‹ Histoire de la campagne de 1794 en ItalieChapitre 146 sur 204 · CCCXOVI CAMPAGNE DE L'ARMÉE D'ITALIE EN · texte numérisé non relu

CCCXOVI CAMPAGNE DE L'ARMÉE D'ITALIE EN

aurait retardé d'un ou de deux jours le départ des troupes pour Ormes.

Quel qu'il fût, ce projet réclamait la plus geande urgence et, Masséna tenait tellement à ce qu'il restit secret qu'il n° Se fier à une lettre, il se réservait d'en faire part verbalement le len= demain au général. Il semble qu’on avait ln l'intention de pren: dre vigoureusement l'offensive vers Ormea, car Hammel était invité à diriger sur cette ville le plus activement possible toutes les Hrous pes répandues dans la vallée (1).

Instruit par le combat du 3 du peu de consistance des Pi£montais, Massèna modifiait son plan à 2 heures et il en informsit Dumerbion. « Par la lettre que je t'ai écrite de Tende, jeté mandais, général, que j'irais coucher à Triora ; réflexion faite, j'écris à Mucquard pour profiter de la déroute des ennemis et les chasser une fois pour loutes au delà du col de Tende » (2). C'était done le succès du 7 qui allait amener la journée du 8,

A 5 heures du soir, il invitait Macquard à venir s'entendre ayee lui, et il le pressait d'attaquer. « Il n'y a pas un moment à. pour chasser les ennemis du col de Tende », lui écrivait-il (3):

On comprend donc qu'à la veille de livrer un nouveau combat, il ail appris avec déplaisir un mouvement de recul opéré par Pijon, mouvement sur lequel on n'a pas de détail, mais qui est vraisem= blablement celui signalé par M. de Malaussena au bois dé Curto. Craignant qu’il ne rendit confiance à l'ennemi, il ordonnait à Lebrun, en pleine nuit, à S heures du soir, par un temps épouvantable, de faire filer « sur-le-champ des renforts au chef de brigade Pijon au poste qu'on avait évacué par un malentendu sans doutes (4):

Le général Macquard adoptait les propositions de Masséna. Les colonnes se mirent en marche dans la nuit, « celle de droite com mandée par le chef de brigade Pijon, celle de gauche parile général Lebrun et celle du centre par les généraux Macquard et Masséna ».

Le mouvement devait être combiné, la colonne de droite itta> querait la gauche des Piémontuis, celle de gauche la droite, lëcen» tre marcherait contre le front (5). En un mot, on voulait maintenir

{ti Masséna à Hammel, 1 heure 1/2, 7 mai,page 438.

{3} Masséna à Dumerbion, » heures, 3 mai, page 429.

13) Massèna à Macquard, 5 heures, 7 mai, page 429.

{4} Masséna à Lebran, 8 heures du soir, 3 mai, page 429.

15] Renseignements de Macquard, page 363. 11 semble étonoant que Lebrun, qui était la veille sur la grande route, ait été prendre le lendemain le conte isaadement de la gauche française.

CCCXONIIL GAMPAGNE DE L'ARMÉE D'ITALIE EN 4794

bataillon d'Asti placé à la gauche du vallon (?) ; la troisième « marcha à gauche pour prendre une urôte qui aboutissait à l'avantposte » (1). Ces deux colonnes manæuvreot pour le tourner, tandis qu'ane nuée de tirailleurs les précèdent ; protégés par les rochers et les irrégularités du terrain, ils entourent l'avant-poste, et leur feu concentrique dirigé contre les Piémontais réunis « sur un sile éminent « les fit d'abord plier. Mais, renforcés par uné compagnie des gardes et deux des grenadiers royaux, ils linrent ferme ; la compagnie de Belgioso avait de suite lâché pied.

Leur résistance dura trois quarts d'heure. D'après M, de Malaussena et M. de Costa ils auraient soutenu leur position, mais l'ordre « impréva, l'ordre fatal » de battre en retraite ébranlæ leur courage. « Celle. mème troupe un moment auparavant remplie de courage, tomba dans un morne abattement. Elle marcha pendant quelque tempsen bon ordre et lächa de faire ferme sur différentes buttes auxquelles elle était adossée, mais l'impulsion qu'elle avait reçue ne pouvait plus être modifiée ». À partir du mont Framosa la retraite se ft dans le plus grand désordre, ne voyant plus devant eux que des pentes rapides, les hommes se laissérent glisser sur les neiges et atteignirent le vallon de la Cabanaira et de là le col de Tende. Une partie des grenadiers royaux et une centaine d'hom= mes des gardes gardaient contenance et nous disputaient la crête.

Les troupes de l'avant-poste se répliérent par les sentiers qu'elles avaient à leur droite et se placérent sur les hauteurs à l'est du col supérieur de Tende. Le général Colli s'était rendu sui ce point ; ill y établissait successivement le régiment de Montferrat, portion du corps franc et le régiment d'Oneille.

Ces troupes furent formées sur quatre lignes perpendiculairement, à la crête, Toutefois il restait encore des forces piémontaises impür= tantes sur la droite des colonnes françaises ; un mouvement énergique de leur part aurait sinon arrôté, du moins retardé le mouvement de Masséna. Tout se bornait à une tentative du régiment de Piémont; en entendant les premiers coups de fusil, il marchait sur le mont Framosora pour soutenir les troupes engagées ; les neiges l'ayant retardé, il n'y sut que deux compagnies à atteindre le som met su moment où l'affaire était terminée ; tout le régiment sa rendait alors à Limon par le col de la Framosa.

Le bataillon d'Asti à l'est du vallon de la Framosa aurait pu tomber sur le flanc droit de li colonne française qui remontaitle vallon ; il semble avoir cédé le lerrnin sans combat, sans même

11) Roces de Cairon.

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