XLVI CAMPAGNE DE L'ARMÉE D'ITALIE EN
adhésion à la neutralité de Gônes par le déeret de la Convention nationale » (1}.
À la France, après lui avoir donné connaissance, par une note, dés démarches tentées par la cour de Vienne, de sa menace d'occuper par ses troupes quelques parties du territoire génois pour arrôterles progrès des Français en cas d'invasion, il affirmait que “ malgré les violations sans exemple auxquelles les vaisseaux anglais et espagnols s'étaient portés, et malgré les maux qu'ils avaient fait essuyer à la République d'une manière aussi étrange », il persistérait dans son système; il rappelait le décret du à nivôse et il se flattait qu'il serait exéeuté « avec cette loyauté qui est digne d'un grand peuple qui a proclamé le droit des nations ».
Outre la question dé principes, les avantages que le gouverne ment français retirait dé Gênes devaient lui faire peser « dans sa sagesse s'il était de l'utilité de la France, s'il était de sa justice et de sa digaité de compromettre la tranquillité et la paix d’une nation amie » (2).
Telle était la réponse officielle, mais dans leur conversation avec M. de Girola, les principaux membres du gouvernement lui avaient fait comprendre qu'ils verraient avec plaisir l'Autriche occuper là première lé passage de Vintimille, [ls commençaient par l'assurer que le gouvernement ne voulait « s'engager avec aucune puissancé »; préssés pour savoir s'il défendrait sû neutralité par ln force, ils ajoutaient « qué la cour de Vienne connaissait déjà suffi samment la situation et les sentiments de cette République sans avoir recours à d'autres interpellations ; que pour repousser un tor= rent de désespérés, il faudrait une nombreuse armée composée de bonnes troupes avec beaucoup de millions, ce que n'a pas la République, le Piémont étant aussi sans troupe ». Aux procédés des Anglais poussés par la cour de Turin, ils opposaient la conduite des Français « qui jusqu'à présent n'avaient pas violé la neutralité de la République et avaient sacrifié plusieurs milliers d'hommes sous Saorge plutôt que de passer sur le territoire de la République». On pouvaît done espérer que dans leurs opérations futures ils con» tinuernient à agir de même « encore que les Anglais leur eussent montré l'exemple contraire » (3).
{1} La réponse du 28 janvier manque, mais Thugut écrit le 3 avril que la réponse du +3 mars « ne diffère point pour le fond », Vivenot, Quellen, tome IV, 178.
{3} Note remise par Boccardi le 13 mars, Giasrppe Coluci, La Republica de Genova « la reuolusione francere, tome I, page 22,
(3) Girola à Wilezek, tradnction, 28 janvier.