CDXXXVI CAMPAGNE DE L'ARMÉE D'ITALIE EN
de ne pas le « rompre », de le réserver pour la garde de Mondoyi avec les milices do la ville (1).
Dans lés journées suivantes, l'avant-garde de Masséna s'avançait jusqu'à La Torre et menaçait de couper la grande route dé Ceva- Mondovi. Rassuré pour Turin, lé roi « croyait convenable » (2) de renvoyer le général d'Argenteau dans cette partie. On étudiera plus loin les instructions qu'il reçut, mais il importe de savoir de suite qu'on avait l'espoir de lui faire prendre l'offensive ; pour que ce mouvement ne fût pas trop exposé, il était nécessaire de couvrir le flanc droit de ce corps : aussi différait-on de faire replier l'armée de Colli ; le 31, le même ordre qui dirigeait d'Argenteau sur Mondovi le ref juin, preserivail seulement à l'armée du Bourg « d'étre toujours prêt pour se rendre à Saluces » (3).
Du reste, d'Argenteau partageait l'opinion de Colli sur l'imporlance de se maintenir à Borgo San Dalmazzo, car la présence de l'armée donnuit seule de la valeur à Coni. - Dès que le corps du général Colli sera marché à Saluces, écrivait-il, Coni est en prise ; entre nous soit dit, cette forteresse ne vaut rien, -et j'ai peine à croire qu'elle tiendra huit jours de tranchée ouverte. Ceux qui ln défendront n'ont jamais vu de siège, ni le commandant, ni le chef de l'artillerie, du génie, ni les sapeurs, les mineurs, ni la troupe entière n'a jamais rien vu et vont faire leur coup d'essai n (4).
Cette appréciation sur le peu de valeur de Coni n'était pas d'ailleurs isolée ; les officiers piémontais en jugeaient de même ; elle n'était « pas en état de soutenir un long siège et de faire honneur à sa réputation » (5).
{1} Golli à Dellern, 27 mai, page 583.
{2} Le roi à Colli, 29 mai, page 605,
{31 Le roi à Colli, 34 mai, page 611,
16) Gherardini à Thugut, 31 mai, page Our,
(&) Conférence de Costa de Beauregard, note 3, page 249, et conférence du) lieutennat-colonel Franco (A