‹ Histoire de la campagne de 1794 en ItalieChapitre 62 sur 204 · CCEX CAMPAGNE DE L'ARMÉE D'ITALIE EN · texte numérisé non relu

CCEX CAMPAGNE DE L'ARMÉE D'ITALIE EN

çais ne le devancent à Muzio, il évacue su position à midi ; sa retraite s'effectue par le mont Bernard où une grand'garde a été établie d'avance ; de là, à six heures du soir, il gagne la Piève, Les avant-postes des deux partis sont si près les uns des autres que « les sentinelles des postes avancés de la légion légère furent prises ; dix minutes plus tard la retraite aurait été impossible ».

La potite troupe piémontaise continue son mouvement sur Nava ; à Muzio, quelques milices génoises veulent faire des diffcultés et font sonner le Locsin ; sans s'en préoccuper, Laplace traverse le territoire génois et, à onze heures, ilentre à Ormca, après avoir montré une rare énergie, autant que l'on en peut juger par un rapport unique et encore émané de lui (1}

Les opérations Françuises au contraire ont complètement manqué de décision et de direction ; le luxe de précautions, l'éparpillement des colonnes, le constant souci de tourner des positions non défendues, tout permet de douter que Bonaparte y ait eu la moindre part ; en tout cas, rien ne laisse entrevoir ses procèdés de guerre futurs. Remarquons en outre qu'il était resté en arrière au départ du corps expéditionnaire vraisemblablement pour veiller au service du pare qui devait être très considérable; le 7, il était encore à Antibes (2). En résumé, les représentants agissant avec 6.000 hommes contre oo, avaient trouvé le moyen de faire battre une de leurs colonnes et de laisser échapper la faible troupe de Laplace. Furieux, ils voulurent en faire retomber la faute sur Masséna et lui expédièrent la dépêche suivante (3) :

« Selon tous les principes de laguerre une colonne de 4.000 hom= mes ne devait pas être abandonnée sans aucune communication avec les autres divisions de l'armée. Le général en chef l'avait si bien senti, que son instruction, qui avait été discutée et adoptée, embrassait tout le système du territoire depuis Saorge et Oneille; il avait prévu tous les événements et avait tracé des marches diffé rentes.

Eo supposant que vous eussiez pensé qu'on ne devait pas attaquer le col de Tende et de Cornio, et qu'il eût été difBcile d'ente ver Saorge, pourquoi n’avez-vous pas adopté la marche tracée dans l'insteuction du général en chef ?

Le premier et le deuxième jour, la première colonne du Tanaro devait occuper Tanardo, l'avez-vous exéeuté ?

(1) Rapport du colonel Laplace, S 220-255, (2) Bonnparte à Berlier, Antibes, Brit 6 197. (8) Représentants à Masséon (Originale) (A M3.

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