‹ Histoire de la campagne de 1794 en ItalieChapitre 10 sur 204 · LVI CAMPAGNE DE L'ARMÉE D'ITALIE EN · texte numérisé non relu

LVI CAMPAGNE DE L'ARMÉE D'ITALIE EN

En résumé, il y avait à Gênes un parti français puissant tout prèt à provoquer ungrévolution avec l'appui de nos baïonaëttes ; à lui seul, il était incapable d'acquérir la supériorité, mais il était assez fort pour créer de sérieux embarras au gouvernement s'il voulait céder aux injonetions des alliés,

Quant aux sentiments de In population, ils n'étaient pas douteux, à plusieurs reprises elle avait manifesté sa haine contre les Anglais ; envers les Piémontais elle n'était pas mieux disposée et les différents objets de contestation survenus dans ces derniers temps n'avaient fait qu'aigrir les rapports entre les deux cours,

Pour réussir dans sa mission, M. de Girola n'avait donc pas à compter sur l'aide du ministre de Piémont ; l'Angleterre n'exerçait non plus aucune influence : le 22 février on avait encore tiré du môle un coup de canon d'avertissement à blanc sur une frégate anglaise qui poursuivait des bâtiments génois jusque dans le port. Restaient les ministres d'Espagne et de Russie. Avant d'agir, M. de Girola se conccrtait avec eux, et le 22 il informait Thugut qu'il allait adresser à M, de Ruzza un mémoire « sur les deux questions qu'il avait ordre de soulever, sans omettre les insinuations particu= lières qui pourraient influer sur l'obtention du but fixé» (1).

Le 19 murs, dès que les lettres qui l'accréditaient comme chargé d'affaires eurent été acceptées (2), il remeltait au gouvernement génois un mémoire dont les termes étaient très peu mesurés (5).

Tout en sé flattant d'avoir ainsi satisfait aux ordres de sa cour (4), Girola rendait compte le 6 murs qu'on courait au devant d'un échec.

« D'après ce qui a leanspiré, écrivait-il, je crois que la réponse qué l'on fera nussi bien à moi qu'au comté Balbi sera, à mon grand ennui, à pou près conforme à celle qui a déjà été donnée à ln première interpellation, c’est-à-dire qu'il [le gouvernement génois] n'autorisera jamais le troupes étrangères à passer où à s'arrêter sur les états de la République ; qu'il avait déjà pris dans ce bat les dispositions opportunes, et qu’il en aurait pris de plus sérieuses si les opérations des coalisés ne l'avaient pas contraint à rappeler ses forces pour sa propre défense; qu'il n'avait reçu jusqu'à présent aucun avis que les Français voulussent traverser l'état; qu'il fera tout son possible pour que ecla ne se produise pas, mais qu'il ne peut en même temps se dispénser d'opérer avec

(1) Girola à Thugat, 22 février,

(3) Givola à Th mars,

43) Mémoire remis au gouvernement, 6 mars, Supplément, page 92. (6 Girola à Thugot, 6 mars,

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