XLVI CAMPAGNE DE L'ARNÉE D'ITALIE EN
Quelle allait être la conduite de l'Autriche en recevant la note de Gênes « évasive aussi bien dans le fond que dans la touraure des phrases et dés expressions » (1) ? De l'avis de M. de Girola « zélé et attaché à la maison d'Autriche » (2) et parfaitement au courant des affaires de Gênes, on ne réussirait pas à obtenir une réponse plus favorable, Le ser février il déeon: seillait à sa cour toute nouvelle tentative, et il lui en détaillait les motifs.
à 1 est bien difficile qu'il y ait les quatre einquièmes des voix des conseillers pour prendre un véritable engagement pour ainsi dire d'hostilité contre les Français, si puissants et si voisins; en effèt, se flattant d’une part d'obtenir en tous cas de ceux-ci de prompts et larges secours, et irrités de l'autre des procédés rigoureux et hostiles dont usent envers cette nation les Anglais et les Piémontais, ils sont absolument opposés à ce que Sa Majesté attend des Génois. Et puis, quand bien même le résultat du vote serait pour la résistance, il est moralement impossible de trouver les moyens d'agir si l'on interdit aux troupes austro-sardes l'aceës de cet état ci pour soutenir les forts qui y sont dans les passages difficiles de leurs frontières, ce qui aurait pour effet de violer la neutralité que l'on désire conserver à tout prix.
a Toutefois, en l'état de choses, j'ai suggéré dans ma dernière dépêche le parti extrême de prévenir l'entrée des Français dans cet état qu'on suppose devoir se faire du côté de Vintimille, mais avec des troupes autrichiennes seules, les piémontaises étant trop odieuses dans Lx rivière du Ponent, en déclarant ouvertement qu'on n'avait pas l'intention par là de violer la neutralité maïs bien d'exercer préventivement un droit, celui de la meilleure défense de l'état. Il est vrai que ce passage devrait s'effectuer rapidement et avec un nombre de troupes suffisant pour soutenir le choc des Français désespérés. Il faudrait en outre donner à leurs commandants des ordres et des moyens d'attirer à eux les paysans nom= breux et hardis de la rivière qui pourraient insidieusement introduiré par mer l'ennemi de flanc et sur divers points, et rendre ainsi vain et dangereux le projet que mon zèle m'a suggéré en désespoir de cause » (3). 3
A Taria, on s'attendait bien que l'empereur ne se contenterait pas de cette réponse, « qui ne ferait qu'enorgucillir davantage les
{1) D'Hanteville à Cossila, 5 février, page 18. {a) Archidue à l'empereur, 28 janvier, page &. 48) Girola à Thugat, traduction, 19° février.