CXXXVI CAMPAGNE DE L'ARMÉE D'ITALIE EN
Le 28, il refuse d'ajouter foi à des rapports fournis par des officiers piémontais venant de Nice et transmis par Dellera.
a N'en déplaise à messieurs les officiers revenus de la prison ; ils s'en sont laissé imposer par les rodomontades françaises. Dans toutes les armées l'on se donne toujours de Ia peine & en imposer sur la force aux officiers prisonniers, et ces messieurs y ont donné à ce que je vois en plein. Je pourrais dire à ses messieurs comment les Français font pour en imposer aux officiers prisonniers chez eux.» D'ailleurs la neigo qui couvre les montagnes doit empêcher toute entreprise sérieuse (1).
Mais brusquement cette assurance disparaît, Peut-être convient-il de rechercher le motif de ce revirement subit dans l'influence de d'Hauteville, à qui Revel avait également fait part des renseignements apportés par les officiers revenus de Nice.
Le 30 mars, de Vins avertit Dellera que « tous les mouvements dés ennemis à Nice et Menton et dans tous les environs font présumer une irruption prochaine tant de la part de Vintimille que du côté de Saorge ». Ce sont là les grandes lignes du plan d'attaque français.
Dès le 28, le régiment de Montferrat a été mis à la disposition de Dellera ; le 30, il est ordonné à ce régiment, au régiment de Pignerol et au 5° de chasseurs, de passer dans le comté de Nice (2). Ces premières mesures paraissent à de Vins suffisantes pour Île moment ; du reste les travaux de l'Authion sont alors fort avancés et permettent d'y tenir; bien que le temps ait été assez mauvais dans les derniers jours de mars, on a relevé les ouvrages de la cime de la Vauta, la tête des Fourches a été mise en état de défense; mais les neiges ont empêché de rien Faire à In Parpella (3).
Les renseignements parvenus à Dellera le 31 mars, constataient de mème une concentration des forces françaises vers Menton et l'établissement d'un camp de 1.500 hommes à Castellar ; ils avaient d'autant plus de valeur qu'ils provénaient d'officiers rentrés des prisons de Nice. Néanmoins il refusait encore de croire à uneopération sérieuse tant que les Génois conserveraient leur neutralité; et cela avec d'autant plus de motifs que le lisutenant-colonel Testoris ne nous attribuuit en tout qu'un effectif de 15,000 hommes (4):
Un peu plus tard d'autres avis très précis lui permettent de rectifier ce premier rapport, car il écrit à Cravanzana : « Le camp de
[41 De Vins à Dellers, 38 mars, page 156.
{2} De Vins à Dellera, 39 mars, page 160, {3j Dellera à de Vins, 36 mars, prge 184.
{4 Dellera à de Vins, 3e mars, page #1,