‹ Histoire de la campagne de 1815Chapitre 30 sur 41 · NAPOLEON A SAINTE-HÉLÈNE · texte numérisé non relu

NAPOLEON A SAINTE-HÉLÈNE

Napoléon seul profita de son désastre ; il se releva et grandit à Sainte-Hélène. £t là quelles plaintes algues il fit entendre I Elles ont été ouies de chaque point de la terre. Et pourtant il avait avec lui, pour lui faire cortège, toute la gloire du monde, tandis que la plupart des hommes qui, en France, ont aimé ou servi la liberté avec un peu d'éclat ont dû mourir sur Téchafaud ou dans Texil, ou au moins dans l'abandon et dans Toubli. Mais eux sont morts seuls et sans cortège ; ils n'ont pas eu pour adieu et pour consolation suprême la renommée et les acclamations des peuples, ceux-ci les réservant presque toujours pour le maître qui leur a mis le frein.

Une grande pitié nous a saisis au cœur en voyant Napoléon à Sainte-Hélène; et qui eût pu alors s'en défendre ? Comme bientôt lui-même, dans ce prodigieux changement, se mit au niveau de sa nouvelle fortune,

que dans l'adversité il se montra accessible à ses familiers, sensible aux maux qu'il venait d'apprendre à connaître, ouvert h tous les sentiments humains depuis que le trône ne le garantissait plus des indignités de la destinée ordinaire ; comme il laissa voir Thomme quand Tempereur eut disparu, et qu il loua la liberté sitôt qu'il fut captif, on en conclut qu'il avait toujours été ainsi en secret dans l'ancienne prospérité. Les élans de justice qu'il montra quand il fut le plus faible, nous supposâmes qu'il les avait éprouvés quand il était le plus fort. La figure de Napoléon de 1800 à 1815 fut ainsi altérée dans l'histoire par le reflet des années de 1816 à 1821. Nous fîmes remonter dans le passé sur le trône impérial la sagesse tardive, puisée dans la captivité. Grande cause de perturbation pour la plu* part des récits! De la ce Napoléon modéré, impartial, presque débonnaire, tout l'opposé de celui que les contemporains ont connu , et dont ils nous ont transmis rimpression véritable. Ne brouUlonç pas tous les temps par une molle complaisance, qui aussi bien n'a plus d'objet, car la tombe vide de Sainte-Hélène ne sollicite plus la pitié de personne. Nous pouvons croire que cette grande ombre est apaisée et satisfaite, et que ses vœux, à elle, sont comblés. Transportons donc ailleurs notre pitié vers des maux plus réels ou plus immérités, et profitons au moins de ce que nous sommes dégagés de la compassion pour revenir à la vérité seule.

DE LA GAUPAfiNE DE 1815. 409

La gloire de IVapoléon est assez grande ; ne la faisons pas surhumaine en louant les désastres à Tégal des triomphes. Quand nous le comparons à César, n'oublions pas les différences. César a gardé toutes ses conquêtes; Napoléon a perdu toutes les siennes. César n'a été trompé dans aucun de ses' calculs ; il n'a subi aucun mécompte. Rien ne peut élrc comparé aux succès de Napoléon, si ce n'est ses revers.

Si César avait amené deux fois par sa faute l'invasion des barbares dans Rome, s'il avait perdu dans quatre campagnes les armées romaines, en Gaule, en Germanie, en Ibérie, en Scythie, est-il croyable que les anciens lui eussent su autant de gré de ses défaites que de ses victoires? Pour qui connaît leur esprit judicieux, il est permis d'en douter.

Elle s'avaace en colonnes sur l'extrémité de là ligke PRUSSIENNE. (Pages 123 et 124.)

Les Français marchaient dans dçs champs de seigle très* élevés qui les empêchaient de rien découvrir devant eux. Les officiers supérieurs à cheval se détachaient- seuls audessus des masses. Le colonel Hatis, apercevant quelque mouvement devant lui S dit au général Girard : « Il me semble que se sont des Prussiens. » Mais le général n*en

* Mémalreê (inédits) du général Matis.

voulut rien croire, pensant que c'étaient des troupes de Vandamme qui se retiraient. Un feu de bataillon sortit alors de dessous les moissons. On ne s'attendait pas à être si près de l'ennemi. 11 y eut un moment de surprise dans les rangs; après quoi, le commandement se fit entendre et les colonnes doublèrent le pas.

C'est un colonel qui coiiiiande. (Page 125.)

Dans les relations les plus détaillées de la bataille de Ligny (16 juin 1815), on s'accordait à dire que le colonel Tiburce Sébastian! commanda la division Girard après que les généraux eurent été mis hors de combat. Les écrivains qui m'ont précédé, et chez lesquels j'avais puisé cette assertion, n'ont pas été contredits ^ Je m'étais conformé, après eux, à ce qui pouvait passer pour un fait accepté. Les fils du général Hatis, poussés par un sentiment respectable, réclament l'honneur de ce commandement pour leur père, déjà colonel en 1811, qui s'était signalé au siège de Sagonte et commandait en 1815 le 88* à Ligny. Les preuves qu'il allèguent pour cette revendication sont l'ancienneté

* Le capiuine de Mauduit, Ui Derniers Jour» de la grande armée^ p. 73, 1S48. ^ Le colonel Cbarras, Campagne 4e 1815, p. 144-155,

du grade, les souvenirs d'anciens officiers du 82% et, pardessus tout, l'assertion du général Matis dans ses Mémoires posthumes et encore inédits. On y lit, en effet, ce qui suit : « Le général de brigade Villiers prit le commandement de la division, et moi celui de sa brigade. 11 fit avancer la seconde et marcha sur les Prussiens; mais, à peine avionsnous parcouru un quart de lieue, qu'il fut blessé d'une balle à la main et me remit le commandement de la di* vision.

Pldsiedrs heures ont été consumées sans résultat. (Page 150.)

A la droite, on s'est contenté longtemps de s'observer. Grouchy, avec la seule division d'infanterie de Hulot et la cavalerie de Haurin, Pajol, Excelmans, a réussi à occuper Thielmann autour des villages de Tougrinne, Boigne, 6alâtre. Par ses mouvements et ses feux de tirailleurs, il a inquiété et harcelé l'ennemi jusqu'au soir. Mais alors on s'est lassé des deux côtés de ces démonstrations. Les lanciers piiisâens de Lettum sont venus rompre leurs lances contre les cuirassiers d'Excelmans, qui les ont refoulés et leur ont pris six pièces de canon.

Thielmann cède aux fantassins de Hulot la ferme de Po-

triaux, les hameaux de Boigoe et BalAtre, mais il conserve Sombref.

Le général d'Erloh. (Page 137.) '

Comment Napoléon, dans sa seconde relation, peul-ildire <jue les marches et contre-marches du général d*Erlon, depuis midi jusqu'à neuf heures du soir, ne l'ont retardé que <['une demi-heure? N'est-ce pas vouloir s'abuser après coup par une arithmétique imaginaire ? c 11 fut joint par le premier corps que commandait le comte d*Erlon, dont le mouvement par Saint-Âmand ne retarda Tarrivée que d'une demi-heure. • (Mémoires pour serviràThistoirede France -en 1815. Livre XIX, page 71.)

Le GÊ3léRAL DOftRlBU DOHKE l'eXEMPLB DE CE STOÏCISME.

Slessé p'une balle a l.\ CDissE... (Page 352.)

Une note du général Durrieu ajoute à ces détails ceux •qui suivent :

t Le général DurrieU) blessé vers les quatre heures, ne <iuitta le diamp de bataille qu'avec le gros de l'armée, vers huit heures du soir, et il ne put se tenir plus longtemps à cheval. Use fit placer sur un caisson d'artillerie, qui fut bientôt dételé par les artilleurs pour sauver au moins les dievaifk. Le général resta au bord d'un fossé, d'où il fut retiré par quelques soldats qui le déposèrent dans une maison abandonnée et déjà encombrée d'autres blofisés arrivés avant lui ; il fut fait prisonnier le lendemain par les Anglais. •

Ceux qui les scbissbat ot les acclament. (Page 531).

La chambre des pairs ne sortit de sa torpeur que par deux incidents tragiques ; le maréchal Ney souleva le premier. On a mal jugé la situation d'esprit de ce maréchal à son retour. Les combhiaisons alors obscures, incompréhensibles, inexplicables de celte campagne qu'il déclarait absurde, lui apparaissaient comme autant de marques de duplicité; elles avaient agi sur lui plus encore que la calamité elle-même ^ Pour comble, il venait d'apprendre que l'on rejetait sur lui la catastrophe. Cette pensée le révolte. Il brûle de démentir chacune des assertions officielles. Tout lui semble piège à la bonne foi. Aussi à peine Carnot a-t-il

' Vuyex sa lettre an duc d'Otrante.

commencé, à la chambre des pairs, la lecture d'une lettre tranquillisante de Davout sur l'état de l'armée, il l'inter» rompt, il conteste, il nie la vérité des témoignages. Selon lui, Groucbf ne peut avoir rallié que sept à huit mille hommes, et Soult n'a personne à Rocroy. Persuadé qu'il a été trompé sur le champ de bataille, et que l'on veut tromper encore, Ney ne voit de salut que dans les négociations, dont le premier eflet sera de lui ôter la vie. Et si lui désespère, qui osera encore espérer et combattre?

D'autre part, le général Labédoyère demande que l'on sorte des circonlocutions et que l'on jette les masques. On légiste lui répond par les formules de non-recevoir que les assemblées opposent si aisément aux hommes d'exécution dans les moments suprêmes. Labédoyère sent qu^on Tétouffe, lui et sa cause, dans ces formes évasives. Il crie sous le bâillon. Le désespoir l'entraine ; il provoque le sénat, les vils générauxet les traîtres quipeut-être négent ici. Hasséna se lève; avec l'autorité de son nom, il clôt cette scène de désespoir par ces mots : • Jeune homme, vous vous oubliez. »

Après tout, ce jeune honune avait mis sa vie dans l'enjeu; il ne se souvenait que trop bien de ce qu'il avait vu de ce même sénat. Tannée précédente ; sa mort allait bientôt aussi suivre ses paroles.

VU

Ce fot aussi, pe?(dant les Cent-Jours, la seule partie qui

8E MONTRA ATTEINTE DANS NaPOLÉON. (Page 579.)

Ceux qui ont approché de Napoléon pendant les Cent- Jours sont unanimes sur l'impression qu'ils ont reçue. Benjamin Constant' : « Napoléon interrompait les conversations les plus importantes pour se livrer à des entretieifs qui ne touchaient en rien à ses intérêts. Il ne domptait plus comme autrefois les distractions, le sommeil, la fatigue. »

Hiot de Mélito, en d^autres termes, dit la même chose * : « Je sortis de cette audience peu satisfait. Je n'y avais pas retrouvé l'empereur tel que je l'avais vu autrefois. Il était soucieux. Déjà il ne comptait plus sur sa destinée. »

Ces observations de deux témoins oculaires ont été renouvelées plusieurs fois pendant les Cent-Jours. Le soir de son arrivée à Laon ( quelques jours avant Waterloo), il reçut les autorités civiles. Ceux qui assistèrent à cette réception furent frappés de son aspect sombre, qu'il ne se donna aucune peine de dissimuler.

* Benjamin Constant, Uttres sur les Cent-Jourt.

* Mémoires du comte Miot de MélUo.

NAPOliON AU MARÉCHAL MET.

cCharleroi, le 16 juia 1815«

< Mon cousin, je vous envoie mon aide de camp, le général Flahaut, qui vous porte la présente lettre ; le major général a dû vous donner des ordres ; mais vous recevrez les miens plus tôt, parce que ines officiers vont plus vite que les siens. Vous recevrez Tordre de mouvement du jour; mais je veux vous écrire en détail, parce que c'est de la plus haute importance.

« Je porte le maréchal Grouchy, avec les 3' el 4* corps d'infanterie, sur Sombref ; je porte ma garde sur Fleurus, et j*y serai de ma personne avant midi. J*y attaquerai l'ennemi, si je le rencontre, et j*éclairerai la route jusqu'à Gembloux. Là, d'après ce qui se passera, je prendrai mon parti, peut-être à trois heures aprôis midi, peut-être ce soir. Mon intention est que, immédiatement après que j^aurai pris mon parti ,A'OUS soyez prêta marcher sur Bruielles. Je vous appuierai avec la garde, qui sera à Fleurus ou à Sombref, et je désirerais arriver à Bruxelles demain matin. Vous vous inetlriez en marche ce soir même, si je prends mon parti d'assez bonne heure pour que vous puissiez en être informé de jour, faire ce soir trois ou quatre lieues, et être demain à sept heures du matin à Bruxelles.

« Vous pouvez donc disposer vos troupesde la manière suivante : une division à deux lieues en avant des Quatre-Bras,s'il n'y a pas d'inconvénient; six divisions d'infanterie autour des Quatre-Bras, et une division à Marbais, afin que je puisse l'attirer à moi, à Sombref, si j'en ai besoin; elle ne retarderait pas, d'ailleurs, votre marche ; le corps du comte de Valmy, qui a 5,000 cuirassiers d'élite à l'intersection de la chaussée romaine et du chemin de Bruxelles, afin que je puisse l'attirer à moi si j'en ai besoin; aussitôt que mon parti sera pris, vous lui enverrez Tordre de venir vous rejoindre.

c Je désirerais avoir avec moi la division de la garde que commande le général Lefebvn^Desnoueftes, et je vous envoie les deux divisions du corps du comte de Valmy pour la remplacer. Mais, dans mon projet actuel, je préfère placer le comte de Valmy de manière à te rappeler si j'en avais besoin, et ne point faire faire de fausses marches au gêné-

riËGES JUSTIFICATIVES. 421

rai Lefebvre-Desnouettes, puisqu'il est probable que je me déciderai ce soir à marcher sur Bruxelles avec la garde. Cependant couvrez la division Lefebvre par les deux divisions de la cavalerie de d*Erlon et de Reille, afin dé ménager la garde; car, s'il y avait quelque échauffourée avec les Anglais, il est préférable que ce soit avec la ligne plutôt qu'avec la garde.

c J'ai adopté pour principe général pendant cette campagne de diviser mon armée en deux ailes et une réserve. Votre aile sera composée des quatre divisions du i*^ corps, des quatre divisions du 2* corps, de deux divisions de cavalerie légère et des deux divisions du corps de Valmy. Cela ne doit pas être loin de 45 à 50,000 hommes.

c Le maréchal Grouchy aura à peu près la même force et commandera l'aile droite. La garde formera la réserve et je me porterai sur l'une ou sur l'autre aile, suivant les circonstance^.

i Le major général donne les ordres les plus précis pour qu'il n'y ait aucune difficulté sur l'obéissance à vos ordres lorsque vous serez détaché, les commandants des corps devant prendre mes ordres directement quand je me trouve présent. Selon les circonstances, j'affaiblirai l'une ou l'autre aile en augmentant ma réserve.

« Vous sentez assez l'importance attachée à la prise de Bruxelles. Cela pourra, d'ailleurs, donner lieu à des incidents; car un mouvement aussi prompt et aussi brusque isolera l'armée anglaise de Hons, Ostende, etc.

« Je désire que vos dispositions soient bien faites, pour qu'au premier ordre vos huit divisions puissent marcher rapidement et sans obstacle sur Bruxelles.

• Napoléo?!. »

ORDRE DE HAPOLiOR At MARECHAL MET.

< En atant de Fleuras, le 16 jam 1815.

f Monsieur le maréchal, l'empereur me charge de vous prévenir que Tennemi a réuni un corps de troupes entre Sombref et Bry, et qu'à deux heures et demie, M.ie maréchal Grouchy, avec les 5* et 4« corps, l'attaquera.

c L'intention de Sa Majesté est que vous attaquiez aussi ce qui est devant vous et qu'après l'avoir vigoureusement poussé, vous rabattiez sur nous pour concourir à envelopper le corps dont je viens de vous parler. Si ce corps était enfoncé auparavant, alors Sa Majesté ferait manœuvrer dans votre direction pour hâter également vos opérations.

« Instruisez de suite l'empereur de vos dispositions et de ce qui se passe sur votre front, i

ni

ORDRE DE RlTOtiOH AU MARiCHAL RET.

c En avant de Fleurus, le 16 juin, à trois heures on quart.

« Monsieur leniarëchal, je vous ai écrit, il y a une heure, que l'empereur ferait attaquer Tennemi à deux heures et demie dans la position qu'il a prise entre Bry et Sombref. En ce moment, l'engagement est très-prononcé. Sa Majesté me charge de vous dire que vous devez manoeuvrer sur-le-champ de manière à envelopper la droite de l'ennemi et à tomber à bras raccourcis sur ses derrières. Cette armée est perdue si vous agissez vigoureusement. Le sort de la France est dans vos mains. Ainsi n'hésitez pas un instant à faire le mouvement que Tempereur vous ordonne, et dirigez-vous sur les hauteurs de Bry et de Saint-Amand pour concourir à une victoire peut-être décisive. »

424 PIÈGES JUSTIFIGAT VES.

OilDBB DE HAPOLiON AD HARliCHAL KET.

< Fleuras, le 17 juin 1815 «..

t Monsieur lemaréchaly le général Flahaut, qui arrive à Tinstant, fait connaitre.que vous êtes dans l'incertitude sur les résultats de la journée d*hier. Je crois cependant vous avoir prévenu de la victoire que Fempereur a remportée. L*armée prussienne a été mise en déroute et le général Pajol est à sa poursuite sur les routes de Namur et de liège. Nous avons déjà plusieurs milliers de prisonniers et trente pièces de canon. Nos troupes se sont bien conduites : une charge de six bataillons de la garde, des escadrons de seiN'ice et de la division de cavalerie du général Delort a percé la ligne ennemie, porté le plus grand désordre dans les rangs et enlevé la position.

ff L'empereur se rend au moulin de Bry, où passe la grande route qui conduit de Namur aux Quatre-Bras ; il n'est donc pas possible que l'armée anglaise puisse agir devant vous; si cela était, Tempereur marcherait directement sur elle par la route des Quatre-Bras, tandis que vous l'attaqueriez de front avec vos divisions, qui, à présent, doivent être

' Vers liuit heures du matin.

réunies, et cette année serait dans un instant détruite. Ainsi, instruisez Sa Majesté de la position exacte des divisions et de tout ce qui se passe devant vous. L'empereur a vu avec peine que vous n*ayez pas réuni hier les divisions; elles ont agi isolément. Ainsi, vous avez éprouvé des pertes.

a Si les corps des comtes d'Erlon et Reille avaient été ensemble, il ne réchappait pas un Anglais du corps qui venait vous attaquer. Si le- comte d*Erlon avait exécuté le mouvement sur Saint-Amand que Tempereur a ordonné S Tannée prussienne était totalement détruite et nous aurions fait peut-être trente mille prisonniers.

i Les corps des généraux Gérard, Vandamme et la garde impériale ont toujours été réunis; Ton s'expose à des revers lorsque des détachements sont compromis.

c L'empereur espère et désire que vos sept divisions d'infanterie et la cavalerie soient bien réunies et formées, et qu'ensemble elles n'occupent pas une lieue de terrain, pour les avoir bien dans votre main et les employer au besoin.

«L'intention de Sa Majesté est que vous preniez position aux Quatre-Bras,' ainsi que Tordre vous en a été donné; mais, si, par impossible, cela ne peut avoir heu, rendez-en compte sur-le-champ avec détail, et Fempereur s'y portera ainsi que je vous Tai dit; si, au contraire, il n'y a qu'une arrière^arde*j attaquez-ia et prenez position.

c La journée d'aujourd'hui est nécessaire pour terminer cette opération et pour compléter les munitions, rallier les

* VoUi rurigine des reproches contradictoires dirigés contre Ney. Napoléon a supposé, plus tard, que c'est Ney qui a envoyé d'Erlon à Saint- Amand. Il le croyait encore à Sainte-Hélène.

* Napoléon n'ordonne à Ney d'attaquer que tHl n'a devant loi t\n*une arriére^garde. Or, toute l'année anglaise était là.

426 PIÈCES JUSTIFICATUES.

militaires isolés et faire rentrer les détachements ^ Donnez des ordres en conséquence et assurez-vous que tous les blessés sont pansés et transportés sur les derrières; l'on s'est plaint que les ambulances n'avaient pas fait leur devoir. « Le fameux partisan Lutzow, qui a été pris, dismt que l'armée prussienne était perdue et que Blûcher avait exposé une seconde fois la monarchie prussienne.

« Doc DE DaLKÀTIE. 9

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