‹ Histoire de la bûcheChapitre 45 sur 77 · I.c Chiendent · texte numérisé non relu

I.c Chiendent

KACINKS A DVENTI V ES.

linées, les destinées des États-lnis, qui marchent aujourd’hui à la tête des nations. Elle se compta, et se reconnaissant assez forte , brisa pour toujours les liens qui la rattachaient à l’Angleterre. Ainsi de tout temps ont fait les colonies arrivées à maturité; elles ont rompu avec la métropole. Ainsi de tout temps ont fait les colonies du Fraisier.

Nous venons de donner comme motif de l’expansion du Fraisier en colonies la gêne où le tiennent les broussailles dont il recherche l’abri. Ce motif est d’autant plus probable, que beaucoup d’autres plantes, dans des conditions analogues, recourent aux stolons et aux colonies. Ile ce nombre est la Violette, la modeste amie des fourrés buissonneux. lElle aussi s’étend en large; elle étale à terre ses rameaux el les enracine de çà de là. Les mêmes causes amènent les mêmes effets. Vous objecterez peut-être qu’une fois admis dans nos jardins, le Fraisier et la Violette devraient renoncer à leurs coulants, puisqu’ils n’y rencontrent pas d’obstacle à leur évolution ascendante. D’accord, mais vous oubliez l'habitude invétérée devenue nature. La Violette et le [Fraisier conservent dans nos cultures les instincts colonisateurs de leurs ancêtres sauvages. Règle, sujette toutefois à de nombreuses exceptions : une plante gênée, par le milieu où elle végète, dans son développement vertical, s’épand en [large, émet des ramifications traînantes, et colonise à Limitation de la Violette; et du Fraisier. Telles sont quelques ; plantes battues par les vents du large au bord de l’Océan ; telles sont surtout les plantes des régions polaires. Des pelouses monotones, composées d’un petit nombre d'espèces,

couvrent le sol glacé de l’Islande, de la Laponie, du Spitzberg, du Groenland. Aucun arbre, aucun arbuste n’ose se dresser à quelques pieds. Fouetté par l’âpre bise, il périrait à la première tourmente. Les plantes restent donc petites, enlacées l’une dans l’autre, serrées en feutre compacte pour lutter de concert contre la rudesse du climat. Leurs ramifications, couchées par des vents continuels, s’étalent sur le sol tourbeux et s’y cramponnent en désespérées par de fortes racines adventives. L’âpreté du climat imprime à un haut degré aux plantes polaires l’instinct colonisateur.

Ailleurs l’aridité du sol amène des résultats semblables. Une plante setixc dans un terrain de sable presque pur. La nourriture est rare, surtout si elle est puisée toujours au même point. Oue fait la pauvre affamée? — Elle envoie ses bourgeons s’alimenter plus loin; elle les couche à terre et leur permet de s’enraciner pour leur propre compte. — Nécessité est industrieuse. C’est ce que nous répète, après tant d’autres, la Véronique petit Chêne, dont voici un ra-

meau. Il est d’usage chez elle de s’établir en des terrains

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