CCXCVIIT CAMPAGNE DE L'ARMÉE D'ITALIE EN
Un second ordre portait tout le bataillon au baracon et même jusqu'au col de Selle Véechio il étuit praticable ;"s'il était entières ment fermé, on ne le fcrait point ouvrir; ane potite patrouille irait chaque matin jusqu'au tournant, Au cas où l'ennemi passerait malgré les neiges, le bataillon « prendrait uné position près du baracon pour l'attaquer quand il descendenit » (1).
Une instruction précise réglait la conduite du comte Grimaldi ; renforcé par deux compagnies de Piémont, y compris celle détachée à Colla Rosa, il eamperait au-dessus de Cibaïre « le plus près possible de Tanueello s. Une garde de 80 hommes bivouaquerait avec des tentés sur le col mème vers Ciaggia : « vous établirez des siguaux, ajoutait l'ordre, pour qu'en vas d'attaque. vous puissiez être secouru par le corps qui sé trouve sur la Saccarelln etqne vous soyez À lemps de montér tout de suite sur le col aves Lloule votre forte, Ce poste doit étre déféndu à outrance, il ne s'agit point de rétréite » (3).
Appelé par des affaires pressantes à Tende, Colli ne pouvait se rendre dans li journée à la gauche, afiu de juger pur lui-même de l'état des affaires dans cette partie; en attendant il ordonnait au colonel de Bellegarde de faire construire un baracon sur le sommet de la Saccarella et travailler au chemin pour y monter; en ens dé besoin il fournirait au major Grimaldi tous les secours dont il aurait besoin au Tanarello ; le licutenant-colonel Borne qui su réüdait à éol Ardente serait placé » à portée de monter la Saceus rella et de marcher au Tanarello » (3).
L'ensemble de ces dispositions est remarquable ; Colli commence par parer au plus pressé, ensuite il rectifie à loisir la position du bataillon de Tortone sur lequel repose pour ainsi dire le salut dé sou corps d'armée. Toutefois il ne pouvait espérer défendte le ramenu qui s'étend dé col Ardente à Limon avec trois faibles batail= lons. Comme il le faisait remarquer à de Vins, après lui avoirrendu compte de ses dispositions, « les magasins de Borgo-San-Dal: mazo n'étaient pas couverts s'il n'arrivait un corps de troupes assuz fort pour s'avancer sur Mondovi et reprendre la position abandon» née d'Ormen ut de Ponte de Navi» (4). Colli couvrait ainsi un avis qui aurait pu avoir pour les alliés les suites les plus favorables. Il répondait à l'offensive des Français par une contre-attaque tentée
{a} Colli à Schilles, 14avril, page 284. Le texte porte Sélaregn qui doit être le col dé Selle Vecchio,
(3) Colll à Grimaldi, 28 avril, page Las
(3) Colli à Bellegarde, 18 avril, pol
{8) Colli à De Vins. 18 avril, & Les by matin, poge 283:
€ce CAMPAGNE DE L'ARMÉE D'ITALIE EN 1794
sentait le terrain. On pratiqua une sortie à gauche défendue par nn petit flanc. Le côté vers le bois de derrière ne renfermait que les deux tiers du plateau et laissait ainsi un passage entre le retranchement et la neige entassée qui couvrait Lout le côté droit du plateau. Comme cependant la pente de ce côté était Fort longue et douce; et que par Le bois et le chemin de la Tanarda c'était un point des plus importants à défendre, il y fut construit un bas flanc à tenailles pour battre par des feux croisés ces deux points n.
Maulaudi n'ignorait pas les défuuts de cet ouvrage; dans si relas tion il s’est exprimé ouvertement sur eux.
« Le profil de ect ouvrage présentait de grandes difficultés ; la hauteur de Cerianx commande la cime de Fels; il aurait fullus pour se défiler, élever beaucoup les parapets, y construire deux où {rois banquettes, et perdre par là les feux rasants et propres à balayer les sentiers de ce côté de l'attaque » (1).
Or le temps et les moyens manquaient, À proximité de l'ennemi, pour donner à ce retranchement loute la Force nécessaire; dans l'esprit de Maulandi, ce n'était d'ailleurs qu'un posté provisoine à occuper jusqu'à l'attaque de la Tanarda, opération pour laquelle «il sollicitait toujours le général qui y paraissait assez dispost sans vouloi ais se décider ».
Son but était de servir « de point d'appui à la troupe qui aurait garni le bois et lu pente entre la cime et le bois sur le chemin dl la Tanurda » ; il eu résultait que l'on n'avait fait aucune attention aux derrières dé la redoute, de telle sorte que « si elle eût été tours née, elle n'aurait pu faire une grande résistance, soit pur le grand bois de derrière que parce qu'elle aurait été coupée de ses comme nications avec la Brigue et cernée partout » (2).
Le plan de Colli de reprendre l'offensive vers Ponte de Nava n'était adopté ni par d'Argenteau ni par de Vins, À Csva, Argen= teau recevait assez mal M. de Ponsiglion ; persuadé que Colli «aurait pu détourner l'attaque qui l'avait obligé de se retirer #} il le témoignait à cet officier, et le chargeait de dire à son gênéral e qu'il ne voulait ps disposer des troupes qui a'avaient point été destinées pour étre sous ses ondres » (3),
A la suite de l'invasion des Français, le général de Vins avait envisagé la manière dont il convensit de conduire la guerre, Pour le moment, convaineu de l'impossibilité de présenter aux Français
{1} Maulandi, Relation, page 145-140.
13) Muulandi, Relation, page 146.
(3) Malnusseun, Journal historique, page 23.