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l’autre son ascension, résolues de périr plutôt que de céder, .l’estime l’indomptable petite plante, si ferme dans ses opinions. Tuez-la si vous voulez, mais ne lui parlez pas de changer de principes, car sa racine est faite pour le sol et sa tige pour l’air. Misères humaines! nous n’avons pas, quant à nous, si fiers de notre suprématie, nous n’avons pas la fermeté de la plante échappée du matin des coques de la graine! L’homme est fait pour agir et il croupit souvent dans l’inaction, il est. fait pour les belles choses et il en commet de bien laides. Haut le cœur, enfants! Imitons la plante qui ne veut pas laisser sa tige dans le sol.
Dans cette double tendance vers le jour et. vers la terre, y a-t-il quelque vague discernement de la part de la plante? La racine et la tige sont-elles capables de chercher et (h* choisir? C’est, indubitable, d’après ce qui précède. Voici pourtant une expérience qui semble dire le contraire. On suspend en l’air une caisse pleine de terre et percée au fond de quelques trous. Dans ces trous, au milieu d’un peu de mousse humide, on met des graines, ha germination a lieu. Pour les plantes naissantes, les conditions habituelles sont renversées: le sol est en haut, l’air libre est eu bas. Alors si quelque discernement les guide, si elles savent se déterminer d’après le voisinage de la terre ou de l’air, les racines et les tiges doivent renverser leur direction naturelle. Les racines doivent monter dans h' sol artificiel placé au-dessus d’elles, et les liges descendre au grand jour, au-dessous de la caisse. Mais rien de pareil n’a lieu. Sans tenir aucun compte des conditions exception-
nelles où elles se trouvent, les plantoirs prennent l’orientation ordinaire; ('lies dirigent en haut leurs tiges en les enfonçant dans la terre de la caisse, et leurs racines en bas, en les plongeant dans l’air. Bientôt elles périssent victimes de leur méprise. Est-ce bien méprise? Non. Pour ces plantes, nous venons en quelque sorte de renverser le monde; nous leur avons fait une terre supérieure et un ciel inférieur, et nous sommes assez naïfs pour croire qu’elles prendront possession de cette demeure sens dessus dessous? A d’autres, s’il vous plaît. Elles sont trop sensées pour donner dans le piège, et végéter les pieds en l’air, la tète en bas, position qui leur est aussi antipathique qu’à nous-mêmes. Elles savent fort bien que le sol véritable, le sol qui leur convient, est là-bas, au-dessous de la caisse; et leurs racines pendantes s’efforcent de l’atteindre. Elles savent fort bien que le ciel bleu, le ciel qui leur sourit, est en haut ; et, pour le voir, les tiges essayent obstinément de percer la couche de terre. I/expérience de la caisse suspendue ne prouve donc rien. Oh ! si, dans la position renversée, la vie leur était possible, ces plantes, je ne dis pas non, seraient d’une insigne maladresse de se laisser mourir de faim au-dessous du sol suspendu ; mais, eroyez-le bien, avec l’aptitude à vivre dans toutes les positions, elles trouveraient à merveille la terre mise à leur portée et ne manqueraient pas d’y plonger leurs racines. Les plantes parasites, en particulier le Gui, nous en fournissent la preuve.
Le Gui est un vrai larron, qui dérobe aux arbres la sève