GXGVIIN CAMPAGNE DE L'ARMÉE D'ITALIE EN
À & heures du soir, la colonne de droite de la division d'Oncille, sous le commandement de Mouret, avait atteint Bordiguière, celle de gauche, sous Brulé, San Remo (1).
Mussénn était mis au courant des emplacements occupés ; en outre les représentants l'avertissaient qu'une compagnie de chasseurs et de grenadiers piémontais avec quatre pièces s'était rendue d'Oneille à Pizzo n plutôt pour favoriser une retraite que pour s'op= poser ouvertement aux troupes de la République » (2).
Pendant la traversée du territoire de Gênes, on avait observé la plus exacte diseipline à laquelle rendaient hommage aussi bien les généraux que les Génois. Le gouverneur de Vintimille en témoignait lui-même à son gouvernement. « Les soldats eussent-ils été trente mille religieux novices n'auraient pas eu plus d'égards et d'honnêteté. Il est étonnant qu'on ait à peine entendu leurs voix » (3).
Dans ln journée du 7, la colonne du Tunaro était done arrivée à Tanarda, celle de Saorge avait occupé Mont Giove ; en face d'elle, sur la position de Saorge, l'ennemi ne paraissait pas en forcé. Or, le plan remis à Masséna s'exprimuit ainsi : « Si la division de Saonge ne s’est point emparée du Mont Giove, ou si, maîtresse dé cette position, l'on s'aperçoit de l'impossibilité d'obliger l'ennemi 4 vacuer Saorge alors » on adopterait la seconde hypothèse, celle de, marchér vers l'est.
Jusqu'à ce moment, l'on n'avait rencontré d'autres difficultés que celles occasionnées par la nature des chemins, la prise d'Oneille était annoncte comme trés facile; l'étude des documents ne livre donc pus les motifs qui ont amené Musséon à préférer la seconde hypothèse indiquée dans le plan et à ne ps marcher sur les bauteurs de la Brigue, d'autant plus qu'il n'avait pas encore renoncé à la possibilité de faire tomber Saorge.
En réponse à la lettre d'Hammel, il lui prescrivait le 8 de tenter de se rendre maître de ce posté en le tournant (4). Le départ de Lebrun rendait déjà difficile l'exécution de ce mouvement ; la direction donnée par Musséna aux forces principales rendait impossilile toute attaque sous peine de venir se briser avec des forces inférieures contre le front d'une position très forie. Uue défensive
41) Mouret à Mnsséna, 6 avril, pag
1) Représcntants à Masséne, 9 avr CT
(3) Lettre du commandant de Vintimille, 8 avril, page 20$, Mouret à Dumerbion, 8 avril, page
(4) Maasèns à Hammel, 8 avril, page 200. Le 20 avril, Masséan explique les motifs qui l'ont déterminé ; nous les examinerons alors.
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Ceci est la version officielle, Cependant la 118 demi-brigade semblait peu disposée À garder le poste qui lui avait été assigné: Sans aucun doute, il était rigoureux de camper en plein air par une pareille température, privé d'objets de campement, mais était-ce un motif suffisant pour envoyer une députation le 8 auprès de Masséna, afin d'obtenir l'évacuation du poste? et que penser d'un chef de corps capable de se laisser entraîner à une pareille démarche en présence de l'ennemi ? Masséna lui en marque son étonnement ; il lui rappelle que « de la tenue de sa position dépend la réussite de nos importantes opérations et la perte de l'armée » ; qu'il repré sente à ses frères d'armes « les raisons » dé l'ordre donné et tous « s'empresseront d'obéir » (1).
Toutefois Masséna est inquiet, une seconde lettre nous témoigne par le ton employé pur cet homme si énergique la profonde atteinte portée àln discipline, Il n'y commande pas, il prie presque oserait-on dire. Tout en exigeant des soldats de la 1182 cé sacrifice qu'il compte obtenir par l'exemple et les consolations de leur chef, il leur promet un meilleur avenir ; lui-mëme s'oceupe sans relâche d'améliorer leur sort, les effets de campement sont en route ; mais que de son côté Le chef de la demi-brigade ne néglige pas d'envoyer chaque jour un homme à Pigna, qu'il tâche même d'avoir des vivres deux jours à l'avance (2).
Les appréhénsions dé Masséna n'étaient que trop fondées, Le g au matin, les postes avancés de la Tanarda se laissent enlever ; bien loin d'informer son général de cet événement si important qui pouvait être l'indice d'une reprise de l'offeusive par les Piémontais, le commandant du bataillon détaché demande encore à être relevé, D'après lui, cent hommes suffisent pour tenir la Tanarda, la neige tombée depuis plusieurs jours protégeant ce poste. Se basant sur cette circonstance et sur ce principe si juste que celui qui est sur ces lieux doit porter toute la responsabilité, Masséan consent alors à celte proposition, en recommandant toutefois de renforcer celte gerde dès que le temps l'exigera. De nouveau, il affirme que les effets de campement vont arriver; sur la route de Buggio, on trou vera de la paille, et le village fournira les outils et les moyens de transport (3).
Nous entrons dans tous ces détails uniquement pour faire voir à quel labeur éceasant le commandement était alors soumis, vu le peu
{:) Masséna au chef de La 118, 8 avril, page 200, () Masséna au chef de ln 118, 8 avril, page 207. (31 Masséna au chef de La 118*, g avril, page 214,