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bois ('I Pécorce, un flux d’humeurs vivantes qui gagne de proche en ])roclie du sommet à la base, s’épaissit, s’organise et finalement devient une couche de bois superposée aux couches analogues des années précédentes. Aux époques de ce flux, au printemps el à l'automne, on dit que l’arbre est en sève. C’est alors que l’écorce, assouplie par les liquides qui la baignent en dessous, se détache facilement des rameaux et se trouve propre à faire les sifflets si bien connus de vous tous.
Si l’on enlève un lambeau d’écorce sur la tige d’un arbre en sève et qu’on recouvre la plaie d’une plaque de verre pour empêcher la dessication, ou voit suinter au bord supérieur de l’entaille des gouttelettes gommeuses qui augmentent en nombre et en volume, s’étalent, se fondent l’une dans l’autre et couvrent le bois d’un enduit continu. Ce sont là les matériaux mis en œuvre par les bourgeons de l’année pour se créer un aqueduc commun, c’est-à-dire une couche de bois qui représente l’ensemble de leurs racines et les met tous en rapport avec le sol. On
donne à ce liquide gommeux le nom de sève descendante ,
parce qu’il descend des bourgeons sur les rameaux, des rameaux sur la tige et (h* la lige sur les racines. C’est du bois fluide, de même que le sang des animaux est de la chair coulante; à mesure qu’il avance, il se solidifie et devient véritable bois.
I ne expérience fort simple met hors de doute sa marche descendante. Par une double entaille, on enlève, sur une tige, un large anneau d’écorce. De la sorti*, toute coiiimu-
OU
nication est rompue entre le liant et le bas de la tige; un obstacle infranchissable est établi sur le trajet de la sève. Alors, celle-ci, sans relâche envoyée du haut de l’arbre par les bourgeons, s'accumule au bord supérieur de la blessure comme s’amasse l’eau d’un courant audessus d’un barrage; elle s’organise, devient bois et forme un gros bourrelet. Au bord inférieur de la blessure, au contraire, aucun renflement ne se montre. Eu sa structure intime le bourrelet ligneux du bord supérieur est composé d’un amas de libres contournées, entrelacées. On dirait que, animés d’une volonté instinctive, les matériaux du bois en travail de formation ont fait tous leurs efforts pour trouver une issue et continuer leur marche en dépit de l’obstacle. Ils n’y ont pas réussi, le pas était trop difficile; et, dans l’état où il se trouve, l’arbre doit périr. L’aqueduc de communication entre les rameaux et la terre ne pouvant plus être construit, les bourgeons languiront quelque temps, puis se dessécheront sans laisser de successeurs.
On observe des faits pareils lorsqu’on lie fortement la
tige. Au-dessus de la ligature, et seulement au-dessus, un bourrelet se forme et l’arbre dépérit. Ici encore la compression entrave, suspend la descente de la sève; elle empêche les bourgeons d’amener leur aqueduc jusqu’au sol, et la communauté végétale se meurt affamée; mais si la ligature ou la bande d’écorce enlevée n’embrasse qu’une portion de la tige, la sève contourne l’obstacle; elle s’ouvre une voie dans la région non endommagée et reprend par