CCI CAMPAGNE DE L'ARMÉE D'ITALIE EN
En outre, les raisons militaires exigeaient de ne pas s'avancer trop vite avant que la situation fût éclaireie, Sur la droite, les missaires génois signalaient dé forts rassemblements à Mezzaluna età Pizzo (1).
A gauche, Hammel revenait surses premières appréciations con cernant la faiblesse des forces ennemies & Saorge. Une reconnsissance qu'il avait conduite lui-même l'avait convaineu que l'attaque de Snorge serait de conséquence, les ennemis ayant plusieurs batteries dans le revers de la montagne vis-à-vis Saorge ; Hammel ne jugéait pas ses forces capables d'enlever cette position, surtout après sa séparation d'avec Lébrun; il réclemait des renforts et trois jours de paia. Jusqu'à l'arrivée dé nouveaux ordres, il se bornerait à masquer ce point. Le courage était toujours le même, ses troupes pleines d'ardeur ne demandaient que le combat, mais les privations commençaient à les faire murmurer; leur situation était très pénible ; le pain et le fourrage manquaient ; comme effets dé cam= pement, on était réduit aux tentes de l'ambulance.
Pour y remédier, Hammel s'était adressé à Dreil, mais inutile ment; les chemins n'étant pas praticables pour les mulets, Pigna ne fournissait rien et les réquisitions n'avaient rien produit jusqu'à ce moment (2).
Ce rapport parvenait à Molini le g ; 4 g heures du matin, Massèna s'y trouvait encore, les convois de vivres n'ayant rejoint que dans la nuit du 8 au 9. Oubliant l'ordre donné le 8 à Hammel de se rendre à Pigoa, il lui répondait, au cas où il jugerait Saorge abso= lument à l'abri d'un coup de maio, de diriger Lebran sur Montaldo en passant par Pignn ét Molini où il pouvait être rendu em deux jours (3).
Ces deux ordres allaient avoir pour conséquence de réduireà rien les forces du poste de Mont Giove.
L'on verra un peu plus loin qu'il ÿ eut erreur dans la rédaction de cet ordre et que Masséna supposuit Lebrun demeuré à Mont Giove. Quoi qu'il on soit, il en résultait une situation extrèmement périlleuse pour l'armée ; au eas où l'ennemi aurait débouché en forces, il aurait pu couper notre ligne de communication avec Nice et séparer l'armée en deux tronçons.
La marche réprenait à 10 heures du matin ; à la suite d'un con seil de guerre et après mûre réflexion, Masséna avait résolu de
(1) Massèna aux représentants, 8 avril, page 207. 13} Hanoi Masséna, 8 avril, page 208, (3) Massénn à Hammel, g avril, page 315,