V K (JET AUX VASCULAIRES
tfolle doivent différer en tout, au grand avantage de la première. Que je vous montre quelques-unes de leurs dilllërences.
Comparez la tleur du Rosier sauvage, de l'Eglantier, avec celle du Lis. L’Églantier appartient à la catégorie des végétaux qui assemblent leurs fibres en couronnes régulières; le Lis, à celle des végétaux qui les placent au hasard. Vous me direz pas que mon exemple est choisi en faveur du preimier groupe de plantes : le Rosier sauvage est un misérable buisson, le Lis est un des princes de nos parterres.
I Et cependant la (leur de l’Eglantier est d’une structure i bien mieux entendue que celle du Lis. Elle si* compose de teinq feuilles colorées, autrement dit de cinq pétales , dont Il ’ensemblv forme ce qu’on nomme la corolle. Les pétales •sont très-délicats; le moindre attouchement un peu rude Iles friperait, les déchirerait. Aussi que fait le prudent 'Eglantier? Il les entoure d’une ceinture de fortifications, il les protège avec cinq autres feuilles fermes et vertes, constituant ce qu’on nomme le calice. En somme, la Rose sauvage unit l’utile à l’agréable, ce qui dans tout œuvre est le trait de la perfection. Elle s’habille à l’extérieur d’un vêtement grossier qui la protège; à l’intérieur, d’un vêtement fin qui l’embellit. Elle se compose, en d’autres termes, d’un calice et d’une corolle. Voyez le Lis, au contraire, il ne songe pas, l’imprévoyant, à la bise, à la pluie, aux chocs qui peuvent le meurtrir; il met toute sa Heur en pétales plus blancs qu’ivoire, sans les protège!' d’un calice. Il s’habille de fins tissus et dédaigne la lorle (‘toile
<1 un manteau. Si par un mauvais temps, il fait piteuse mine, qui le plaindrait? Yesl-ce pas sa faille? Peut-être regrette-t-il alors de ne pas avoir un calice pour s’y abriter. Mais, bah! les nuages pluvieux se dissipent, le soleil luit et lout est oublié. Pour toujours, les Lis continueront la mode de la robe d’apparat sans manteau. Autant faut-il en dire des Tulipes, des Narcisses, des Muguets et de beaucoup d’autres. Ce sont plantes de luxe, dépensant leur avoir en falbalas. Ils ont une corolle et n’ont pas de calice. Il y a des gens de cette humeur : pour le plaisir de briller, ils se privent du nécessaire. Grand bien leur fasse et passons; cela ne nous regarde pas.
Une feuille est principalement formée d’une mince lame de tissu cellulaire sans résistance. Comme il lui faut cependant tenir tête au vent et à la pluie, elle consolide cette lame avec des cordons tenaces de libres et de vaisseaux enclavés dans son épaisseur et nommés nervures de la feuille. A présent, jetez les yeux sur la figure qui représente une feuille d’Orme et une feuille de Melon. Voyez comme elles sont solidement agencées avec leur treillis de nervures. Encore ce t reillis est-il incomplet dans l’image. C’est sur l’objet lui-même qu’il faut le voir. Aucune dentelle n’est d’un tissu plus soigné. Avec une pareille structure, la feuille d’Orme et la feuille de Melon peuvent être fouettées par l’orage; leur réseau de fibres, qui ne laisse prise aucune part, les préservera des déchirures.
Je n’en dirai pas autant des feuilles de l’Iris ('I du Bananier. Dans l’Iris, les nervures sont dirigées suivant la Ion-
YKfiKT Ali\ YASr.l LA1UKS.
gueur do la touille,
bien parallèles l'une à l’aulro, sans ja-
Feuille de Melon. feuille d’Orme.
mais se rejoindre et former roseau. Dans le Bananier, elles
Iris.
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Bananier.
partent d’une grosse nervure médiane et courent en liaveis
de la feuille, encore parallèles entre (‘lies, encore sans se
croiser en treillis. De part et d’autre, au point de vue de
la solidité, l’arrangement est vicieux; car évidemment, au
moindre effort, la feuille doit si* déchirer dans le sens des
nervures, qui s’obstinent à se tenir à respectueuse distance l’une de l’autre, au lieu de se ramilier et de s’unir pour une résistance commune. L’Iris est figuré avec ses feuilles entières, mais il est encore jeune. Qui sait ee que l’avenir lui réserve? Je ne répondrais pas de lui ; je crains fort qu’il ne tarde pas à avoir quelques-unes de ses feuilles déchirées dans la bataille avec l’orage. Pour le Bananier, le mal est déjà fait. Bon nombre de ses feuilles sont piteusement fendues en travers. Mais aussi, c’est un maladroit! Pourquoi s’avise-t-il, avec ses énormes feuilles, dont deux suffiraient pour envelopper un homme de la tète aux pieds, d’aligner les nervures parallèlement l’une à l’autre au lieu de les disposer en réseau d’une égale résistance en tout sens. Il met de la régularité, de l’ordre, là précisément où il n’en faudrait pas. Que n’imite-t-il l’Orme? Ah! c’est que le Bananier, comme l’Iris, appartient à la catégorie des plantes folles, qui ne veulent pas abriter leurs fleurs d’un calice, ni ranger méthodiquement les faisceaux fibreux de leur tige. Quant à l’Orme et au Melon, qui construisent si bien leurs feuilles, ils appartiennent, vous vous en doutez bien, à l’autre catégorie. Résumons. Les deux groupes de végétaux vasculaires, que nous venons de voir différer par la structure de la lige et de la fleur, diffèrent aussi par l’arrangement des nervures. Les uns, plus habiles, disposent
Le mal est déjà lait Bon nombre de ses feuilles sont piteusement tendms ni tiavu.
Mais aussi, c’est un maladroit!
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