‹ Histoire de la campagne de 1794 en ItalieChapitre 60 sur 204 · CCIV CAMPAGNE DE L'ARMÉE D'ITALIE EN · texte numérisé non relu

CCIV CAMPAGNE DE L'ARMÉE D'ITALIE EN

le commandement de Pizzo et de Mezzaluna (1); un bataillon de la 99° venant de Langan le remplacerait à Triora; il y resterait jus qu'à sa relève (a) par un bataillon de la 118 tiré dé Tanardo (3)4 le poste de Langan était évacué. Ges bataillons étant au milieu dés montagnes, Masséna les reccommandait à toute la sollicitude d'Aubernoin ; on devait leur fournir des vivres à quelque prix que ce fût, et les approvisionner « avant toute l'armée » (4).

A partir du 7, Masséna avait cherché avec un soin minutienx à lier sa marche avec celle des autres colonnes ; chaque jour, il avait informé les représentants de tous ses projets ; commandant en chef de l'expédition, il était en droit de s'attendre à la réciproque, mais jusqu'à ce moment il n'avait reçu qu'une lettre de Mouret, Pour y remédier, il avait demandé le 9 qu'on lui expédiât un exprès à Montaldo (5); le même jour, il s'était plaint, en y entrant, du silence gardé à son égard (6), mais aucune explication ne lui était venue ; en outre, il était sans nouvelle d'Hammel depuis sa dépés che du 7.

La jonction des troupes de renfort tirées de cette colonne Jui était d'autant plus indispensable que ses forces allaient toujours en diminuant et ne s'élevaient plus qu'à 2.000 hommes, toutefois il se proposait dé supprimer plusieurs postes rendus inutiles par les nouveaux. Le 10, il mettait les représentants au courant de s# situation et de ses intentions ; si aueune circonstance ne s'y Oppos sait, il comptait gagner Conio le 10 et être à Oneille le 12 (7).

Mais une dépêche où les représentants lui exprimaient leur mécontentement sur la direction donnée aux opérations l'obligeait à se rendre de suite à Oneïlle. Avant son dépuet, il rendait compte pour la première fois de sa conduite à Dumerbion ; malheureuse ment on ne possède que la brève analysé de cette lettre (8),

La connaissance des opérations de la droite est indispensable pour apprécier la valeur des reproches adressés à Masséna ; nous différons jusque-là notre opinion sur la justice des critiques qui y sont contenues,

Dans la journée, les troupes demeurées sur les derrières commencèrent à rejoindre ; le 1*° bataillon de la 46° arrivait de Dolcenc-

{2} Massèns à Fiorella, 10 avril, page 237:

(3) Masséna nu chef di Lo avril, page 227.

(3) Masséna au chef de la 118, 10 avril, page 227.

44) Masséna à Aubernon, 16 avril, page 228.

(5) Masséna aux représentants, ÿ n° page 14.

16] Masséan aux ropréseatants, 9 avril, page 237.

(7) Massèns aux représentants, 10 avril, page 237 ] Masséna à Dumerblon, 10 avril, page 228,

CCvI CAMPAGNE DE L'ARMÉE D'ITALIE EN 4794

De pareils moyens étaient insuffisants contre un bombardement; le mémoire le reconnaissait sans illusion : « si quelques vaisseaux et bombardes sopiniâtraient de battre Oneille, les fortifications et la ville seraient bientôt détruites ». Tout au plus entrevoyait-il quelques chances de tenir contre un débarquement,

Cette opération n'était praticable qu'à l'ouest, le côté est étant dominé par un promontoire ; pour s'y opposer, il proposait l'établissement de trois batteries dont il indiquait les emplacements.

Si un corps débarqué sur le territoire génois venait menacer Oneille de flanc et appuyer l'attaque du front de mer, « on ne voyait pas d'autre parti à prendre que celui d'évacuer Oneille ».

Quant à une attaque par la Corniche, le mémoire ne la prévoyait qu'au ous où les Français sernient d'intelligence avec Gênes, où s'ils avaient l'intention d'envahir le Piémont avec de grandes forces ; pour résister à un tel mouvement, il conseillait d'occuper la position de Framosa (1).

Le chevalier de Laplace, commandant de la ville, n'avait sous ses ordres que le 2 bataillon de la légion légère ; il se décidait néanmoins à tenter quelques eforts.

Inquiété par les avis qu'il recevait de Nice, il dirigeait le 5 avril sur Rezzo une compagnie de grenudiers de la légion des troupes légères commandée par le capitaine du Perren, avec ordre d'y rassembler les milices, La compagnie de canonniers de Villefranche s'y rendait également avec deux petités pièces données par un armateur, Cette disposition avait pour but de se couvrir contre un mouvement qui prendrait la place à revers et couperait la retraite de la garnison ; ce n'était toutefois qu'une simple précaulion, « tout le pays étant tranquille et n'ayant pas le moindre doute du sort qui lui était préparé ».

Le 6, dès 6 heures du matin, on apprenait que 18.000 hommes étaient entrés dans le marquisat de Dolceacqua ; à 6 heures du soir un nouvel avis venant du consul de San Remo annonçait l'entrée d'une colonne de 10,000 hommes à Vintimille. Oneille était done menacé pur l'ouëst ét par le nord, Le chevalier de Laplace réunis sait un conseil de guerre ; il fut unanime à reconnaitre que sicétle masse atteignait Oneille, on devait abandonner la ville en tâchunt de défendre la vallée. Le colonel Leotardi prétend « qu'on y parln beaucoup, mais qu'on ne décida rien, parce qu'on n'avait aucune connaissance du pays ».

Au contraire, il aurait mis son sentiment par écrit et aurait

(1) Mémoire sur La défense d'Oneille, page 96.

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