XLIV CAMPAGNE DE L'ARMÉE D'ITALIE EN
remettait à M. de Balbi une note très énergique où il sommait la République de faire connaître ses intentions, Etait-elle décidée, non seulement à refuser l'entrée dé son territoire aux Français + mais à en défendre courageusement les passages dans tous les cas possibles » ot, à cot effet, avait-elle déjà pris « les mesures les plus énergiques, les plus efficaces et les plus infaillibles » (1) ?
Le mécontentement occasionné par la conduite de la République était alors si violent qu'il paraissait convenable à M. de Balbi de justifier les actes de son gouvernement ; le 28 janvier, il remettait à tous les membres résidant à Vienne une note où il démentait les bruits qui couraient « de partialité de Génes » pour la France, « de neutralité déguisée » (2). Le Piémont « tait directement désigné par les expressions de puissance limitrophe et par la mention des corsaires de Loano et d'Oncille », et certainement sa conduite était attaquée, puisque le ministre d'Espagne jugeait nécessaire une réponse de la cour de Sardaigne; au contraire, M. Eden était d'avis « de ne pas engager une guerre dé plume ». Aucun dés ministres n'y avait répondu (3).
Tandis que Thugut réclamait une explication positive et catégorique, le gouvernement génois ne pouvait, en réalité, prendre de parti pour l'un ou l'autre des helligérants, Seul, son commerce le, touchait ; avec la France, il y avait beaucoup à gagner, de l'autre côté au contraire, In flotte anglaise, sans être en guerre ouverte, apportait les plus grands obstacles à la navigation génoise ; il en était résulté une haine violente contre eux. Un fait sur lequel on ne peut élever de doute, puisqu'il est rapporté dans une lettre de l'archidue, nous montre à quel degré en était arrivée la violence popu- Jairo. Un navire anglais, sous le canon des forts, ayant obligé un navire génois à rentrer dans le port, on lui avait fait Le signal de se retirer ; comme il n'avait pas obéi, « le peuple irrité avait forcé les canonniers de rer à balles », et quelques instants aprés une chaloupe étant venue remettre un pli au consul britannique, on avait insulté et sifflé les Anglais (4).
Le 28 janvier, l'archiduc était encore plus affrmatif, « La multitude et tous en général étaient irrités au dernier point contre les Anglais et cajolés par les Français » (5). M. de Cossila signalait de méme « la supériorité décidée» où se maintenaient les partisans de
(1) Thugut à Balbi, 15 janvier, Sapplément, page 89.
{31 D'Hauteville à Costila, 19 février.
(3) Rossy à d'Hauteville, 30 janvier.
(4) Archiduc à l'empereur, 25 janvier. Supplément, page 6. (5) Archidue à l'empereur, 28 janvier, Supplément, page 8.