‹ Histoire de la bûcheChapitre 29 sur 77 · STRUCTURE DE LA TIGE · texte numérisé non relu

STRUCTURE DE LA TIGE

externe, mais que do l'autre il s’arrête à l’ancienne zone ligneuse, sans parvenir à la moelle centrale. Le liber, c’est-àdire le feuillet do libres longues et tenaces, appartenant à l’écorce, s’est pareillement enrichi d’une seconde assise (.V), Knlin une couche de cambium (V) est interposée entre* l’écorce et le* bois pour renouveler l’année prochaine le même travail, pour former el’un cote* une zone de* bois, de l’autre un feuillet de liber.

Il y a donc, chaque année, autant pour l’écorce* que. pour le bois, formation d’une nouvelle assise avec les matériaux fluides envoyés par les bourgeons; seulement l’assise ajoutée est disposée des deux parts en sens inverse : au dehors pour le bois, au dedans pour l’écorce. Le bois, enveloppé d’une année à l’autre d’un étui ligneux tout neuf, vieillit au centre et se rajeunit par la surface; l’écorce, doublée chaque année à l’intérieur d’un nouveau feuillet, se rajeunit au dedans et vieillit au dehors. Le premier enfouit au cœur du tronc ses couches encroûtées et mortes ; la seconde rejette au dehors ses anciennes assises, qui se crevassent et tombent en grossières écailles. La décrépitude est simultanément à lia superficie et au centre de l’arbre; mais., sur les limites du bois et de l’écorce, la vie est toujours à l’œuvre pour de jeunes formations.

Dans les tiges monocotylédonées, il n’y a plus de démarcation nette entre l’écorce et le bois. On trouve bien à l’extérieur des grands arbres qui donnent à leurs graines un ! -seul cotylédon, une enveloppe grossière formée de cellules j endurcies et des bases dos vieilles fouilles ; mais ce fourreau

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protecteur no rappelle quo de loin P écorce dos tiges dicolvlédonées : il n’on a pas la structure complexe, il fail corps avec le bois sans pouvoir se détacher isolément. Dans nos contrées, nous n’avons aucun des grands arbres à un seul cotylédon ; ils sont propres aux pays chauds. Nous avons le Roseau, qui leur ressemble un peu. Eh bien, jamais sur le Roseau vous ne parviendrez à détacher un cylindre d’écorce, coque vous faites sans difficulté au printemps sur les rameaux de Saule et de Lilas, qui vous fournissent des sifflets. Son écorce et son bois ne font qu’un. Il faut en dire autant de tous les végétaux à un seul cotylédon.

Les liges inonocolylédonées sont dépourvues de zones ligneuses concentriques. Au milieu d’un tissu de cellules, plongent sans ordre de minces paquets de fibres et (h* vaisseaux, ainsi que le montre le morceau de Palmier représenté dans la figure. Les points noirs de la section transversale correspondent à autant do ces filaments ligneux que l’on voit, sur la coupe en long, plonger dans la masse cellulaire. Remarquez que ces faisceaux ligneux sont plus nombreux et plus serrés

Segment il’une lige île Palmier.

vers l’extérieur de la lige. Ils v sont également plus colorés. Or, comme ce sont eux qui donnent au bois sa coloration et sa dureté, une tige de Palmier est dure et de teinte sombre dans ses parties extérieures, tendre et de couleur claire dans ses parties cou-

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t fraies. C’est précisément l’inverse de ce qui a lieu dans le llronc des végétaux à deux cotylédons, dont le coeur est dur et I fortement coloré, et l’extérieur, l’aubier, tendre et de teinte claire. Quels étranges végétaux que ces Palmiers! Il faut qu’en tout ils adoptent la contre-partie de ce que font nos arbres. Impossible de s’y méprendre: c’est bien un monde à part. Cependant leur tige, malgré un ordre d’architecture t tout, différent, n’a rien de nouveau dans ses matériaux premiers. Chacun de leurs piliers ligneux comprend dans 'sa mince charpente l’ensemble des organes élémentaires d’une tige dicotylédonée. En voici un coupé d’abord eu I travers, puis en long, et i fortement grossi. En a se 'voit un peu du tissu col biliaire interposé entre les divers faisceaux; en b se trouve n t des fibres à parois épaissies par des couches multiples; en r, une trachée; en d, des vaisseaux rayés; en e, des vaisseaux particuliers appelés val. smanx lalirifèrc; î, qu’on trouve uniquement au milieu de l’écorce dans bis tiges dicolylé- 1 douces, et dont je vous parlerai plus tard avec les détails mérités par leur importance. En somme, ce filament dont il faut des milliers pour constituer la tige d’un Palmier, est un abrégé, de la lige entière des végétaux supérieurs. Il

contient à la fois les trachées du pourtour de la moelle, les vaisseaux laticifères de l’écorce, les fibres à parois dures ('I les vaisseaux du bois.

Supposons qu’une main douée d’une adresse impossible décompose en ses éléments organiques une tige dicotvlédonée, b» tronc d’un Chêne, par exemple. Imaginons qu’elle mette à part les fibres du bois, à part aussi les trachées, les gros vaisseaux des zones ligneuses, les vaisseaux laticifêres de l’écorce, et enfin qu’elle réunisse en un tas commun les cellules de toute provenance. Le triage est lait. Maintenant elle prend un peu de chacun de ces organes, moins les cellules; elle les associe et en fait un long fil, puis un autre, un centième, un millième, tant qu’il y a de matière. Alors elle assemble ces fils côte à côte sous forme de colonne; elle les agglutine en interposant pour ciment la masse des cellules restée disponible. Ce travail fait, le tronc du Chêne se trouve transformé en tige de Palmier. Dans cette transformation v aurait-il décadence

ou progrès? — Il y aurait décadence : la tige dicotylédonée, si correcte, si géométrique avec ses rayons médullaires tirés au cordeau, ses zones concentriques tracées au compas, ses assises corticales et ligneuses où la cellule, la fibre et le vaisseau sont méthodiquement empilés, est certes supérieure en organisation à la tige monoeotylédonée, où tout est brouillé, confondu.

Cotte infériorité dos végétaux à un seul cotylédon, des Palmiers en particulier, compte au nombre de ses causes la marche progressive de la création à travers les temps.

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