KGVIL CAMPAGNE DE L'ARMÉE D'ITALIE EN
# d'espère qu'en compatissant À ma situntion malheureuse, cette armée se réssouviendra d'un général qui régrette de n'avoir pu faire tout lé bien qu'il désirait, et qui n'a assurément fait de mal 4 porsonne de propos délibéré » (1),
Le comte de Saint-André arrétait alors toutes les dispositions pour l'occupation du comté; quatorze bataillons y demenrérent : deux de Nice, deux de Cusul, deux de Suse, deux d'Arqui, deux d'Uneille, trois de grenadiers, uo du corps franc n°2, sous le com= mandement du général Dellera. Le 23 décembre, ce dernier remettait le commandement de l'Authion au comte de Saïnt-Vital et descendait aux Formagines. Le même jour Saint-André rendait compte au roi de ses actes et de ses intentions ullérieures.
« La ligne que je propose doit avoir sa droite augrand Capelet, pisser surla rive gauche de Cairos, son centré à Saorge et sa gau= che sur les hauteurs de Gio et Foureoin, lant que les Français n'enfreindront pas le térritoiré de Génes, Dés cet instant, elle doit se diriger par la rive droite du vallon de la Bendola à la Tanarde et à col Ardente. Les redoutes de Marta et de ln Beola doivent être gars dées dans ce moment pour couvrir le vallon de Cniros et maintenir notre communication avc Raus qu'on ne peut avoir dans cette saison par les hauteurs, Ces postes, dont on doit perféctionner les fortifications, seront conservés dans la belle saison pour retarder les opérations de l'ennemi &t l'obliger à conduire dé l'artillerie, de qu'il ne peut praliquer qué par l'Authion et par conséquent pas avant le mois de juin. Comme les démonstrations de l'ennemi annoncent le projet d'entrer sur le territoire de Gênes, li gauche de notre ligne depuis Saorge à col Ardente doit être préparée sans perte de temps afin de ne pas être pris au dépourvu.
On doit à la droite tenir Belvédére, tant que l'ennemi ne nous en chassera pas, pour l'obliger à être en force dans les vallées de Tinée et Vésubie et lui faire allonger son cordon.
La ligne proposée à l'avantage de couvrir le col de Sahion, lecal de Tende, le grand chemin et tous les autres cols jusqu'au Tanaréllo, d'être susceptible d'une bonue défense et d'obliger l'ennemi, s'ilveut s'avancer dans la Rivière de Gênes, à former un cordon qui démans déra d'autant plus de troupes qu'il embrasse quatre licures au mois détendue, et de s'affaiblir par conséquent considérablement & {2}:
Les troupes furent disposées de la manière suivante :
(1) Colli ordre, 8 décembire (A D 33), fa) Saint-André au rot, Mémuires de Thoon de Hevel, page 137.
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quels « l'ennemi faisait des mouvements inquiétants pour l'armée d'Italie » il l'avait renforcée de douze bataillons (1).
Quant à lui, jugeant sa tâche terminée, il réclamait un successeur à l'armée d'Italie, et il se disposait « à se rendre incessamment à la Convention où le sulfrage de ses concitoyens l'avait appelé ». A la vérité les Anglais étaient encore aux îles d'Hyères d'où ils menaçaient le littoral, mais Dugommier ne leur prètait pas d'in tention hostile. « Il n’est pourtant pas à présumer raisonnablement, éerivait-il, qu'ils aient quelques projets sur nos côles après avoir abandonné la partie oi étnient si bien protégés », et il rassurait le général Mouret qui lui avait témoigné des crnintes à ce sujet (2).
Ce n'était pas la fatigue on la crainte de perdre une réputation si justement méritée qui décidait le vieux général à agirainsi, mais le dégoût de voir à chaque instant ses mesurés contrariées ; parlant à son camarade Dumerbion, à un militaire et par suite à cœur ouvert, il lui dévoilait le fond de sa pensée : n J'ai vu de trop près la tem pête et les éeucils ; ilserait trop imprudent d'y rentrer après en être échappé; le métier de général est aujourd’hui trop scabreux, et subordonné à trop de cireonstances qui le maîtrisent » (3).
La Convention refusait de consentir à cette demande ; le 27 décembre, le comité prépait un arrêté nommant Dugommier général en chef par intérim près de l'armée des Pyrénées-Orientales jusqu'au rétablissement de Doppet (4).
Le même jour, un autre arrêté réglait la répartition de l'armée de Toulon :
« Article 1°, 10,000 des troupes qui ontconcouru à la reprise de la ci-devant ville de Toulon, resteront dans cette ville pour y tenir garnison,
Article IL 3.o0a hommes seront envoyés à Marscille, 8.000 en Corse, 5.000 à l'armée des Pyrénées-Orientales ; les 6.000 qui ont été tirés de Toulouse joindront aussi l'armée des Pyrénées-Orientales ; le surplus des forces sera envoyé à l'armée d'Italie, »
Le soin de désiguer les bataillons était Inissé aux représens tants (5).
ne Dugommier à Bouchotte, 28 décembre [A G); Pineau, Vie de Dugommier,
(3) Dugommier an ministre et à Mouret, :8 décembre [A G); Pineau, 358 et 56.
(3) Dugommier à Dumerbion, 38 décembre (À G); Pineau, 356.
{4} Arrélé dut comité, »7 décembre (A N); Aulard, tome IX, 6pt.
15) Arrêté du comité, 37 décembre (A N}; Aulard, tome IX, 695.
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Robespierre atné était tout-puissant ; d'autre part Bouchotte n'était pas homme à laisser tomber ces dénonciations.
Il aurait été du devoir du ministre de la guerre de s'assurer de la véracité des faits allégués avant d'en faire part au comité, Bouchotie s'en tirait habilement; en lui transmettant cette pièce, il commençait par observer que « les opinions et les actes des représentants étaient un mouf pour croire qu'il existait moins de mal que Lafou le disait » ; la responsabilité dés représeatunts était donc dégagée, « mais ils avaient pu être trompès surquelques points »; et à ce sajetil prenait soin de rappeler qu'ane autre dénonciation envoyée par les agents Brulé et Vayade « contenait à peu près les mêmes faits que cœux annoncés par Lafon » (r]. Nous ignorons cé qu'en pensa le comité ; un seul fait est certain, l'armée d'Italie va demeurer jusqu'au 27 maï sans général on chef. A cette date un a rêté des représentants nomme Dumerbion géné tal eu chef provisoire de l'armée d'Italie (2) ; cette nomination est confirmée le 3 juin provisoirement (3).
Bouchotte ne s'en tenait pas là; le 7 ventôse, les représentants prenaient un arrêté où ils réorganisaient pour ainsi dire l'état-major de l'armée d'Italie en faisant toute une série de nominations Parmi les généraux ot adjudants généraux nommés par eux se trouvaient quatre nobles, Kerveguen, Dujard, Miolliset Faultrier. Bien que le 5 avril Ricord eût fourni des explications complémentaires sur Miollis a couvert de blessures et qui, dans ce moment même oùil n'avait de libre que le bras gauche, avait demandé de marcher avec les braves grenadiers qu'il commandait » (4}, Bouchotte attirait de 16 a l'attention du conseil provisoire exécutif sur leur cas s éeluisei s'en reférant à l'article g du décret du 27 germinal (16 avril) (6) refusait de suivre le ministre dans cette voie gül approuvait l'arrôté (6).
Massëna lui-même, le vainqueur de Saorge, n'était pas à l'abri dé pareils soupçons malgré les services rendus par lui à ln France, Vers le milieu du mois d'avril, un faiseur, comme il en pullulait alors, dut se vanter de l'acheter ; ear le 16 avril le roi nutorisait M. de Cossils à suivre ectte affaire (7). Le 19 mai, Massénn en était instruit, il repouxsait dédaigneusement cette accusation
{13 Houchotte au comité, Lo janvier, page 70 î 27 mai, page 580, 43 juin). LArch. À D.)
45) Décret du »7 germinal, Aulard, tome XI, 621, 16) Ganseil exécatif provisoire, 16 avril, Aulard, lome XII, page 634:fab. K3) Mauterille à Gossiln, 16 avril, Supplément, page 98.
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Saint-Arnoux, 1.257 hommes; du Brech, 558 hommes ; de Figaret, 482 hommes; en arrière se trouve Utelle, 558 hommes et Levens, 1763 hommes.
A droite, vers le Roya, on rencontre les trois camps de Breil, 50g hommes; de Brouis, 2.791 hommes; de Sospello, 1.829 hommes.
Le centre est constitué par les trois camps de Moulinet, 414 hommes ; de Luceram, 873 hommes et de l'Escarène, 395 hommes,
La garoison d'Entrevaux, 1.928 hommes, forme l'extrême-gauche; plus tard les représentants des deux armées s’entendront pour faire passer la place de Colmars à l'armée d'Italie (r).
Toute une ligne de postes borde la rive droite du Var (2).
Du côté piémontais, on n'avait ni l'intention ni les forces suffisantes pour troubler nos cantonnements ; pourtant au commence ment de janvier des renseignements fournis par Tilly prétaient à l'ennemi le projet d'occuper Vintimille et « de nous disputer les passages qui pourraient nous conduire sur l'état de Gênes et de l'état de Gênes sur celui du Piémont » (3).
Dumerbion accordait une certaine créance à ce rapport, d'ailleurs il croyait 4 la présence de forces considérables 4 Saorge, Belvédère et dans la partie de Pigna (4). Mais en dehors de leur faiblesse numérique, les motifs diplomatiques exposés dans le chapitre précédent interdisaient aux Piémontais d'adopter cette résoluti si avantageuse pour eux et que lout le parti militaire réclamait. L'on peut diré que jusqu'au 1° avril, sauf des combats insignifiants d'avant-postes, le gros de nos forces jouit du plus entier repos.
Du côté de la mer on n'était pas tout 4 fait aussi tranquille, Les Anglais demeurés aux îles d'Hyères ofraient toujours un certain danger ; partant de ces îles, il leur était facile de se livrer à l'im— proviste à des débarquements sur nos côtes, Comme première opération d'Hauteville conseillait à l'amiral Hood de s'établir aux tles Sainte-Marguerite (5); il est certain qu'au point de vue piémontais l'occupation de ces Îles aurait joué un grand rôle, puisque de là on barrait la route entre Gênes et Toulon ; mais il n'entrait pas dans les vues de l'Angleterre d'immobiliser ainsi une partie de ses forces ; elle préférait les diriger sur la Corse dont la possession aurait assuré à ses flottes un point d'appui solide dans le Méditerranée,
À en croire Saliceti, il avait, d'accord avee Bonaparte et Mouret,
11) Bicord au comité, 25 février, page s11.
{2} Situation au 20 janvier,
(3: Tilly à Dumerbion, 4 janvier, page 55,
(4) Damerbios à Boachoite, 11 janvier, page 6, 15) Hauteville à l'amiral Hood, page 14,