DES FEUILLES
fouilles immédiatement voisines, il faudrait partager les deux tours décrits par la spirale en autant de parties égales qu’il y a d’étages ou de feuilles dans le cycle. On aurait ainsi {de circonférence pour l’écart de l’une à l’autre des feuilles du Cerisier. Ce nombre prend le nom d'angle de di-
vergence., parce qu’il indique de quel angle, de quelle fraction de circonférence deux fefiilles consécutives divergent, s’écartent entre elles. L’angle de divergence, remarquez-le bien, a pour numérateur le nombre de tours que* fait la spirale de l’escalier pour aller d’un étage à celui qui lui est directement superposé, et pour dénominateur le nombre d’étages compris dans le cycle.
Ces expressions bien comprises, il devient intéressant de rechercher si toutes les plantes se construisent une spire de feuilles sur le modèle du Cerisier, ou bien sur de nouveaux plans. La dernière supposition, j’en mettrais la main sur le feu, est la plus probable. Vous en savez déjà assez long pour comprendre que les plantes ne sont pas de serviles imitatrices. Chacune a ses industries, son art, son architecture. Il va uniformité dans l’ensemble, il esterai ; mais il y a encore plus variété dans les détails.
Arrivez ici, que l’on vous examine, Aulne du bord des eaux. Comment construisez-vous? Comptons sur la figure en suivant bien la rampe. Une, deux, trois, quatre. Halte! La quatrième feuille est placée juste au-dessus de la première. Le cycle comprend trois feuilles et la spire fait un tour seulement. L’angle de divergence est alors {.
A vous, Soucliet des marécages, vert compagnon des vertes
grenouilles. I lie, deux, trois. Lu quatrième se place audessus delà première. Quatre, cinq, six. La septième vient
Hameau d'Aulne. la* m'une dépouille l.e Smicliel.
de ses feuilles.
juste au-dessus de la quatrième. Encore trois feuilles.au cycle et un seul tour d’escalier. Encore l’angle de divergence l. Passons.
Quel est celui-ci ? C’est l’Orme, le boulanger printannier tenant boutique de pain des hannetons, de ces petites écailles tendres, jaunes et rosées, grandes comme l’ongle, qui tombent par nuées aux premières feuilles. Orme, mon ami, qu’avez-vous à nous apprendre? — Montons l’escalier. Une, deux, trois. Tiens! comme c’est court! Au troisième étage, la superposition arrive. Vous êtes robuste, boulanger des hannetons; pour vos feuilles, vous ne redoutez guère l’ombre! Le cycle de l’Orme ne comprend donc que deux
A II II ANC EM EN T IHvS l-'KUl LL ES.
l'eu il les; et, comme la spire ne l'ait qu’un tour pour at-
La Joubarbe des toits, dans ses feuilles, et le Pin maritime, dans les écailles de ses cônes, nous présenteraient <S étages distribués sur 3 tours, ou l’angle de divergence
La Joubarbe tabulaire, que nous allons tantôt consulter
- 1 étages pour 8 tours, ou l’angle de divergence j1- ; quelques Cactées et quelques espèces de Pin, 13 étages pour û tours, ou l’angle de divergence ~ ; etc. Inscrivons, par ordre de complication, ces diverses valeurs de l’angle de divergence :
\ L’Orme, le Tilleul, etc.
j Le Soüchet, 1 Aulne glauque, etc.
f Le Cerisier, le Poirier, le Peuplier, le Pèeber, etc.
^ La Joubarbe des toits, le Pin maritime, etc.
Hameau d'Orme.