CCLXIV CAMPAGNE DE L'ARMÉE D'ITALIE EN
la dépêche du 27 janvier où « l’empereur lui avait fait connaître de vouloir employer son armée du Milanais à empêcher l'ennemi de pénétrer pur les déhouchés de la Rivière de Gênes » demandait & l'archidue de pousser les troupes autrichiennes vers Mondovi et Ceva « afin de pouvoir mettre le général d'Argonteau en état de soutenir cette place et de parer à un plus grand malheur dont on serait Lous menacés si l'ennemi venait à l'y forcer » (1).
L'alurme était alors à son comble à Turin ; on voyait déjà la communication coupée entre les troupes du comté de Nice etTurin. L'ambussadeur autrichien lui-même poussait les choses au noir : « Si ce malheur arrivait au corps de M. Colli, écrivait-il, le roi de Sardaigne risquerait de se trouver presque sans troupes, car la plus grande partie est dans le Comté. Les magasios et l'artillerie seraient aussi perdus et l'ennemi absolument maître du pays ». Pour se procurer les troupes destinées à secourir le général Colli, de Vins allait prescrire au général d'Argenteau « d'abandonner Ceva et de se porter vers le Mondovi et Limon pour tâcher de retenir l'ennemi et dé conserver In communication avec le général Colli », Il aurait été du devoir du général de Vins de ranimer Ja confiance dans cette crise, mais il s'avouait vaincu sans même avoir livré bataille ; dés que les passages seraient libres, il ne se croyait pas en état de nous arrèter; à son avis il n}y avait qu'an parti à prendre : « Si l'armée impériale était assez forte, on devait tâcher de garder la Lombardie, tenant les forteresses da Piémont » (2).
Tout est étrange dans ces communications de l'ambassadeur ; que de Vins ait manifesté l'intention de faire évacuer Ceva afin de déterminer les Autrichiens à s'y porter, le fait en lui-même est assez naturel; mais comment en écrivant à sa cour M. de Gherardini ne la tenait-il pas mieux au courant (3)? Au moment où cètte dépêche était expédiée, bien loin d'appeler d'Argenteau vers sa droite, de Vins va même songer à lui faire reprendre l'offensive sur Ormes, et il enlévera à Colli une partie des forces sur lesquelles il compte (4).
{r) Le roi à l'archidue, 18 avril, page sk.
ni s'acquittait de sa mission avait fini par déplaire à l'empereur; car dans une ï érieure, ayant négocier le choix d'an généralissime arec Ia cour de Turin il écrira; « Je ne sais ki vous choisirez pour colle négociation La voia de Gherardiai, éL si rous ne mité avec de Vins n'ait quelque inconvénient (3 De Vins à Colti, +4 avril, page M$,