir un projet aussi insensé, aussi barbare, et le mettre à exécution , on violerait rengagement pris devant la chambre des députés.

« La TOlê oom, ca odtiie, la me SoirfDot, depuia si toogienipa pnjalée: eUa in du Panthéon aaLoienilKmi^, calraYenam Saiot*Hyaei]itiie, et Tiendra déboochar me d'Enfer, n' 10.

« La yiUe et l'État ont pris l'engagement d'achever ces tnnrauz à lenrdiarge dans l'espace de quatre années, à partir du vote qd doit tee demandé ma diambies.

« Ce n'est pas tout : par des amsidârations qui la eoneemaicnt seule, la YUle a résolu d'ouvrir une me nourelle allant de l'École Folyteehnîque à la me des Sept-Voies dans la direction de la place Cambrai, puis de prolonger la rue des Bourguignons jusqu'à la rencontre de la me Pascal, ce qui établira une cooununicatîQn directe entre le boulevard du Bfont-Pamasse et la tête du diemin de fer d'Qriéans.

« Ces travaux, dont Fexécutîon doit se faire peu attendre, réuniront, dans le 12^ arrondissement, à la grandeur monumentale des plus beaux quartiers des voies ûidles et depuis longtemps désirées de toute la populattoo. »

Le 21 septembre, le roi rendit une ordonnance d'expropriation pour cause d'atilité pnUiqne et en vue des embellissements projetés; elle concernait des maisons de la rue Saint-Étiennedes^rés et de la place du Panthéon.

En 1843, M. Campenon, autrefois attaché à la bibliothèque, mourut et laissa an fauteuil vacant à rAcadémie française.

Bientôt on abattit une partie des bâtiments de Montaigu, et l'on commença les fondations de la nouvelle bibliothèque, qui a'élève de jour en jour. On lit ce qui suit dans le Moniteur du 18 août 1644:

« M. le midislro des travaux publies a posé aiyourd'hui i% aodt la

preiBiève fterre del^MItmeonsaeré à la bbKolbigaeteyMd^eae-' viève sur l'emplacement de l'anciemie prison de Montaigw. »

Nous donnons ci*après copie du procès-verbal de cette céré* monie:

a L'an mil huit cent quarante-quatre, le lundi douze août, à neuf heures du matin,

« M. Sylvain Dumon, ministre secrétaire d'État au département des travaux publics, s'est rendu, accompagné de M. de Noue, chef de la division des bâtiments civils, sur le terrain de l'ancienne prison militaire, autrefois le collège de Montaigu, lequel terrain est situé entre la place du Panthéon, la rue des Sq»t«yoies et cède des Cholets, à l'effet de poser, au nom du roi, la première pierre de l'édîfioe de8<? tiné à la bibliothèque Saint&<jeneviève, et dont la conatructîrai a été ordonnée par la loi du 19 juillet 1843.

a M. le ministre a été reçu par M. Henri Labrouste, aicbitaotef chargé de l'exécution des travaux*

« Étant arrivé sur l'emplacement des constructions, M. Labrouste a présenté à Son Excellence les plans du nouvel édifice et lui a rettis une botte en bois de cèdre renfermant «ne collection de monnaies françaises portant le millésime de 1844, savoir :

a Une pièce d'or de vingt francs;

« Une pièce d'argent de dnq francs;

« Une — de deux francs;

«Une «- de un franc;

« Une *-* de cinquante centimes;

«Une -* de vi&i^HBing eentiinas.

t Sur k partto mpérieim de la b<^ Ml fixée me pl^^ portant Pinacription suiTante :

aOUS LB BSOlfB DB LOUIS-PHILIPPB I^,

BOI DBS FRANÇAIS,

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