STRICT U HE II K LA TIGE
Une puissance mystérieuse, mandataire des éternels desseins de Dieu, achemine les êtres avec une lenteur que les
Palmier.
àecles accumulés mesurent, vers une organisation plus >arlaite. Les plantes des anciens âges lurent, nous dit la
1IIS TOIKK lu; LA HUCHE.
néologie, <lrs Algues glaireuses dans les eaux, des croûtes de Lichens sur le roc; el tout à peu près se bornait là. La vie en était à ses premiers essais; elle groupait la cellule des plantes rudimentaires avant d’échafauder la libre et le vaisseau de l’arbre. Une longue période s’écoula, et apparurent les races princièrcs des Acotylédonées, les Prèles gigantesques, les Fougères eu arbre. Puis, comme prélude aux végétaux qui savent donner des cotylédons à leurs graines, vinrent les Conifères, inhabiles encore à façonner le vaisseau. Les Conifères, c’est-à-dire les arbres résineux qui pour fruits ont dos cônes (Pins, Cèdres, Mélèzes, Sapins), se font remarquer, de nos jours, par une physionomie spéciale.
Ils se dressent en solennelles pyramides ; leurs branches sont étagées ni nappes horizontales; leurs feuilles/déliées comme des aiguilles, tamisent le jour sans parvenir à faire de l’ombre; le vent éveille dans leurs rameaux de sauvages harmonies qu’on prendrait pour les lointaines acclamations d’un peuple en fête; d’âcres senteurs s’exhalent de leur écorce pleurant la résine; tout enfin concourt à leur donner un aspect exceptionnel parmi les autres arbres de nos climats. Ce sont des vétérans déclassés au milieu des végétaux
Cèdre du Liban.
ST III CT LUI' l)K LA T l(i K.
de création plus récente; ils appartiennent à un autre âge du monde; ils descendent de la première végétation ligneuse du globe, de cette antique végétation qui, bien longtemps avant 1’homme, couvrait la Terre d’étranges l'orèts, aujourd’hui ensevelies dans les entrailles du sol et converties en assises de houille. A la cellule des plantes inférieures, les Conifères ajoutèrent la libre, mais sans parvenir au vaisseau. De nos jours encore, fidèles à leurs vieux usages, ils ne font pas entrer le vaisseau dans leur organisation. Après les t Conifères, des mono-
• cotylédonées apparurent, et au premier rang les Palmiers. En 'dernier lieu, enfin, vinrent les dicotylé-
• douées, des Ormes,
• des Saules, dos Erables, et tous les végétaux de l’ordre supérieur.
il fut un temps où ce coin de terre pré-
• destiné, qui porte aujourd’hui le beau EraWc
nom de France, était éventré par trois bras de nier occupant :i peu près les bassins actuels de la Garonne, de la Seine et du Khône. Entre ces larges golfes, une terre s’e-
HISTOIRE l>E LA BUCHE.
tendait couverte de grands lues ol de volcans. Là, sous I iiilluenco d’un climat tropical, fïorissail une puissante végétation dont l’analogue ne se retrouve plus, de nos jours, qu’au soin des contrées équatoriales. Aux lieux mêmes occupés maintenant par des forêts de Hêtres et de Chênes, venaient des Palmiers balançant à la cime d’une tige élancée le gracieux bouquet de leurs énormes feuilles. En nos temps, les forets vierges du Brésil nous reportent à cette ilore antique. Sous leur ombrage pâturaient des éléphants, rugissaient des chats plus grands (pie nos lions. Au bord des lacs, de monstrueux reptiles, crocodiles et tortues, pétrissaient de leurs larges pattes le limon attiédi. Où étaient alors les arbres de notre époque, où était l’Homme lui-même? — Ils étaient où se trouve ce qui, n’étant pas encore, doit être un jour; ils étaient dans la Pensée créatrice, d’où toute chose s’épanche en flot intarissable.— Une période vint où le climat refroidi fut incompatible, en Europe, avec l’existence des Palmiers et des animaux leurs contemporains. Alors tout disparut, et des trésors divins, d’autres êtres émergèrent, en progrès de structure sur leurs prédécesseurs. Les derniers venus, les mieux organisés par conséquent, sont lus animaux et les plantes d’aujourd’hui, sur lesquels règne l’Homme, luimême dernier- né de la Création.
Pour retrouver en nos contrées les restes de la vieille race des Palmiers, reléguée maintenant dans la zone tropicale, au pays du soleil, la science fouille la terre; elle interroge les profondeurs du sol, où gisent, convertis en char-
SI Ht CTI II I-: DK LA il G K.
Mil
bon ou eu pierre, ees arbres d’un autre âge. Dans ces touilles, bien au-dessous des assises terrestres ou les Pal-
miers sont couchés, elle exhume une autre race plus vieille
encore, plus étrange, et mêlée à celle des Conifères. C’est la race des fougères arborescentes, <|iii, après avoir formé la végétation dominante du globe, jusque sous les pôles, habitent maintenant, en petit nombre, les lies des mers les plus chaudes. Les Fougères actuelles de l’Europe sont d’humbles plantes d’un mètre au plus de hauteur, souvent de quelques pouces. Leur tige est réduite à une courte souche rampant sous terre; mais dans les archipels des mers équatoriales, elles deviennent des arbres d’un port comparable à celui des Palmiers. Leur tige s’élance d'un seul jet à quinze et vingt mètres d’élévation, et se couronne au sommet d’une grande touffe de feuilles élégamment découpées. Au centre de la touffe, les feuilles les plus jeunes sont enroulées en crosse. C’est là un trait caractéristique
Fougère arborescente.
de toutes les Fougères. Il faut s’attendre à trouver, dans ces
représentants de la première végétation ligueuse de la I erre,
IIISTUI U K |)K LA BUCHE.
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Coupe horizontale d'une tige de Fougère arborescente.
une structure spéciale. El eu effet, la tige d’une Fougère arborescente est bien ce que le règne végétal peut nous montrer de plus disparate avec l’organisation habituelle. Voici la section d’une pareille tige. Vu milieu d’une masse
cellulaire ///, constituant la majeure partie de la tige, plongent des faisceaux ligneux 0/ bizarrement contournés en dessins blancs lisérés de noir.
La partie blanche v de ces faisceaux est formée par un amas de vaisseaux; la partie noire par des couches de libres imprégnées d’une matière noirâtre. En /> est encore du tissu cellulaire, communiquant çà et là par les brèches de l’irrégulière zone ligneuse avec le tissu cellulaire de la partie centrale. En lin en e est une enveloppe dure, tenant lieu d’écorce. Elle est formée par les bases des vieilles feuilles qui sont tombées à mesure que la tige s’est élevée. Dans les souches des Fougères de nos pays, on peut observer quelque chose do cette curieuse structure. E’osl ainsi que la souche de la Fougère commune reproduit, avec ses faisceaux ligneux, noirâtres, le dessin grossier d’un aigle héraldique à deux tètes, comme pour inscrire en caractères de blason la noblesse de son antique race.
Longtemps avant les Palmiers, les Fougères arborescentes peuplaient en particulier quelques langues de terre, qui, devenues plus étendues par le retrait de l’Océan, de-