‹ Histoire de la bûcheChapitre 27 sur 77 · KUKTAIX VA SC U LA I UES · texte numérisé non relu

KUKTAIX VA SC U LA I UES

les nervures on réseau, ce qui rond los fouilles également idifficilos à déchirer on I on t sens; los antres, par une insigne inalad rosse, los disposent parallèlement l'niioà l’autre, ico qui rend les fouilles faciles à déchirer dans le sens des i nervures.

La graine est le chef-d’œuvre de la plante. Le germe y i repose eminaillotté avec un soin minutieux, approvisionné ipour son premier éveil à la vie. Nos deux catégories de végétaux, de mœurs si diverses, ne peuvent manquer de donner à leurs graines un caractère spécial ou rapport avec Heurs habitudes générales. La famille doit se ressentir do la -sage économie ou de la folle prodigalité des parents. Cela unérite sérieux examen.

Soit le fruit de l’Amandier. Nous cassons la coque pour

en retirer l'amande, la graine; celle-ci est couverte d’une peau roussâtre, puis d’une autre plus line et blanche. •Ce sont les langes de la plan Iule au berceau. Nous les enlevons; il nous reste un corps d’un beau blanc, ferme, savoureux, destiné à devenir un Amandier. Ce corps blanc se partage do lui-même en deux moitiés égales; et cela

(ail, on voit à l’extrémité effilée de la graine un mamelon conique tourné en dehors, et un bouquet serré de très-petites feuilles naissantes, une espèce de bourgeon, tourné en dedans. Le mamelon doit devenir la racine, le bourgeon doit se déployer en feuilles et s’allonger eu tige. Quant aux deux gros organes charnus qui forment à eux seuls la graine presque entière, ce sont les deux premières 1 feuilles de la jeune plante. Nous savons déjà avec quelle facilité les feuilles se transforment pour s’accommoder à de nouvelles fonctions; comment, en particulier, elles se ré- ; (luisent à des écailles coriaces suant la résine et la glu pour abriter les bourgeons, ou bien en écailles succulentes pour alimenter la pousse issue d’un bulbe. Il est alors tout naturel que la plante contenue en germe dans la graine ait un réservoir de vivres dans ses deux premières feuilles j épaissies outre mesure cl devenues difformes. Au moment de la germination, ces deux grosses feuilles, riches en fécule, distillent h* sucre cl le lait et nourrissent la plant ulc encore trop faible pour se suffire à elle-même, hiles sont, en quelque sorte, des mamelles végétales, dos nourrices faisant corps avec le nourrisson. Cela dit, vous saurez que le l'ois, le Haricot, la Fève, le Gland, etc., ont, comme l'Amande, deux feuilles nourricières. Yods pouvez facilement le constater. Vous saurez aussi que toutes les plantes dont les libres de la tige sont arrangées en couronne approvi- ; simulent leurs germes de deux feuilles charnues; que toutes, ] jusqu’aux plus humbles, aux plus nécessiteuses, se font un point d’honneur de donner deux nourrices à leurs plan-

VÉGÉTAUX VASCULAIRES. tôt)

Iules. Dans cette noble race, on passerait pour dénaturé si l’on ne mettait deux feuilles laitières au service de la moindre semence. 11 y a telle de leurs graines qui tiendrait sur la pointe d'une aiguille; c’est égal, les deux nourrices s’y trouvent pour allaiter le germe. Il est vrai que souvent, pour parer aux dépenses qu’entraîne l’éducation d’une nombreuse famille élevée avec un tel luxe, la plante s’impose à elle-même de grandes privations. Elle rogne l’agréable au profit de l’utile. Voyez le Chêne, le Châtaignier, h1 Noisetier. Ils donnent à leurs graines des feuilles nourricières énormes, mais, en revanche, ils se passent de corolle. Leurs fleurs sont si petites, si modestes, que jamais apparemment vous ne les avez remarquées.

Le Lis, la Tulipe et toutes les plantes qui disposent au hasard les fibres de leur tige, sont d’une extrême parcimonie à l’égard de leur famille. Lue seule feuille nourricière, nue seule, est accordée aux graines; et encore très-souvent est-elle si maigre, qu’elle ne parviendrait jamais à élever son nourrisson s’il n’y avait un Dieu pour les germes souffreleux de la Tulipe et de ses pareilles. Ce groupe de végétaux, n’approvisionnant les graines que d’une seule feuille laitière, est évidemment inférieur au groupe dont les graines en ont deux à leur service. On juge de la dignité des parents d’après l’éducation donnée à la famille. La plante qui lésine pour ses germes doit céder le pas à celle qui leur prodigue de tendres soins. Comme toutes les choses se tiennent pourtant ! Déjà les tiges, les feuilles (‘l les Ileurs, nous avaient conduits à la môme conclusion.

II1ST01HE l)K LA HUCHE.

Rien au-dessous de ces deux groupes s’en trouve un troisième, celui des végétaux cellulaires, Moisissures, Algues, Champignons, Lichens, etc., qui n’ont jamais de fleurs, qui pour leurs germes ne font pas même les frais d’une seule nourrice. Que voulez-vous, ils sont si misérables, ils sont les derniers des derniers! Leurs germes s’en vont par le monde, livrés à leurs propres forces, sans ressource aucune, sans la moindre feuille laitière. Heureusement qu’ils ont la constitution robuste. Ils s’accommodent de peu, de ce que les autres dédaignent : de la pierre nue, de l’ordure. Avec cette plèbe d’organisation, exclusivement cellulaire, se rangent d’autres plantes, comme les Fougères, qui savent à la cellule associer la libre et même le vaisseau, mais qui n’ont pas l’habileté voulue pour produire des fleurs. Elles élèvent aussi leur famille très-sobrement, à la manière Spartiate des Lichens et des Champignons, c’est-àdire qu’elles refusent à leurs germes le secours de la moindre feuille laitière.

En somme, le monde des plantes se compose de trois races, distinctes de mœurs et d’organisation. La grande souche végétale se divise, à son origine, en trois embranchements qu’on est convenu de nommer, d’après le nombre de leurs feuilles laitières, savoir : l'embranchement... Ali! mon Dieu', comment dirai-je cela? Jusqu’ici j’ai parle la langue que tout le monde parle, la claire langue du vulgaire, celle que vous comprenez; j’ai évité l’expression savante. J’en suis puni : pour un mot, me voilà arrêté net. 11 faut vous dire que les feuilles laitières s’appellent entylé -

\ Éf.ÉTAl X VA SC l LA 1 II KS.

dons. Cotylédon veut dire écuellc. Admirez avec moi jusqu’à quel point il faut avoir le cerveau perclus pour appeler écuellc une feuille nourricière. Autrefois, paraît-il, on n'y regardait pas de si près pour forger le langage botanique. Pourvu que le mot fût grec ou latin, peu importait, qu’il ne lut pas d’accord avec le sens commun. Le mal est fait; nous n’y pouvons rien. Servons-nous alors du mot cotylédon, consacré par un vieil usage. Je recommence ma phrase interrompue. La grande souche végétale se divise, à son origine, en trois embranchements, dénommés d’après le nombre des cotylédons, savoir : l’embranchement, des Acotylédonées, dont le germe n’a pas de feuille nourricière (Mousses, Fougères, Champignons, Lichens et, tous les végétaux cellulaires); celui des Monocotylédonécs, dont le germe est accompagné d’une seule feuille nourricière (Palmier, Froment, ltoseau, Lis, Tulipe, etc.); et celui des Dicolylédonées, dont le germe a deux feuilles nourricières à son service (Chêne, Amandier, llosier. Lilas, Mauve, Œillet, etc.).

Pourquoi appeler cotylédons les feuilles laitières du germe? L’écuelle, en ceci qu’a-t-elle à voir? Les jolis mots que nous a valu ce, mépris du bon sens? Mo-no-co-ty-lé- . do-né-es, Di-co-ty, etc. Uuels chapelets do syllabes!

Ah! voici. Cotylédon vient du grec; ca remplit bien la bouche, ca vous met en tenue savantasso l’idée la plus commune; et, ne comprenant plus, le vulgaire applaudit. Et puis à quoi servirait le grec, s’il vous plaît, si messieurs les savants ne lui demandaient des expressions barbares,

odieuses à l'oreille? .le leur pardonne volontiers cotylédon ; le mot esl assez doux. Mais que dire de Strulhiopteris, Troeliiscanthes, Tétragonolobe, Molopospernie, Sarcocapnos, Schizogyue, Opoponax? Rassurez-vous : ces mots ne sont pas empruntés au chant de guerre des Huions; ils appartiennent, on ne s’en douterait guère, à l’aimable science des fleurs, comme cataclirèse, synecdoque, onomatopée, anacoluthe, appartiennent à l’art de bien dire. La fatalité s’eu mêle. Pendant huit, dix années de votre vie, huit, dix années dps plus belles, on vous bourre de grec et de latin ; on s’obstine à vous apprendre une langue, deux langues, .que personne ne comprend et dont vous n’aurez jamais à utiliser une syllabe ; on vous nourrit de la moelle de Déinostliène et de Platon, de Tacite et (h1 Sénèque, mais, en revanche, on vous laisse parfaitement ignorer comment il faut s’y prendre pour écrire une lettre à papa ; on volis

apprend pour quels motifs Alcibiade coupa la queue a son lévrier, pourquoi Pythagore était d’une extrême réserve au sujet des fèves, de quelle main se mouchait le grand roi Agameinnon; on vous apprend toutes ces belles choses, et cependant la civilisation passe sous les lenètres de la salle d’étude, emportée au triple galop par une marmite d eau bouillante, ou lancée aux quatre vents du ciel par un lil de métal conducteur de la foudre. Le char du progrès serait-il donc enravé si le redoublement attique et 1 aoriste second, le supin en n et le gérondif en f/o, faisaient place à des exercices plus graves? Les (ouvres du bon Dieu ne valent-elles pas la métaphysique du subjonctif? Les lois de

VEGETAUX VASCULAIRES.

la nature sont-elles, <‘ii im poi-huicc*, inférieures au ijitc irtranché? Unit, dix aimées de puériles subtilités grammaticales, lorsque la vie est si courte; lorsque, pour gagner "*on pain, la moisson d’idées à remuer aujourd’hui l'ait lléchir les plus robustes! Etonnez-vous après si le vide de l'idée se pare d’un mot grec. Que voulez-vous que fasse le fort en thème?

Entants chéris, tout mon espoir, vous échapperez sans doute, Dieu vous en fera la grâce, aux stupéfiantes études <1 un autre temps. De nouvelles idées se lèvent, l’horizon ; s’emplit de lumières. Vous leur échapperez et vous ne tom-

berez pas, comme moi, sous la férule d’un sot bourru ipii une mettait en pénitence pour une Heur trouvée dans mon ;gi adus, livre altreux avec lequel on alignait des longues et des brèves pour faire de prétendus vers latins. La Muse i rougissait de nos pauvres syllabes, mais enfin le temps se passait. C’est tout ce que voulait apparemment le maître,

(cerveau épais, incapable de comprendre qu’une Heur, une ■.Campanule bleue, a plus de poésie que le gradus entier *»vec son arsenal de longues et de brèves. Vous leur échap-

|pu < z ; fi \ie est chose trop sérieuse pour en einplovcr les lOlus belles années a marteler le sens commun dans un umalgame de dactyles et de spondées. On ne se fait plus

• ne îeputntion aujourd’hui avec un distique inscrit au

• tonton d une huitaine; I hexamètre n’a plus cours sur la date. On vil d activité, de celle activité intelligente qui '•(dite a tous et honore une existence. Garde à vous, mes

•im la nts, votre tour va venir. Entrez dans la lice avec le

cerveau meublé d’idées fécondes, avec le cœur plein de nobles aspirations, et vous serez mieux armés, pour vous et pour les autres, qu’avec le fatras du gradus! Donc cotylédon vient du grec. Pour nous dire nourrice, il nous dit écuellc.

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