‹ Histoire de la campagne de 1794 en ItalieChapitre 147 sur 204 · CD CAMPAGNE DE L'ARMÉE D'ITALIE EN · texte numérisé non relu

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d'assez bonne heure à tenter une attaque de vive force, puisqu'il était à 6 heures du soir à la Brigue, S’étant rendu compte de la situation difficile des Piémontais, il s'attendait même à une retraite de nuit. « Demain matin, écrivait-il à Dumerbion, le général Macquard peut très aisément les forcer à évacuer s'ils ne le font, comme il y a toute apparence, pendant la nuit » (1).

A l'extrême droite, le général François n'avait reçu que le 7, à 10 heures du soir, l'ordre d'aller occuper le col de Couture, Il se mettait en marche dans la nuit avec les 1e et 2° bataillons de la 56°, le 1° bataillon de la gg* et deux compagnies de la 21°; flarrivait au col Bernard (?) (2), le 8 à 3 heures du matin, avec des troupes hurussées de fatigue, « la montugne état couverté de neige et sans aucun chemin de tracé »; de ce point, on distinguait un camp ennemi, trés vraisemblablement celui du mont Bertrand ; le général laissait reposer ses troupes. Dés le débutde l'attaque du ‘col de Tende, les troupes du mont Bertrand ayant disparu, François ne croyait pas pouvoir continuer son mouvement et aller occuper cette montagne car il aurait fallu encore huit heures de marche avant que d'arriver à l'endroit où ils avaient levé leur camp » Sous ce prétexte, il bivouaquait au col, sans même tenter le moindre mouvement pour aider l'opération qu'il savait se dérouler à sa gauche. Conformément aux ordres qu'il avait reçus, avant son dépurt de col Ardente, il avait dirigé sur Ormea les deux premiers bataillons de ln 46% (3).

Il est certain que dans la journée du 8 les troupes piémontaises avaient montré peu d'énergie ; le régiment le plus maltraité, les gronadiers royaux avaient eu 8 tués et 58 blessés ; les autres à tués et blessés. Colli « fat vivement affecté de voir perdre contre toute attente des hauteurs qui le réduisaient à quitter lecol ». 11 deman= dait au roi de le relever de son commandement.

Comme l'avait supposé Masséna, le g, Colli ordonaait la retraite; elle devait s'effectuer dans la nuit ; afin d'avoirau moins à sa disposition une troupe non engagée au cas où on le poursuivrait, il appelait de Roccavion à Limonles deux bataillons de grenndiers royaux commandés par M. de la Chiusn. Le mouvement devait commen cer à 1 heure de la nuit maisun fort brouillard permettait d'avancer l'heure. Les troupes de la droite se retirèrent par le sentier du vallon de l'Abisso et l'ancien chemin de Tende, celles de lu gauche

(1) Masséna à Dumerbion, 8 mai, page 439.

(2) Très vraisemblablement Colla Hossn.

(31 François à Masséna, 13 mai, page 470.

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quis de Colli à Entraques ; rien ne nous empéchait de le couper: aussi, le g à 15 heures du matin, Colli lui prescrivait-il d'abandon= ner le col de Fenêtres et dé venir au col de Valdieri où il serait sous la protection du canon de Demont (1). Mais à ce moment le général Garnier avait déjà enlevé le col.

Mouvements des troupes françaises. — Dans la journée du 9, les troupes de Mncquard occupaient le col de Tende abandonné ; il se bornait à y Établir son avant-garde, huit bataïllons sous Lebrun, s ne croyant pas qu'il fût prudent de pénétrer plus avant jusqu'à ce qu'il eût combiné ses mouvements avec sa droite et avée su gauche » (2).

L'on songeait si peu à poursuivre l'ennemi que, dès ln prise du col, Pijon mettait en marche sur la Piève les troupes de ln division Masséna, qu'il avait avec lui, c'est-à-dire les 1*et 2% ba taillons de grenadiers, un détachement de la 4ô*, un bataillon dela 56° et un détachement du 3° bataillon des Hautes-Alpes (3); elles y seraient rendues le 11; quant à lui n écrasé de fatigue », il prenait deux jours de repos à Ia Brigue.

Le général François demeurait au col Couture jusqu'à 8 heures de l'après-midi ; « après s'être assuré que les ennemis étaient entièrément chassés du col dé Ténde », il retournait au col Ardente,

Le 12, Massénn lui en marquait son mécontentement : « J'atirais cru, lui écrivait-il, que ton expérience, calquée sur tous les princi= pes militires, l'aurait suggéré que, lorsqu'on poursuit l'ennemi sur. plusieurs colonnes, on doit garder les postes avantageux qu'on prend ». Dans cette circonstance, comme dans la journée du 28,1 général François a fait preuve de peu d'énergie: devant se lier, d'après ses instructions, avec le général Lebrun, il semble qu'il aurait dû continuerson mouvement en avant vers le mont Bertrand én réstant au col de Couture, il né jouait aucun rôle et ne couvrait méme pus la droite de Lebrun. Peut-être faut-il attribuer cette timi= dité aux reproches que Masséna lui avait adressés à la suite de son mouvement sur la Brigne, ou encore à la crainte de manquer de vivres. Quoi qu'il en soit, cé mouvement rétrograde après une Wic= toire était certainement un fait malheureux (4).

Dans ces journées, Le rôle du général en chef se réduisait ienre gistrer les faits accomplis, Le $ mai, il prétait aux Piémontais l'intention de battre en retraite ; le 8, après avoir eu connaissance des)

41) Coili au marquis de Colli, g mai, 11 heures du matin, pare 447. {2} Dumerbion au comité, 1°" mal, pagé 449.

43} Pijon à Masson, : 0 mai, page 463.

(4) Mnsséan à François, 13 mai, page 467.

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