CDXIV CAMPAGNE DE L'ARMÉE D'ITALIE EN
interrogé sur l'effectif du corps que le Piémont pourrait mettre èn campagne répondait « que devant donner nécessairement les garni sons aux forteresses, il ne restait rien, aucune armée au roi de Sardaigne ». Tout le poids de la guerre, si ces rapports n'étaient pas exagérés, allait tomber sur le corps autrichien fort au maximum de 18.000 hommes. Actuellement nous avions toute liberté d’action pour nous concentrer ct choisir le moment et le point ui nous attaquerions, L'archidue montrait à son neveu toute la gravité du péril.
L'énnemi « est maître de descendre dans la plaise toutes les fois qu'il le veut et que, se trouvant assez de forces réunies et de vivres, il jugera de l'entreprendre », Tous les passages étaient praticables pour de petits corps, mais pour déboucher en: Piémont, de, l'avis de l'archiduc, l'armée française n'avait à choisir qu'entre deux. grandes routes d'invasion, l'une par le col de Tende, l'autre par: Savone et la Bocchetta suivant que son objectif serait Tortone où Goni ; dans ce dernier cas, elle pourrait même pousser son monve= ment sur Turin où elle comptait un nombreux parti, en laissant un. corps dé blocus devant Coni (1). L'armée autrichienne ayait à sur veiller ces deux directions; afin d'être à même de se réunir sur l'une ou l'autre, ellé avait été disposée : l'aile gauche forte de six bataile lons à Tortone, Acqui, Pozzolo, pour étre à portée de la Bocchetta ; l'aile droite six bataillons à Asti, Alba, Geva « pour être amenés dans le eus où l'ennemi s'approche à faire le siège de Turin où de Coni ; de façon, qu'en outre, l'une ou l'autre aile, selon les monvez ments de l'ennemi, puisse, étant portée en échelons, respectivement sé renforcer » (2).
L'appui du corps autrichien était d'autant plus urgent que, le 13 mai, le mont Cenis était enlevé; ce désastre augmentait encore « l'alarme et la consternation » à Turin; dès lors, le Piémont « se trouvait entièrement cerné ct Livré à la merci » de l'ennemi « qui, instruit du manque d’un corps d'armée central capable des garantir ces environs pourrait, par des chemins détournés; ellaissant les forts de Brunette et d'Exiles derrière lui, ravager toutela plaine jusqu'aux portes de Turin »,
Pour comble de malheur, la Sardaigne s'insurgeait, à la vérités aux cris de vive le roi, et dans la capitale même l'état des esprits, inspirait des inquiétudes (3). Or, comme l'observait Mallet di Pan à In même époque, la guerre actuelle n'avail aucune + ailes
fu Gst en af ve que Laporte proposars 1e ÿ juin.
{a} Aréhidue à l'empereur, Supplément, 17 mai, page 69. {31 Ghersrdini à Thugut, 17 mai, page Br0.