‹ Histoire de la campagne de 1794 en ItalieChapitre 9 sur 204 · LIV CAMPAGNE DE L'ARMÉE D'ITALIE EN · texte numérisé non relu

LIV CAMPAGNE DE L'ARMÉE D'ITALIE EN

Quelques jours plus tard, il expliquait de nouveau les motifs qui le faisaient agir :

« Les réflexions que me fait Votre Seigneurie dans ses deux lettres du 25 dernier et 1 courant sont trop justes pour que j'aie quelque chose à y redire, Il me paraît y avoir deux faits à déduire de ces lettres : le premier c'est que le parti jacobin ne laisse pas de se fortifier à Gênes, et que l'exécution de ses projets de réforme eouve sous la cendre, l'autre c’est qu'il ne convient pas à la France dé faire violence à la neutralité de Gênes pour ne pus se priver des vivres qu'elle reçoit de In bienveillance de celle-ci, J'en ajouterai un troisième, c'est que s'il advient un chan gement dans son gouvernement, il ne peut plus étre question de neutralité pour la République, qui passera directement du côté de la France, Ceci posé, il est naturel que votre zèle doive être plus grand à épier les actes des Jacobins dont la plupart sont duus les: vues mêmes de la France, et il convient que, de notre côté, nous continuions à dissimuler jusqu'à un certain point les offenses que nous recevons de la République et de ses sujets, afin d'éviter de plus grands ennuis de sa part eLdes rubriques qui pourraient amener uoé rupture intempestive; cette tenue de notre côté est nécessaire jusqu'à ce que les cours de Vienne et de Londres aient pris des mesures pour imposer à la République et parer aux ris= ques d'une telle rupture. J'espère que ces mesures ne vont plus beaucoup tarder, ayant la certitude que ces deux cours sont toutes les deux révoltées de la conduite de Gênes, et j'attends la réponse de celle-ci aux nouvelles demandes de Vienne et au manifeste de l'ami ral anglais » (1).

Le tout était de gagner du temps jusqu'à l'arrivée des troupes autrichiennes, alors on émploicrait un langage plus ferme; jusque-là il fallait éviter « de provoquer par hasard un incendie intempestif w.et se contonter de faire remarquer qu'on n'avait jam: pensé à forcer la République à changer de système, mais que l'on désirait seulement une neutralité stricte ct telle quelle dût être respectée nussi par les Français » (2).

Cette attitude expeetante était d'autant plus indiquée que de nombreux incidents de frontière éluient veaus Lendre’ la situation, entre les deux pays. Des Piémontais ayant arrété du côté d'Oncille les courriers génois porteurs de dépêches, le gouvernement de In République avait déclaré qu'il agirait de même, ce qui avait pravo=

11) D'Hanteville à Cossila, 5 mars, Traduction. 12) D'Hanteville à Cossiln, 8 mars. Traduction.

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