XL CAMPAGNE DE L'ARMÉE D'ITALIE EN
en Italie, et à concerter avec nous à cet égard ; qu'il ne dissimulait pas que le chevalier Eden à Vienne et lui-même ici avaient eu la plus grande peine à dissiper l'aigreur et les griefs de la cour de. Vienne à notre égard ; que c'était uniquement par l'intérêt que S. M. britannique prend à ce qui nous regarde qu'elle a si fort insisté près de l'empereur sur ce projet de formation d'un concert de troupes autrichiennes et napolitaines avec les nôtres (1) ».
Le départ du courrier avait forcé M. de Front à se contenter de ce bref résumé; mais dans leur conversation, le ministre anglais et lui avaient touché à deux autres sujets très délicats, Relativement à la question du commandement, lord Grenville avait déclaré tout net que « l'empereur exigeait que l'on accordât au général de Vins uné autorité benucoup plus étendue » que celle qu'il avait l'année passée (2).
Comme nous l'avons rapporté, l'opposition avait paru douter que le Piémont eût 50.000 hommes sous les armes; aussi lorsque l'ambassadeur avait assuré que son pays avait en réalité ce nombre d'hommes présents, le ministre, tout en se déclarant persuadé de La meilleure volonté du roi de Sardaigne, s'était ouvert à lai et lui avait insinué que si le roi les payait, il était douteux d'aprèsles rap ports parvenus à Londres de diverses sources, que le nombre effectif des troupes répondit à celui des états. Du reste, il ne faisait cette observation confidentielle que pour être mis « à même de répondre à cette objection si on venait à Ia lui faire duns le Parlement (3) #.
Le refus d'un subside extraordinaire né cansait pas d'étonnement à Turin. D'Hanteville avait bien senti, en voyant l'acharnement avec lequel l'opposition avait combattu le traité d'alliance avec le Piémont, a qu'il n it guère été possible d'obtenir du ministère anglais, l'anticipation désirée et encore moins un subside extraordinaire » (4). Le g avril, le‘roi prescrivait à M. de Front de ne pas renouveler cette tentative. « Ce serait, lui écrivait-il, indisposer une cour si bien intentionnée que de revenir à la charge sur ce subside extraordinaire ; nous ons par conséquent rien d'ultérieur à vous prescrire à cet égard jusqu'à ce que des circonstances plus favorables où la suite des événements nous fournisse un motif de renouveler nos instances avec plus de suceës ». Cette dernière phrase indiquait donc que l'on n'avait pas perdu toutespoir pour l'avenir,
(+) De Front à d'Hauieville, 14 mars.
{a De Front au roi, 18 mars,
(3) De Front à d'Ha: lle, 35 mars, (4) D'Hanteville à de Front, + avril.
(5) Le roi à de Front, g avril.