‹ Histoire de la campagne de 1794 en ItalieChapitre 8 sur 204 · L CAMPAGNE DE L'ARMÉE D'ITALIE EN · texte numérisé non relu

L CAMPAGNE DE L'ARMÉE D'ITALIE EN

doit avoir lieu la seconde Fête au théâtre, et je crains qu'il ne s'en suive quelque autre désordre, à moins que le gouvernement, inquiété de la surexeitation du parti prépondérant, ne juge préférable de permettre que l'on danse ce qu'il plaira » (1).

Le dimanche suivant, encouragé pur ce premier suceës, le parti jacobin allait encore plus loin ; nous laissons parler M. dé Girola :

* Dimanche soir, le bal a commencé après l'opéra ; après divers menuets, certaines personnes demandérent au colonel de garde d'autoriser à danser 1x enrmagnole, Celui-ci répondit qu'il n'avait reçu du gouvernement sérénissime aucun ordre qui lui permit d'accéder à cette demande; mais un grand nombre de personnes l'ayant réitérée avec instance, le susdit colonel crut devoir y consentir, à la condition que l'on ne chanterait pus les paroles dont on a pris l'habitude l'accompagner cette danse, c'est-à-dire : dansons le carmagnole ! À peine fut-elle commencée qu'on lança en l'airun bounet de la nation française (phrygien), qui fut recueilli par MM. Mar° Cevasco et Alexandre Invreu et rejeté de nouveau en l'air par eux, aux eris répétés de : Vive la liberté !

« Ge bonnet Fut pris ensuite par un officier des corps nationaux volontaires et remis au colonel de garde, qui le présenta le lendemain au palais avec son rapport. Aprés cela, on commença à chanter le Ça ira! mais des voix s'étant fait entendre dé tons côtés avec des marques de désnpprobation et réclamant le silence, la chanson cessa de suite, pour la plus grande mortification du parti des Jaco= bius «t de leur protecteur Tilly, qui s'attendaient peut-être en ce moment à plus d'exaltation pour faire une révolution complète. Les sénn! du parti français trés contrariés de l'affaire du bonnetet des insolences qui suivirent, quittérent Le théâtre, et, le lendemain lundi, réunis à leurs collègues sérénissimes au nombre de 21, ils décidèrent par 20 voix de suspendre ce genre de fête jusqu'à nouvel ordre. »

Toutes les tentatives de l'impresario du théâtre pour faire révo= quer cet ordre furent inutiles, le gouvernement le maintiat1Cës symptômes précurseurs d'une révolution « réveillaient beaucoup de nobles et de hounguoïis de hon sens qui vivaient dans une indiffé rence complète » (2). Dès lors le gouvernement se montrait plus disposé à réprimer les moindres tentatives révolutionnaires ; chaque soir de bal des piquets de troupes étaient tenus prêts pour interdire « toute chose insolite et tout désordre ».

{i} Girola à Thagut (traduction), 8 février.

€} Girola à Thugut (traduction), 13 février.

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