‹ Histoire de la bûcheChapitre 4 sur 77 · BOURGEONS DES BÊTES ET BOURGEONS DES PLANTES · texte numérisé non relu

BOURGEONS DES BÊTES ET BOURGEONS DES PLANTES

l a grande route et le sentier. — Bourgeons des bêtes. — La famille de l’hydre. — Comment on dîne sans manger. — Une séparation de corps et de biens. — l,e corail et ses habitants. — line cité de communistes. — la' réfectoire où l’on mange pour nourrir son voisin. — Durée indéfinie îles polypiers. — Quelques contem|K>rains des patriarches. — Le végétal comparable au polypier. — Bourgeons des plantes. — Les générations de l’arbre. — line redoutable question et le rameau de Lilas.

Vous vous demandez apparemment où je veux en venir avec l’histoire de l’hydre, dont les menus lambeaux, semés dans l’eau, deviennent autant d’hvdres nouvelles, en cela pour le moins aussi merveilleux que les dents du dragon de Cadmus, germant en farouches guerriers. Je veux ou venir à l’histoire de la huche que je vous ai promise. Nous y touchons, nous y sommes, ha plante est

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sœur de ranimai. Pour comprendre la première1, il rsl utile de consulter le second; comme aussi, pour voir clair au sujet du second, il ne faut pas dédaigner les renseignements de la première. Laissez-moi donc encore vous parler un peu de l'hydre. La bûche n’est pas perdue de vue un seul instant. Nous sommes de loisir. Voyageons alors à petites étapes, par les sentiers détournés quelquefois, seraient-ils un peu plus longs. La grande route n’est pas la plus agréable, tant s’en faut, ni celle qui permet de voir le mieux le pays. A d’autres la poudre étouffante du chemin battu ; gardons pour nous le vert gazon du sentier. La marche est plus gaie entre les haies d’Aubépinc et de l’runelier, que nous ferons jaser en route,. En avant! Où en sont nos livdres?

Dans un verre d’eau garni de lentilles aquatiques, nous laissons en repos une hydre de belle taille. Au bout* de quelques semaines, de quelques mois peut-être, suivant la saison, deux, trois, quatre petites verrues se montrent vers la partie inférieure du sac de l’animal. Elles grossissent, se gonflent, se couronnent de huit menus mamelons de joui* en jour plus saillants; enfin elles s’ouvrent à la manière d’un bouton qui s’épanouit. Devinez ce que sont ces étranges fleurs animales? Ce sont, qui s’y attendrait? ce sont de petites hydres avec leur poche digestive et leurs huit bras, de petites hydres implantées sur la mère de la même façon que les rameaux sont implantés sur la branche. — Quand je vous disais que la bûche n’était pas loin! — Ce sont les Mlles de la maman, des

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filles lires ( l('s petites vernies, qui' désormais nous apprlleroiis bourgeons , parer qu’elles produisrnl drs animaux semblables à ranimai sourhr, de niénir que 1rs bourgeons (l’une branche donnent naissance à drs rameaux. — La bûche, la sentez - vous s’approcher? — L’hydre, en réalité animal, puisqu’elle se déplace et se transporte où elle veut, puisqu’elle est sensible à la douleur, qu’elle chasse, saisit une proie et la dévore, l'hydre se comporte ici à l’exemple du végétal : elle bourgeonne des êtres semblables a elle, elle pousse de petites hy-

L’Ilyili't! et ses bourgeons.

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< I i‘Gs comme la lige (rime plante pousse des rameaux. — Nous hiùlons, ce me semble; la bûche esl là tout près.

t-e n esl pas tout que de bourgeonner (les lilles, il faut les nourrir. Elles sont Irop jeunes, trop inexpérimentées encore des choses de ce monde, pour chasser elles-mêmes et gagner leur vie. La difficulté est prévue. Le sac à digestion de riiydre-soucbe communique avec les cavités des jeunes; les estomacs de la marmaille débouchent dans l’estomac de la mère. Seule, celle-ci chasse, mange (‘I digère'; mais la bouillie alimentaire, préparée à point, s’infiltre de la mère dans les nourrissons par les détroits dos communications stomacales, et de la sorti' les petites hydres se trouvent repues sans avoir rien mangé. Très-bien dîner sans rien prendre est un ingénieux procédé auquel, avouez-le, vous n’auriez pas songé Que de drôles de choses ou apprend en compagnie des spirituelles bêles! Etonnezvous après que des hommes d’un mérite hors ligne passent ' leur vie à les fréquenter!

Un jour vient où la maman, qui sent ses filles assez fortes, inédite une séparation de corps et de biens. Il en coûte à sa tendresse maternelle, mais les dures nécessités de la vie l’exigent : il faut se séparer; la chasse d’une seule ne peut plus suffire à toutes. Alors, sevrage radical, le détroit de communication d’estomac à estomac se ferme; puis, un étranglement apparaît au point de jonction de ranimal-rameau avec l'animal-souche, el les jeunes hydres, vrais fruits arrivés à maturité, se détachent pour aller

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