LA F ELI LL E
tige et lui forment une gaine <|ue termine parfois une élégante collerette.
Dans quelques plantes, les stipules n’ont qu’une durée éphémère; elles tombent quand s’est épanouie la feuille qu’elles accompagnent, Examinez la sommité d’une tige de
de gauche, par de larges stipules, véritables courtines de son berceau. Le'Tulipier est dans le même cas. Lorsque la feuille est étalée, vigoureuse, à l’abri du danger, les rideaux inutiles tombent, les stipules se dessèchent et se détachent.
Quelques Figuiers, en particulier celui qui fournit la gomme
élastique, font encore mieux. Leurs jeunes feuilles sont
roulées en cornet l’une dans l’autre, et chacune d’elles est
revêtue d’un long capuchon formé par les stipules. Quand
est venu le moment favorable, le capuchon stipulaire tombe,
(H la feuille qu’il abritait apparaît, luisante d’un fin vernis,
et se déroule aux sourires du soleil.
MÉTAMORPHOSES
llécils sur la paille. — line altération do l’histoire. — Fiction et réalité. — La fée de Gendrillon et la fée marraine des plantes. — Le simple, compagnon du beau. — Les vrilles. — Le mât de cocagne des honneurs. — Menus propos entre Cornichon et Concombre.— Phyllodes. — Les forêts de la Nouvelle Hollande. — Le l'etil-lloux et le pain calendàou de la Provence. — Les cruches du Néponthés.
Revenez, revenez en mon esprit, souvenirs de ce bel âge où la curiosité s’éveille, où l’imagination travaille pleine de riantes illusions sur le monde dont nous commençons à franchir le seuil. Revenez, ô mes souvenirs de ce temps où le soir, pendant la moisson, blottis par groupes dans la paille des aires, nous nous racontions des histoires. Tout oreilles, muets, ou penchait la tête vers le narrateur, comme la cour de Didon écoutant, de la bouche d'Enée, les malheurs d’il ion. lu jour, c’était l’odyssée du l’elil-Rou-
cet. Lesoiseaux avaient mangé les miettes de pain répandues à terre pour reconnaître le chemin. Les sept petits garçons étaient égarés dans le bois. Petit-Poucet, du haut d’un arbre, voyait au loin une lueur. On y courait Pan, pan... C’était la demeure d’un ogre. 11 eût fallu voir alors comme nous nous faisions petits, tout entiers aux voluptés des terreurs imaginaires.
Un autre soir, c’était le Chat-Botté. La bête rusée, un grain de blé dans la patte et le sac ouvert, attendait les perdreaux dans un sillon. Quelles chasses exagérées nous mettions sur son compte! Perdreaux étourdis, cailles innocentes et lapereaux benêts accouraient en foule dans le sac. A notre dire, tout le gibier du canton y passait. L’enthousiasme sert d’excuse à cette grave altération de l’histoire. Combien en verrait-on qui n’ont pas cette excuse, non gamins comme nous, pérorant sur la paille, mais personnages de haut bord, souvent dorés sur tranche, qui, pour des motifs non avouables, dans notre propre histoire menlent impudemment. Le passage venait où le Chat, précédant le faux marquis de Carabas, défiait l’Ogre de prendre la forme de toutes sortes d’animaux, comme il s’en prétendait le pouvoir. L’Ogre stupide, quel ogre ne l’est pas? s’empressait de se métamorphoser. en lion d’abord, puis en souris. L’intérêt redoublait. Crac!... la griffe était lancée, la souris prise et l’Ogre avalé. Le château appartenait désormais au Mis du meunier, devenu pour tout de bon le marquis de Carabas. Suivaient les noces et le gala.
Puis venait l’horripilante tragédie do Barbe-Bleue. Ce soir-