CCLXVI CAMPAGNE DE L'ARMÉE D'ITALIE EN
aller à Milan pour faire sentir à Son Altesse Rayale la nécessité d'employer les troupes autrichiennes pour arrèter les Français dans les montagnes et les endroits par lesquels ils ont pénétré, et je représenterai contre toute détermination qui pourrait être dirigée à ne pas empêcher de porter ln guerre dans le cœur du Piémont w (1).
M, de Trevor se rendait à Milan afin de présenter la demande de sveours du Piémont et de l'appuyer de l'autorité de sa cour (2).
Depuis dix jours l'archiduc se débattait au milieu des vbstacles de toute nature : le 20,le général Wallis n'avait pas encore rjoint, et à ce moment le général de Vins lui écrivait que sa santé empirait et qu'il allait être forcé de se retirer à Pavie ; les troupes autrichiennes allaient donc se lrouver sans chef. Le prince faisait preuve du plus grand sang-froid ; les instructions de e étaient positives, sous aucun prétexte il ne voulait « démanteler » le pou de troupes qu'il avait, et cela avec d'autant plus de raison qu'outre la diveetion de Ceva il avait encore à surveiller celle de la Boc= chetla et le chemin de Savons. Après la réunion d'un conseil de guerre où prenaient part le général Wenckeim, le colonel Simbs: chen et le comte de Wilzeck, on arrétait « que, pour en imposer À l'ennemi, on ferait fointe de pousser aussi vers le Piémont quel. ques avant-postes, puisque le bruit s'en répandrait, et qu'il s'agissait principalement du temps pour au moins avoir un pont sur le fleuve Pô pour tous les transports ct pour assurer en cas de mal: heur la retraite »-
En conséquence, le ar, l'archidue donne un ordre de mouvement général; celui-ei exéouté, le corps autrichien aura, le 47, trois bataillons à Alba, trois à Asti, trois à Alexandrie, trois à Lodi, deux à Tortone ; en outre, la garnison de Milan est formée d'un 3e bataillon (#).
M. de Wallis étant arrivé le 22, l'archidue avait donc enfin un général auquel il pouvait confier la partie militaire,
Tandis que le sort de la guerre était en train do se décid l'escadre anglaise continuait tranquillement à assièger Bastia, sant la voie de ln mer libre 4 nos convois. Mais si l'Angleterre enténdait n'agir que pour son propre intérêt, par contre elle était disposée à réclamer de ses alliés un concours absolu et, comme l'écrivait finement l'archiduc, n À cette inaction de l'escadre
(1) Ghersrdini à Thngut Vivenot, relie, lose IV, page 19. {ai Archidue à l'empereur, Supplément, s0 avril, page 47. {3} Ordre de l'archidue, savril, page dt:
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ment l'ambassadeur anglais en avait été averti, ear de nouveau il renouvelait ses instances pour obtenir quelques bataillons autrichiens vers Ceva ; et pour éntraîner l'archidue il lai parlait « des mouvements rétrogrades de l'ennemi » ét « d'une décision prise à Turin de les attaquer ».
L'archiduc s'y refusait net : « 1° par l'impossibilité d'accéléron de plus la marche des troupes ; 20 par le détachement et l'éparpillement de ses bataillons que cela produirait contre In maxime importante et, par l'empereur prescrite, de tenir ce corps d'armée séparé et réuni pourêtre employéensemble en force où besoin sera », Afin de couper court à toute nouvelle sollicitation il lui demandait « des nouvelles de la flotte anglaise » (1), L'aumbassadeur anglais avait complétement échoué. La situation ne s'était modifiée en rien dépuis lé 23, où M. d'Hauteville avait prévenu M. de Front que, sous prétexte de manquer d'instruction, l'archiduc ne voulait pas détacher de troupes autrichiennes au secours de l'armée surde (2). Pourtant. afin de Matter l'Angleterre, il attribuait, le 46, aux instances de M. de Trevor auprés de l'archidue la marche en avant des troupes autrichiennes; coci était déjà une inexactitude puisque l'ordre de mouvement est du 21 avril (3); surtout, #'il n'avait pas pour ubjet de metre les Autrichiens « en état de soutenir » les Piémontais « du côté de Ceva et autrés positions limitrophes ile la Rivière de Gêves », comme l'écrivait le ministre (4).
ue allait bientôt avoir à résister à d'autres demandes, celles-ci plus sérieuses. Le 24, les Français enlevaient le petit St-Bernard ; cette nouvelle parvenait à Tarin le 26, On crut d'abord que celte aitaque était sérieuse, et comme l'on n'avait pas de troupes à nous opposer sur ce point, on entrevoyait déjà les eirconstances les plus fâcheuses. L'ambussadeur écrivait : « l'ennemi pourra péubétre aussi s'emparer de la ville d'Ivrée qui est sur son chemin et peu fortifiée ét de là se porter directement sur la Lombardie autrichieane sans trouver aucune place forte qui l'arrète n (0). Quant à de Vis il perdait complètement la tête; nous iguorons le contenu de la dépêche qu'il expèdiait à l'archiduc, mais en la recevant le prince craiganit « que lt malndie et la fièvre
J'attaque dé col Ardeate puisqu'elle n'en parle pus : elle prouve avec ceriit Ü à il ny aurait donc rien
(1) Arehidec à l'empereur, »7 #vri ER Hi page 59. {3} D'Hauterille À de Front, 23 avril.
(3) Archidue Ferdinand, ordre, s1 avril, page 311,
Lai D'Hauteville à de Front, 26 avril.
€) Gherandini à Thugut, 26 avril, page 433,